Cet article dresse de manière détaillée la chronologie des faits marquants qui ont ponctué l'histoire de la tour Eiffel.
Avant 1884 thumb|Richard Trevithick en 1816 1784 : Mise au point d'un procédé de production de fer, le puddlage, par Henry Cort qui affranchit la sidérurgie de la faible disponibilité du charbon de bois. Un siècle plus tard, c'est en fer puddlé que sera construite la tour Eiffel. 1833 : Richard Trevithick, expert britannique des machines à vapeur, expose l'idée d'une colonne en fonte ajourée haute de pieds (), mesurant à la base et au sommet. Bien que ce projet soit certainement utopiste, il lance une souscription pour réaliser son monument, mais meurt deux mois après. 1837 : L'idée de gagner de la hauteur grâce aux capacités du métal progresse et sera appliquée, dans un premier temps aux édifices religieux. Cette année-là, la cathédrale de Rouen se voit dotée d'une flèche en fonte de de hauteur. 1875 : Les entreprises Eiffel la gare de l'ouest, à Pest (Budapest) en Hongrie. 1876 : Exposition universelle de Philadelphie : Deux américains, Clarke et Reeves, rêvent de construire une tour de pieds pour cette occasion. Faute de crédits, ce projet imaginé en 1874 ne sera pas réalisé, mais il sera néanmoins publié en France dans la revue La Nature. 1877 : Les entreprises Eiffel livrent le pont Maria Pia sur le Douro, au Portugal. Au début des années 1880 : L'idée d'une nouvelle Exposition universelle organisée en France (soit la cinquième après celles de 1855, 1861, 1867 et 1878) germe dans l'esprit des politiques. Prévue pour 1889, d'un point de vue symbolique, elle est censée célébrer le centenaire de la révolution française, d'un point de vue politique, consacrer la Troisième République nouvellement instaurée (en 1875) et d'un point de vue économique, exposer au monde le génie industriel de la France. Au début des années 1880 : G.Eiffel & Cie, la société de construction de Gustave Eiffel, se place au ou des entreprises françaises du secteur. 1881 : L'ingénieur français Sébillot revient des États-Unis avec l'idée d'une "tour-soleil" en fer surmontée d'un phare éclairant Paris. Il s'associe à Jules Bourdais et imaginent ensemble le projet -certainement irréalisable- d'une tour de granit de . 1881 : Conception par les entreprises Eiffel de la structure métallique de la statue de la Liberté (travail initié par Maurice Koechlin, qui réalisera trois ans plus tard les premiers croquis de la future tour Eiffel).
1884-1889 thumb|Gustave Eiffel en 1888 : Émile Nouguier et Maurice Koechlin, respectivement chef du bureau des méthodes et chef du bureau d'études de G.Eiffel & Cie, planchent sur l'idée d'une « tour très haute » pour l'exposition universelle de 1889. : Maurice Koechlin réalise le tout premier croquis de ce qui deviendra bientôt la tour Eiffel. Été : Le projet est soumis à Gustave Eiffel qui dit ne pas y porter d'intérêt, mais qui autorise malgré tout Maurice Koechlin et Émile Nouguier à en poursuivre l'étude. Ils s'adjoignent alors les services de Stephen Sauvestre, architecte phare des entreprises Eiffel, qui remanie profondément la physionomie générale du projet de tour. : Gustave Eiffel examine la nouvelle mouture du projet et est séduit. Il prend un brevet aux noms d'Eiffel, Nougier et Koechlin « pour une disposition nouvelle permettant de construire des piles et des pylônes métalliques d'une hauteur pouvant dépasser 300 mètres ». : Jules Grévy, président de la République, signe 2 décrets qui annoncent officiellement la tenue de l'exposition universelle de 1889 à Paris. Automne : Exposition des arts décoratifs de Paris : Présentation du projet. Fin : Gustave Eiffel rachète à Nougier et Koechlin l'exclusivité du brevet, en France et à l'étranger. En contrepartie, il s'engage à citer leurs noms et à leur verser de l'argent. : Parution du projet dans la revue technique Le génie civil. : Les entreprises Eiffel achèvent viaduc de Garabit dans le Cantal et reçoivent commande de la coupole métallique de l'observatoire de Nice, installée l'année suivante. : Gustave Eiffel prononce une conférence à la Société des ingénieurs civils, où il précise les principales données techniques de la tour. : La chambre des députés adopte un projet de loi d'Édouard Lockroy, ministre du commerce, qui en fait le commissaire général de l'Exposition et la dote d'un budget de 43 millions de francs. : Édouard Lockroy, suivant les arguments de Gustave Eiffel, lance un concours pour « étudier la possibilité d'élever sur le Champ-de-Mars une tour en fer à base carrée, de 125 mètres de côté à la base et de 300 mètres de hauteur » (extrait de l'article 9 de l'arrêté du mai 1886). : Fin du concours. 107 projets ont été déposés. : Avec son projet de tour, Gustave Eiffel obtient le premier prix qui l'autorise à construire son monument, mais le jury émet des réserves sur le système d'ascenseurs et sur la protection contre la foudre tels qu'ils apparaissaient dans le projet présenté. : Signature d'une convention entre Gustave Eiffel (agissant en son nom personnel), Édouard Lockroy, ministre du commerce et Eugène Poubelle, préfet de la Seine, ici représentant de la Ville de Paris. Eiffel s'engage à livrer la structure pour l'ouverture de l'exposition universelle et à créer une société anonyme spécifique pour utiliser les francs de subvention qui lui sont versées. : Début des fondations de la tour Eiffel. : Une lettre adressée à Adolphe Alphand, directeur général des travaux de l’exposition universelle de 1889, parait dans Le Temps. Intitulée « Protestation contre la tour de M. Eiffel », elle s'indigne de la disgrâce qu'elle procurera dans le décor parisien. Elle est signée par certains des plus grands artistes de l'époque : Alexandre Dumas fils, Guy de Maupassant, Charles Gounod, Leconte de Lisle, Victorien Sardou, Charles Garnier, François Coppée, Sully Prudhomme, William Bouguereau, Ernest Meissonier etc. Gustave Eiffel adresse sa réponse écrite, dans une intrevue accordée au journal Le Temps.
thumb|Caricature de Gustave Eiffel publiée dans Le Temps, le .
: Début des travaux du de la tour Eiffel. : Jonction des quatre arêtes et du de la tour Eiffel. : Dans Poésies, François Coppée écrit un poème sur la tour Eiffel :
: Début des travaux du de la tour Eiffel. : Grève des ouvriers : Gustave Eiffel accorde à tous une augmentation. : Nouvelle grève des ouvriers : Aucune augmentation accordée cette fois-ci. Les meneurs sont affectés au montage des arcs du , avec interdiction de monter aux étages supérieurs. : Émile Nouguier et Maurice Koechlin touchent francs de l'époque sur la base du devis effectué avec Gustave Eiffel fin 1884 (rachat de leurs part par Eiffel dans le but d'avoir un brevet exclusif sur la tour). : Achèvement officiel de la tour Eiffel. Un drapeau français est hissé au sommet au cours d'une cérémonie, saluée par 21 coups de canon. Auparavant, Gustave Eiffel et ses invités avaient gravi les marches qui menaient alors au troisième étage de la tour. Officiellement, la Tour Eiffel est alors le plus haut monument du monde. : Le de la conférence « Scientia » est offert à M. Eiffel. Sully Prudhomme y prononce un discours :
: Ouverture de l'exposition universelle de 1889. Pendant toute la durée de l'exposition, Le Figaro installe un « pavillon du Figaro » au de la tour et tire une édition quotidienne spéciale "imprimée dans la tour Eiffel", comme l'indique son sous-titre de l'époque. thumb|Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt : Dans leur Journal, Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt écrivent :
: Ouverture de la tour Eiffel au public. Dès la première semaine, elle reçoit visiteurs. L'ascension aux et se fait à pied. : L'ascension de la tour se fait en ascenseur. : Raoul Bonnery écrit un poème sur la tour Eiffel dans Le Franc Journal :
: Dans leur Journal, Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt écrivent :
: Dans la Revue des Deux Mondes, Eugène-Melchior de Vogüé écrit un article, À travers l'Exposition :
: thumb|La tour Eiffel lors de l'exposition universelle de Paris de 1889 Fermeture de l'exposition universelle de 1889. Presque 2 millions de personnes ont visité la tour Eiffel (sur 32 millions d'entrées à l'exposition universelle de 1889). Plus précisément, en 173 jours, entrées furent enregistrées, soit en moyenne entrées par jour. À titre de comparaison, en 2005, la tour Eiffel dénombra entrées par jour. Des personnalités prestigieuses signent le livre d'or : Georges de Grèce, le Shah de Perse, le prince de Galles, le prince Baudouin, le tsarévitch, le fils de l'empereur du Japon etc. 1889 : Henri Rousseau, dit le Douanier Rousseau écrit une pièce de théâtre ; Une visite à l'Exposition de 1889, vaudeville en 3 actes et 10 tableaux, dont une scène se déroule à la tour Eiffel :
1889 : Georges Seurat (1859-1891) peint La tour Eiffel (Huile sur panneau, , Fine Arts Museum - San Francisco). Il représente l'édifice alors qu'il était encore en phase de construction.
1890-1900 vignette|Guy de Maupassant : Début de la période d'exploitation commerciale d'une durée de 20 ans accordée à Gustave Eiffel, au terme de la convention signée le 8 janvier 1887 avec le ministre du commerce et le préfet de la Seine. : Pour l'ensemble de l'année 1890, le nombre d'entrées chute de manière vertigineuse à visiteurs. : Guy de Maupassant écrit un récit de voyages, La vie errante. Il y explique son désamour de la tour Eiffel :
: Le boulanger landais, Sylvain Dornon, monte sur des échasses les 347 marches qui mènent au premier étage de la tour Eiffel. En mars de cette même année, il fera le voyage Paris-Moscou, toujours avec ce moyen de locomotion. 1892 : M. Carron effectue un projet non réalisé, de construire depuis le étage de la Tour Eiffel, une attraction à sensations similaire à une tour de chute, sous forme de coque profilée en acier pouvant accueillir 10 passagers, chutant jusqu'à un bassin situé en dessous du sol et rembourrée d'énormes ressorts. 1893 : Gustave Eiffel se retire définitivement des affaires après son inculpation judiciaire, à la suite du scandale financier du canal de Panama. D'abord condamné à francs d'amende et à 2 ans de prison, la cour de cassation l'avait finalement disculpé. 1897 : Dans Le Bec en l'air, Alphonse Allais fait paraître Utilisation de la tour Eiffel en 1900 :
: de transmission télégraphique hertzienne par Eugène Ducretet et Ernest Roger entre la tour Eiffel et le Panthéon, distant de . : Eugène Ducretet réussit la télégraphique hertzienne entre la tour Eiffel et le Panthéon, distant de . 1898 : Mort d'Émile Nouguier. Du 15 avril au : Nouvelle exposition universelle organisée à Paris. La tour Eiffel n'enregistrera « que » visiteurs (soit 52,5 % des entrées de l'exposition universelle de 1889), alors même que le nombre d'entrées global de cette exposition est supérieur à celui comptabilisé pour celle de 1889. 1900 : L'éclairage de la tour Eiffel, qui était auparavant au gaz, devient entièrement électrique grâce à l'installation de ampoules. 1900 : Jusqu'en 1914, tous les jours, à midi, retentira un coup de canon signifiant la nouvelle heure. On parlera à cet égard du « canon de midi ».
1901-1918 thumb|Alberto Santos-Dumont faisant le tour de la tour Eiffel avec son dirigeable thumb|Calligramme de Guillaume Apollinaire en 1918 : Alberto Santos-Dumont fait le tour de la tour Eiffel avec son dirigeable numéro 6. Un an plus tôt, l'industriel Henry Deutsch avait proposé d'offrir un prix de francs au pilote du premier aéronef qui contournerait la Tour en revenant à son point de départ (Saint-Cloud) en moins d'une demi-heure. 1902 : À la manière d'Hokusai et ses trente-six vues du mont Fuji (1829), Henri Rivière (1864-1951) réalise en 1902, une série de 36 lithographies ayant pour thème la tour Eiffel. Chacune aquarelle montre l'édifice vue d'un quartier de Paris et est réalisée dans l'esprit des estampes japonaises.