Nikos Papatakis (en ) est un réalisateur, scénariste, producteur et directeur artistique français d'origine grecque. né le à Addis-Abeba (Éthiopie) et mort le dans le .

Jeunesse et exil Nikos Papatakis naît le à Addis-Abeba en Éthiopie d'un marchand grec et d'une aristocrate éthiopienne.. , il s'engage dans l'armée éthiopienne mais est finalement contraint de s'exiler. Il se réfugie d'abord au Liban puis en Grèce. En 1939, il s'installe à Paris.

La Rose rouge Papatakis fréquente l'intelligentsia parisienne de l'époque dont Jean-Paul Sartre, André Breton, Jacques Prévert, Robert Desnos, Jean Vilar. Il se lie d'amitié avec Jean Genet. Il collabore à une émission de radio chez Leduc en 1945, dont un reportage photographique de Denise Bellon a été conservé.

En 1947, il crée à Paris avec sa compagne Mireille Trépel le cabaret La Rose rouge, rue de la Harpe dans le arrondissement de Paris et transféré l'année suivante au 76 rue de Rennes. Il le dirigera jusqu'au milieu des années 1950. Cette scène va être un tremplin pour de nombreux artistes parmi lesquels Les Frères Jacques, Marcel Mouloudji et Juliette Gréco« Pierre Tchernia et Juliette Gréco évoquent La Rose rouge » (ORTF, 1966) sur le site de l'INA.. L'impact artistique de La Rose rouge est attesté par le film musical homonyme de fiction que lui consacre le réalisateur Marcello Pagliero en 1951. On y voit le personnel du cabaret improviser un spectacle à la suite d'un empêchement des Frères Jacques.

En 1950, Nikos Papatakis engage Juliette Gréco, égérie de Saint-Germain-des-Prés, proche de Sartre et Boris Vian et qui s'est déjà produite au Tabou au Bœuf sur le toit. Se pose alors le problème de lui trouver une robe de scène. Papatakis l'emmène chez le couturier Pierre Balmain où elle choisit, parmi les soldes, une robe noire avec une traîne de satin doré. Juliette Gréco découd la traîne et monte ainsi sur la scène de La Rose rouge, adoptant la tenue qui la rendra célèbre comme elle le relate dans ses mémoires : Juliette Gréco, Jujube, Stock, Paris, 1982 ..

Le cinéma En 1950, Nikos Papatakis produit et finance le film Jean Genet, Un chant d'amour, avec une photographie signée Jean Cocteau. Mais l'unique œuvre cinématographique de l'écrivain est censurée en raison de son évocation crue de l'homosexualité et n'est distribuée qu'en 1975.

En 1957, à cause de ses activités politiques pendant la guerre d'Algérie, il quitte la France pour les États-Unis et se fixe à New YorkNico Papatakis (1918-2010) sur l'Institut Mémoires de l'édition contemporaine (IMEC).. En 1959, il rencontre le réalisateur John Cassavetes qui a des difficultés financières pour terminer son premier long métrage Shadows. Il trouve les fonds nécessaires et devient coproducteur du film.

Il revient à Paris au début des années soixante. En 1962, il réalise son premier film, Les Abysses, d'après la pièce de Genet Les Bonnes, inspirée elle-même de l'histoire vraie des sœurs Papin. Le film est prévu pour être présenté au Festival de Cannes la même année, mais le comité de sélection du festival le rejette dans un premier temps à cause de sa violence et son exaltation forcenées (certains y voyant, entre autres choses, ) avant qu'André Malraux, ministre de la Culture, ne l'impose, sensible à l’importance de l’œuvre« Papatakis le réfractaire par Michel Ciment » sur le site du Festival La Rochelle Cinéma.. Francis Cosne, président du syndicat des producteurs français donne alors sa démission en signe de protestation et la projection des Abysses provoque un scandale sur la Croisette. Le fidèle cénacle intellectuel (Sartre, Beauvoir et Genet) soutient le film face aux violentes réactions. Genet déclare : . Et André Breton d'ajouter .

En 1967, il tourne clandestinement en Grèce, alors sous la dictature des colonels, son second long métrage, Les Pâtres du désordre, dénonçant le régime. Le film qui sort au moment des événements de Mai 1968 connaît une faible fréquentation.

En 1975, il écrit et réalise Gloria Mundi, qui évoque la torture en Algérie. Le film est sélectionné pour l'ouverture du premier Festival du film de Paris et sort dans trois salles le mais est retiré de l’affiche à la suite d'un attentat à la bombe au cinéma Le Marbeuf, revendiqué par d’anciens membres de l’OASNikos Papatakis sur Algériades.com.. Il ne ressort qu'en 2005.

En 1986, il écrit et réalise La Photo, sélectionné au Festival international du film de Thessalonique 1986 et pour la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 1987.

En 1991, il écrit et réalise Les Équilibristes présenté à la Mostra de Venise. Michel Piccoli y incarne Jean Genet.

Mort Nikos Papatakis meurt le dans le , à l'âge de 92 ansFederico Rossin, « Un équilibriste sur l'abîme », Il manifesto, ... Il repose au Cimetière du Montparnasse, division 1.

Vie privée Nikos Papatakis a été marié de 1951 à 1958 avec l'actrice Anouk Aimée avec qui il a eu une fille, Manuela, née en 1951.

Lors de son séjour à New York, il entretient une longue liaison avec la mannequin Christa Päffgen, égérie d'Andy Warhol et du Velvet Underground. Elle lui emprunte son prénom comme nom de scène et devient ainsi Nico Richard Witts, Nico: Life and Lies of an Icon, Ebury Publishing, 2017..

Il épouse en 1967 l'actrice grecque Olga Karlatos, principale protagoniste de ses films Les Pâtres du désordre et Gloria Mundi. Le couple a eu un fils, Serge, né la même année, avant de divorcer en 1982.

Filmographie En tant qu'acteur 1946 : Le Gardian de Jean de Marguenat (sous le pseudonyme de Niko Dakis) 1947 : Voyage Surprise : Boris 1961 : Un nommé La Rocca de Jean Becker (sous le pseudonyme de Nico) : Villanova 1992 : Cinématon #1588 de Gérard Courant : lui-même 1995 : Nico Icon, documentaire biographique de Susanne Ofteringer : lui-même

En tant que réalisateur 1962 : Les Abysses - également producteur 1967 : Les Pâtres du désordre (I Voski tis Simforas) - également scénariste et producteur 1975 : Gloria Mundi - également scénariste et producteur 1986 : La Photo (I fotografia) - également scénariste et producteur 1991 : Les Équilibristes - également scénariste et producteur

En tant que producteur 1950 : Un chant d'amour, court métrage de Jean Genet 1959 : Shadows de John Cassavetes

En tant que scénariste 1980 : Une page d'amour d'Élie Chouraqui, scénario coécrit avec Elie Chouraqui d'après le roman d'Émile Zola 1981 : Court circuits de Patrick Grandperret, scénario coécrit avec Patrick Grandperret et Gérald Garnier

Décoration (), remise par le ministre français de la Culture Frédéric Mitterrand.

Hommages

Jack Lang souligne encore que le cinéaste était un « ami rare », un « homme de courage », un « créateur raffiné et audacieux », et qu'. Il évoque aussi « le bonheur » qu'a été pour lui

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . , publié à l'occasion du Festival international du film de Thessalonique.

Articles connexes La Rose rouge de Marcello Pagliero (édité en DVD par René Chateau Vidéo en 2006).

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