Les élections législatives égyptiennes de 2020 ont lieu en deux phases de deux tours du au afin de renouveler les membres de la Chambre des représentants de l'Égypte.

Le Parti pour l'avenir de la nation, lié aux forces armées et soutenant le président Abdel Fattah al-Sissi, obtient la majorité absolue des sièges.

Système électoral Généralités vignette|droite|Nombre de sièges par phases et mode de scrutin : La Chambre des représentants est la chambre basse du parlement bicaméral égyptien. Elle est composée de renouvelés tous les cinq ans, dont 284 au scrutin uninominal majoritaire à deux tours dans 142 circonscription électorale auxquels se rajoutent 284 autres élus au scrutin proportionnel plurinominal avec listes fermées dans quatre circonscriptions dont deux de et deux autres de 42, basées sur les limites des 27 gouvernorats du pays. Ces sièges de listes sont éventuellement répartis de manière à respecter un quota de 25 % de femmes à la chambre s'il n'est pas déjà atteint. Enfin, sont nommés par le président de la République....

Le ratio 50/50 de sièges élus au scrutin majoritaire et de sièges élus à la proportionnelle parmi les sièges pourvus au scrutin direct est inscrit en dur dans la constitution depuis son amendement en 2019. Le total de sièges à la chambre peut cependant varier à chaque législature.

Calendrier Le scrutin a lieu en deux phases étalées à des dates différentes sur plusieurs jours, une partie des gouvernorats votant avant l'autre. Un système électoral à deux tours étant utilisé, chacune des deux phases comporte deux séries de dates. La première phase a ainsi lieu les 24 et avec des second tours les 23 et . La seconde phase est quant à elle organisée les 7 au avec des second tours les 7 et ...

La diaspora égyptienne vote quant à elle les trois jours précédant chaque tour de scrutin de l'une ou l'autre phase, en fonction de l'ancien lieu de résidence des électeurs..

Résultats La première phase organisée en novembre connait un taux de participation de 28,06 % pour le scrutin proportionnel national, avec votants pour inscrits. Il atteint un niveau similaire lors de la seconde phase en décembre, avec 29,50 % de participation, votants et inscrits.

Comme attendu, le Parti du futur de la nation du président Abdel Fattah al-Sissi remporte la majorité absolue, suivis d'alliés tels que le Parti populaire républicain et le Néo-Wafd, arrivés deuxième et troisième en nombre de sièges. Fichier:Egypt House of Representatives 2020.svgPartisSièges +/-Parti du futur de la nation316 Parti populaire républicain50 Néo-Wafd26 Parti des défenseurs de la patrie23 Parti de l’Égypte moderne11 Réforme et développement9 Parti de l'assemblée7 Parti social démocratique7 Parti égyptien de la liberté7 Parti de la lumière7 Tagammu6 Parti de la justice2 Eradet Geel1 Indépendants124 Total596

Représentation parlementaire et crise du système partisan Les élections parlementaires égyptiennes de 2020 mettent en évidence un pluralisme largement formel et la faiblesse structurelle du système partisan. Sur 104 partis politiques légalement existants, seuls 12,5 % ont accédé à la représentation parlementaire, un recul notable par rapport à 2015, où 19 partis étaient présents. Bien que 476 sièges sur 595 (soit 80 %) soient occupés par des membres de partis, cette hausse par rapport à 2015 (42,78 %) ne traduit pas un approfondissement de la vie politique, mais plutôt une recomposition contrôlée du champ partisan.

La domination d’un seul parti, Mostaqbal Watan, est particulièrement révélatrice : avec 315 députés, il détient à lui seul plus du double des sièges cumulés des 12 autres partis représentés (156 députés). Cette concentration affaiblit le rôle délibératif du Parlement et réduit la compétition politique, d’autant plus que l’accès au Parlement a été largement conditionné par l’intégration à la « liste nationale pour l’Égypte », perçue comme proche de l’État et bénéficiant d’un soutien politique et médiatique déterminant.

Les indépendants, qui représentent pourtant plus de 95 % de la population égyptienne, apparaissent comme les principaux perdants du scrutin. Leur représentation est limitée à 119 sièges, conséquence directe de la réduction légale de leur part élective (de 79 % à 50 %), de leur marginalisation dans les listes nationales (22 candidats en 2020 contre 74 en 2015) et de la concurrence accrue des partis sur les sièges individuels.

Enfin, si la présence des femmes atteint un niveau historiquement élevé avec 162 députées (27,2 %), et celle des chrétiens 33 sièges, cette avancée reste essentiellement institutionnelle et contrainte, reposant principalement sur les quotas imposés aux listes électorales, tandis que la compétition individuelle demeure peu inclusive. Dans l’ensemble, les résultats de 2020 traduisent moins un élargissement réel de la représentation politique qu’un encadrement du pluralisme et une centralisation accrue du pouvoir parlementaire.

Notes et références

Catégorie:2020 en Égypte Égypte 2020 Catégorie:Politique en novembre 2020 Catégorie:Politique en octobre 2020 Catégorie:Politique en décembre 2020