Le centre de rétention administrative de Marseille, ou centre de rétention du Canet, est un centre de rétention administrative (CRA) ouvert en 2006 et situé dans le quartier du Canet, dans le de Marseille.

Il a remplacé un hangar du port de Marseille, dont la découverte par le public dans le milieu des années 1970 avait contribué au moment de à dévoiler des pratiques de rétention non encadrées par le droit.

Le centre d'Arenc

En 1963, après la grande vague des indépendances, un entrepôt d'Arenc dans le port de Marseille est utilisé par la préfecture de police pour y enfermer sans contrôle judiciaire les passagers algériens à qui l'entrée en France est refusée, en attendant leur expulsion.

En 1975, un avocat marseillais, Sixte Ugolini, alerte la presse de la disparition d'un de ses clients qui aurait été détenu dans le centre; éclate et conduit à un débat politique sur les modalités juridiques de la rétention qui durera jusqu'en 1981 .

Les journalistes invités à visiter le centre en 2001, à la suite d'améliorations , témoignent de la vétusté et saleté de ce qui est qualifié de .

Le hangar d'Arenc est abandonné en 2006 et démoli en 2009, son emplacement est devenu un parking pour les véhicules poids lourds sur les quais du port. En 43 ans, environ personnes y ont été retenues, y compris de très jeunes enfants. Le centre du Canet

Ouverture En 2006, le centre de rétention d'Arenc est remplacé par un nouveau centre, au 18 boulevard des Peintures, dans le quartier du Canet à Marseille, à 600 m de la station de métro Bougainville. C'est un bâtiment neuf, de et d'une capacité de 136 places, ce qui double la capacité d'accueil par rapport à Arenc.

À son ouverture, le bâtiment du Canet, non chauffé et déjà lézardé, est fait de trois blocs sur deux niveaux avec chacun une cour de promenade et 30 lits. À l'ouverture du centre, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté constate :

Incidents Le , un homme turc décède dans le CRA, après s'être pendu dans sa chambre. En , c'est un homme albanais qui avait vu sa demande d'asile rejetée qui met ainsi fin à ses jours, sept autres personnes avaient tenté de se suicider dans ce centre fin 2017, selon l'association Forum réfugiés.

Le centre est fermé fin 2010 après la détection de la bactérie à l’origine de la légionellose, puis à nouveau à la suite d'un incendie qui se déclare le .

L'attaque par arme blanche à la gare Saint-Charles de Marseille le par un Tunisien en situation irrégulière, conduit les préfectures à augmenter le nombre de rétentions dans toute la France ; le CRA de Marseille s'engorge.

En 2022, une rixe fait 6 blessés : deux retenus et quatre policiers. Deux retenus sont transportés à l'hôpital selon France 3, aucun selon la préfecture.

Dans la nuit du , un incendie est déclenché dans le CRA. Les pompiers interviennent, puis les CRS, violemment. Un retenu tunisien meurt. La cause de la mort est une asphyxie selon les élus LFI et le collectif marseillais anti-CRA, une selon l'administration. L'épouse de la personne décédée porte plainte contre X et une enquête est ouverte. Deux retenus sont condamnés quelques jours après l'incendie.

Pendant la pandémie de Covid-19 vignette|Rassemblement devant le centre de rétention du Canet à Marseille le 5 septembre 2020. En , pendant la pandémie de Covid-19, les associations s'appuient sur les risques de contamination élevés et la fermeture des frontières Schengen (qui empêche les expulsions) pour demander la libération des personnes retenues. La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté et le défenseur des droits recommandent la fermeture des CRA, qui se vident à travers le pays, mais d'après une avocate, ; le , 5 personnes sont encore retenues.

En , des retenus entament une grève de la faim ; selon La Provence, qui note que des grèves de la faim ont aussi commencé à Nîmes, Toulouse et Rennes, c'est pour protester contre . Le , dans le cadre d’un appel national, une manifestation a lieu devant le centre du Canet, dans lequel 63 personnes sont enfermées.

A l'automne 2020, la France continue à expulser des personnes en situation irrégulière vers plusieurs pays dont les frontières sont ouvertes, et, en attendant une date de retour forcé, à les enfermer au CRA. Le , le centre du Canet est mis en quarantaine par la préfecture après la détection d'un cluster de personnes contaminées, le nombre de personnes enfermées descend à 67, mais la situation sanitaire reste préoccupante. Le des cellules sont incendiées. Les audiences publiques qui permettent d’examiner les dossiers des retenus sont maintenus, mais se déroulent en l'absence des personnes concernées, placées en quarantaine dans leurs cellules, et qui n'ont pas pu rencontrer leurs avocats.

Conditions de rétention Après sa visite en 2014, le contrôleur général des lieux de privation de liberté note que les étrangers retenus au CRA n'ont pas accès à l'accompagnement juridique auquel ils ont droit, qu'ils ne reçoivent pas à leur arrivée les informations sur leurs droits, et que . En 2023, le problème d'interprétariat n'a pas évolué. Le député La France insoumise Bastien Lachaud dénonce après une visite du CRA en 2017 des conditions de rétention qu'il juge « inhumaines ». En 2018, la députée LREM Alexandra Louis visite le centre et constate que les procédures et que . En 2019, le CRA est visité par la députée Émilie Guerel, et en 2023 par deux parlementaires ; trois quarts des retenus sont originaires de Tunisie et d’Algérie, alors que leurs expulsions sont impossibles.

Mediapart consacre une série d'articles au CRA de Marseille en 2020 pour décrire les conditions d'enfermement et les express du juge des libertés et de la détention, qui se tiennent à l'intérieur du centre pour éviter des escortes quotidiennes au palais de justice, et dont la Cimade tient une chronique.

Le bâtonnier de Marseille visite l'établissement le et note que .

Le rapport évoque aussi un « problème d’insécurité assez généralisé » et un « délabrement important des installations collectives ». Le centre passe sous la menace d’une fermeture temporaire par le tribunal administratif, saisi par un référé-liberté exigeant que cessent les « atteintes graves » portées aux retenus, mais celui-ci est rejeté, le juge se satisfaisant des réparations d'urgence, tout en notant que le préfet n'a pas démontré . Le centre est à nouveau visité par un élu, le sénateur écologiste Guy Benarroche, en 2024 .

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