Le mariage dans le christianisme est l'alliance de deux personnes pour former un couple et fonder une famille. Dans l'Église catholique et l'Église orthodoxe, c'est l'un des sept sacrements (le sacrement de mariage). Dans le protestantisme et le christianisme évangélique, il s’agit d’une bénédiction.

La plupart des Églises chrétiennes dans le monde soutient uniquement le mariage entre un homme et une femmeStephen Hunt, Contemporary Christianity and LGBT Sexualities, Routledge, Abingdon-on-Thames, 2016, p. 40-41. Certaines confessions chrétiennes inclusives et des Églises inclusives soutiennent les mariages entre personnes de même sexe.

Histoire du mariage chrétien Origines Le mariage chrétien a son origine dans la tradition juive du mariage Frederik Pedersen, Joanne M. Ferraro, A Cultural History of Marriage in the Medieval Age, Bloomsbury Publishing, UK, 2021, p. 90. L'Épître aux Romains et la Première épître aux Corinthiens parlent de l'union spirituelle que forment un mari et sa femme George P. Monger, Marriage Customs of the World: An Encyclopedia of Dating Customs and Wedding Traditions, 2nd Edition, ABC-CLIO, USA, 2013, p. 154.

Haut Moyen Âge Avec le déclin de l'Empire romain, l'habitude de signer un écrit disparut progressivement : seuls des témoins (de la cérémonie, ou de la vie conjugale), désormais, pouvaient justifier de l'existence de l'union.

De même, les mariages « secrets », les rapts (sans l'accord des parents de la fille, car, dans certaines tribus germaines, le rapt était un mode de fiançailles), les divorces et les remariages devinrent courants.

Le mariage se déroule en quatre étapes : la toilette de l'épouse, celle de l'époux, la cérémonie, puis, pour finir, une grande fête où familles et amis se retrouvent.

Le mariage se fait dès la puberté de la fille à l'identique de la coutume romaine. Il en résulte des maternités précoces, et un faible ratio d'enfants arrivant à l'âge adulte.

Moyen Âge thumb|Mariage au moyen âge L'Église catholique structure la société et organise la famille.

Le mariage apparaît pour la première fois comme l'un des sacrements, à côté de l'eucharistie, de la pénitence et du baptême, dans un décret du pape Lucien III contre les hérétiques, en 1184. Son décret, lu sans doute au concile de Vérone, sera reproduit dans plusieurs collections canoniques et suivi d'autres professions de foi similairesJean-Claude Bologne, Histoire du mariage en Occident, Hachette Littératures, 1995, p. 135. Au également, le pape Innocent III autorise le mariage des sourds et muets, qui peuvent donner leur consentement par signes..

concile du Latran

En 1215, au IVe concile du Latran, tenu sous Innocent III, le mariage est davantage codifié par l'Église qui l’intègre aux sacrements en cours de définition. L'Église catholique poursuit sa réglementation du mariage, en traitant pour la première fois la question pour toute l’Église latine par un Concile Œcuménique : publication des bans (pour éviter les mariages clandestins) ; reconnaissance formelle du mariage comme sacrement, donc indissoluble, sauf par la mort ; exigence du consentement libre et public des époux, échangé de vive voix dans un lieu ouvert (contre les rapts). Si le consentement de l'épouse est une novation absolue, cela ne gêne en rien les mariages arrangés. imposition d'un âge minimal des époux (pour éviter le mariage d'enfants, et notamment des très jeunes filles). Actuellement, aux termes du code de droit canonique, le mariage catholique ne peut pas être contracté avant 14 ans pour la femme et 16 ans pour l'homme (CIC 1083canon 1083), et, sans dispense de l'Ordinaire, en dessous de l'âge légal du pays (CIC 1071 §1 -2canon 1071 §1 -2.) précision des cas de mariages constatés nuls et non avenus par l'Église. Ces mariages déclarés nuls par l'Église ne sont donc pas «annulés»: l'Eglise considère plutôt qu'ils n'ont jamais eu lieu (le sacrement était vicié). Ces cas sont par exemple : manque de liberté d'un des fiancés (mariage contraint ou forcé), de duperie sur la personne, de rapt, de non consommation, de mariage clandestin, etc.

Ce concile fixe des règles très largement reprises ensuite dans le mariage civil et laïc, institué en France en 1792.

Concile de Trente (, 11 novembre 1563)

En niant le septième sacrement, les Réformateurs ont placé le mariage hors du domaine surnaturel et, par voie de conséquence nécessaire, exclu la compétence juridique de l'Église sur les cas de mariage. Aussi la mise en valeur du caractère surnaturel du sacrement du mariage comme image terrestre de l'union de Dieu avec son Église telle qu'elle est décrite dans le Cantique des cantiques, est le principal objectif du concile de Trente dans sa . Les principales décisions : la sacramentalité du mariage, en opposition à Luther qui prétend que le Nouveau Testament ne montre d'institution par Jésus que du baptême et de la Cène, la monogamie, contre la supposée complaisance des Réformateurs, Luther en particulier, pour la bigamie du landgrave Philippe de Hesse, droits de l'Église en matière d'administration et de législation du mariage. Ces droits découlent du fait que le sacrement du mariage est maintenant clairement formalisé. Par le canon 12 sur le sacrement du mariage, ce concile affirme que le mariage relève des juges ecclésiastiques. indissolubilité. Le mariage doit être : précédé de la publication des bans, célébré devant un prêtre et des témoins, matérialisé par la signature des deux époux sur un registre paroissial. Il peut autoriser la vie séparée durant le mariage dans des cas limités et bien déterminés (Par ex. maladie grave d'un des deux conjoints, époux parti à l'étranger pour une très longue durée, etc. Cf. article 8 des Canons sur le sacrement du mariage de la session XXIV du : « Si quelqu'un dit que l'Église se trompe lorsqu'elle décrète que, pour de nombreuses raisons, les époux peuvent vivre séparés, sans vie conjugale ou sans vie en commun, pour un temps déterminé ou indéterminé : qu'il soit anathème. »)

Par contre, il est interdit de cohabiter hors mariage, c'est une mesure pour limiter les enfants illégitimes.

L'institution du mariage sacramental clôt une longue bataille politique menée par l’Église catholique pour régenter le mariage des princes, d'abord en luttant contre l'inceste, c'est-à-dire en réglementant le degré de cousinage en deçà duquel le mariage est illicite

Mais certaines coutumes perdurent, comme le maraîchinage en Vendée.

Fin des Temps modernes Pendant la révocation, une problématique se crée au sein du protestantisme résistantCe passage doit beaucoup "Problématique du mariage des protestants sous l'ancien régime" par Robert Poinard, professeur de droit canonique, d’histoire de l’Église et d’histoire des institutions religieuses. Les synodes clandestins et les pasteurs réprouvent le double jeu des "réunis"Ce terme désigne les convertis de force qui continuent de protestantiser clandestinement. Toutefois, ils encouragent l'appel à un pasteur pour les baptêmes et les mariages célébrés clandestinement, d'où l'habitude de marquer ces événements sur la page de garde des Bibles familiales.

De même, on organise des mariages collectifs pour tous ceux qui sont en "longues fiançailles" chaque fois qu'une accalmie dans la répression permet la venue d'un pasteur. Ainsi se reconstruisent des communautés. Ces longues fiançailles n'étaient pas plus reconnues que le mariage protestant par les autorités civiles, ici représentées par l'autorité catholique. De nombreux procès (dénonciation, filiation, héritages) avaient lieu autour de cette pratique jugée ambiguë.

Mais en 1731, les parlementaires réagissent quand il devient évident que l'Église catholique n'a plus la main sur les mariages protestants. Les tribunaux prononcent des bâtardises et privent des enfants de leur héritage quand ils sont jugés illégitimes. Cette intransigeance montre l'iniquité du système quand sont tenus pour nuls des mariages non canoniques et des contrats de mariage non déclarés. Faute de certificat de mariage catholique, un contrat de mariage ne peut être "de mariage" et notarié comme tel.. Dès 1774, une mention de bâtardise est ajoutée aux actes de baptêmes d’enfants nés de parents mariés clandestinement (donc protestants).

Il en résulte des troubles à l'ordre public et, surtout, la circulation de libelles et mémoires qui mettent en cause l'iniquité de la législation spécifiquement sur les points suivants : contradiction entre l’article 12 de l’édit de Fontainebleau (reconnaissance de la liberté de conscience) et le traitement juridique d’obligation qui interdit la pratique cette liberté contradiction de droit canonique : la demande en mariage se situe dans le domaine du for externe tandis que la législation oblige le protestant à une profession de foi (domaine du for interne) ; ainsi, ce que les normes ecclésiastiques en vigueur n’ont jamais exigé des catholiques est imposé aux "réunis" au mépris du droit contradiction sur la théologie du sacrement et le rôle dévolu au prêtre (les vrais ministres du sacrement sont les mariés qui contractent, et donc l’obligation de passer devant un prêtre n’est qu’un point de discipline ecclésiastique alors même que les canons du Concile de Trente n’ont jamais été officiellement reçus au royaume de France) donc conflit de compétence entre lois religieuses et lois civiles. Toutefois, selon le professeur François de Boutaric (1672-1733), l'article 44 de l'ordonnance de Blois avait bien entériné en France le décret tridentin Tametsi. contradiction entre la tradition chrétienne de reconnaissance du mariage naturel accordé à tous les païens mais refusé aux seuls protestants.

La conclusion de ces mémoires propose : la distinction du sacrement et du contrat de mariage civil, pour faire reconnaître tous les mariages protestants clandestins, la reconnaissance des droits patrimoniaux des enfants issus de ces mariages du fait du contrat civil.

Il s'agit donc d'une forme de mariage civil à utilisation rétroactive de validation des mariages dont la non-reconnaissance serait l'occasion de troubles à l'ordre civil et surtout à l'ordre économique et patrimonial.

En 1786, Malesherbes somme Louis XVI de légiférer pour accorder un état civil à tous ceux de ses sujets qui ne sont pas de confession catholique ; le ministre-législateur pense donc également aux sujets de confession juive. Cette année-là, le beau-frère du roi, Joseph II, empereur d’Autriche, vient de prendre, de son côté, toute une série de mesures allant dans ce sens sans soulever la moindre opposition en son empire.

Époque contemporaine (Révolution française et )

Le début de cette époque est une période charnière pour l'institution du mariage.

En effet, en France, la Révolution instaure une distinction entre le mariage chrétien, en particulier le mariage catholique, et le mariage civil, dans la Constitution de 1791 (article 7). Cela confirme notamment la possibilité (déjà donnée depuis 1787) aux citoyens non catholiques (juifs, protestants…) de bénéficier des mêmes droits civiques que les citoyens catholiques (article premier de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen) : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune »). Le mariage devient un contrat entre les époux. La constitution instaure le mariage civil sur des bases similaires à celles du mariage catholique (mais autorise le divorce par consentement mutuel en 1792) : Article 7. - « La loi ne considère le mariage que comme contrat civil. - Le Pouvoir législatif établira pour tous les habitants, sans distinction, le mode par lequel les naissances, mariages et décès seront constatés ; et il désignera les officiers publics qui en recevront et conserveront les actes. »Constitution de 1791 sur site du Conseil constitutionnel