Louise Bertin, née le à Roches (hameau près de Bièvres et morte le à Paris, est une poétesse et compositrice française.
Biographie
Jeunesse et études Louise Angélique Bertin naît à Bièvres dans la propriété familiale, dont elle héritera plus tard. Elle est la fille de Louis-François Bertin, directeur du Journal des débats, et de Geneviève-Aimée-Victoire Boutard. Avec l'arrêt momentané de son activité de journaliste par la suppression de la presse indépendante en 1811 et de l'infirmité de Louise, atteinte de poliomyélite, incapable de toute activité physique, son père s'occupe personnellement de l'éducation de l'enfant. Sa mère, qui était pianiste, lui enseigne sans doute l'instrument. Elle grandit dans un milieu artistique et littéraire. Son énergie est canalisée dans la peinture et la poésie ainsi que la musique. D'après une lettre envoyée par son frère, elle possédait une certaine maîtrise de la musique à l'âge de quatorze ans.
Elle se forme en privé auprès de François-Joseph Fétis pour le chant, ainsi qu'à la tradition des compositions de style italien. Pour le contrepoint elle se tourne vers Antoine Reicha — un ami de Haydn, dans la mouvance allemande des compositions de Mozart, Beethoven et Weber — également professeur de Berlioz et de Liszt. L'influence d'Antoine Reicha est probablement la plus prégnante, cette dernière portant par exemple sur l'emploi de carrures irrégulières, des modulations inattendues ou bien un usage important des instruments à vents.
Lors d'une représentation privée au château des Roches en 1825, Louise Bertin fait jouer Guy Mannering, inspiré du roman homonyme de Walter Scott. Cependant l'œuvre est considérée comme un travail d'apprentie compositrice, puisqu'elle n'a alors que vingt ans et n'a pas fini ses études musicales.
Carrière Les œuvres principales de Louise Bertin sont un opéra comique (Le Loup-garou) et deux opéras proche du grand opéra, Fausto (1831), ainsi que La Esmeralda (1836), donné à l’Opéra, avec Cornélie Falcon dans le rôle-titre. L'œuvre n'est jouée que six fois, lors de représentations houleuses dues aux querelles politiques dirigées contre le Journal des débats fondé par son père Louis-François Bertin. Le livret écrit par Victor Hugo à partir de son drame Notre-Dame de Paris est également sous le coup de la censure (d'où le changement de titre) : Victor Hugo est alors un poète avec de nombreux détracteurs. Franz Liszt réalise une réduction chant et piano de l'œuvre.C'est à elle que Victor Hugo a dédié un poème des Feuilles d'Automne et un autre des Rayons et des ombres" "Sagesse (XLIV) '''
Louise Bertin ne jouit pas de la reconnaissance due à la qualité de ses compositions, en raison aussi de la condescendance des critiques envers une femme handicapée (à la suite d'une poliomyélite, elle se déplace avec des béquilles) qui voient dans ses compositions des (journal Le Siècle), alors que Berlioz, qui dirige les répétitions à l'Opéra, atteste dans sa correspondance des qualités musicales et des nouveautés harmoniques d'une œuvre qu'il qualifie de « virile, forte et neuve ». Si , l'échec de La Esmeralda détourne la compositrice de la scène.
On lui doit également douze cantates, quelques œuvres instrumentales dont six ballades pour piano, cinq symphonies de chambre (toutes restées en manuscrits), ainsi que, dans le domaine de la poésie, deux recueils de vers.
Elle est notamment citée dans La Gazette des femmes comme femme de lettres et musicienne, citant ses trois principaux opéras, ses recueils de poèmes ainsi que quelques œuvres de musique de chambre et des mélodies.
Œuvre
Compositions Opéras Guy Mannering, opéra comique en trois actes, livret de la compositrice d'après l'ouvrage éponyme de Walter Scott, créé à Bièvres, 1825 Le Loup-garou, opéra comique en un acte, livret d'Eugène Scribe et Édouard-Joseph-Ennemond Mazères, créé à l'Opéra Comique, 1827 Fausto, opéra semi-seria en quatre actes, livret de la compositrice d'après Faust de Goethe, créé au Théâtre italien de Paris, 1831 La Esmeralda, opéra en quatre actes, livret de Victor Hugo d'après son roman Notre-Dame de Paris, créé à l'Opéra de Paris, 1836La Esmeralda, grand opéra de Louise Bertin Thèse de Mateo Crémades, université de Tours
Autres Trio avec piano, (éd. Schoenenberger 1875) Six Ballades (1842) 5 symphonies de chambres (inédites) L'Hirondelle (rêverie), paroles d'Alphonse de Lamartine, 1877 Reviens !, fantaisie pour piano sur une romance de L. M., 1878
Poésies Les Glanes ; A. René, 1842. Recueil couronné par l'Académie françaiseLettre de Victor Hugo en 1842. Nouvelles Glanes ; Charpentier, 1876
Œuvres mises en musique Par Charles Gounod :
Si la mort est le but, pour contralto, 1866.
Par Maurice Desrez :
Si la mort est le but, pour contralto, 1921.
Par Napoléon Henri Reber :L'amour (Dans le sentier, la violette).
Hommages Hector Berlioz lui a dédié la première version, pour chant et piano, de son cycle de mélodies Les Nuits d'été, , en 1841.
Notes et références
Bibliographie Sources anciennes
Hector Berlioz, « Académie royale de musique: La Esmeralda », dans Revue et gazette musicale de Paris, , 1836, . . Hector Berlioz, « Six ballades par Louise Bertin », dans Journal des débats, . Hector Berlioz, Mémoires, chapitre XLVIII (éd. 1870) .
Georges D’Heylli, Gazette anecdotique, littéraire, artistique et bibliographique, 3, Paris, Librairie des Bibliophiles 1877, 336. Michel Brenet, « Quatre femmes musiciennes » : Louise Bertin, L’Art série, tome 4 (1894), , . .
Ouvrages modernes . . . .
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Articles connexes Place des femmes dans la création musicale
Liens externes
Lettres de Victor Hugo aux Bertin Dans cette correspondance, on trouve les lettres à Louise Bertin à propos de La Esmeralda ; la dernière lettre fait part de la lecture faite par Hugo des Nouvelles glanes''
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