La gare de Metz-Ville : il s'agit de la dénomination officielle de , pour la différencier des autres gares messines., usuellement appelée gare de Metz, est une gare ferroviaire française, située à proximité du centre-ville de Metz, préfecture du département de la Moselle, en région .

Construite durant la première annexion allemande de l'Alsace et de la Moselle (1871-1918), la gare est inaugurée en 1908 par la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine ; elle remplace l'ancienne gare de Metz, mise en service en 1878. Le , pour ses façades et toitures (hors verrière), son salon d’honneur, le décor du buffet et son hall de départ, fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le (consultée le )..

C'est une gare de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), desservie par des TGV et des trains express régionaux.

Situation ferroviaire vignette|gauche|200px|Plan du système ferroviaire de Metz. Établie à d'altitude, la gare de Metz-Ville est le centre d’un important complexe ferroviaire. Elle est située au point kilométrique (PK) 353,700Livre : Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau ferré français, édité par La Vie du Rail en août 2011, , volume 1. de la ligne de Lérouville à Metz-Ville, au PK 154,320 de la ligne de Réding à Metz-Ville (les PK de cette ligne sont en fait comptés depuis Strasbourg) et constitue l'origine de la ligne de Metz-Ville à Zoufftgen.

Elle était également l'aboutissement, au PK 347,0, de la ligne de Conflans - Jarny à Metz-Ville, aujourd'hui déclassée et remplacée par la liaison indirecte de la ligne de Saint-Hilaire-au-Temple à Hagondange, et constituait l'origine de la ligne de Metz-Ville à la frontière allemande vers Überherrn, supprimée aux abords de Metz, et de la ligne de Metz-Ville à Château-Salins, déclassée en totalité.

Longueur utile des quais Nom du quaiNom de la voieDimensionQuai 1Voie 1Voie Aenviron Quai 2 – 3Voie 2Voie 3Quai 4 – 5Voie 4Voie 5Quai 6 – 7Voie 6Voie 7Quai 8 – 9Voie 8Voie 9

Histoire Contexte de création vignette|gauche|Ancienne gare, place du Roi-George (bâtiment de 1878). La desserte ferroviaire de Metz, qui débute en 1850., s'articule autour de trois gares qui se succèdent au cours de la deuxième moitié du et au début du . La gare actuelle, mise en service en 1908., est en fait la troisième gare de Metz. La première gare de Metz, construite provisoirement en bois, est une gare terminus, édifiée vers 1850 à l'extérieur des remparts de la ville, à l'emplacement actuel de la place du Roi-George. En 1871, lors de l'annexion de l'Alsace-Lorraine, la gare est placée sous l'autorité de la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine (EL) pour être intégrée au réseau ferré allemand. Cette gare ayant été détruite par un incendie accidentel en 1872, il est décidé de construire une nouvelle gare, plus grande et plus fonctionnelle. Ce sera la seconde gare de Metz, connue aujourd'hui comme l'ancienne gare de Metz. Le projet est confié à Johann Eduard Jacobsthal, futur architecte de la gare de Strasbourg-Ville, qui réalise les plans de l'édifice. Le bâtiment est inauguré le . Au début du , avec l'accroissement du trafic ferroviaire, l'administration impériale allemande prend la décision de remplacer la gare de 1878, par une gare de plus grande capacitéFrançois Roth, Metz annexée à l’Empire allemand : 1871-1918, in François-Yves Le Moigne: Histoire de Metz, Privat, Toulouse, 1986, (). La troisième gare de Metz, qui sera mise en service en 1908, est toujours en activité.

Construction et aménagements vignette|gauche|Le buffet de la gare, au début du . vignette|gauche|Aujourd'hui, l'ancien buffet est devenu la librairie de la gare. Le projet est confié à l’architecte berlinois Jürgen Kröger. Édifice résolument fonctionnel, la nouvelle gare monumentale doit répondre à la fois aux besoins des services ferroviaires et aux attentes des usagers. Cette nouvelle gare est l'élément-clé de la Nouvelle Ville allemande. Elle en constitue le point central et l'édifice le plus représentatif. Elle est construite entre 1904 et 1908 dans le style néo-roman rhénan, afin de rappeler le style roman qui eut un grand succès dans le Saint-Empire romain germanique. Elle apparaît comme le seul grand exemple de ce style en France. Le , long de plus de et dont la tour de l’horloge s’élève à , est édifié de 1905 à 1908 par Jürgen Kröger, assisté des architectes (1873-1954) et (1872-1951), ainsi que du sculpteur Schirmer, dans un style néo-roman rhénanVivre à Metz, , juin 2008, . — La gare a 100 ans.. Les dissymétries et les nombreux décrochements permettent de distinguer les différentes structures. Situé en avant, le bâtiment de départ des voyageurs attire le regard. Son plan, son ornementation et sa tour rappellent une nef d'église. La tour fait à la fois penser à un clocher et à un ouvrage défensif. Par son horloge, elle évoque la puissance, la rapidité, la ponctualité, et est le symbole des gares de la fin du . Mais elle est relativement massive et possède un chemin de ronde, faisant alors penser aux tours médiévales. Elle est ornée d'une statue d'angle dont le personnage a changé d'identité et d'attributs au fil des rattachements à l'Allemagne et à la France. Sur l'ensemble de la gare, tout le répertoire décoratif et architectonique de l'époque médiévale est utilisé, en étant revu par le romantisme du : bossages et arcatures rampantes, arcs en plein cintre, chapiteaux cubiques. L'ornementation évoque à de nombreuses reprises le Saint-Empire romain germanique, Charlemagne et les peuples germains, le but étant d'inscrire l'empire de Guillaume II dans la continuité de cette histoire. Sur les côtés du hall des départs se trouvent deux allégories de l'Alsace et de la Lorraine, rappelant leur récente réunion au Reich. La gare est inaugurée le Journées européennes du patrimoine 19 et 20 septembre 2009 — 1. Gare de Metz , dans Metz Magazine, hors série , 2009, .. Le coût final de la construction s'élève à vingt-neuf millions de marks-or., alors que le cahier des charges initial, prévoyait un budget de Le Lorrain du (lire en ligne, page 2)..

vignette|Bas-relief représentant des voyageurs de première classe. vignette|Ancien château d’eau de la gare, qui approvisionnait en eau les locomotives à vapeur. La fonction première de cette nouvelle gare est militaire. Elle est le terminus de la ligne des canons, une ligne de chemin de fer « stratégique ». Dans l’éventualité d’une guerre avec la France, l’Allemagne doit pouvoir acheminer ses troupes sur la frontière occidentale, en particulier dans le secteur de la Moselstellung, en un minimum de temps. Les nouvelles installations doivent permettre à l’empereur de déplacer en vingt-quatre heures. Les quais sont larges et longs, et les voies sont nombreuses. Elle doit permettre le chargement et le déchargement rapide de la logistique et des chevaux d'une armée. Chaque voie dispose d’un quai surélevé pour les voyageurs, à l’origine prévu pour faire embarquer et débarquer les chevaux (cependant, aucun cheval n'aurait pu monter dans un train dans cette gare, faute de place pour installer une passerelle spécifique à leur embarquement.) sans différence de niveau avec les wagons, et d’un quai bas de l’autre côté de la voie, actuellement réservé pour le service, mais à l’origine utilisé pour les personnes et les marchandises. De style néo-roman rhénan, la tour isolée, qui se dresse à proximité de la gare, est un château d'eau. Avec une contenance de , il servait à alimenter les locomotives à vapeur.

Aménagements du Entre 2002 et 2012, le trafic en gare de Metz a augmenté de 54 %, notamment du fait de l'arrivée du TGV en provenance de Paris en 2007.. Afin de faire circuler plus de trains et d’accueillir plus de voyageurs, Réseau ferré de France, en lien avec la région Lorraine, a décidé de poursuivre le développement de la gare en ouvrant deux nouveaux quais. Par ailleurs, des travaux de modernisation des voies ont permis d'augmenter les cadences entre chaque départ.. L'objectif, qui était d'accroître l'offre de transports au sein du sillon lorrain (Nancy – Metz – Thionville – Luxembourg) et de renforcer la mobilité transfrontalière, est atteint. Les derniers travaux mis en œuvre ont permis d’absorber 35 % de circulation ferroviaire supplémentaire en 2015.. Le budget global du projet s'est élevé à 133,17 millions d’euros, financé à hauteur de 18 % par la région Lorraine, 25 % par l’État et 57 % par réseau ferré de France. La gare de Metz contribue ainsi au développement des relations transfrontalières en Europe..

Exploitants successifs Le , après la signature du Traité de Versailles, la gare est rattachée à l'Administration des chemins de fer d'Alsace et de Lorraine (AL). Le , cette administration d'État forme avec les autres grandes compagnies la SNCF qui devient alors concessionnaire des installations ferroviaires de Metz. Lors de la Seconde Guerre mondiale, du fait de l'annexion de la Moselle (1940), c'est la Deutsche Reichsbahn qui gère la gare du jusqu'à la Libération de Metz en .

Valeur patrimoniale La gare de Metz a une valeur patrimoniale remarquable, tant d'un point de vue architectural que d'un point de vue culturel. vignette|Le télégraphiste actionnant le manipulateur. Détail d’un chapiteau de la façade des arrivées. vignette|La façade orientale : vitrail du salon impérial (milieu) et entrée du hall des arrivées (droite).

Patrimoine architectural La gare de Metz est, avec les gares de Strasbourg et de Colmar, l'une des principales gares du , nouvelle province de l'Empire allemand. Le bâtiment de la gare de Metz est inscrit monument historique depuis le . Sont protégés, la façade et la toiture sur la place, le hall des départs, le salon d’honneur et l’ancien buffet avec le décor intérieur.

Construite en grès de NidervillerCarrières de Niderviller, site internet de la commune de Niderviller. de couleur gris pâle, elle se distingue des bâtiments anciens du centre-ville, réalisés en pierre de Jaumont (une pierre calcaire de couleur ocre jaune, très caractéristique) ; de même, se distingue l'hôtel des Postes (se trouvant en face de la gare), quant à lui construit en grès rose des Vosges. Le projet de cette gare a été réalisé par la Société de construction lorraine, entreprise messine.

Le projet architectural lauréat de Jürgen Kröger, « » (« Lumière et Air »), exprimait initialement une facture franchement Art nouveauAndré Schontz, Le Chemin de fer et la Gare de Metz, , 152 et 200, Éditions Serpenoise, 1990.. Jugé , son projet dut évoluer pour se conformer à une stylistique romane rhénane qui recueillait l’assentiment de , puisant dans la gloire passée du Saint-Empire sa légitimation ; la parenté formelle avec une égliseLa gare et le château d’eau, site de la mairie de Metz. (partie départ), vue de l'extérieur, est la plus frappante pour une gare. Pour la partie droite (buffet et hall des arrivées), c'est un palais impérial qui est évoqué. La gare réinterprète la symbolique des pouvoirs religieux et temporels de l’empereur au Moyen Âge. , qui aimait se rendre dans la cité messine , en aurait esquissé le clocheton de l’horloge d’après la presse de l’époque. Le projet conserva toutefois l’organisation et la disposition spatiale et fonctionnelle des volumes.

Attenant au salon d’honneur, le buffet de la gare est l’occasion d’un décor de boiseries travaillées et de frises peintes. Des scènes de victuailles où la représentation sociale des personnages répond avec emphase à la tripartition en classes de voyageurs, viennent s’ajouter aux bas-reliefs illustrant les thèmes du voyage, des moyens de communication et de transports, avec des références orientales. Les personnages émergent des entrelacs courbes de rinceaux sur lesquels ils s’accrochent parfois, les enjambent et vont jusqu’à se donner la main entre deux chapiteaux voisins.

vignette|gauche|Vitrail de Charlemagne dans le salon de l’empereur .