(en français : De l'unité de l'intellect, contre les Averroïstes) est un livre écrit par Thomas d'Aquin en l'année 1270p. 9.
Contexte Depuis 1267 Bonaventure dispute intellectuellement les averroïstesp. 9-10, des philosophes qui tiennent en doctrine deux points : d'une part l'unité de l'intellect, de l'autre, de l'éternité du mondep. 10. Doctrines évidemment inacceptables dans le cadre chrétien et latin de la faculté des arts :
L'averroïsme se présente à Thomas d'Aquin par les six propositions doctrinales suivantesp. 45-46 : L'homme particulier est constitué par l'âme sensitive individuelle, étendue et unie au corps. L'intellect « matériel » (ou « possible ») est une substance séparée et éternelle, séparée du corps, unique pour tous les hommes et qui n'est pas forme substantielle du corps. L'intellect agent est une substance séparée qui a pour fonction d'abstraire les universaux des particuliers. La connaissance particulière s'effectue chez l'homme par la médiation d'images individuelles. La connaissance particulière est appelée intellect spéculatif, lequel est individué et destructible du fait de son union avec les images. L'intellect agent et l'intellect matériel, une fois la connaissance humaine accomplie, forme, dans leur union, l'intellect acquis. C'est par cet état que l'homme acquiert la félicité.
Le De Unitate est alors un livre écrit en période de crise, crise qui semble impliquer toute la philosophiep. 12.
Contenu Le livre se divise en cinq chapitres. Les deux premiers semblent être des chapitres qui concernent spécialement les aspects philologiques du débat, et les trois suivants ceux qui sont du genre de l'argumentation.
Dans le premier chapitre, il s'agit pour Thomas d'Aquin de manifester les contradictions inhérentes à la lecture d'Averroès du De Anima ; la doctrine du stagirite est à l'opposé de la doctrine du monopsychisme. Chaque thèse averroïste se voit contredite avec une phrase du Traité. Le chapitre se conclut par la phrase :
Le second chapitre termine la critique philologique en montrant la contradiction que tient Averroès d'avec la tradition péripatétique ; les commentaires de Thémistius, de Théophraste, et d'Alexandre d'Aphrodise se voient opposés, par l'analyse de Thomas, au commentaire d'Averroès. Averroès est même décrit comme le "dépravateur"p. 133 et le "corrupteur"p. 195 du péripatétismep. 48.
Si les deux premiers chapitres tentent à isoler Averroès - n'étant ni inscrit dans la tradition aristotélicienne, ni véritablement en adéquation avec ce que dit textuellement Aristote - les trois derniers montrent l'impossibilité de l'averroïsme. En effet, si le troisième chapitre est une attaque contre l'affirmation de la séparation de l'intellect d'avec l'âme humaine, le quatrième et le cinquième chapitre font démonstration de la multiplicité de l'intellect - réfutations qui s'effectuent à la fois positivement : en démontrant l'impossibilité de l'unité de l'intellect possible (dans le quatrième chapitre) ; et négativement : en démontrant la possibilité et la nécessité de la multiplicité de ces intellects, montrant le faux qu'il y a à l'affirmation de son impossibilité (cinquième chapitre)p. 48-49.
Notes et références Références principales
Références secondaires
Voir aussi Bibliographie
Liens externes
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