Le ghetto de Baranavitchy ( - 17 décembre 1942) est un ghetto de Biélorussie pendant la Seconde Guerre mondiale, un emplacement de réinstallation forcée des Juifs de la ville de Baranavitchy et des zones de peuplement environnantes suivant le processus de la persécution et de l'anéantissement des Juifs à l'époque de l'occupation allemande de la Biélorussie par les troupes du Troisième Reich durant la Seconde Guerre mondiale.

Dans ce ghetto étaient rassemblés plus de de Baranavitchy et des villages environnants. Leur massacre a commencé le et en , tous les prisonniers avaient été tués. Une résistance organisée aux nazis a été organisée dans le ghetto. Il restait en vie dans la ville quand le ghetto a été libéré. Un monument aux victimes du génocide de Baranavitchy a été inauguré en 1994.

Les Juifs à Baranavitchy à la veille de l'occupation allemande À la veille de la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive de Baranavitchy comptait environ . Après l'invasion allemande de la Pologne en , elle s'est développée au détriment des réfugiés venus de l'ouest, dont une partie avait été déportée par le pouvoir soviétique dans les régions nord de la république socialiste fédérative soviétique de Russie le .

Avant la Seconde Guerre mondiale, selon les chiffres officiels, on comptait à Baranavitchy. Yehuda Bauer écrit qu'il y avait environ dans la ville, dont de la Pologne occupée par les Allemands. Selon l'encyclopédie Holocauste sur le territoire d'URSS, à la veille de l'invasion allemande, la communauté juive comptait .

Peu de Juifs ont réussi à évacuer, et ceux qui ont réussi ont été forcés de revenir, car les troupes allemandes les ont dépassés et ont bloqué les routes vers l'est.

Occupation de Baranavitchy et création du ghetto Baranavitchy a été occupé par la troupes allemandes le , et cette occupation a duré plus de trois ans, jusqu'au .. À partir de , la ville abrite le siège de la police de la sécurité dirigé par l'obersturmbannführer SS Lerner et le service de la sécurité (ou SD) avec à sa tête l'untersturmführer SS Waldemar Ameloung. À partir de , la ville de Baranavitchy est devenue le centre du district et le poste de gebietskommissar (commissaire de district) est occupé par l'oberführer Rudolf Werner.

Dès le lendemain de l'occupation de la ville, le , les Allemands interdisent aux Juifs, sous peine de mort, de marcher sur les trottoirs, d'utiliser les transports en commun, de se trouver dans des parcs et autres lieux publics, de fréquenter les écoles, d'apparaître sans étoile jaune (sous forme de bande arrondie) d'un diamètre de , cousue sur les vêtements sur la poitrine et dans le dos. Dès ce moment, les Juifs étaient placés hors la loi et n'importe qui pouvait en toute impunité les spolier, les torturer et les tuer. Le même jour, le commandant de la ville a publié une ordonnance Création du ghetto de Baranavitchy et les Allemands, mettant en œuvre leur programme d'extermination des Juifs, ont ordonné aux Juifs, sous peine de mort, de s'installer dans la zone de la ville dénommée officieusement Sakhaline (située près de l'usine actuelle de produits chimiques ménagers). Les gens ne pouvaient emporter avec eux qu'un paquet de choses indispensables, et ils ont dû jeter beaucoup de leurs biens.

La décision d'éliminer toute la population juive de Baranavitchy a été prise par les nazis dès , mais la décision de passer à l'élimination a été retardée temporairement parce que les nazis avaient besoin de main d'œuvre.

Au mois de , les Allemands ont conduit à Baranavitchy les Juifs des villages voisins de la ville. À cette époque, le ghetto occupait 10 à 11 quartiers et était limité par les rues de Vilnius (aujourd'hui rue Gagarine), Naroutovitch (aujourd'hui Komsomolskaïa, quartier 8 et 9), de l'église (aujourd'hui Lissine), Poniatowski (aujourd'hui Bogdanovitch) et Tsariouka (ancienne rue du Parc), Ojechki, Ales Garoun et Kostelnaïa. Une porte est construite à l'intersection des rues actuelles de Mickiewicz et Gritsevts.

Dès les premiers jours du ghetto, les Allemands ont obligé les Juifs à organiser un judenrat ou conseil juif, composé de 26 personnes, chargé de veiller à l'exécution des ordres de l'occupant. Le bâtiment du judenrat se trouvait dans la rue Sadovaïa. Le président du judenrat était un avocat de Baranavitchy, Ovsi Guirchevitch Izykson. La police du ghetto juif est composée de dirigées par Naïm Pinevitch Waltman, qui dirigeait une association d'artisans avant la guerre.

Conditions de vie dans le ghetto En , le territoire du ghetto est entouré d'une haute clôture de barbelés installée sur trois rangées, et protégée par des mitraillettes allemandes et policières Grande guerre patriotique à Baranavitchy Великая Отечественная война в Барановичах. Il existe deux entrées du ghetto, la principale, à la rue Vileïska, en face du bâtiment où se trouvait le commissariat de district.

Les autorités d'occupation interdisent aux Juifs, sous peine de mort, de quitter le ghetto sans autorisation spéciale, de changer de logement à l'intérieur du ghetto. L'entrée et la sortie du ghetto n'est autorisée que par une porte, et en colonne sous la conduite d'un Allemand ou d'un policier. La sortie pour le travail a lieu de 6h30 à 7h30 et le retour de 17h00 à 17h30.

Dans le ghetto se trouvent plus de Juifs, pour la plupart des personnes âgées, des femmes et des enfants. La densité de la population du ghetto est extrêmement élevée, et les Juifs vivent dans une promiscuité insoutenable dans soixante bâtiments. Chaque personne dispose d'un seul mètre carré et une chambre doit accueillir jusqu'à . Dans une petite maison en bois au coin de la rue Pritytski et Mickiewicz, par exemple, sont entassées dans trois petites chambres sur quatre étages de couchettes.

Dans le ghetto, outre les habitants de Baranavitchy, sont également regroupés des Juifs de , de , de , de Novogroudok et des réfugiés fuyant le nazisme depuis la Pologne et la Tchécoslovaquie. vignette|droite|300px|Square et mémorial à la mémoire des Juifs tués par les nazis au cimetière juif de Barabavitchy Les prisonniers sont utilisés pour les travaux les plus lourds, les plus pénibles, les plus sales et c'est ainsi que nombre d'entre eux meurent sous des charges insupportables, dans des conditions de famine constante et d'absence de soins médicaux.

À l'entrée du ghetto, les policiers fouillent minutieusement les prisonniers. Si l'on trouve sur l'un d'entre eux des produits vendus ou donnés par pitié par les habitants de la ville, le prisonnier est violemment frappé à la matraque. Les personnes âgées qui ne travaillent pas et les enfants ne reçoivent aucun produit alimentaire ou autre. Chaque travailleur occupé pendant 10 à 12 heures par jour reçoit d'un ersatz de pain pour sa journée et un kilo de céréales par mois. Les occupants pillent systématiquement les prisonniers. Ainsi, le , les forces d'occupation ont ordonné au judenrat de récolter 1 million de roubles, d'or, d'argent et de bijoux.

Les médecins juifs, à titre exceptionnel, sont autorisés à vivre hors du ghetto avec leur famille. Des maisons leur sont attribuées comme résidence à la rue de Vilnius le long de la limite du ghetto. Ils travaillent 10 heures par jour et ne reçoivent que la moitié des honoraires des médecins non-juifs. Par crainte de la propagation des maladies infectieuses, les forces d'occupation ordonnent au judenrat de restreindre le nombre des entrées et sorties du ghetto et y organisent régulièrement des mesures d'assainissement sanitaires prophylactiques. C'est le service médical qui s'en charge sous la direction de L. Nakhimovski.

Malgré les conditions difficiles, l'administration du ghetto réussit à maintenir l'ordre et à organiser de l'aide pour les plus démunis. En raison de la surpopulation dans le ghetto, chaque maison est organisée comme une commune distincte, et des règles particulières sont élaborées pour organiser la cohabitation et pour assurer des services publics.

Les prisonniers, sous le contrôle du service de sécurité allemand, sont affectés à différents travaux. La base militaire emploie , la base aérienne , l'Organisation Todt , le chemin de fer , l'aéroport . La plupart des travaux sont des travaux lourds et pénibles. Au total, ont été utilisés à des travaux extérieurs au ghetto.

Destruction du ghetto Assassinat des prisonniers en 1941

Les Allemands considéraient les Juifs comme la principale menace contre les forces d'occupation et craignaient sérieusement la résistance juive pendant la Shoah. C'est pour cette raison que la Allemands cherchaient en premier lieu à tuer les hommes âgés de 15 à 50 ans alors qu'en agissant ainsi ils perdaient les prisonniers les plus aptes au travail. D'après les documents d'archives, durant la seconde moitié de l'année 1941, presque tous les jeunes Juifs des deux sexes ont été tués.

Les informations sur le nombre de victimes des actions au cours des premiers mois d'occupation varient beaucoup d'une source historique à l'autre. Selon Le Livre de la Mémoire, dès les premières semaines d'occupation, des policiers et des gendarmes se sont attaqués aux Juifs, les ont brutalisés et abattus. Pour le , selon les données de Yehuda Bauer, les victimes s'élèvent à plus de ) et pour le , à (cela s'est produit dans l'ancien cimetière juif aujourd'hui rue Tchernychevski). Selon l'Encyclopédie de la Shoah sur le territoire de l' URSS, de la fin juin à la fin juillet, il y eut environ juives à Baranavitchy.

Le , à la demande du commissaire de district (gebitkomissar) Rodolf Werner, 36 médecins juifs ont été sortis du ghetto (au nombre desquels se trouvait la femme du président du judenrat Izykson) soi-disant pour aller soigner des prisonniers de guerre soviétiques. Bien qu'ils aient payé une rançon en garantie de leur réintégration au ghetto, ils ont été fusillés le même jour par les forces allemandes d'occupation. Le , pour intimider les habitants de la ville, un communiqué est affiché suivant lequel 73 communistes juifs avaient été abattus. Le communiqué répète la menace de fusillade pour ceux qui cachent des Juifs et des communistes. Dans la seconde moitié du mois de , les occupants saisissent et tuent 70 intellectuels juifs (selon Bauer 350). Ceci afin d'éliminer préventivement les leaders potentiels de la résistance et de paralyser la volonté des prisonniers restants. Au mois d', sont envoyés au camp de concentration de Koldichevo. En , des Juifs sont abattus près du village de Grabovets (à de Baranavitchy) sur l'emplacement du cimetière juif. thumb|droite|250px|Monument à la mémoire des Juifs assassinés dans le cimetière juif de Baranavitchy

Assassinat des prisonniers en 1942

Depuis l'automne 1941, il existait sur le territoire du ghetto un hôpital où les prisonniers recevaient un peu d'assistance médicale. Mais cela ne faisait pas partie des plans des forces d'occupations, et l'hiver, au début de l'année 1942, l'hôpital est détruit en même temps que sont abattus 20 patients qui s'y trouvaient.

La destruction finale du ghetto a été organisée en trois étapes : en mars, septembre et . Certains Juifs ont été transférés dans d'autres ghettos ou camps de concentration. Pendant leur transfert, certains d'entre eux ont pu fuir.