Eugène Chauffeur, né à Valence le et mort à Rouen le Notice biographique., est un officier français commandeur de la Légion d'honneur.
Il reçoit pas moins de huit blessures graves au cours de sa carrière.. Il sert en Crimée, est cité à l'ordre de l'armée au Mexique et est fait prisonnier à Metz lors de la guerre franco-prussienne de 1870.
Biographie
Famille et études Le colonel Eugène Chauffeur, est le fils de Jean Michel Chauffeur (1795-1869)Selon l'acte de mariage d'Eugène Chauffeur, son père est décédé le et sa mère le (Source Archives de Seine-Maritime via Filae.com)., entrepreneur en bâtiment (entreprise Michel-Chauffeur) à Valence, ancien du 4e régiment de gardes d'honneur de la Garde Impériale, vétéran de la Campagne de France (1814) sous Napoléon , chevalier de la Légion d'honneur et capitaine des Sapeurs-pompiers de Valence sapeur-pompier pendant plus de et capitaine des sapeurs-pompiers plus de en 1852., titulaire de la médaille de Sainte-Hélène. Sa mère est Louise Reyne Ferrier (1801-1869). Eugène Chauffeur, le plus jeune des enfants du couple, a trois frères : Jules (1820-1872), François et Auguste (architectes à Valence). Le , il entre en rhétorique au collège de Juilly où il termine honorablement sa classe de philosophie le . À la fin de sa scolarité, le directeur du collège, l'abbé Carl, note à son sujet : . Eugène Chauffeur épouse à Dieppe Charlotte Marine Prospérine Ledoux en .
Engagement militaire Eugène Chauffeur s'engage volontairement dans l'Armée française le à l'âge de . Incorporé comme simple soldat au d’infanterie légère, il est promu caporal le . Puis, il intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr le . Il en sort, le . avec le grade de sous-lieutenant et le rang au classement de sortie.
Campagne d'Orient Le sous-lieutenant Chauffeur intègre le bataillon de chasseurs à pied le , au sein duquel il participe à la Campagne d'Orient (Crimée). Grièvement blessé à la tête, au-dessus de la tempe droite, par un coup de feu lors du siège de Sébastopol, Eugène Chauffeur reçoit la croix de chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur par décret impérial le . Il est également décoré de la médaille de Crimée par la reine Victoria ainsi que de l'ordre du Médjidié.
Campagne du Mexique Promu lieutenant le , il intègre ensuite le bataillon de chasseurs à pied avec lequel il participe à l'Expédition du Mexique. En , il est blessé à la joue et à la jambe gauche par un éclat de pierre à la bataille de Puebla. Sa bravoure lui vaut l'honneur d'entrer le premier dans Mexico.
Le , le commandant de la compagnie, le capitaine Joseph-Paul Ferrer, part chasser au mépris des consignes de sécurité. Il est attaqué par deux villageois, poignardé et laissé pour mort. Le lieutenant Chauffeur, apprenant que son capitaine était grièvement blessé en plein pays insurgé, prend une dizaine de chasseurs avec lui et part derrière les lignes ennemies ramener le capitaine Ferrer à l'hôpital. Pendant la convalescence du capitaine Ferrer, le lieutenant Chauffeur assume le commandement de la compagnie.
Bataille de Veranos vignette|gauche|400px|alt=Combat de Veranos 10 janvier 1865|Plan du combat de Veranos 10 janvier 1865Eugène Chauffeur se couvre ensuite de gloire (dixit La France Militaire et d'autres journaux) lors de la bataille de Veranos, dans l'État de Sinaloa, dont il assure la défense le soir du .
Le général Armand Alexandre de Castagny avant de partir à la recherche des troupes mexicaines, avait demandé au génie de tracer les contours d'un retranchement autour de Los Veranos et les sapeurs se mirent à l'ouvrage de du matin jusqu'à ce qu'ils suivent la colonne du général à son départ du village vers du matin. La compagnie du Chasseurs est donc laissée seule, dans le village de Los Veranos sous le commandement du lieutenant Chauffeur avec la garde de et de la réserve de cartouches et de biscuits. Chauffeur confie au sous-lieutenant Jeanselme la formation d'un réduit au niveau de l'avant de l'église et de la tienda juste à côté, et place ses sentinelles pour surveiller les abords du village. Il part ensuite avec une section chercher des vivres (café et sucre) en direction de Noria. Pendant ce temps, le général de Castagny dirigeait sa colonne en direction de Siqueiros et la colonne du colonel Garnier se trouvait, elle, à Mazatlán.
Les Mexicains avaient fait le , une razzia des du général de Castagny laissés sans suffisamment de surveillance. Prévenu par ses espions que seule une compagnie occupait le village de Los Veranos, le général mexicain déplace son millier d'hommes de San Sebastian au village de Tepuxta où il arrive vers de l'après-midi, tandis que son adjoint Martinez est au village de Verde avec environ .
Les villageois sont prévenus par les espions et quittent peu à peu le village sans que les soldats du 7e Chasseurs ne s'en soucient. Le lieutenant Chauffeur, revient de La Noria avec la section. La journée s'était passée calmement lorsque vers six heures et demie, à l'heure où les deux officiers Chauffeur et Jeanselme dînaient, le village fut attaqué par commandés par Corona. Le lieutenant Chauffeur dirige la défense de ses chasseurs avec des feux de peloton particulièrement meurtriers grâce à la barricade qui avait été dressée, mais les juaristes sont très nombreux et parviennent à mettre le feu aux maisons et à repousser les premières tentatives de sorties des Chasseurs. Le corral étant en train de brûler et malgré de graves blessures dues aux combats (blessures par balles au bras droit et à la jambe droite et nombreuses plaies à la hanche et à la cuisse droite), le lieutenant Chauffeur, après avoir traversé deux fois les masses ennemies à la baïonnette, sort à nouveau de la tienda, menacée par les flammes.
Avec 18 chasseurs, Chauffeur se dirige vers le cerro (c'est-à-dire la colline) qui domine le village et passe la nuit dans la montagne. En raison de la nuit, le groupe s'est retrouvé dispersé et le lieutenant Chauffeur ne se retrouve plus qu'avec le sous-lieutenant Jeanselme, le fourrier Beaulouis, et les chasseurs Pornic, Raynaud, Leymann, Merly et Ducos. Grièvement blessé, le lieutenant Chauffeur charge le fourrier Beaulouis, accompagné de Raynaud et de Ducos, d'aller prévenir le général de Castagny à Siquierosou Ziqueros du combat. À du matin, Beaulouis peut rendre compte au commandant Bréart des événements. Un peu plus tard le matin, la compagnie de la colonne du général de Castagny parvient à récupérer les survivants au prix d'une nouvelle blessure avec une fracture de l'avant-bras droit... Le Moniteur universel publie :
Quant aux , restés dans le village, ils acceptèrent la reddition que leur offrit le général Corona. À l'exception de deux évadés, tous furent emmenés à El Jacopo et au mépris de la reddition, furent exécutés.
« Ayant fait preuve d'une énergie au-dessus de tout éloge », son comportement héroïque lui vaut une Citation à l'ordre de l'armée. Il rentre ensuite en congé de convalescence en France pour une durée de . Embarqué le , il débarque à Lorient le .
Controverse avec le capitaine Ferrer Avoir sauvé le capitaine Joseph-Paul Ferrer aurait pu valoir au lieutenant Chauffeur la reconnaissance de son supérieur. Tel ne fut cependant pas le cas. Le capitaine Ferrer, jaloux de la perte de son commandement et de la gloire acquise par ses ex-subordonnés, prétendant avoir recueilli les confidences de quelques hommes de troupe, accuse le lieutenant Chauffeur et le sous-lieutenant Jeanselmedeviendra plus tard capitaine de la compagnie de sapeurs-pompiers de Gap, dans un courrier adressé directement au général en chef du Corps expéditionnaire, d'avoir multiplié les erreurs, puis d'avoir fui en abandonnant leurs hommes. Pour écrire ce courrier, le capitaine Ferrer, attendit que le lieutenant Chauffeur soit sur un navire de retour vers la France pour une convalescence en raison de ses blessures au combat et non à la chasse contrairement à lui et surtout n'en parla pas à ses supérieurs. Le maréchal Bazaine (alors général en chef) en recevant ce courrier demanda une enquête.
Le chef de bataillon Bréart C'est ce même Bréat, alors général, qui, , fit signer au bey de Tunis, Sadok Bey, le traité du Bardo instaurant le protectorat français de Tunisie., commandant du 7e bataillon de Chasseurs, démontra l'imposture absolue du capitaine Ferrer : . Le , le général de division, en qualité d'inspecteur général, inflige au capitaine Ferrer, deux mois de prison « pour impostures, calomnies,etc., etc. » La lettre du général est, par son «ordre, lue devant les officiers du bataillon réunis».
Les mensonges et accusations calomnieuses du capitaine Ferrer lui valurent six mois et demi d'arrêts de rigueur, trois années de non activité et d'être radié des contrôles de l'armée « Malheureusement, le colonel Ferrer, pendant les quelques jours de son commandement, se montra tel qu'il avait été au Mexique, preuve évidente qu'on ne saurait assez tenir compte des antécédents : car les hommes mal doués, sans principes, au lieu de s'amender par les dures épreuves de l'adversité, s'aigrissent, au contraire, et ne s'arrêtent plus dans la triste voie où ils sont engagés. ». L'ex-capitaine Ferrer tentera quatre recours, après le général en chef, deux fois le ministère de la Guerre, puis enfin le Sénat avec trois mémoires et en tout plusieurs centaines de pages, tous rejetés. Le rapporteur du Sénat écrira : . Cela ne lui suffira pas et après la chute de l'Empire, le colonel Ferrer (il avait réussi à se faire nommer colonel de la Légion du Rhône par le Préfet du Rhône du gouvernement provisoire, mais le grade ne sera pas reconnu par l'armée) réitérera de nouvelles accusations calomnieuses contre le maréchal de Castelnau, des généraux et colonels de la guerre de 1870. Il fut de nouveau arrêté en car l'ex-colonel, exclu de l'armée par une mise en réforme et donc civil, écrivit un ordre du jour à l'adresse du bataillon de la garde nationale de Lyon en insultant l'armée et en
Guerre franco-prussienne Le , le capitaine Chauffeur est nommé au 1er bataillon de chasseurs à pied, puis au bataillon de chasseurs à pied de la Garde impériale, le , à la veille de la guerre franco-prussienne de 1870. Il se voit remettre les insignes de chevalier de l'ordre de Sainte-Anne de Russie.
Le , vers la fin de l'après-midi, les Prussiens concentrent le feu de leurs canons devant le ravin de Gorze où se trouvaient deux bataillons du Grenadiers, le bataillon de Chasseurs à pieds de la Garde et la brigade Lapasset. Les Prussiens débouchent et se heurtent aux Français. Le maréchal Bazaine envoie la 1ère brigade de la division Montaudon les aider. À leur arrivée, les Chasseurs de la Garde reprennent l'offensive et seront nommés le capitaine Chauffeur ; le lieutenant de Monard ; les sergents Ducrot, Spitz, Guibert, Coëflé, Edmond ; le caporal-clairon Grangé ; les caporaux Brouant, Faure ; le sapeur Pagès ; les chasseurs Boutin, Biel, Metzger, Becker et Arsin-Berod. Il est de nouveau blessé au bras gauche par un coup de feu lors de cette bataille de Rezonville. Le capitaine Chauffeur participe ensuite au Siège de Metz (1870). Il est fait prisonnier de guerre par les Prussiens à la capitulation de la ville le . Eugène Chauffeur est nommé provisoirement officier de la Légion d'honneur par arrêté du maréchal en chef de l'Armée du Rhin (1870), le .
Libéré le , il rejoint un mois plus tard le 24e bataillon de chasseurs à pied. Il se voit officiellement décerner la croix d'officier de l'Ordre national de la Légion d'honneur le , ce qui lui donne droit à annuels de traitement.
Le , il permute avec le capitaine Madal et rejoint le Bataillon de chasseurs à pied.
Campagne d'Afrique