Le Petit Dauphinois est un ancien journal quotidien régional français, publié du au , et diffusé dans les départements de l'Isère, de la Savoie et de la Haute-Savoie. Son siège et sa rédaction étaient installés à Grenoble.

Fondé par Pierre Baragnon à la fin de l'année 1878, afin de devenir le « grand quotidien des Alpes françaises », le Petit Dauphinois cessera de paraître le , suspendu pour avoir continué à être publié durant la Seconde Guerre mondiale et l'occupation allemande. Après la guerre, il sera remplacé dans sa fonction de journal régional par Le Dauphiné libéré.

Historique Fondation Pierre Baragnon (1830 - 1904), journaliste et homme politique républicain, créateur de nombreux journauxsite medias19.org, fiche biographique de Pierre Baragnon, consulté le 5 septembre 2020., fonde Le Petit Dauphinois, un quotidien régional basé à Grenoble, le Site catalogue.bnf.fr, Notice de périodique du Petit Dauhinois, consulté le 5 septembre 2020. Il le présente en ses termes : Paul Dreyfus, La vie quotidienne en Dauphiné: Sous la IIIe République..

Sur le seuil de l'entrée de l'immeuble qui abrite la rédaction du journal, avenue de la gare, à Grenoble, voie qui prendra ensuite le nom du maire Félix Viallet, à sa mort survenue en 1910, une inscription visible sur le dallage indique la devise du quotidien : .

L'ère Besson En 1897, Pierre Baragnon nomme Joseph Besson (journaliste local, originaire du Trièves) au poste de secrétaire général, équivalent du poste de directeur et lui confiera le journal à sa mort survenue le . Avant l'année 1900, il crée l'imprimerie moderne rattachée au journal qui édite également les titres suivants : Le Réveil du Dauphiné, L'Impartial de l'Isère, Le Savoyard Républicain, La Tribune de Grenoble, Le Petit Alpin, Le Petit Dauphinois illustré (créé en 1899), L'Écho de la Fédération, Le Mégissier, Le Dauphiné Horticole, Le Moniteur Dauphinois (journal d'annonces légales) et La Tribune Pédagogique. D'autres titres (pour un total de 40 publications) suivront entre 1890 et 1900Google Livre "La vie quotidienne en Dauphiné: Sous la IIIe République" de Paul Dreyfus, consulté le 5 septembre 2020..

En , malgré le fait qu'il soit anticlérical, Joesph Besson se déclare indigné par l'expulsion des Chartreux et dénonce, dans le journal : « une tentative de chantage faite contre ces religieux »Le Correspondant - Volume 211 - Page 409.. Son fils Marcel Besson lui succédera à la tête du journal en 1919.

À partir du , le quotidien confie la gestion de sa publicité à l'agence Havas qui ouvre à cet effet une succursale au 2, rue Molière à GrenobleLe Petit Dauphinois du 1er janvier 1922, page 2.. À cette époque le Petit Dauphinois est en vente dans quatorze kiosques à Paris.

Seconde Guerre mondiale et disparition vignette|redresse|gauche|Grenoble durant l'occupation allemande (1943 - 1944) Au début de la Seconde Guerre mondiale survenue en , Le Petit Dauphinois restitue fidèlement les discours officiels du gouvernement et de l'État-major et il traite encore assez largement des événements nationaux et internationaux. Il publie, le , l'allocution du Général de Gaulle diffusée la veille depuis LondresSite docplayer.fr, page "Le Petit dauphinois, de 1939 à 1944,Quotidien de la presse officielle à Grenoble, consulté le 5 septembre 2020.. À ce titre, il est un des rares quotidiens à publier ce message, dès le lendemain de sa diffusion, avec Le Progrès de LyonSite leprogres.shorthandstories.com, "Le Progrès, depuis 160 ans avec vous...", consulté le 5 septembre 2020., Marseille Matin, Le Petit Marseillais et Le Petit ProvençalSite lappeldugeneraldegaulle.e-monsite.com, page "l'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle et son impact jusqu'en 1945, consulté le 5 septembre 2020..

Mais, dès l'armistice du 22 juin 1940, la rédaction du journal se lance dans une ligne favorable au gouvernement de Philippe Pétain et de collaboration avec l’Allemagne nazie, allant notamment jusqu’à publier des appels à l’engagement dans la KriegsmarineSite museedelaresistanceenligne.org, Une du journal Le Petit Dauphinois du 21 septembre 1940, consulté le 5 septembre 2020.

En , le rédacteur en chef du journal Jean Fangeat écrit à l'occasion de la venue du Maréchal Pétain dans la ville de Grenoble, située alors en zone libre: . La une du journal du est sans ambiguïté puisqu'elle relate exclusivement la visite du Maréchal Pétain à Grenoble et comporte trois grandes photographies dont l'une est prise au passage du cortège devant le siège du journal bien reconnaissable et arborant un immense portrait du maréchalSite grenoble-resistance.com, article "le petit Dauphinois", consulté le 6 septembre 2020.

Le , Georges Biessy, secrétaire général du journal est exécuté par un groupe de résistants (groupes francs de l'Isère), au domicile de Marcel Besson, propriétaire du journal, qui est épargné. Dès la libération de Grenoble et de la vallée de l'Isère, survenue le , le comité départemental de libération nationale suspend la publication de trois journaux grenoblois dont Le Petit Dauphinois, les biens étant placés sous séquestre en application de l’ordonnance du CFLN d’Alger du 22 juin 1944Site museedelaresistanceenligne.org, article de Jean-William Deremetz "Le département de l’Isère entre 1940 et 1950 : Chronologie", consulté le 5 septembre 2020.

Dès le lendemain, il est remplacé par Les Allobroges, un journal issu de la Résistance locale, puis l'année suivante, le , par Le Dauphiné libéré, fondé par sept anciens membres de cette même Résistance, Les Allobroges cessant sa diffusion en 1958.

Organisation vignette|redresse| Immeuble dit « Coupole dauphinoise » de l'ancienne Imprimerie générale de Grenoble, puis siège du Petit Dauphinois. Directeurs successifs : Pierre Baragnon ( - ), Joseph Besson ( - ), Marcel Besson ( - ), fils du précédent.

Imprimeurs : Imprimeur Maisonville et fils, puis Breynat et Cie, puis Imprimerie spéciale du "Petit Dauphinois" et, enfin les Grands Établissements de l'Imprimerie Générale

Tirages et collaborateurs Tirages En 1914, le journal tirait à Site 87dit.canalblog.com, "la presse, les grands quotidiens, consulté le 5 septembre 2020. et avant au début de la Seconde Guerre mondiale, à 200 000 exemplaires dont 60 000 abonnés "La vie quotidienne en Dauphiné: Sous la IIIe République" Paul Dreyfus..

Collaborateurs Andry Farcy, conservateur du musée de Grenoble de 1919 à 1949, il rédige un billet sur le monde de l'art. Louis Lombard, avocat puis député de l'Isère, de 1885 à 1893, proche l'Union républicaine. Roger Frison-Roche, alpiniste français crée la rubrique : ski et montagne, en 1932Google Livre "Le versant du soleil. Mémoires" de Roger Frison-Roche, consulté le 5 septembre 2020.. Henry de Monfreid, aventurier et écrivain français écrit dans les colonnes du journal, l'article : L'Éthiopie a-t-elle une armée ?, le Google Livre "Dictionnaire de la bêtise: suivi du Livre des bizarres" de Guy Bechtel et Jean-Claude Carrière, consulté le 5 septembre 2020..

Notes et références

Bibliographie Bernard Montergnole, La Presse Grenobloise de la libération : 1944-1952, Presses universitaires de Grenoble, 1974

Voir aussi Liens externes Numéros du Petit Dauhinois de 1878 à 1944 sur le site lectura.plus. Fiche sur le site de la BnF

Articles connexes Le Courrier des Alpes Les Allobroges Le Dauphiné libéré'' Histoire de Grenoble / Louis Nal Avenue Félix-Viallet

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