Marguerite Stern, née le à Clermont-Ferrand, est une activiste et ancienne militante féministe française.
Ancienne Femen, elle est à l'initiative du mouvement des collages contre les féminicides. Critiquée pour ses actions jugées transphobes par les féministes intersectionnelles, elle est définitivement exclue du mouvement qu'elle a lancé et quitté quelques mois plus tôt.
Très active sur les réseaux sociaux, elle se rapproche progressivement de Dora Moutot et de Julien Rochedy, tout en exprimant des positions de plus en plus proches de l'extrême droite. Elle est également condamnée pour en .
Biographie Fille d'un agent immobilier immigré portugais et d'une agente de laboratoire française originaire de Vendée, elle naît à Clermont-Ferrand et grandit ensuite dans un village d'AuvergneAurélie Jacques, « La nuit des colleuses », Vanity Fair n°87, mars 2021, p. 62-69.. Après son bac littéraire, elle quitte la région pour Paris, où elle entame des études d'arts plastiques à Paris-VIII-Saint-Denis, qu'elle ne terminera jamais, puis des études d'architecture à Bruxelles.
Le , au lendemain d'altercations avec des hommes de son quartier, un tir de balle de 9 mm frappe la fenêtre de son appartement marseillais en pleine nuit.
Activisme FEMEN vignette|Inna Chevtchenko (à gauche), Marguerite Stern (centre) et une autre militante Femen à la sortie du tribunal de Paris, le 13 septembre 2013, dans le cadre d'une affaire portant sur une action militante à la cathédrale Notre-Dame de Paris. À son retour à Paris en 2012, Marguerite Stern arrête ses études et commence son engagement féministe au sein des FEMEN.. Elle quitte le mouvement en 2015 puis passe plusieurs mois dans la jungle de Calais où elle propose des cours de français aux réfugiés, avant de travailler dans une association d'aide aux mineurs isolés étrangers à Marseille.
Fin , elle présente à l’Église catholique pour ses actions passées lors des manifestations contre l'opposition de l'Église au mariage pour tous et affirme avoir évolué après avoir et ses .
Manifestation contre le mouvement Civitas Le , elle participe à une action du mouvement Femen lors d'une manifestation Civitas contre le mariage pour tous et subit des violences de membres du parti politique. Accusée d'injure publique envers les catholiques intégristes, elle est relaxée en .
Il lui est également reproché d'avoir utilisé avec six autres Femen des extincteurs en tant qu'. Elle obtient alors un premier non lieu en . Elle est de nouveau relaxée des faits le .
Prison en Tunisie Le , elle participe en Tunisie avec deux autres activistes à la première action FEMEN dans un pays arabe en soutien à Amina Sboui. Elles sont interpellées et détenues durant un mois à la prison de Manouba. Le , elles sont condamnées à 4 mois et un jour de prison ferme pour atteinte aux bonnes mœurs et à la pudeur.
Au Maroc contre l'homophobie .
Collages contre les féminicides et le harcèlement de rue En , elle initie en France des collages contre les féminicides et le harcèlement de rue sous forme de brefs slogans, notamment à Paris et Marseille. Ses collages sont composés de lettres noires peintes une à une sur des feuilles blanches. Son premier slogan collé est « Depuis que j'ai 13 ans, des hommes commentent mon apparence physique dans la rue ».
gauche|vignette|Premier collage utilisant l'esthétique composée de feuilles A4.
Le , elle initie un collage collectif contre les féminicides. Elle gère le fonctionnement du groupe de Paris et le lancement du mouvement à l'échelle nationale durant un mois, avant de s'en écarter. Elle continue à coller seule.
De par la simplicité du mode d'action et l'augmentation du nombre de féminicides en France, des groupes de collages se forment dans les villes, mais également à l'international. Les médias, en France et à l'étranger, s'intéressent au phénomène. Ces collages affichent des slogans qui ont pour but de sensibiliser et de dénoncer l'inaction des pouvoirs publics à agir efficacement contre les violences faites aux femmes. Les messages rendent hommage aux victimes de féminicides. Ils affichent des phrases courtes qui décrivent les circonstances des meurtres ou qui portent une visée générale.
En , elle ouvre un squat féministe, dans le arrondissement de Paris, « L'amazone », QG pour les collages, et lieu de création pour femmes, à l'exception notable des femmes trans, qu'elle refuse. Il est évacué un mois plus tard.
Prises de positions et polémiques
Condamnation pour Le , Marguerite Stern est condamnée pour par le tribunal judiciaire de Paris après une plainte de SOS Racisme pour ses propos tenus le dans le média Frontières.
Prises de positions contre le port du voile, la prostitution Représentant un féminisme « universaliste », par opposition au féminisme « essentialiste », elle déclare notamment que le voile, comme la prostitution, ne relève pas du libre arbitre.
Accusations de transphobie Marguerite Stern est fréquemment accusée de tenir des propos transphobes et lui valent, en autres, d'être considérée comme « TERF ». Les Jours relève qu'elle est devenue l', rappelant qu'elle a déclaré avoir une dans le média d’extrême droite Livre noir. Le femellisme, mouvement lancé par Dora Moutot et Marguerite Stern, est rejeté pour sa transphobie car le mouvement adhère à la théorie du complot transphobe sur le et reste proche d'une idéologie ultraconservatrice ou d'extrême droite.
Des propos transphobes sont relevés dès , après un collage dans la ville de Montpellier appelant à l'inclusion des femmes trans dans le mouvement féministe avec le slogan . Marguerite Stern s'exprime sur les réseaux sociaux contre l'intégration du militantisme trans dans le mouvement des collages et au sein du féminisme. Elle considère qu'être une femme, ce qu'elle définit par le fait d'avoir une vulve, est une question de biologie, et nie donc la qualité de femmes aux personnes assignées hommes à la naissance. À la suite de ces déclarations, le collectif Collages Féminicides Paris se désolidarise de ses propos. Elle est exclue définitivement du mouvement qu'elle a co-créé et quitté. En , sept autrices se retirent d’un salon du livre féministe car elles refusent de participer avec Marguerite Stern et Dora Moutot..
En , Marguerite Stern cosigne une tribune intitulée jugée transphobe par la rédaction du Huffington Post qui décide de la retirer. En , elle cosigne une nouvelle tribune avec Dora Moutot une tribune publiée dans Marianne adressée à Élisabeth Borne, dans laquelle elles s'opposent à une affiche du Planning familial représentant un homme enceint, affirmant qu'. La tribune est relayée par des militantes, organes de presse ou personnalités d’extrême droite . La polémique s'étend en au sein du parti LREM où deux députés, Pierre Karleskind et Raphaël Gérard, s'offusquent de la réception de la militante accusée par Caroline Yadan et Aurore Bergé, deux députées de leur groupe politique.
Le , SOS homophobie annonce porter plainte contre Dora Moutot et Marguerite Stern pour leur livre Transmania. L'association y dénonce . L'ouvrage, accusé également de tenir plusieurs propos homophobes, crée plusieurs polémiques. La ville de Paris refuse par exemple la promotion de l'ouvrage sur des panneaux publicitaires car il propage selon les élus un envers les personnes transgenres, qui .
À partir de 2024, ses apparitions publiques font l'objet systématiquement de contestations. En , sa venue à Nantes au colloque organisé par Comité Laïcité République à Nantes pour une conférence sur le féminisme fait polémique et est annulée. La direction de l'association évoque des menaces envers Marguerite Stern et décide de reprogrammer le colloque dans une salle du Sénat.. En , une conférence sur son livre Transmania à l'université Paris-Panthéon-Assas à l'initiative de l'association d'extrême droite Cocarde étudiante est annoncée. Des associations étudiantes de gauche et le sénateur communiste de Paris Ian Brossat demande alors son annulation. La conférence se tient finalement sous protection policière dans un centre annexe, alors qu'une contre-manifestation de se déroule en face. En , en réaction à une de ses conférences, l'Organisation de solidarité trans (OST) organise un contre-rassemblement de plusieurs centaines de personnes à proximité de la conférence.
De son côté, Marguerite Stern se défend d'être transphobe, expliquant : ..
Rapprochement politique de l'extrême droite Elle participe à l'université d'été 2024 du parti d'extrême droite Reconquête dirigé par Éric Zemmour. Elle y intervient, aux côtés des figures identitaires Mila Orriols, Thaïs d'Escufon et Yohan Pawer, dans une table ronde consacrée au combat culturel contre la gauche. Elle affirme peu après auprès de Marianne croire en la théorie du grand remplacement et faire le lien entre immigration et harcèlement de rue, dont elle envisage qu'il puisse avoir des causes raciales, tout en précisant considérer, à titre personnel, que le problème est avant tout culturel. Elle établit un parallèle entre cette position sur l'immigration et son opposition à ce qu'elle qualifie d'idéologie transgenre, affirmant refuser de nier la biologie dans un cas sans faire preuve de la même lucidité dans l'autre. Elle déclare par ailleurs que , rejetant néanmoins les étiquettes d'extrême droite et de transphobe. Elle dit également admirer Zemmour, sans être acquise à ses idées.
Libération rapporte que Stern réalise des passerelles idéologiques et des obsessions communes avec les militants de La Manif pour tous et l'extrême droite. Stern apporte son soutien à Julien Rochedy, masculiniste et ancien directeur du Front national de la jeunesse, avec qui elle dit partager des positions. En , elle donne une conférence à l'Institut de sciences sociales économiques et politiques fondé par l'eurodéputée d'extrême droite Marion Maréchal.
Alice Cordier, porte-parole du Collectif Némésis et proche de Stern, attribue ce basculement politique à une expérience de violence venue de la gauche. Pauline Arrighi, ancienne porte-parole d'Osez le féminisme ! ayant milité aux côtés de Stern au sein de Femen, conteste cette lecture et considère que son rapprochement avec l'extrême droite relève d'un choix assumé plutôt que d'un rejet subi.
Œuvres Essais Manifeste FEMEN, éditions Utopia, 2014 . Héroïnes de la rue : Manifeste pour un féminisme de combat, éditions Michel Lafon, 2020 . avec Dora Moutot, Transmania : Enquête sur les dérives de l'idéologie transgenre, Magnus, 2024 . Les Rives contraires : Histoire d'une transition politique, Magnus, 2026 .
Podcasts Conversations avec Marie, Héroïnes de la rue, Le dernier homme, Écoutez les survivantes, Ma fortune, Au peuple des femmes,
Notes et références Références
Extraits d'ouvrages autobiographiques Certaines informations sont issues directement des ouvrages de Marguerite Stern :
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