L'église Saint-Léger du Vieux-Bourg de Cravant-les-Côteaux est un édifice anciennement affecté au culte catholique, sur la commune de Cravant-les-Côteaux , dans le département d'Indre-et-Loire.
Sa nef au décor carolingien mais pouvant être construite entre le et le , son transept du et une chapelle du sont décorées de fresques murales. Désaffecté en 1863 au profit d'une église récemment construite, l'édifice est classé comme monument historique en 1913. Depuis les années 1930, un musée est aménagé dans sa nef et recueille des trouvailles archéologiques des environs.
Localisation L'église, orientée d'ouest (nef) en est (chœur), se trouve au niveau du Vieux-Bourg de Cravant. Ce noyau urbanisé constituait le cœur de ville avant le développement, marqué au , d'un nouveau bourg un kilomètre plus au sud, le long de la D21 de Chinon à L'Île-Bouchard. Le Vieux-Bourg est construit dans la vallée du ruisseau de Saint-Mexme, parcourue par la D44. L'église elle-même, sur la rive gauche du ruisseau, est édifiée sur les premières pentes du vallon.
Histoire vignette|redresse=1.2|gauche|Plan simplifié de l'église. L'église a d'abord été citée comme carolingienne mais une telle précision ne peut être affirmée. C'est sans doute entre la fin du et le qu'elle est construite sous forme d'une nef prolongée par une abside semi-circulaire plus étroite que la nef. Elle est dédiée à saint Léger. Il est possible que son emplacement ait été choisi pour christianiser une source proche qui faisait auparavant l'objet d'un culte païen. Les sources sont nombreuses au Vieux-Bourg et l'une d'elles a son émissaire dans le cimetière lui-même, au nord de l'église.
Au , la façade occidentale est reprise avec percement d'une nouvelle porte et la porte latérale est percée ou reprise. À la même époque l'abside est démolie et laisse place à une travée carrée formant transept prolongée par un chœur lui-même composée d'une travée et d'une nouvelle abside semi-circulaire aussi large que le chœur. Ce transept, peut-être pourvu d'un bras septentrional détruit depuis, est surmonté d'un clocher ; ce dernier, sans doute reconstruit au est abattu par un ouragan le . vignette|redresse|gauche|Source dans le cimetière. C'est au qu'une chapelle est ajoutée au sud du transept, à moins qu'elle n'ait remplacé une chapelle plus ancienne. Elle est prolongée à l'ouest par une galerie de même largeur ; sa toiture prend appui sur la façade sud de la nef dont les baies sont partiellement murées dans leur partie basse.. Cette galerie, qui sert également de lieu de sépulture jusqu'au , est démolie à la fin du et les baies rouvertes.
Le développement du nouveau bourg de Cravant entraîne la construction à son niveau d'une nouvelle église, elle aussi dédiée à saint Léger ; elle est ouverte au culte en 1863. L'ancienne église est immédiatement désaffectée ; elle est vendue aux enchères publiques le et acquise par la Société française d'archéologie.
Le l'église est cédée à l'Association des amis du vieux Cravant, créée quelques mois auparavant ; cette dernière s'engage à aménager un musée à l'intérieur de l'édifice qu'elle doit entretenir... C'est peu de temps après, en 1934, que la fresque située dans la chapelle sud est découverte. Les premières observations montrent que plusieurs artistes ont participé à sa réalisation. En 1960, la charpente de la nef est refaite mais quelques éléments d'origine sont conservés.
Architecture et décor Architecture Les murs de la nef sont construits en maçonnerie parementée de petit appareil qui, alternant avec des pierres plus grandes, compose un décor de triangles et de pyramides. Des lits de moellons disposés en arête de poisson témoignent d'une technique décorative empruntée à l'art carolingien. Cinq baies sont percées à l'origine dans chaque mur gouttereau de la nef mais les deux plus occidentales, côté nord, sont murées. Toutes les ouvertures (portail principal et latéral, baies au nord comme au sud) sont en plein cintre. Les vestiges d'une porte murée se voient dans le mur gouttereau nord : il s'agit peut-être d'une ancienne Porte des Morts communiquant avec le cimetière. La nef n'est pas voûtée mais couverte en charpente (sans doute refaite au puis en 1960) et en ardoises. L'épaisseur du mur et l'absence de support originaux suggèrent que la nef a toujours été charpentée. Le décor des arcs surmontant les baies est daté par l'archéologue Charles Lelong du milieu du .
La travée carré remplace l'ancienne abside voûtée en cul-de-four. Elle est elle-même pourvue d'une voûte en croisée d'ogives retombant sur des chapiteaux datés du milieu du . La chapelle méridionale, éclairée par une baie, est voûtée en berceau brisé. Des blocs décorés, provenant peut-être de l'ancien chœur, sont utilisés en remploi dans la nouvelle abside
La travée du chœur couverte d'une voûte en berceau brisé en cul-de-four est prolongée par l'abside voûtée en cul-de-four. Deux des baies qui éclairaient cette abside sont murées au .
Décor peint et mobilier Deux piliers monolithes, hauts de , sont taillés dans du calcaire du Turonien supérieur dont des carrières existent alors à Sainte-Maure-de-Touraine. Ils sont gravés de décors attribués à l'époque carolingienne sur trois de leurs faces et sont entreposés à l'extrémité orientale de le nef. Ils avaient été remployés au lors de la construction de la galerie méridionale mais leur datation précise et leur affectation première font encore débat. Ils pourraient, malgré leur décor qualifié de mérovingien puis carolingien, dater du . et avoir constitué les piédroits d'une ancienne porte ou les éléments d'un chancel.
Des fresques de différentes époques ornent les murs et la voûte de l'église. La frise qui décore une partie du mur nord de la nef est d'époque romane. La fresque qui est partiellement mise au jour sur la voûte de la travée carrée représente une scène du martyre de Léger d'Autun.. Celle de la chapelle méridionale, du , représente la Vierge et des fidèles sous un ciel étoilé. Ces fidèles pourraient être des donateurs contemplant la statue de la Vierge à l'Enfant qu'ils ont offerte. Des faux-joints rouges, qui se retrouvent ailleurs sur les murs de l'église, se superposent à cette fresque.
Le musée aménagé dans le nef de l'église expose des trouvailles archéologiques des environs, comme un alignement de sarcophages mérovingiens.
Références
Pour en savoir plus
Bibliographie
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Articles connexes Art carolingien Liste des monuments historiques d'Indre-et-Loire (communes de A à J) Liste des monuments historiques protégés en 1913
Liens externes
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