Le château de Peyrolles-en-Provence ou château du roi René est un château situé à Peyrolles-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône en France.
Histoire
La forteresse médiévale D'un bâtiment qui a pu exister dès avant que l'archevêque d'Aix Gui de Fos l'acquît de Gui de Cavaillon le , on ne connaît presque rien. Remontent peut-être à l'époque archiépiscopale (les Archevêques d'Aix sont seigneurs de Peyrolles de 1211 à 1475) et probablement au certains murs constitués de blocs soigneusement équarris, comme dans l'aile nord ou dans le mur sud clôturant l'actuelle terrasse est (mur donnant sur l'actuel square Saint-Maximin), qui ont la même épaisseur remarquable de 1m54. Le mur de soutènement nord, où s'ouvre la Grotte aux Palmiers, remonte peut-être également à la même période.
On connaît, par les comptes du clavaire de l'archevêque Arnaud Bernard, quelques travaux du : construction (ou réfection) de deux pièces au-dessus de deux déjà existantes en 1352.. Dès le , le bâtiment est décrit comme un lieu fortifié ; il est utilisé comme place forte et garnison pendant la guerre de l'Union d'Aix, et l'archevêque Jean d'Agout y trouve refuge..
Plusieurs campagnes de travaux sont lancées par Olivier de Pennart :
En 1466 : aménagement de la salle déjà existante en rez-de-chaussée (ouverture d'une fenêtre à croisée garnie de toile cirée, réfection du plafond, pose d'une cheminée) ; aménagement d'une "seconde chambre" ; taille en pierre de la fenêtre de la chapelle dédiée à saint Antoine ; taille en pierre des marches d'un escalier à vis. En 1471 : construction d'une chapelle de même volume que celle du palais archiépiscopal d'Aix ; construction d'une grande salle de 12 m de long avec une cuisine de par ; au-dessus de cette salle, construction de trois chambres. Dans ce bâtiment neuf, on pose cinq cheminées et sont ouvertes huit fenêtres à croisée. On construit aussi un escalier en pierre pour les chambres hautes et on voûte la cuisine. En 1472 : le portail du château est voûté d'ogives, et on ouvre deux fenêtres à croisée dans la chambre qui le surmonte. En 1474-1475 : on projette de construire une galerie, on clôture le jardin, on améliore l'accès au cellier en creusant le rocher.
La résidence du roi René Par échange entre l'archevêque d'Aix Olivier de Pennart et le comte de Provence, le roi René d'Anjou, le Copie conservée dans une liasse de documents relatifs à l'échange de Peyrolles, issue du fond de l'ancien Archevêché d'Aix : Archives départementales des Bouches-du-Rhône, cote 1G58., la seigneurie et le château de Peyrolles entrent dans le domaine comtal. Le roi René effectue de nombreux travaux pour faire de la forteresse une résidence : ses comptes signalent l'achat de bois pour établir une galerie, venus de Boscodon par la Durance, le voûtement de salles, des peintures, l'édification d'un escalier à vis, la confection de tapisseries. Il reste peut-être de cette époque la salle voûtée au rez-de-chaussée de l'aile nord appelée "cuisine du roi René", laquelle comporte les piédroits d'une cheminée monumentale de près de 5 mètres de long (aujourd'hui local technique de la chaufferie).
Le domaine royal Le roi de France Louis XI recueille en 1481 l'héritage du roi René puis de son neveu Charles du Maine. La seigneurie de Peyrolles demeure donc dans le domaine comtal devenu de fait royal. Il reste possession royale jusqu'au .
Les rois de France l'aliènent quelquefois à tel ou tel serviteur méritant, qui s'intitule "seigneur de Peyrolles", comme Honoré de TributiisConseiller au Parlement, il participa à l'expédition contre les huguenots de Mérindol en 1545. dans les années 1540. Durant le , les guerres n'épargnent pas Peyrolles. C'est une bâtisse passablement ruinée que reçoit François-Marie de Caseneuve en 1587. Ce dernier, qui tiendra Peyrolles jusqu'à sa mort en 1606, entreprend de nouveaux grands travaux d'aménagements du corps de logis (aile nord).
Les quelques inventaire et états du , dressés à l'occasion de la réunion au domaine royal ou de la concession par le roi permettent d'imaginer une forteresse de plan plutôt carré, avec au nord le corps de logis, jouxté d'une chapelle ; au sud, des écuries. La superficie devait correspondre à la cour d'honneur actuelle, moins la partie en hémicycle. Un mur fermait la cour à l'ouest, appuyé sur un gros rocher, ainsi qu'à l'est (probablement au milieu de la terrasse actuelle). Une "tour des prisons" avec un pigeonnier s'élevait à l'emplacement de l'actuel pavillon sud de la terrasse est.
Le château des Laurens En 1668, Louis XIV échange Peyrolles contre, entre autres, un salin à Berre, avec Henri de Forbin Maynier baron d'Oppède. Son fils le vend ensuite, le , au Grand Prévôt de la Maréchaussée de Provence, Antoine de Laurens. Lui et ses descendants transforment progressivement le château pour lui donner son aspect actuel.
Antoine de Laurens Antoine de Laurens (mort en 1703) a déjà fait construire un hôtel particulier à Aix, quartier de Villeneuve, entre 1675 et 1680. La noblesse aixoise prend plaisir, en effet, à vivre à la fois dans un hôtel en ville, mais aussi dans une demeure à la campagne. Peyrolles, où l'épouse d'Antoine possède plusieurs propriétés, a aussi l'avantage de la proximité avec Aix. Il va entreprendre de faire du château de Peyrolles une demeure de plaisance.
On n'a pas de traces de travaux diligentés par Antoine de Laurens. Il est possible, d'après un mémoire de 1704, que la présence du gros rocher à l'ouest ait présenté un obstacle. Peut-être l'approfondissement au nord du corps de logis (aile nord) a pu commencer dès avant 1704, et ce, malgré la très forte déclivité du rocher.
Pierre Ier de Laurens Pierre de Laurens (mort en 1730) profite de l'approfondissement du corps de logis au nord, un parti ambitieux d'agrandissement sur plusieurs niveaux, compte tenu de la hauteur du rocher ; cela permet l'ouverture du logis au nord, sans doute sur un jardin. L'aile est également agrandie vers l'ouest. Le seigneur dispose ainsi de pièces au sud pour l'hiver (sur la cour) et au nord pour l'été. Plusieurs salles sont voûtées, dont une formant une petite galerie, au-dessus de la porte nord, elle-même surmontée d'une trompe.
Henri de Laurens Jusqu'aux alentours de 1750, c'est le "gros rocher" de l'ouest qui fait l'objet de labeurs acharnés. À partir de 1758, Henri de Laurens (mort en 1762), fait établir une chapelle dans le corps de logis, et construire la terrasse orientale. Ses comptes témoignent de nombreux travaux d'aménagement des intérieurs. Il se porte acquéreur de maisons et écuries à l'ouest du château, la muraille de ce côté est abattue, comme la tour de l'est. C'est peut-être le signe du grand projet de retournement de l'axe du château pour l'ouvrir vers l'ouest comme aujourd'hui.
Pierre II de Laurens Sous Pierre II de Laurens (mort en 1776) est élaboré le plan d'urbanisme établissant la place triangulaire de l'ouest (1766) et l'aile nord est sans doute surélevée et sa façade unifiée. Son plan laisse penser que la cour devait plutôt prendre une forme rectangulaire, comme l'hôtel de l'Estang-Parade à Aix.
Marie-Marguerite de Laurens La mort de Pierre II ne semble pas introduire d'interruption dans le chantier. En 1778, sa veuve et héritière, Marie-Marguerite, pose la "première pierre" du château, probablement le début d'une nouvelle tranche de travaux ou de l'exécution du grand projet transformant la demeure somme toute modeste en un monument imposant doublant de superficie.
En 1778 encore apparaît un architecte : Esprit-Joseph Brun, architecte de la province, ce qui a pu le mettre en relation avec Pierre II, président à mortier au Parlement. Brun, veuf, se marie par ailleurs le à Peyrolles. Les deux pavillons de l'est sont élevés en 1778. Le corps central est commencé, et le grand escalier en pierre de Bonnieux est bâti en 1779, année où l'on convoie 1 100 charretées de pierres. En 1780 sont construits le nouveau portail sur la place triangulaire ainsi que les nouvelles cuisines dans l'aile sud. Les façades sont crépies en 1784.
Mais les relations avec la communauté des habitants se tendent, les travaux semblent être suspendus, et les éléments destinés à être sculptés sur les façades demeurent épannelés.
Le château depuis le
Démantèlement du domaine et du château Après la Révolution, Marie-Marguerite de Laurens récupère château et terres par un procès en 1806. Après sa mort, en 1813, et celle, la même année, de sa fille Marguerite Henriette Adélaïde, veuve de Gilles-Dominique de Boisgelin de Kerdu, le domaine est démantelé. Le marquis d'Arlatan de Lauris récupère la totalité du château entre 1817 et 1827. En 1856, à la mort de sa fille, le château est vendu en neuf lots. Le marquis de Vivens s'en porte acquéreur, puis s'en dessaisit par lots à partir de 1861.
La mairie et les écoles (1863-années 1970) En 1863, la commune achète une partie notable de l'édifice (corps central et deux tiers de l'aile nord). L'hôtel de ville quitte son siège de la rue de l'église (où il se trouvait depuis au moins le Le petit hôtel que la commune occupait, actuellement au 11 de la rue de l'église, porte en façade, sur le fronton décoré de l'ancien blason de Peyrolles, la date de 1663.) pour s'installer au château avec les écoles communales. Le reste est partagé en de nombreuses propriétés ; leurs aménagements, dans l'aile sud, dans les communs dans l'hémicycle, modifient évidemment les façades et les volumes.
Pour les besoins de la mairie, des modifications sont apportées : division de la terrasse est en deux par un mur pour les cours de récréation, établissement d'un garage au rez-de-chaussée de l'aile nord, peut-être édification de l'escalier intérieur à la jonction de l'aile nord et du corps central.
Les écoles quitteront les lieux à partir de 1956 où est édifiée l'école élémentaire actuelle, entre les rues Barême et des Écoles. Les dernières classes (utilisées par l'école maternelle) seront libérées dans les années 1970.
Le château depuis le Après la restauration de la façade du corps central en 1975, la mairie commencera des travaux de restauration complète dès les années 1990, en même temps qu'à partir des années 1980, elle mènera une politique de rachat systématique des propriétés sises dans le château. Les toitures des parties propriétés de la commune sont restaurées, avec les cheminées monumentales, dans les années 1990. Les terrasses est et nord sont débarrassées de leurs constructions adventices dans les mêmes années. Le balcon nord et le parapet de la terrasse nord sont restaurés dans les années 2010. L'éclairage extérieur fait l'objet d'une réfection complète dans les années 2020. L'établissement d'un programme de restauration complète dans les années 2000-2020 permet l'élaboration d'un projet de travaux en 2022 présenté au public par la Commune le . Une première tranche de travaux, portant sur la totalité des toitures, est effectuée en 2023 (réfection pour l'aile sud, révision pour le reste, restauration des cheminées).
Le château accueille aujourd'hui la mairie et divers services municipaux. Des concerts et des spectacles, et la foire du roi René (en avril), prennent également place dans les cours du château.
alt=Mairie_de_Peyrolles-en-Provence|centré|500x500px|vignette|Château et hôtel de ville de Peyrolles-en-Provence, cour d'HonneurLe château fait l’objet d’une inscription partielle et d'un classement partiel au titre des monuments historiques :
Entrée, cour d'honneur, grand escalier avec sa rampe : inscrits par arrêté du . Château en entier : inscrit par arrêté du . Façades et toitures de l'ensemble du bâtiment et du portail, terrasses nord et est avec leur soubassement et la Grotte aux Palmiers, fontaine de la terrasse est, rez-de-chaussée et 1er étage de l'aile nord et du corps central : classement par arrêté du .
Description
Le château, de style classique, est constitué d'un corps central et de deux ailes encadrant une vaste cour en forme de U.