Pangasianodon hypophthalmus (anciennement Pangasius hypophthalmus ou Pangasius sutchiPangasianodon hypophthalmus, Sutchi catfish: fisheries, aquaculture, aquarium) est une espèce de poissons de la famille des Pangasiidae. Il est généralement commercialisé sous le nom de panga en Europe, mais ce terme peut aussi désigner d'autres espèces.

Bien qu'il soit parfois appelé « requin siamois » (et en anglais «iridescent shark», requin iridescent), il n'est pas apparenté aux requins mais aux siluriformes (poissons-chats).

Il vit naturellement en Asie du Sud-Est, dans le bassin du Mékong ainsi que dans le bassin de la rivière Chao Phraya. Il est maintenant largement élevé en piscicultures, y compris dans d'autres bassins fluviaux.

C’est un grand poisson (jusqu'à et à l'état libre dans son milieu naturel), migrateur, omnivore(Fishbase Ref. 6459) capable de trouver sa nourriture dans les eaux turbides des grands fleuves mais aussi dans les zones inondées. Il s’y nourrit de poissons, de crustacés et de débris végétaux. En pisciculture, il est commercialisé lorsque son poids atteint à correspondant à une taille de 35 à environ. Une grande partie de son poids est comprise dans sa carapace céphalique propre aux poissons de l'ordre des Siluriformes.

Parfois vendu comme poisson d’aquarium, il fait maintenant l’objet d’une importante aquaculture commerciale en Asie du Sud-Est.

Il est notamment devenu l'une des plus importantes espèces aquicoles en Thaïlande(Fishbase Ref. 9497).

Dénominations

Il est pêché et vendu sous de nombreux noms : « Iridescent shark-catfish » pour les anglo-saxons Striped catfish » remplace l'ancien nom « Sutchi catfish » pour la FAO Il est maintenant légalement obligatoirement nommé « Swai » aux États-Unis pour ne plus être confondu avec des poissons-chats locaux. « Haimonni » en Finlande « Haiwels » en Allemagne « Hajmal » en Suède « Sutchi-hajmalle » pour les danois « Cá Tra » ou « Cá Tra yêu » au Vietnam « Pa sooai », « Pa sooai khaeo » ou « Pa souay kheo » au Laos « Pla sawai » en Thaïlande, , « Trey pra » (ត្រីប្រា) au Cambodge Patin siam ou lele bangkok en Indonésie, « Thailand catfish » à Taïwan

On l'appelle aussi souvent « panga », ce qui ne permet pas de le distinguer d'autres espèces également nommées PangaSourcehttp://www.fishbase.org/Country/CountryList.cfm?ID=14154&GenusName=Pangasianodon&SpeciesName=hypophthalmus Fishbase.

Habitats C’est un poisson migrateur, mais réputé benthopélagique et potamodrome, c’est-à-dire vivant dans de grandes étendues d’eaux profondes(Fishbase Ref. 51243) des eaux douces et chaudes des zones tropicales (température de 22 à , voire jusqu'à ). Il vit dans une eau dont le pH varie de 6.5 (en saison des pluies) à 7.5 pour une dureté variant de 2 à 29 dH. Ses habitats varient tout au long de l'année. En pleine saison des pluies, il peut être trouvé loin des fleuves dans les zones inondées qu'il quittera pour redescendre vers l'estuaire à la fin de cette saison. Il peut vivre sans impact négatif sur sa croissance jusqu'à une salinité de 13 ppt.

Il possède des branchies bien développées et une vessie natatoire modifiée qui lui permet de capter l'oxygène en surface. En cas d'hypoxie, le poisson complète donc sa respiration aquatique par une respiration aérienne adaptée, lui permettant de survivre en eau faiblement oxygénéeLefevre S, Huong DTT, Wang T, Phuong N & Bayley M. (2011) Hypoxia tolerance and partitioning of bimodal respiration in the striped catfish (Pangasianodon hypophthalmus). Comparative Biochemistry and Physiology, Part A 158 (2011) 207–214. doi:10.1016/j.cbpa.2010.10.029.

Aire de répartition vignette|Aire de répartition du panga Il semble endémique du bassin du Mékong et de la rivière Chao Phraya, mais il pourrait peut-être vivre dans d’autres bassins de la région (Vietnam, Cambodge, Thaïlande et Laos…). Il a été introduit en divers endroits pour l’aquaculture dont au moins au Bangladesh, peut-être en Chine, aux Philippines, à Singapour, à Taïwan, avec des impacts écologiques négatifs possibles ou probables à Taïwan et Singapour(http://www.fishbase.org/Introductions/IntroductionsList.cfm?ID=14154&GenusName=Pangasianodon&SpeciesName=hypophthalmus&fc=134&StockCode=14046).

Description Corps d'aspect brillant et irisé chez les subadultes, gris, plus foncé sur le dessus chez l'adulte. Il peut atteindre dans la nature(Ref. 7432); pour un poids maximum publié de en liberté ; Nageoires gris foncé ou noires ; nageoire dorsale à 6 rayons ; Ligne noire au milieu de la nageoire anale ; Bande sombre sur chaque lobe de la nageoire caudale (nageoire rosée chez l'adulte) ; Branchies normalement développées, avec branchies de petite taille intercalées entre des branchies plus grandes ; Les jeunes sont caractérisés par une bande noire le long de la ligne latérale et une seconde bande noire sous la ligne latérale, les adultes étant uniformément gris.

Écologie Ce poisson a un cycle de vie encore mal connu dans la nature. C'est une espèce commune dans le Bas-Mékong, où les juvéniles sont piégés pour être élevés dans des cages flottantes. Au milieu du Mékong, il est présent sous la forme de grands individus dont la robe a perdu la couleur sombre qui caractérise les juvéniles et subadultes pour devenir grise.

Comme pour d'autres espèces de l’immense bassin du Mékong, les dates de migration et moindrement de reproduction semblent varier selon les groupes vivant dans diverses zones géographiques (métapopulation avec groupes génétiquement différentiés ?).

Il se reproduit en mai, juin, juillet en Thaïlande et au Laos, et en juin et juillet au Cambodgesource.

La majeure partie de la population remonte le Mékong en venant d'une zone de croissance encore inconnue vers des zones de frai également inconnues (de mai à juillet) avant de revenir dans les principaux cours d’eau en automne (septembre – décembre)(Ref. 37772). Au Cambodge, au sud de Don Khone et des chutes de Khone (Khone Falls) il remonte vers les sources d'octobre à février, avec un pic de migration en novembre–décembre. Cette migration est déclenchée par la montée des eaux et semble être une migration de dispersion latérale dans les zones inondées par le Mékong à la fin de la saison des inondations.

La migration vers l’aval a lieu de mai à août de Stoeng Treng à Kandal au Cambodge et plus tard dans le delta du Mékong au Viêt Nam. La présence d'œufs de mars à août vers l’aval montre que cette migration est à la fois nécessaire à la reproduction (frai) et à l’alimentation des adultes.

Alimentation Pangasius hypophthalmus est un poisson omnivore qui broute des algues et des plantes mais aussi mange du zooplancton, des insectes, et même des crustacés et des poissons.

Reproduction Elle semble mal connue dans la nature et non maîtrisée par l’homme avant 1950. Son taux de reproduction serait assez moyen dans la nature et faible à nul en captivité, avec une population doublant en 4.5 à 14 ans.

Pangasianodon hypophthalmus a été artificiellement reproduit en Thaïlande, dès 1959 selon Lionel Dabbadie, mais le Viêt Nam, longtemps isolé, élevait de jeunes individus capturés. La pisciculture industrielle a vite été limitée par la difficulté de se fournir en alevins et juvéniles (« fingerlings ») uniquement disponibles au Cambodge et au Viêt Nam dans la nature. De plus, le prix des alevins ou juvéniles ne cessait de monter de sorte qu’en 1995, il constituait jusqu'à 52 % du coût total de production de Pangasius bocourti (en cages flottantes).

Une reproduction de Pangasianodon hypophthalmus a été possible au Viêt Nam en 1981, mais non fiablement renouvelable, alors que la Malaisie y arrivait en utilisant les méthodes thaïlandaises. Avant d'en réussir la reproduction, les pisciculteurs vietnamiens songeaient à introduire le Channel catfish américain (Ictalurus punctatus), avec le risque qu'il devienne invasif, élimine d'autres espèces, ou apporte des pathogènes pour les espèces locales. La région insulaire de Hông Ngu, île située au Viêt Nam près de la frontière cambodgienne dans le delta du Mékong, était spécialisée dans l'élevage en nurserie du panga « Ca tra » à partir d'alevins piégés dans le Mékong et élevés en étangs. Elle continue l'élevage de juvéniles, mais issus de fécondation artificielle.

Ce poisson aurait en fait été artificiellement reproduit pour la première fois par Boonbrahm en 1959 en utilisant une technique testée sur un autre panga (Pangasius bocourti) chez lequel une exposition à de l’urine de femme enceinte déclenchait la reproduction, grâce à une hormoneP. Cacot, M. Legendre, T. Q. Dan, L. T. Tung, P. T. Liem, C. Mariojouls et J. Lazard, 2002, Induced ovulation of Pangasius bocourti (Sauvage, 1880) with a progressive hCG treatment, Aquaculture 213 (2002) : 199 – 206P. Cacot, P. Eeckhoutte, D. T. Muon, N. V. Trieu, M. Legendre, C. Mariojouls et J. Lazard, 2003, Spermiation hCG induced and management of milt in Pangasius bocourti (S), Aquaculture 215 (2003) : 67 -77.P. Cacot, 1999, Étude du cycle sexuel et maîtrise de la reproduction artificielle de Pangasius bocourti (Sauvage, 1880) et Pangasius hypophthalmus (Sauvage, 1878) dans le Delta du Mékong au Viêt Nam, thèse de doctorat à l’INAPG, Département des Productions Animales : 350 pp. : l’hCG, qui est commune à de nombreuses espèces. Cette hormone est en Europe fréquemment utilisée par les éleveurs d’ovins, bovins, chevaux pour synchroniser la reproduction au rythme souhaité par l'éleveur, hors saison sexuelle, et ainsi contrôler la fertilité des animaux élevés. Cette hormone traite aussi certains problèmes d’ovulation chez la femme, ainsi que certaines stérilités masculines. Pour provoquer l'ovulation de la femelle de cette espèce, le traitement doit être fractionné avec une phase préliminaire relativement longue. Les ovules qui vieillissent vite doivent être récoltés et fécondés rapidement. Les manipulations se font sur des poissons anesthésiés (phénoxy-2-éthanol).