L'automitrailleuse White TBC est un blindé français conçu à la fin de la Première Guerre mondiale. Il s'agit d'une caisse blindée Ségur & Lorfeuvre montée sur un châssis de camion White.

Production En 1915, MM. de Ségur et Lorfeuvre proposent une automitrailleuse, sur un châssis Panhard K14. L'automitrailleuse, améliorée et testée d'août à par le 10e groupe d'autos-mitrailleuses et autos-canons, donne satisfaction et en , une commande 300 exemplaires est passée mais elle est réduite à dix véhicules en février. Au même moment, l'armée demande une amélioration du châssis. La caisse de Ségur et Lorfeuvre est donc montée sur un châssis de camion White TBC de (empattement court ).

Cette modification est testée en et en , l'armée demande le montage des 300 caisses commandées en 1917 sur des châssis White. Mais faute de constructeurs disponibles pour monter la carrosserie, la production tarde alors que l'armée insiste sur le besoin urgent de cette automitrailleuse moderne. L'usine Berliet de Vénissieux commence à fabriquer ce nouveau modèle en août 1918. Le , les 12 premiers exemplaires en sont remis au capitaine Richemond, commandant le 10e GAMAC, venu spécialement de Versailles avec 12 chauffeurs pour les réceptionner. Sa déception est grande : « un grand nombre de choses déjà demandées [ont] été mal ou pas exécutées [...] Ces défauts de fabrication dénotent d'une façon ardente un travail bâclé [...] Mais le châssis lui-même a donné toute satisfaction. »

Une explosion dans l'usine lyonnaise de Berliet en amène le constructeur Renault à devoir terminer la production. La production des 230 exemplaires se termine en 1919.

Configuration L'équipage est de quatre hommes : deux en tourelle et deux conducteurs au centre. La tourelle est conçue par le capitaine de Castelbajac, le commandant du Centre d'instruction des autos-mitrailleuses (CIAM). Biplace, elle est armée de deux armes placées en opposition, un canon de 37 SA 18 approvisionné à et une mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 approvisionnée à . Une mitrailleuse supplémentaire de défense contre-avions peut être montée sur le côté de la carrosserie.

Pour la conduite, l'automitrailleuse dispose d'un inverseur, c'est-à-dire d'un poste de conduite à l'arrière qui permet de rouler facilement en marche arrière.

Autour de 1922, les roues à rayons d'origine commencent à être remplacées par des roues pleines.

Service vignette|Défilé d'AMC White pour le . Produite très tardivement, l'automitrailleuse ne joue qu'un rôle très limité avant le mais jusqu'en 1933, il s'agit de la principale automitrailleuse de la cavalerie française. Les automitrailleuses White servent sur de nombreux théâtres. Présentes en France, certaines rejoignent l'Allemagne pendant l'occupation de la Rhénanie. Elles sont déployées au Maroc, notamment pendant la guerre du Rif, au Levant, en particulier pendant la grande révolte syrienne où plusieurs sont perdues ou encore en Indochine. Lors de la traque des bandits corses en 1931, plusieurs automitrailleuses sont envoyées sur l'île. La police de la concession française de Shanghai rachète plusieurs White TBC dans les années 1920.

En 1931, la désignation de l'automitrailleuse change d'automitrailleuse de cavalerie (AMC) White à automitrailleuse de découverte (AMD) White.

Le groupe spécial de garde républicaine mobile reçoit des TBC en 1938, en remplacement de ses AMR P28 peu fiables. Quatorze resteront en service jusqu'à .

Au début de la Seconde Guerre mondiale en , 29 AMD White sont en métropole et 57 en Afrique du Nord. Trois TBC sont en service en métropole dans une unité de première ligne, le groupe de reconnaissance. Au cours de la bataille de France, d'autres White TBC sont remises en service début juin, par exemple au régiment de dragons portés. En Afrique du Nord, 34 automitrailleuses sont encore en service dans des unités de combat en . Les AMD White sont utilisées pour la dernière fois en 1941 lors de l'invasion franco-britannique de la Syrie vichyste.

Modifications vignette|Deux White TBC allégées au Maroc en 1930. À cause de l'obsolescence du véhicule, une modernisation est menée en 1932-1933 en remplaçant le châssis White par un châssis Laffly. Cette modification donne naissance à l'AM 50 Laffly (dite ), servant au côté des automitrailleuses restées sur châssis TBC.

Parmi les automitrailleuses TBC, certaines voient leurs ailes et leurs tourelles retirées vers 1930 pour améliorer leur circulation tout-terrain en Afrique du Nord (automitrailleuse ), d'autres deviennent de draisines armées ou voient leur caisse utilisée comme wagon blindé. En 1932, cinq automitrailleuses sont mises sur châssis Saurer 5AD pour servir au profit de la compagnie africaine de transport (automitrailleuses dites ). En métropole, au moins deux White TBC servent en 1931 comme véhicule de transmissions après retrait de la tourelle et du toit blindé et installation d'un poste de TSF dans l'habitacle tandis qu'au moins trois autres voient le retrait d'une partie de leur blindage pour servir de véhicules de commandement semi-blindés.

En Syrie, le capitaine Birch fait réaliser en 1940-1941 des automitrailleuses dite en montant des parties de caisse blindée et la tourelle de White TBC sur des châssis de camions Dodge neufs. Ces automitrailleuses restent en service quelque temps avec les Forces françaises libres.

Bibliographie . . .

Références

Liens externes

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