Linsurrection palestinienne au Sud-Liban est un conflit initié par des militants palestiniens basés dans le Liban du Sud sur Israël à partir de 1968 et sur des factions libanaises chrétiennes à partir du milieu des années 1970, qui a évolué vers la guerre civile libanaise au sens large en 1975 et a duré jusqu'à l'expulsion de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) du Liban lors de l'invasion du pays par Israël en 1982. Bien que le FPLP-CG et certaines autres factions palestiniennes aient poursuivi des activités militaires de bas niveau sur le sol libanais, on considère qu'après 1982 et l'occupation d'une partie du pays par Israël, le conflit s'est estompé au profit de la guerre locale interlibanaise des montagnes et du conflit israélo-hezbollah.
L'insurrection palestinienne dans le Sud-Liban, qui a atteint son apogée dans les années 1970, a fait des milliers de victimes militaires et civiles israéliennes, libanaises et palestiniennes, et est considérée comme l'un des éléments clés du déclenchement de la guerre civile libanaise.
Histoire
Présence palestinienne au Liban
Depuis la guerre israélo-arabe de 1948, de nombreux Palestiniens expulsés ou exilés trouvent refuge dans des camps de réfugiés, notamment au Liban. Puis, à la suite de la guerre de Six Jours en 1967 et l'occupation de la bande de Gaza et la Cisjordanie par Israël, de nouveaux Palestiniens viennent augmenter la population des camps.
Commencement du militantisme de l'OLP À partir de 1968, les combattants palestiniens, en particulier ceux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), mènent ou organisent leurs opérations depuis les camps de réfugiés situés dans les pays voisins, dont le Liban.
Le , après que la compagnie aérienne israélienne El Al a été mitraillée par des militants palestiniens à l'aéroport d'Athènes, Israël bombarde l'aéroport international de Beyrouth en représailles, détruisant 14 avions civils, soit la quasi-totalité de la flotte civile libanaise. L'attaque fait l'objet d'une condamnation par l'ONU.
Après une série d'affrontements avec les fedayins palestiniens en 1968 et 1969, l'armée libanaise, trop faible militairement et politiquement, perd le contrôle des camps palestiniens. En 1969, l'accord du Caire garantit aux réfugiés palestiniens le droit de travailler, de former des comités autonomes et de s'engager dans la lutte armée. Les mouvements palestiniens de résistance assument alors la gestion quotidienne des camps de réfugiés, assurant la sécurité ainsi qu'une grande variété de services sanitaires, éducatifs et sociaux.
Le , l'aviation israélienne bombarde le territoire libanais. Dans la région de Hasbaya, à la frontière entre les deux pays, 6 personnes sont tuées et 17 autres blessées. Le gouvernement de Beyrouth proteste auprès du conseil de sécurité de l'ONU, estimant qu'il ne « saurait être tenu responsable de la présence et de l'activité de Palestiniens qui ne sont sur son territoire que parce qu'ils ne peuvent regagner leur patrie ».
Le , deux unités israéliennes attaque le poste d'observation militaire de Tell-Nhass et le village de Kfar Kefa, et prennent libanais, et . Le suivant, affirmant répondre à des tirs en direction de villages en Galilée, un raid israélien sur Aïta ach-Chab fait parmi les civils, dont un soldat.
Le , une faction de l'OLP, le Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG), entre en Israël et perpétue le massacre des bus scolaires d'Avivim, tuant israéliens dont 9 enfants.
Le , israéliens pénètrent au Liban du Sud et traquent les grottes où s'abritent les fedayins. Le , l’armée israélienne lance une attaque sur Bint-Jbeil et trois autres villages du sud fait et . Ces violents affrontements de mai obligent d’ailleurs entre plusieurs dizaines de milliers d'habitants du Sud-Liban à fuir leurs maisons.
Alors que le siège de l'OLP est d'abord basée en Jordanie, l'organisation entre en conflit avec le monarque régnant, le roi Hussein de Jordanie. En 1971, après avoir tenté de le renverser, ils subissent une intense répression (Septembre noir), et sont contraints de fuir vers la Syrie, et finalement au Liban. De là, les dirigeants de l'OLP commencent à intensifier leurs attaques contre Israël, qui de son côté organise des raids de représailles au Liban, et encourage certaines factions libanaises à combattre les fedayins palestiniens.
Les pics d'insurrection tout au long des années 1970 vignette|redresse|Yasser Arafat au Liban en 1974. Le siège ayant été transféré à Beyrouth, les factions de l'OLP recrutent de nouveaux membres dans les camps de réfugiés palestiniens. En 1975, plus de vivent réfugiés au Liban. Le Sud-Liban est alors surnommé « Fatahland » par Israël, en raison de la prédominance dans cette région de l'organisation du Fatah de Yasser Arafat. Avec sa propre armée opérant librement au Liban, l'OLP crée un État dans l'État.
Du 25 au , des unités d’infanterie israélienne soutenues par 20 avions et 63 chars et blindés attaquent le Sud-Est du Liban. Ce raid de représailles tue libanais et en blesse 2 autres, dont un soldat. Plus de vingt maisons sont dynamitées. Le , le Conseil de sécurité des Nations unies, qui n'a pas retenu le motif de légitime défense, exige dans sa résolution 313 qu'Israël retire toutes ses forces militaires du territoire libanaisTavernier Paul. «L'année des Nations Unies, problèmes juridiques». In: Annuaire français de droit international, volume 18, 1972. pp. 512-543. DOI : https://doi.org/10.3406/afdi.1972.1713, www.persee.fr/doc/afdi_0066-3085_1972_num_18_1_1713, p.106.
Le , une patrouille israélienne capture supérieurs syriens en territoire libanais, non loin de la frontière. libanais sont tués au cours de l'opération. Deux jours plus tard, l'aviation israélienne bombarde le village de Deir-el-Achayer, faisant et parmi la population civile libanaise.
En réaction aux de la prise d'otages de Munich les 5 et pour réclamer la libération de détenus palestiniens, Israël mène une série de raids et d'assassinats. Le , l'aviation israélienne bombarde plusieurs camps palestiniens au nord et au sud du Liban, faisant et parmi les civils libanais et palestiniens.. Les 17 et , nouvelle opération - terrestre, cette fois - fait une vingtaine de morts dans les rangs de l'armée libanaise qui oppose une sérieuse résistance, et dans la population civile.
Les 20 et , un commando israélien attaque les camps de réfugies palestiniens de Nahr el-Bared et d'El-Badawi, situés au nord du Liban, et fait entre et plusieurs centaines de blessés. Le , Israël organise un autre durant lequel des membres des forces spéciales tuent des responsables de l'OLP, et dynamitent un bâtiment du FDPLP à Beyrouth, faisant plus de palestiniens et 7 Libanais ou étrangers. L'opération est condamnée par la résolution 332 du Conseil de sécurité des Nations unies.
En 1974, l'OLP modifie son orientation pour y inclure des éléments politiques, nécessaires à un dialogue avec Israël. Ceux qui insistent sur une solution militaire partent et Yassir Arafat reprend le rôle de leader de l'OLP. vignette|Le camp de réfugiés palestiniens de Nabatieh, avant et après sa destruction complète par les bombardements israéliens du . De son côté, le Commandement général du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP-CG), qui s'est séparé de l'OLP en 1974, perpétue le de cette année là un massacre lors de la prise d'otages de Kiryat Shmona, tuant 2 soldats et 16 civils, dont 8 enfants. Le , l'armée israélienne riposte en tuant 2 femmes et prenant 13 civils en otage. Ces représailles sont condamnées par la résolution 347 du Conseil de sécurité des Nations unies, condamnant la violation par Israël de l'intégrité territoriale libanaise et lui demandant de rendre au Liban les civils enlevés.
Le , le FDLP tente une prise d'otages qui aboutie au massacre de Ma'alot ( dont 22 enfants). Israël contre-attaque et, du 16 au , six camps palestiniens et six villages libanais sont bombardés par l'aviation israélienne, faisant une soixantaine de morts. Puis, du 18 au , après une opération des fedayins en Israël à Kfar-Chamir (), Israël bombarde pendant trois jours les camps palestiniens, où l'on comptera près de et .
Le , des opérations combinées (air, terre, mer) sont lancées par l'armée israélienne contre des camps palestiniens, notamment dans la région de Tyr. On compte une vingtaine de morts parmi la population civile.
Le conflit israélo-palestinien entraine la déstabilisation du Liban et l'augmentation des conflits sectaires, qui finissent par se transformer en une véritable guerre civile.
La guerre civile libanaise (première phase)
La guerre civile libanaise (1975-1990) a été un conflit complexe sous la forme de diverses factions et d'alliances changeantes entre et parmi les catholiques maronites libanais, les musulmans libanais, les Palestiniens, les Druzes libanais et d'autres groupes non sectaires. Le pouvoir gouvernemental avait été réparti entre les différents groupes religieux par le Pacte national basé en partie sur les résultats du recensement de 1932. Les changements démographiques et le sentiment accru de privation de certains groupes ethniques, ainsi que les affrontements israélo-palestiniens dans le sud du pays ont tous contribué au déclenchement de la guerre civile libanaise.
À partir de , Israël fournit aux milices maronites, y compris aux Forces libanaises, dirigées par Bachir Gemayel, des armes, des chars et des conseillers militaires. La frontière entre Israël et le Liban est alors surnommée la "bonne clôture".
Craignant de perdre l'accès commercial au port de Beyrouth, la Syrie est intervenue dans la guerre civile en pour soutenir le gouvernement dominé par les Maronites, et en octobre, elle avait 40 000 soldats stationnés à l'intérieur du Liban. L'année suivante, cependant, la Syrie a changé de camp et a commencé à soutenir les Palestiniens.
Le , onze militants de l'OLP ont effectué un débarquement en mer à Haïfa, en Israël, où ils ont détourné un bus plein de monde, tuant les personnes à bord dans ce qui est connu comme le massacre de la route côtière. A la fin de la journée, neuf pirates et 37 civils israéliens ont été tués. En réponse, le , Israël a lancé l'opération Litani en occupant le sud du Liban, à l'exception de la ville de Tyr, avec 25 000 hommes. L'objectif était de repousser l'OLP loin de la frontière et de soutenir une milice chrétienne libanaise alliée à Israël, l'Armée du Liban Sud (ALS).
Le , Samir Kuntar et trois autres membres du Front de libération de la Palestine, une faction temporaire de l'OLP, débarquent à Nahariya, en Israël, en provenance de Tyr, au Liban, par bateau. Après avoir tué un officier de police, qui avait découvert leur présence, ils ont pris en otage un père et sa fille dans un immeuble d'habitation. Après avoir fui avec les otages pour retourner à la plage, une fusillade a tué un policier et deux des militants. Kuntar a ensuite exécuté les otages avant que lui et l'envahisseur restant ne soient capturés.
En , les États-Unis ont tenté de négocier un cessez-le-feu au Sud-Liban entre Israël, la Syrie et l'OLP. En , Israël a répondu aux attaques de roquettes de l'OLP sur les colonies israéliennes du nord en bombardant les camps de l'OLP au Sud-Liban. L'envoyé américain Philip Habib a finalement négocié un cessez-le-feu précaire qui a été surveillé par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).
L'invasion israélienne de 1982