Georges Ascoli, né le à Paris (18e arrondissement), mort en déportation le au centre d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, est un professeur d'université spécialiste de littérature française.

Biographie

Abraham Georges Ascoli, issu d'une famille d'origine juive, est le fils de Joseph Ascoli, agent de change, et d'Anne Schük.

Georges Ascoli effectue ses études secondaires au collège Rollin, actuel lycée Jacques-Decour. En 1902, après avoir obtenu le prix d'honneur de composition française, il est reçu au baccalauréat ès lettres.

En 1904, il est reçu au sein de la promotion littéraire de l'École normale supérieure. En 1905, il est licencié ès lettres. En 1907, il est reçu, le quatorzième, à l'agrégation de lettres. En 1930, il est reçu docteur ès lettres après avoir soutenu une thèse, « La Grande-Bretagne devant l'opinion française au XVIIe siècle ».

Carrière universitaire

La carrière académique de Georges Ascoli est lancée à la faveur d'une bourse d'études à Londres, obtenue pour les années 1907-1908. Georges Ascoli exerce ensuite dans divers lycées en tant que professeur, de 1908 à 1914. En 1912, il est chargé de cours de littérature française à la Faculté des lettres de Lille. Il occupe le même poste à la Faculté des lettres de Paris (Sorbonne) à partir de 1929, et est chargé du cours Victor Hugo. Il est successivement maître de conférences (1930), professeur sans chaire (1931) puis professeur d'histoire de la littérature française du (1935) dans cette même Faculté. Il devient directeur d'études à l'Institut de langue et littérature françaises (1937).

Sous l'Occupation, Georges Ascoli est exclu de ses fonctions d'enseignant en application de la loi portant statut des Juifs. Le 23 février, son épouse et lui sont internés au camp de Drancy. Le 7 mars, ils sont déportés via le convoi n° 69 au centre d'extermination d'Auschwitz-Birkenau où ils sont assassinés le 12 mars.

Outre ces charges d'enseignement, Georges Ascoli effectue de nombreuses missions d'enseignement à l'étranger : en Belgique, tous les ans de 1920 à 1937, mais aussi en Écosse (1923), en Angleterre (1930 et 1934), en Allemagne (1932), aux États-Unis (1932, 1933, 1936), et au Brésil (1934). Il est également professeur au collège de Middlebury dans le Vermont. Dans les années 1930, Georges Ascoli anime par ailleurs un groupe théâtral d'étudiants à la Sorbonne, la troupe de Théâtre moderne, et donne son patronage à l'interprétation des textes que les étudiants et étudiantes veulent représenter.

Il contribue activement à de nombreuses revues, telles que la Revue latine (1907), la Revue de synthèse historique (1910-1926), la Revue d'histoire littéraire (à partir de 1912), la Revue universitaire (1913-1925), la Revue du (1913-1916), la Revue des cours et conférences (depuis 1923), la Revue critique d'histoire et de littérature (depuis 1921), ou encore les Nouvelles littéraires (1931-1933). Enfin, Georges Ascoli est membre du Comité France-Grande-Bretagne et de l'Alliance française.

Carrière militaire Au-delà du versant académique, Georges Ascoli a également exercé des fonctions militaires. Il est en effet mobilisé du au , durant la Première Guerre mondiale.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Georges Ascoli est mobilisé comme officier et promu lieutenant-colonel en 1940. Le 17 juin 1940, durant la bataille de France, il est fait prisonnier et interné à l'Oflag XIII-B à Nuremberg. En août 1941, il est libéré en qualité d'officier de réserve. Il est, tel que mentionné ci-avant, déporté à Auschwitz en 1944.

Œuvres Parmi les ouvrages écrits par Georges Ascoli figurent :

Essai sur l'histoire des idées féministes en France (1906) ; « Les lettres de 1680 à 1750 » dans J. Bédier et P. Hazard, Histoire de la littérature française (1923) ; Anatole France d'après quelques témoins de sa vie (1925) ; La Grande-Bretagne devant l'opinion française, depuis la guerre de cent ans jusqu'à la fin du (1927) ; Édition critique du Zadig de Voltaire (1929) ; La Grande-Bretagne devant l'opinion française au , thèse de doctorat (1930) ; André Le Breton, professeur, critique et romancier (1931) ; Voltaire, poèmes philosophiques (1935) ; Le Théâtre romantique (1936) ; La Critique littéraire au (1937).

Distinctions Georges Ascoli reçoit le titre de chevalier de la légion d'honneur à titre militaire en 1918, puis celui d'officier en 1933. Il est également décoré des croix de guerre avec palmes.

Références

Bibliographie Christophe Charle, Les professeurs de la faculté des lettres de Paris – Dictionnaire biographique 1909-1939, Paris, Institut national de recherche pédagogique, 1986,

Liens externes

Correspondance d'Henri Piéron

Catégorie:Professeur français de lettres Catégorie:Naissance en juin 1882 Catégorie:Décès en mars 1944 Catégorie:Élève de l'École normale supérieure Catégorie:Décès à 61 ans Catégorie:Enseignant au lycée Clemenceau de Nantes Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1933