vignette|redresse=1.7|Les calottes glaciaires continentales sont en gris. Les températures de surface des océans les plus basses sont en bleu, aux hautes latitudes ; en jaune, celles des océans tropicaux, inférieures de 2°C à 3°C par rapport à l'époque actuelle
Le dernier maximum glaciaire (DMG) est la période au cours de laquelle le froid a atteint son ampleur maximale, à la fin de la dernière période glaciaire. Il est marqué par une extension extrême des calottes de glace et par un niveau des mers minimal. Le pic de froid est daté d'environ avant le présent, à la fin du Pléistocène supérieur. Le climat était plus froid de en moyenne par rapport à l'époque actuelle, et les concentrations en gaz à effet de serre dans l'atmosphère étaient plus faibles.
Pendant le dernier maximum glaciaire des calottes de glace continentales recouvraient, dans l'hémisphère nord, la partie nord des continents : la calotte groenlandaise ; la calotte laurentide, qui recouvrait une partie importante de l'Amérique du Nord, et dont l'épaisseur maximale était de 4 km ; et la calotte fennoscandienne, qui recouvrait le nord de l'Eurasie, et dont l'épaisseur pouvait atteindre 3 km. La banquise, ou glace de mer, a également accru son étendue.
Le niveau des mers s'est abaissé en raison de la grande quantité d'eau retenue dans les glaces ; il était inférieur de 125 mètres au niveau actuel. Par conséquent, il y avait plus de terres émergées qu'aujourd'hui. La géographie de certaines régions était de ce fait très différente de ce qu'elle est à l'époque actuelle, notamment celle de l'Indonésie.
Les niveaux de poussière de l'atmosphère étaient jusqu'à 20 à 25 fois plus élevés qu'aujourd'hui (mesure fondée sur les carottes de glace)Cowen, Robert C. "Dust Plays a Huge Role in Climate Change" Christian Science Monitor 3 April 2008 (), and Claquin et al., "Radiative Forcing of Climate by Ice-Age Atmospheric Dust", Climate Dynamics (2003) 20: 193–202. (www.rem.sfu.ca/COPElab/Claquinetal2003_CD_glacialdustRF.pdf).
Le climat était partout plus sec lors du dernier maximum glaciaire, ce qui a entrainé la réduction du couvert végétal.
L'entrée dans le dernier maximum glaciaire peut s'expliquer par des phénomènes de rétroaction positive à la suite du refroidissement du climat qui a commencé il y a , avec le début de la dernière période glaciaire. La sortie du dernier maximum glaciaire est liée à des paramètres orbitaux qui provoquent des variations du climat terrestre, appelées cycles de Milankovitch. Le pic de froid a été suivi par le Tardiglaciaire.
Dans l'archéologie de l'Europe paléolithique, le dernier maximum glaciaire est contemporain des cultures solutréenne, badegoulienne sur la façade atlantique, épigravettienne dans l’aire méditerranéenne.
Le DMG, appelé en Grande-Bretagne le Dimlington Stadial, est daté par Nick Ashton entre AP"Radiocarbon dates from the site at Dimlington led Rose (1985) to designate this area as the UK type site for the Late Devensian Chronozone or 'Dimlington' Stadial." Boston, Clare M. (2007) An examination of the Geochemical properties of late devensian glacigenic sediments in Eastern England, Durham theses', Durham E-Theses Online: etheses.dur.ac.uk/2609.
Climat vignette|redresse=2|Évolution des températures dans la période post-glaciaire selon les carottes de glace prélevées au Groenland.
La température mondiale moyenne il y a était de https://www.youtube.com/watch?v=C3Jwnp-Z3yE Zurich University of Applied Sciences - Blue Marble 3000 (animation). C'est environ de moins que la moyenne de 2013-2017. De fortes disparités existaient cependant, avec un refroidissement beaucoup plus marqué aux pôles. La température de l'Arctique était inférieure de à celle d'aujourd'hui. Le refroidissement affecte plus les continents que les océans.
Lors du dernier maximum glaciaire, la glace permanente couvrait toute l'année environ 8 % de la surface de la planète et 25 % de la superficie des terresUSGS - Glacier and Landscape Change in Response to Changing Climate - Glaciers and Sea Level https://pubs.usgs.gov/fs/fs2-00/. En 2012, environ 3,1 % de la surface de la planète et 10,7 % de la superficie des terres sont couverts de glace toute l'année. Le niveau de la mer était environ 125 mètres plus bas qu'à l'époque actuelle (2012).
Végétation vignette|redresse=2|Carte de la végétation du DMG : les calottes de glace au nord sont en gris clair ; steppe à mammouths en Europe (de la France à la Russie) en vert-bleu à hachures verticales ; steppes boisées en Europe du Sud ; forêts claires en marron, notamment en Afrique du Nord ; des forêts tropicales subsistent en Amérique centrale. Cliquer pour agrandir
À la place des forêts boréales de l'Holocène (période interglaciaire), on trouvait, lors du dernier maximum glaciaire, des steppes. Les forêts boréales étaient cantonnées au sud de l'Europe, dans les régions où domine actuellement une végétation méditerranéenne.
Le couvert forestier a été considérablement réduit, même dans les régions plus méridionales.
La forêt amazonienne a été divisée en deux grands blocs par une vaste savane. Dans la forêt atlantique du Brésil et dans le sud de la Chine, les forêts à faible densité en arbres (forêts claires) sont devenues dominantes en raison de conditions plus sèches. Les forêts tropicales humides d'Asie du Sud-Est ont probablement été affectées de la même manière, avec des forêts de feuillus s'étendant à leur place, sauf aux extrémités est et ouest du plateau du Sundaland. Dans le nord de la Chine - non englacé malgré son climat froid - un mélange de prairies et de toundra a prévalu, et même là, la limite nord de la croissance des arbres était au moins 20° plus au sud qu'aujourd'hui.
Dans des cas extrêmes, tels que l'Australie du Sud et le Sahel, les précipitations ont pu être réduites jusqu'à 90 % par rapport au présent, la flore diminuant presque au même degré que dans les zones glaciaires d'Europe et d'Amérique du Nord.
C'est en Amérique centrale seulement et dans la région du Chocó en Colombie que les forêts tropicales humides sont restées pratiquement intactes - probablement en raison de pluies tropicales stables dans ces régions.
Désertification
La plupart des déserts du monde se sont étendus.
En Australie, des dunes de sable mouvantes ont couvert la moitié du continent. En Amérique du Sud le Gran Chaco et la Pampa sont devenus également secs. Ont fait exception cependant l'actuel ouest des États-Unis, où les changements dans le courant-jet ont apporté de fortes pluies et où de grands lacs pluviaux se sont formés, comme le lac Bonneville dans l'Utah ; ainsi que l'Afghanistan et l'Iran, où un lac majeur s'est formé également dans l'actuel désert Dacht-e Kavir.
Territoires habités par l'Homme vignette|redresse=1.4|Lors du dernier maximum glaciaire, les Homo sapiens d'Europe se replient dans des zones refuges.
Le dernier maximum glaciaire serait « le deuxième épisode le plus dramatique de l'histoire de l'humanité », le premier épisode s'étant produit il y a environ , au moment de l'avant-dernière glaciation, 32e-33e minutes. Pendant le dernier maximum glaciaire, plus de la moitié des territoires européens habités lors de la période précédente, moins froide, appelée SIO 3, sont dépeuplés, et la population européenne aurait quasiment été divisée par deux. Le cloisonnement géographique s'accroit. Certaines industries du premier Solutréen apparaissent semblables aux industries plus anciennes, notamment moustériennes, et donc en régression par rapport aux innovations récentes, 43e minute.
En Europe, les groupes dHomo sapiens doivent quitter la plus grande partie du continent pour trouver refuge dans les régions méditerranéennes. Au Moyen-Orient, les régions de peuplement sont aussi fortement réduites. Les populations de l’Afrique du Nord comme celles de l’Afrique du Sud doivent limiter leur occupation aux zones côtières ; le désert du Sahara progresse au Nord et au Sud. Les groupes humains d'Australie sont obligés de migrer vers la Papouasie au Nord, ou dans l’île de Tasmanie (qui n'était pas séparée du continent). L’Asie centrale, la Sibérie, l’Iran perdent leurs populations humaines.
La question se pose de savoir si l'Amérique du Nord était peuplée avant le dernier maximum glaciaire. Alors qu'il était admis depuis plusieurs décennies que la première culture en Amérique datait de (la culture Clovis), ou, au plus tôt, de , deux études publiées en 2020 font état de la présence d'outils lithiques datés de dans le nord du Mexique (dans la grotte de Chiquihuite). En 2017 déjà une étude avait rendu compte de l'analyse d'ossements d'animaux portant des traces d'intervention humaine, datés de , découverts dans des grottes du Yukon. Selon les auteurs de cette étude, les groupes humains après avoir traversé le détroit de Béring, avaient rejoint le Yukon et l'Alaska, où ils seraient restés pendant , les glaciers leur barrant la voie vers le sud. Les conclusions de ces études demeurent cependant controversées. Selon François Djindjian, l'extension de la calotte glaciaire en Amérique du Nord a arasé d'éventuels vestiges de peuplement humain antérieurs au dernier maximum glaciaire, 49e minute.
Entrée et sortie du DMG
La croissance des calottes glaciaires a commencé il y a et la couverture maximale se situe entre AP.
La déglaciation a commencé dans l'hémisphère nord il y a , provoquant une élévation brutale du niveau de la mer. Le déclin de la calotte glaciaire de l'Antarctique occidental s'est produit il y a entre , ce qui est cohérent avec les preuves d'une nouvelle élévation brutale du niveau de la mer il y a environ .
vignette|redresse=1.7|Le Sundaland : en gris clair, les zones émergées au DMG ; en gris foncé, la carte aujourd'hui. Les lacs potentiels sont indiqués par la lettre L. Les fleuves du DGM sont indiqués par des chiffres. Cliquer pour agrandir
Impact par région Asie
En raison de l'abaissement du niveau de la mer, de nombreuses îles d'aujourd'hui ont été jointes aux continents : les îles indonésiennes, aussi loin à l'est que Bornéo et Bali, étaient reliées au continent asiatique dans une masse continentale appelée Sundaland. La province de Palawan faisait également partie du Sundaland, tandis que le reste des îles philippines formait une grande île séparée du continent uniquement par le passage de Sibutu et le détroit de Mindoro.
Il y avait des calottes glaciaires au Tibet moderne (bien que les scientifiques continuent à débattre de la mesure dans laquelle le plateau tibétain était couvert de glace) ainsi qu'au Baltistan et au Ladakh. En Asie du Sud-Est, de nombreux glaciers de montagne plus petits se sont formés et le pergélisol a couvert l'Asie du Nord-Est jusqu'à Pékin.
Australasie
vignette|redresse=1.4|Les terres émergées du Sahul au DGM sont en gris foncé ; le niveau de la mer était alors inférieur de 150 m au niveau actuel.
Le continent australien, la Nouvelle-Guinée, la Tasmanie et de nombreuses petites îles constituaient une seule masse terrestre. Ce continent est maintenant appelé parfois Sahul.
Entre Sahul et Sundaland - une péninsule de l'Asie du Sud-Est qui comprenait la Malaisie actuelle et l'ouest et le nord de l'Indonésie - s'étendait un archipel d'îles connu sous le nom de Wallacea. Les écarts entre ces îles, Sahul et Sundaland étaient considérablement plus réduits qu'aujourd'hui.
Les deux principales îles de la Nouvelle-Zélande, ainsi que les îles plus petites associées, ont été réunies en une seule masse continentale. Presque toutes les Alpes du Sud étaient sous la glace permanente, avec des glaciers s'étendant jusqu'à une grande partie des hautes terres environnantes Kirkpatrick, R. (21999). Bateman contemporary atlas of New Zealand. Auckland:David Bateman Ltd. Plate 6. .
Europe vignette|L'Europe au DMG|346x346px