La petite Kabylie (en kabyle et de manière indifférenciée de la grande Kabylie : Tamurt n leqbayel, littéralement « le pays des Kabyles ») est une région naturelle et historique située dans le nord est de l'Algérie et faisant partie de la Kabylie.
Frontières géographiques Petite Kabylie était à l'origine le nom donné par l'armée d'Afrique française à la région des Babors qui traverse une partie des wilayas de Bejaïa, Jijel, Sétif et cela par opposition à la grande Kabylie.
Les militaires français ont d'abord tracé les frontières d'un point de vue culturel, dont le but était de classifier les populations, c'est ainsi qu'ils ont par la suite surnommé la région située d'Est en Ouest à partir de dans l'Est de la wilaya de Béjaïa jusqu'au Sahel (côte) de la ville de Jijel. Ce tracé a été fait pour différencier cette région de la ou , région culturelle considérée comme le territoire du Peuple Kabyle étendu de entre Dellys et l'Est de Bougie, établissant la frontière Sud à Guergour et à Medjana.
En 1847, Ernest CaretteAntoine-Ernest-Hippolyte Carette (1808-1890). mena une enquête scientifique dans laquelle il conclut qu'il existait bien une Kabylie proprement dite et qu'il y a certes une continuité géographique et culturelle jusqu'à Jijel mais cela ne suffit pas pour en faire une seule et même région. Il nomma ainsi la par opposition à la . Il décrivit ainsi la situation . Pour Carette la différence entre la Kabylie proprement dite et la petite Kabylie est surtout d'ordre de niveau de vie et de manière d'habiter.
Cette classification et ce travail étaient surtout destinés à instruire les militaires sur le pays qu'ils se préparaient à conquérir, ignorant ainsi les différences sociales, ethniques propres à chaque région mais aussi les différences de langues. Seul le nom de la changea en , puis la région des Babors prit le nom de Mais longtemps encore on continuera à tort à considérer les populations habitant à l'Est et à l'Ouest de Bougie comme étant un seul et même peuple.
Ce n'est qu'à partir de 1851 quand fut décidée l'expédition de Saint-Arnaud que la dénomination de Kabylie orientale entra en usage courant pour désigner la région arabophone située à l'Est de la petite Kabylie, de Jijel jusqu'à la vallée de safsaf (Wilaya Skikda). Lorsque les Français occupent le sahel de Collo en 1858, un interprète militaire, Charles Féraud, suit la colonne expéditionnaire et publie en 1862 une monographie décrivant la région qu'il découvre, ainsi il élargit encore les frontières de la Kabylie Orientale jusqu'à l'Edough près de Bône.
Par la suite, ce terme de a été utilisé pour un but spécifiquement géographique pour désigner la zone des Babors, cet important massif situé au nord des Bibans et du Guergour. Les géographes ont par la suite étendu ce nom à l'ensemble de la région montagneuse qui s'étend de la vallée de la Soummam (à l'Est de la ville de Béjaïa) à la vallée de l'oued Djendjen (centre de la Wilaya de Jijel), formant alors un vaste triangle en passant par le Djebel Babor (au nord de la Wilaya de Setif). Dès lors la région du Djurdjura prit le nom de , là aussi pour désigner une zone strictement géographique, à ne pas confondre avec la culturelle synonyme de décrite plus haut.
Après l'indépendance de l'Algérie, le terme de petite Kabylie est de nouveau employé avec cependant des différences par rapport à l'époque coloniale notamment du fait du découpage administratif du pays en wilayas. En effet la wilaya de Béjaïa dont moins de la moitié faisait partie de la petite Kabylie fait maintenant, dans la mémoire collective, partie entièrement de celle-ci. De plus la grande Kabylie étant aujourd'hui plus rattaché à la région du Djurdjura certaines communes comme celles de la Kabylie du Guergour et des Bibans qui appartenaient auparavant à cette dernière en sont maintenant exclues au profit de la petite Kabylie.
De nos jours en prenant en compte le facteur culturel des habitants on peut dire que la petite Kabylie s'étend du cap Sigli à l'ouest de la wilaya de Bejaïa jusqu'à El Aouana à l'ouest de la wilaya de Jijel. Le terme désigne généralement les régions berbérophones situées à l'Est de la Kabylie du Djurdjura, région qui englobe : la Kabylie des Babors berbérophone (Wilaya de Béjaïa et Nord-Est de la Wilaya de Setif) et Nord-Ouest de la Wilaya de Jijel), la Kabylie des Bibans (le Nord de la wilaya de Bordj Bou Arreridj) et la Kabylie du Guergour (Nord-Ouest de la wilaya de Sétif).
Histoire
La petite Kabylie est historiquement le fief de la dynastie berbère islamique des Hammadides, du royaume des Aït-Abbas (ou royaume de la Medjana) et de nombreuses personnalités historiques comme le cheikh Mohand Ait Mokrane dit El Mokrani (1871-1872), Cheikh Ahadad (Chef de la confédération des Rahmania), figures de résistance à la colonisation française.
Économie
Notes
Notes et références
Bibliographie
Articles connexes Atlas tellien : Babors, Bibans Forêt d'El Marsa ou Aguellou n'Tamentfoust, dont site archéologique antique de Rusguniae
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