Amélie Oudéa-Castéra (Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API. ), née Castéra le à (France), est une sportive, haute fonctionnaire, administratrice de société et femme politique française.

Joueuse de tennis de haut niveau durant son adolescence, elle cesse sa carrière sportive professionnelle à 18 ans.

Formée à l'ENA, elle intègre la Cour des comptes en puis effectue une carrière dans le privé à partir de à la direction d'Axa puis du groupe Carrefour.

Elle est directrice générale de la Fédération française de tennis de 2021 à 2022.

En , elle est nommée ministre des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques dans le gouvernement Borne. Début , tout en conservant ce portefeuille, elle est nommée également ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse dans le gouvernement Attal.

Elle crée la polémique dès sa nomination, en raison de ses propos concernant l'école publique, ainsi que de différents potentiels conflits d'intérêts. Elle est remplacée à ce poste par Nicole Belloubet moins d'un mois plus tard mais reste ministre des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques jusqu'à fin .

Elle est présidente du Comité national olympique et sportif français depuis le 19 .

Biographie Origine et famille Amélie Claire Castéra naît le dans le de Paris du mariage de Richard Castéra, haut fonctionnaire et dirigeant de Publicis., et de Dominique Duhamel, directrice des ressources humaines du groupe Safran.Who's Who in France, édition 2015, .. Elle est la nièce du médecin Jean-François Duhamel, des journalistes politiques Alain Duhamel et Patrice Duhamel. et, donc, par alliance, nièce de la journaliste Nathalie Saint-Cricq (épouse de Patrice). et cousine du journaliste Benjamin Duhamel (fils de ces derniers et journaliste politique sur France Inter).

Elle fréquente en 1997 le joueur de tennis brésilien Gustavo Kuerten, au même moment où celui-ci remporte son premier titre à Roland-Garros. La relation ne dure que quelques mois. Elle perçoit l'opportunité d'assister au sacre de son compagnon comme un « privilège » et un « petit clin d'oeil du destin de pouvoir vivre par procuration cette quête ultime ».

Le , elle épouse Frédéric Oudéa, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy au ministère du Budget., directeur général de la Société générale de 2008 à 2023 (fonction qu'il combine avec celle de président entre 2009 et 2015). et président du conseil d'administration du laboratoire pharmaceutique Sanofi depuis Dan Israel, Martine Orange, Anton Rouget et Mathias Thépot, « Le couple Oudéa-Castéra, parangon des élites françaises », Mediapart, 15 janvier 2024.. De ce mariage sont nés trois fils, dont Pierre Oudéa-Castéra (2011), qui fait partie des meilleurs espoirs français de sa génération en tennis, ayant atteint les demi-finales et la finale du championnat de France 13-14 ans en simple et en double en 2025..

Selon Mediapart, elle forme avec son mari un couple et selon Le Nouvel Obs., « Tout savoir sur : Amélie Oudéa-Castéra, ministre de l'Éducation nationale et des Sports », Ouest-France, 27 janvier 2024., y compris dans la polémique liée à la scolarisation de leurs enfants dans le privé..

Parcours sportif Amélie Castéra joue au tennis à haut niveau dès sa prime adolescence. À , elle est repérée par François Jauffret, directeur technique national, qui lance un système de formation sur-mesure confié à Jean-Luc Cotard, au stade Roland-Garros, avec scolarité aménagée, au lycée Victor-Duruy puis au lycée Jean-de-La-Fontaine. Son entraîneur, Jean-Luc Cotard se souvient qui était avec un revers à une main qui en . Son père, énarque, était capable d'« annuler un déjeuner pour venir (la) voir à l'entraînement à Roland-Garros ».

Elle s'illustre dans la catégorie des moins de quatorze ans en remportant l'Orange Bowl en 1992 où elle selon son entraîneur. À partir de la saison 1993, elle est entraînée par le Grec Nicolas Kelaidis qui parle d'elle comme de l'époque. Ensemble, elle atteint trois demi-finales de Grand Chelem juniors entre les saisons 1993 et 1994. Elle est d'abord demi-finaliste à l'US Open 1993, où elle s'incline sèchement 2-6, 2-6. En 1994, elle connaît sa deuxième demi-finale à Roland-Garros et puis atteint le même stade à Wimbledon. Sur ce dernier tournoi, elle s'incline face Martina Hingis, de deux ans sa cadette, malgré le gain de la première manche. Sur la suite de sa carrière junior, elle ne se hisse plus en demi-finale d'un Grand Chelem mais réalise un quart à Wimbledon en 1995 puis un huitième de finale à l’Open d’Australie en 1996. Au cours de sa carrière, elle remporte trois titres de championne de France dans les catégories jeunes..

Alors qu'elle approche de la majorité, elle décide de changer d'entraîneur et engage Éric Winogradsky, finaliste en double messieurs à Roland-Garros 1989. La collaboration ne dure que quelques mois, le temps qu'elle ne se rende selon les mots de son entraîneur.

Son expérience sur le circuit professionnel reste limitée. Battue au troisième tour des qualifications de Roland-Garros en 1993, elle reçoit une invitation pour le tableau principal de l'édition 1994, s'inclinant au face à la Belge Sabine Appelmans, mondiale.. En , elle atteint son meilleur classement en simple en se hissant à la mondiale. Sur le circuit WTA et ITF, elle remporte au total 68 matches pour 56 défaites en simple et accumule un prize-money total de 35 797 dollars. Éric Winogradsky parle d'un terrain pour sa joueuse, ce qui la pousse du jour au lendemain à . Son premier entraîneur, Jean-Luc Cotard, jugera avec du recul qu'Amélie Castéra « aurait très bien pu faire carrière » et « aller chercher le top 100 ».

Elle met donc un terme à sa carrière sportive en , à seulement 18 ans, après une défaite lors d'un match de double du tableau junior à Roland-Garros sur le court n°10, avec Amélie Mauresmo comme partenaire..

Formation Bachelière au lycée Jean-de-La-Fontaine (Paris ), Amélie Castera est diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris, elle obtient ensuite une maîtrise en droit à l'université Panthéon-Sorbonne en parallèle de l'École supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC)Who's_Who_in_France, édition 2015, ..

À , en 2004, elle sort de l'École nationale d'administration dans la promotion Léopold-Sédar-Senghor, aux côtés d'Emmanuel Macron, président de la République depuis 2017, Sibyle Veil, présidente-directrice générale de Radio France depuis 2018, Nicolas Lerner, directeur général de la Sécurité extérieure depuis 2024, ou encore Boris Vallaud, Olivier Becht, Romain Grau et Julien Aubert, tous devenus députés....

Carrière Cour des comptes de 2004 à 2007 En 2004, à sa sortie de l'École nationale d'administration, Amélie Castéra est nommée à la Cour des comptes...

AXA de 2008 à 2018 vignette|upright|Amélie Oudéa-Castéra en 2017 Au milieu des années 2000, elle est repérée par Daniel Bouton, PDG de la Société générale (auquel son mari succédera en 2009). Elle quitte ensuite la Cour des comptes pour rejoindre Henri de Castries, baron du capitalisme français des années 2000 et dirigeant emblématique du groupe d'assurance Axa.. Elle occupe un rôle de directrice marketing puis digital d'Axa France à partir de 2008, tout en ayant été nommée en 2009 au conseil d'administration du Centre national pour le développement du sport..

À la direction d'AXA, elle est aussi membre du conseil d'administration de Plastic Omnium à partir de 2014 et de la société d'investissement Eurazeo en 2018... Elle est rémunérée par Plastic Omnium en 2021 pour sa présence à huit réunions, puis en 2022 pour trois réunions, parallèlement aux perçus annuellement de la FFT.

Parallèlement, .

Carrefour de 2018 à 2021 En 2018, elle cofonde. l'association « Rénovons le sport français ». et Jean Castex, alors délégué interministériel aux grands événements sportifs, lui propose la direction de l'Agence nationale du sport, qu'il préside, mais elle décline l'offre.., préférant devenir administratrice et directrice e-commerce, data et transformation digitale du groupe d'hypermarchés Carrefour.. Sa rémunération y est de 1,4 million d'euros par an.. Elle y est recrutée par Alexandre Bompard, , qui vante sa « culture du haut niveau, où la passion se vit avec l'exigence du résultat ».

Fédération française de tennis de 2021 à 2022 Début 2021, elle décide de former un ticket avec l'ex-joueur professionnel Gilles Moretton pour présenter une liste d'opposition aux élections à la Fédération française de tennis (FFT). La campagne critique la direction sortante de la fédération, décrite dans la presse comme celle des « apparatchiks de la balle jaune » et la nouvelle équipe, une fois élue, propose notamment de faire vivre le stade Roland-Garros toute l'année ou encore de remettre « le tennis dans la rue ».

Élu président en , Gilles Moretton la nomme le mois suivant directrice générale, en remplacement de Jean-François Vilotte. même si elle a refusé cinq fois. Il l'autorise à relever la rémunération de ce poste, à nets par mois..

Elle quitte cette fonction quatorze mois après, en , après avoir été nommée ministre des Sports, des Jeux olympiques et paralympiques..

Comité national olympique et sportif français Le , elle est élue présidente du Comité national olympique et sportif français avec 100% des voix à la suite du retrait de son unique adversaire Didier Séminet, président de la Fédération française de baseball et softball..

Parcours politique Ministère des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques En , son nom circule pour entrer au gouvernement, comme ministre des Sports.. puis de nouveau en 2018, en remplacement de Laura Flessel.. Il réapparaît en 2022 après la réélection d'Emmanuel Macron...

Le , elle est nommée ministre des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques au sein du gouvernement Borne..

Quelques jours après son entrée au gouvernement, elle est pointée du doigt pour sa gestion de la finale de la Ligue des champions au Stade de France, qui connait un grand nombre d'incidents et de heurts en marge de l'événement.

Son mandat de ministre est marqué par d'importantes polémiques et de nombreuses affaires qui touchent les hautes sphères du sport français, à la Fédération française de football (avec plusieurs accusations visant son président Noël Le Graët), la Fédération française de rugby (l'affaire Bernard Laporte-Mohed Altrad) et le Comité d'organisation de la Coupe du monde de rugby 2023 en France (avec plusieurs accusations visant son directeur général Claude Atcher). La ministre incite au départ les dirigeants du rugby et du football français.. Le , Bernard Laporte, ancien secrétaire d'État chargé des Sports sous Nicolas Sarkozy, démissionne de ses fonctions de président de la FFR.. Le , c'est au tour de Noël Le Graët, président de la FFF depuis 2011, de quitter ses fonctions.. Claude Atcher, pointé du doigt pour le marasme financier de l'organisation de la Coupe du monde de rugby 2023, avait été mis à pied dès le 29 aout 2022 et démis de ses fonctions le suivant. Son action pour remettre de l'ordre dans la gouvernance du sport français est louée par plusieurs acteurs dont Philippe Bana, président de la Fédération française de handball. Dans ce cadre, elle contribue à faire voter, en 2022, la loi sur la démocratisation du sport, qui limite à trois le nombre de mandats exercés par un président à la tête d’une fédération sportive ou d’un de ses organes régionaux.

D'autres polémiques sur la gouvernance du sport français incluent celles autour du Comité national olympique et sportif français (diverses polémiques autour de sa présidente Brigitte Henriques). et la Fédération française de tennis, dont elle était directrice générale jusqu'à sa nomination au gouvernement, marquée par de potentiels conflits d'intérêts et rémunérations disproportionnées.