Tougan est le chef-lieu de la région du Sourou depuis le redécoupage administratif du . Elle est également le chef-lieu du département de Tougan ainsi que de la province de la Sourou,dans la région de Sourou. Elle est administrativement divisée en 7 secteurs urbains et fait de son département une commune urbaine.
Géographie et environnement naturel Tougan appartient au pays samo du Mandé. Elle est également peuplée de Mossi et de Dafing. La ville est à l’extrême sud de la province de Sourou, proche de la frontière avec le Mali. Elle est à environ de Dédougou, d'Ouahigouya, de Koudougou et de OuagadougouÉtude socio-économique de la Commune de Tougan ..
Elle appartient au fuseau horaire Temps moyen de Greenwich (UTC+0).
Situation thumb|300px|right| Limites communales. Les limites de la commune sontDélibération du conseil communal n° 94-002/MAT/PSUR/COMTGN du 20 septembre 1994, portant découpage territorial de la Commune et des secteurs de Tougan. : au nord : sur la route de Bandiagara (République du Mali) au point kilométrique (PK) 8 ; sur la route de Daka au PK6 (marigot de Daka) ; sur la route de Yéguéré au PK 6 (marigot de Yéguéré). à l'est : sur la route nationale 10 (vers Ouahigouya) au PK8 ; la route de Nassan au PK4. au sud : sur la route de Yako au PK6. à l'ouest : sur la route nationale 10 (vers Dédougou) au PK7 ; sur la départementale n° 1 (vers Kassoum) au PK7.
La superficie de la commune est d'environ , dont (3,4 %) pour la zone urbanisée. La ville s'étend d'est en ouest, et est bordée, au nord et au centre-sud, par des collines.
Climat thumb|300px|right| Évolution de la pluviométrie au cours du temps.Moyennes des précipitations mensuelles, en mm d'eau, pour la période 1961-1990 et la période 1981-1990. La ville appartient à la zone soudano-sahélienne. Les moyennes de précipitations n’excèdent que rarement les 700 mm et les pluies tombent pendant quatre mois de l’année, de juin à septembre. La pluviométrie diminue à la fin du , elle passe de 671,6 mm par an, pour la période 1961-1990, à 604,9 mm par an, pour la période 1981-1990. Il fait doux et sec de décembre à février et chaud d’avril à juin.
Hydrographie La ville possède une retenue d’eau sur la route de Yako. Il y a également des marigots, un sur la route de Bandiagara, qui a abrité des crocodiles dans le passé, et d'autres, aux limites avec Yéguéré et Daka au nord.
Sols et végétation La commune se trouve sur trois types de sols : sols gravillonnaires à faible profondeur, à valeur agricole faible à nulle ; sols sablo-argileux à argilo-sableux en surface, argileux en profondeur ; sols gravillonnaires profonds à faible valeur agricole.
La végétation typique est la savane arbustive dégradée. La ville abrite quelques plantations de manguiers et de kapokiers, d’anciennes pépinières et jardins administratifs, et des plantations urbaines. Elle est entourée de cinq plantations périurbaines sur les routes de Diouroum, Bassan, Kouy, Nassan et Kassan. Les espaces verts occupent .
Faune Les environs de la ville abritent des hippopotames et des crocodilesVisites autour de Tougan au Burkina Faso ..
Démographie La ville de Tougan compte habitants, pour habitants dans le département entier dont elle est le chef-lieu d'une commune urbaineRésultats préliminaires du recensement de 2006 .. La population comporte 50,2 % de femmes et 49,8 % d'hommes, en 1996. Cette proportion n'a pas évolué depuis 1985. Les moins de vingt ans représentent près des trois cinquièmes de la population. La ville est subdivisée en 7 secteurs.
Les Samos sont la principale ethnie, suivis par les Mossis et les Dafings. Parmi les autres ethnies, on note des Bobos, des Peuls, des Goins, des Gourounsis, des Karaboros, des Lobis et des Toussians.
84 % des foyers sont constitués de couples mariés, 5,5 % de célibataires, 7 % de veufs ou veuves et 3,5 % de divorcés. Parmi les couples mariés, 67 % sont monogames et 33 % polygames. 62 % des foyers polygames comportent deux épouses, 26 % en ont trois, 7 % en ont quatre et 5 % en comprennent cinq ou plus.
Les foyers comportent en moyenne dix personnes. 25 % des foyers ont moins de cinq personnes, la moitié des foyers a moins de dix personnes et 25 % des foyers ont plus de douze personnes. Le foyer le plus peuplé comprend 38 personnes.
Histoire Tougan est créée, dans la deuxième moitié du , par un habitant de Diouroum(Lamoukiri Landolo) , qui y cultive d'abord un champ, avant de s'y installer. Le nom de la ville vient de toa, tas de mil, en samo.
Lors de leur conquête de la Haute Volta, les Français doivent effectuer plusieurs tentatives avant de prendre la ville. Le pays samo, qui n'est pas organisé de façon centralisée, oppose une forte résistance à la colonisation. Tougan n'est définitivement prise qu'en 1897.
La ville fait ensuite partie de l'Afrique-Occidentale française. Lors de la Première Guerre mondiale, Tougan fournit le plus fort contingent de soldats de la Haute Volta. Le lieutenant Boro Issa, originaire de Tougan, est le premier officier noir de l'armée française. Tougan devient chef-lieu de subdivision en 1919. En 1933, elle est le chef-lieu du cercle de Tougan. Une usine d'égrénage du coton est installée à Tougan par la compagnie française du textile (CFDT), aujourd'hui Sofitex. En 1957, la première station-service est mise en service par le groupe Total.
Tougan est chef-lieu de province du Sourou en 1984. En 1994, elle devient avec ses villages environnants un département et une commune urbaine de plein exercice. Jusqu'en , date de l’élection du conseil municipal, puis du maire et du bureau du conseil municipal, la commune est administrée, comme toutes les autres communes, à l’exception de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, par le préfet du département central, appuyé par une délégation spéciale composée de responsables administratifs et techniques résidents.
Le , des pluies importantes provoquent des inondations qui font de nombreux dégâts..
Depuis le , Tougan est aussi le chef-lieu de la région du Sourou.
Administration
Organisation traditionnelle L’organisation traditionnelle Samo n’est pas basée sur un schéma hiérarchique, contraignant et autoritaire ; elle repose sur l’autorité du village. La stratification sociale Samo distingue quatre groupes : le chef de village, le chef de terre, les griots et les forgerons. Cette stratification se retrouve à Tougan et, notamment, dans le quartier Samo traditionnel. Le chef de village est détenteur du pouvoir politique et juridique, le chef de terre est dépositaire du pouvoir coutumier, les griots sont détenteurs de la mémoire du groupe social dans lequel ils vivent, ils sont chargés de l’animation des cérémonies et les forgerons sont chargés du travail du fer et des réconciliations.
La régulation de l’ordre social est le fait d’un conseil de notables, composé de détenteurs du pouvoir politique, juridique et coutumier. Ces pouvoirs sont plus ou moins amoindris dans la société qui se modernise. Le chef de village est devenu un auxiliaire de l’administration moderne. Le chef coutumier, en dépit de textes comme ceux sur la réorganisation agraire et foncière, peut encore statuer sur les terres agricoles communales et autres terres non aménagées et présider des cérémonies coutumières devenues presque symboliques. Les griots et les forgerons, concurrencés sur certains plans par les productions modernes (musique, outils et instruments), se maintiennent sur le plan culturel et celui des règlements amiables et non contentieux. Ces vestiges de fonctions peuvent s’exercer d’autant plus aisément que le village traditionnel, le quartier Samo, est resté intact jusqu’à ce jour.
Services administratifs et techniques Les services communaux sont presque inexistants. Ils se limitent au secrétariat, à la comptabilité et à l’état-civil. Il n’y a même pas un permanent au Secrétariat général. La ville ne dispose pas encore de Schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme (SDAU) pour orienter le développement à moyen et long termes des activités dans l’espace urbain.
thumb|300px|right| Budgets prévisionnels de la municipalité, entre 1992 et 1998, en eurosRapports administratifs 1992, 1994 et 1996 et avant-projet de budget 1998 de la commune de Tougan.. 300px|thumb|right|Recettes budgétaires de la commune, entre 1992 et 1996, en euros. Ligne budgétaire Recettes prévisionnelles (€) Recettes réelles (€) 1992 1994 1996 1998 1992 1994 1996 Produits d’exploitation Produits domaniaux Produits financiers Produits divers Contributions directes Contributions indirectes Travaux en régie Produits exceptionnels Résultats antérieurs Total
La mairie, siège de l’administration municipale, est dirigée par des représentants élus avec, à leur tête, un maire. Elle gère de manière relativement autonome les affaires locales : Le service des Impôts a pour rôle l’identification des gros contribuables et l’établissement des impôts et taxes. La Perception/Trésor est chargée de l’imposition du secteur informel (perception) et du recouvrement des impôts et taxes dus par les gros contribuables (Trésor). Le service Économie et Planification est chargé de l’organisation de la concertation entre intervenants, de l’appui à l’élaboration et au suivi des plans et programmes de développement. Le service Enseignement de base est chargé de l’encadrement des enseignants, de l’organisation des examens et concours, des statistiques scolaires, de l’alphabétisation en langues nationales et du suivi de la mise en œuvre de la carte scolaire. Le service Action sociale et famille a pour rôle la promotion de l’enfant, de la famille et des personnes et groupes défavorisés. Le service Jeunesse et Sports est chargé de la mobilisation et de l’animation auprès des jeunes et de l’encadrement sportif. Le service de Santé supervise les formations sanitaires provinciales, l’approvisionnement pharmaceutique, la lutte contre les maladies transmissibles et le développement des actions en matière d’assainissement. Le service Environnement, Eaux et Forêts met en œuvre les actions en matière de développement et conservation du couvert végétal, de faune et de pêche, de lutte contre les pollutions et nuisances. Le service Agriculture et Organisation et Formation des Producteurs est chargé de la vulgarisation des techniques relatives à la production végétale, à l’aménagement de l’espace rural, de l’appui en matière d’infrastructures (banques de céréales...) et de la mise en place d’institutions rurales (coopératives et groupements). Le service Élevage a pour fonction de mettre en application la politique de développement de l’élevage (santé animale, alimentation, etc.). Enfin, le Projet Hydraulique villageoise est chargé de la planification de l’approvisionnement en eau dans les provinces du Sourou et du Nayala, il n’intervient pas, sauf urgence, en milieu urbain.
La mairie peut solliciter du préfet ou du haut-commissaire l’appui des services déconcentrés de l'État ou des structures provinciales. La préfecture est le siège du préfet de département, elle s'occupe de l’état civil, des affaires militaires et de la sécurité intérieure, de la perception de certaines taxes ne relevant pas des compétences de l'administration municipale et de l'exécution des jugements relevant du tribunal départemental. Elle occupe une superficie de ha. Le haut-commissariat est le siège provincial de la représentation de l’administration centrale, il assure la coordination des services déconcentrés de l’État dans la province. Des services et agences spécialisées de l'Etat peuvent exécuter les projets et travaux sollicités par la municipalité et concertés avec d'autres communes, la région et l'exécutif national et coordonnés par la préfecture du département, le haut-commissariat de la province et le gouverneur de la région. Ainsi, l’Office national des puits et forages (ONPF) et son associé sont les exécutants des ouvrages hydrauliques.
Statut des terres communales