The Night of Enitharmon's Joy (en français : « La nuit de joie d'Enitharmon »), autrement connue sous le nom de Triple Hecate ou simplement Hecate, est une œuvre du poète et artiste William Blake, datée de 1795. Elle représente Enitharmon, personnage féminin issue de la mythologie de l'auteur, ou Hécate, déesse chtonienne gréco-romaine de la magie et des mondes souterrains. L’œuvre dépeint une scène cauchemardesque, peuplée de créatures fantastiquesAlexander Gilchrist, The Life of William Blake, General Books LLC, 2009, p.287. C. Scott Littleton, Gods, goddesses, and mythology, vol. 1, Marshall Cavendish, 2005, p. 620. .
Comme d'autres productions de Blake, telles que The Ghost of a Flea (« Le fantôme de la puce »), l’œuvre fait partie de la collection privée de W. Graham Robertson, qui la présente à la Tate Gallery en 1939. Cette aquarelle est considérée comme une des plus brillantes et signifiantes œuvres de William BlakeBlake, Volumes 14-15. University of New Mexico. Dept. of English. Ardent Media, 1980, p.59.
Analyse de l’œuvre
Description de l’œuvre Jenijoy La Belle, dans son article Blake's Visions and Re-Visions of Michaelangelo, décrit ainsi la composition de la Triple HecateJenijoy La Belle, "Blake's Visions and Re-Visions of Michaelangelo" 13-22, at 13, in Blake in his time (Indiana University 1978), edited by Robert N. Essick and Donald Pearce. : La figure d'Hécate n'est pas étrangère à la poésie de Blake. Dans son poème Then she bore pale desire, le poète compare ainsi le pouvoir de la haine à celui de la déesse grecque :
La Triple Hecate ne fait pas seulement écho aux œuvres littéraires de Blake, mais également à ses aquarelles. Martin Butlin fait du tableau le pendant négatif de La Pitié, réalisée par Blake en 1795. Dans cette dernière œuvre, la pitié offre une « possibilité de salut » dans un monde en ruinesMartin Butlin, William Blake 1757-1827, Tate Gallery Collections, V, London 1990., là où la sorcellerie et les malédictions, associés à Hécate, sont des facteurs de perdition. centré|vignette|La Pitié, William Blake, ca. 1794
Influences artistiques et littéraires
Michel-Ange Blake s'inspire souvent de Michel-Ange pour créer et composer des images épiques. L'influence du maître est perceptible dans la création de nombreux héros et personnages mythiques de la galerie du peintreJean H. Hagstrum, William Blake. Poet and Painter (University of Chicago 1964) at 39-40. Hagstrum here includes "Blake's Triple Hecate, Urizen, Los, Albion, Newton".. La position de la déesse dans The Triple Hecate s'inspire ainsi de l'esquisse du Reposing Traveller de Blake, elle-même reprise d'une fresque de Michel-AngeCf., La Belle, "Blake's Visions and Re-Visions of Michelangelo" 13-22, at 18-20 with Plate 22 (The Reposing Traveller) & Plate 24 (figure re Night Thoughts, VII, p. 40) in Blake in his time (Indiana University 1978)..
Shakespeare Nonobstant les interprétations faisant de cette œuvre une représentation des Parques romaines ou des Moires grecques, certains voient dans le Macbeth de Shakespeare une source contemporaine d'inspiration pour William BlakeEmory University. "Blake. Hecate". Consulted on September 25, 2010.. En effet, à l'époque de la création de cette œuvre, la pièce connaissait un regain d'attention, et avait déjà été jouée neuf foisNick Rawlinson, William Blake's comic vision, Palgrave Macmillan, 2003, p.48. . L’œuvre représenterait ainsi Hécate, écoutant en coulissesShakespeare's Hecate describes herself as "the close contriver of all harms". Macbeth III,v. la célèbre litanie des trois sorcières, chantée à l'acte IV, scène 1 :
La mention de la chauve-souris, du hibou, de la grenouille et du serpent, attributs de la sorcellerie que domine la déesse Hécate et pour certains représentés dans l’œuvre, confirmerait cette hypothèse. Geoffrey Keynes, décrivant le tableau, écrit ainsi :
Hécate est également invoquée dans Hamlet, par le comédien Lucianus dans une scène de théâtre dans le théâtre représentant l'assassinat du roi : Shakespeare, Hamlet, acte III, scène II..
Europe, a Prophecy Blake publie son ouvrage Europe, a Prophecy en 1794. Selon S. Foster Damon, la majorité du livre "S. Foster Damon, A Blake dictionary: the ideas and symbols of William Blake (Brown University 1965; Shambhala 1979; UPNE 1988) at 125. Index (1979) by Morris Eaves. . En d'autres mots, le livre représenterait le triomphe de la volonté féminine sur la chrétienté patriarcaleS. Foster Damon, A Blake dictionary: the ideas and symbols of William Blake (1965; 1988) at 25.Nicholas M. Williams, Ideology and utopia in the poetry of William Blake, Cambridge University Press, 1998, p. 81. John Howard, Infernal poetics: poetic structures in Blake's Lambeth prophecies, Fairleigh Dickinson Univ Press, 1984, p.143. .
Enitharmon est décrite comme , d'où sa relation avec Hécate, une des trois déesses de la lune aux côtés de Diane/Artémis et de Séléné. Dans Europe, a Prophecy'', la nuit d'Enitharmon est présentée de cette manière :
Références
Liens externes The Night of Enitharmon's Joy (formerly called Hecate). Profile of the picture in Tate Gallery official website. Tate Britain Past Exhibitions. A collection of Gothic Nightmares in Tate official site.
Catégorie:Œuvre de William Blake