L'attaque du à Paris est une attaque terroriste islamiste commise à proximité des anciens locaux de Charlie Hebdo où deux personnes sont gravement blessées à l'arme blanche par un Pakistanais, fanatisé, qui affirme avoir agi en représailles de la récente republication par le journal des caricatures de Mahomet.

Contexte

Le mercredi s'ouvre le procès des attentats de janvier 2015 à Paris, qui ont notamment visé la rédaction du magazine satirique Charlie Hebdo. À cette occasion, le , Charlie Hebdo republie les caricatures qui furent le prétexte à l'attaque terroriste le visant..

Le gouvernement pakistanais et la TV d'État condamnent le jour même cette réédition. Le , une manifestation monstre a lieu à Muzaffarabad et voit le drapeau français piétiné, puis incendié, sans violence.. La France ne convoque pas l'ambassadeur du Pakistan en France pour s'expliquer et rendre des comptes.

Le matin même des attentats, Le Figaro publie une tribune de Jean-Charles Brisard et de Thibault de Montbrial, où ceux-ci estiment que , .

Ils rappellent qu'al-Qaïda dans la péninsule Arabique a publié le un communiqué appelant à prendre pour cible le personnel du journal. D'autres appels ont été publiés par des sources proches d'al-Qaida..

Attaque Le dans la matinée, une attaque au tranchoir de boucher près des anciens locaux de l'hebdomadaire Charlie Hebdo rue Nicolas-Appert fait deux blessés. appartenant à l'équipe de production de Premières Lignes télévision..

Les deux victimes, une femme et un homme, sont grièvement blessées. Le trentenaire est conduit à la Pitié-Salpêtrière, où il est plongé dans le coma et opéré en urgence. Il souffre, selon son avocate, d'. Il ne reprend conscience que le et reste hospitalisé jusqu’en . La jeune femme, blessée au visage, au crâne et à un œil, est hospitalisée une semaine.

Enquête

Un premier individu est rapidement arrêté place de la Bastille. Un second suspect, un Algérien de 33 ans aux vêtements tachés de sang, est arrêté près de la station de métro Richard-Lenoir ; il est totalement mis hors de cause quelques heures plus tard, l'enquête montrant qu'il a au contraire essayé de retrouver et d'immobiliser l'auteur de l'attaque..., dans une démarche que le procureur antiterroriste Jean-François Ricard qualifie de ..

Dans la journée du , cinq autres personnes, les colocataires du premier suspect, sont interpellées à Pantin.

Le parquet antiterroriste est immédiatement saisi et le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin évoque . Le parquet ouvre une enquête pour et ..

Le premier suspect s'est présenté comme étant Hassan A., supposément âgé de 18 ans (en fait, de 25 ans), né à Mandi Bahauddin au Pakistan.. Cette identité correspond à celle d’un jeune homme entré en France encore mineur trois ans auparavant, et déjà connu pour des faits de droit commun...

Placé en garde à vue, selon ses déclarations, il ...

En , trois mois plus tôt, il avait juste écopé d'un rappel à la loi, gare du Nord, alors qu'il transportait déjà avec lui une feuille de boucher, considérée comme une arme dangereuse, de catégorie D..

L'analyse du téléphone portable de l'attaquant dévoile une pièce d'identité au nom de Zaheer Hassan Mehmood, né le , donc réellement âgé de 25 ans au moment des faits, ainsi qu'une vidéoVidéo d'une durée de ., diffusée sur les réseaux sociaux, peu avant l'attaque, dans laquelle il annonce partir , soutenant la thèse de la préméditation.

Mehmood revendique également agir au nom des idées de Khadim Hussain Rizvi, fondateur et chef du parti politique pakistanais Tehreek-e-Labbaik Pakistan, un parti islamiste sunnite et d'extrême-droite pakistanaise, et qui s'est prononcé en faveur de l'application systématique de la peine de mort pour les cas de blasphème au Pakistan et même pour certaines critiques de cette loi anti-blasphème.. Mehmood indique également suivre les idées d'Ilyas Qadri, fondateur et directeur de la Dawat-e-Islami, un mouvement sunnite barelvi apolitique, et qui rejette les actions violentes mais dont certains membres n'hésitent pas à recourir à une variante islamiste du vigilantisme de leur propre initiative.

Mehmood précise toutefois qu'il ne fait partie d'aucun des deux groupes. Dans son village de Kothli Qazi, ses agissements suscitent l'admiration de sa famille...

Le , le suspect est mis en examen pour tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste. Il reconnaît avoir menti sur son identité, et il confirme que son nom et son âge sont ceux de la pièce d'identité trouvée dans son téléphone, et explique avoir voulu initialement incendier les locaux qu'il pensait être ceux de Charlie Hebdo, ne décidant d'agresser des personnes qu'une fois arrivé sur place.

Les dix autres personnes placées en garde à vue depuis le début de l'affaire ont toutes été relâchées.

Le , Mehmood est renvoyé devant la cour d'assises des mineurs spéciale pour tentatives d'assassinats terroristes et association de malfaiteurs terroriste criminelle, aux côtés de 5 coaccusés.

Procès En , Zaheer Mahmood comparait pour tentatives d’assassinats terroristes et association de malfaiteurs terroriste criminelle devant la cour d'assises des mineurs. Il est alors âgé de 29 ans. Lui et ses cinq co-accusés sont Pakistanais et sont arrivés en France entre 2018 et 2019, dont deux étaient mineurs au moment des faits. L'enquête a établi des contacts réguliers entre Zaheer Mahmood et ces hommes avec notamment l'échange de vidéos de prêches prônant la décapitation pour les blasphémateursAttaque au hachoir visant Charlie Hebdo: six hommes jugés lundi, lefigaro.fr, 5 janvier 2025.

Lors du procès, l'accusé principal affiche une position de contrition et demande pardon aux victimes. Il déclare notamment « La vérité, c’est que j’étais traumatisé par les caricatures. Mais aujourd’hui, je me dis que j’en ai peut-être trop fait ». Il évoque aussi un gouffre culturel avec son pays d'origine : « si quelqu’un blasphème au Pakistan, ça soulève les foules, la mentalité est très différente d’ici ». Il est décrit comme « immature, presque enfantin » et « intolérant à la frustration » par les experts psychiatresAu procès de l’attentat devant les anciens locaux de « Charlie Hebdo », les remords du terroriste : « Je pensais que c’était la loi du Pakistan et du Coran » sur Le Monde, le 17 janvier 2025.

Le , Zaheer Mahmood est condamné à 30 ans de réclusion, et ses co-accusés écopent de peines de 3 à 12 ans, en plus d'interdiction définitive du territoire français pour les majeursL’auteur de l’attentat devant les anciens locaux de « Charlie Hebdo » condamné à 30 ans de réclusion criminelle sur Le Monde, le 23 janvier 2025.

Analyse

Selon Marc Hecker, chercheur à l'Institut français des relations internationales (Ifri) et spécialiste du terrorisme, qui analyse l'attentat de Nice le 29 octobre, celui devant les anciens locaux de Charlie Hebdo et d'Éragny le , .

Notes et références Notes

Références

Catégorie:Attaque au couteau Catégorie:25 septembre Catégorie:Septembre 2020 en France Catégorie:2020 à Paris Paris 20200925 Paris 20200925 Catégorie:11e arrondissement de Paris Catégorie:Relations entre la France et le Pakistan Catégorie:Caricatures de Mahomet