Ronald Davies, dit Ron Davies, né le à Machen, est un homme politique britannique ayant œuvré au pays de Galles et sur la scène nationale.

Représentant du district urbain de en 1969, il devient conseiller du district de la à partir de 1974 et ce jusqu’en 1984. Entre 1983 et 2001, il est membre du Parlement chargé de représenter la circonscription galloise de Caerphilly. Il occupe à ce titre diverses fonctions secondaires d’abord au sein de l’opposition officielle travailliste dès 1985, puis, après la victoire de Tony Blair aux élections générales de 1997, il est promu secrétaire d’État pour le Pays de Galles et doit mettre en œuvre la dévolution d’une partie des pouvoirs de Westminster vers cette nation. Surnommé « l’architecte de la dévolution » pour son Government of Wales Act 1998, il quitte cependant sa position l’année suivante, éclaboussé par une affaire de mœurs, au profit d’Alun Michael.

Élu chef de file du Parti travailliste du pays de Galles en en vue des premières élections dévolues, il renonce à la charge en suivant. Toutefois, il s’engage dans le premier scrutin visant à fonder l’assemblée nationale pour le pays de Galles en et parvient à se faire élire membre de l’Assemblée dans la circonscription de Caerphilly. Il ne soumet pas sa candidature en 2003, mais se présente en vain aux élections européennes de 2004. Pendant la mandature locale allant de 2008 à 2012, il est membre du conseil de borough de comté de Caerphilly et occupe la charge de membre de cabinet à la régénération et à la campagne. Il est de nouveau prétendant à l’Assemblée pour le siège de Caerphilly mais essuie deux échecs consécutifs en 2007 et en 2011.

Politiquement, il appartient au Parti travailliste au niveau national et à la branche galloise du mouvement au niveau local jusqu’en . Il rejoint en , mouvement politique créé quelques semaines plus tôt par et dissous en . Il s’affilie à Plaid Cymru à partir de l’été 2010.

Biographie Éléments personnels et carrière professionnelle Ronald Davies naît le à Machen, un village de la Vallée de la Rhymney situé dans le Monmouthshire, au pays de Galles (Royaume-Uni). Après avoir commencé son parcours scolaire à la de , il étudie au collège de technologie de Portsmouth, au collège de l’université du pays de Galles à Cardiff et à l’université de Londres« Davies, Rt Hon. Ronald » sur le site de Who’s Who .....

Professeur d’école à partir de 1968, il intègre la en 1970, où occupe la position de professeur-organisateur (Tutor-Organiser en anglais) jusqu’en 1974. Aussi, de 1974 à son élection en tant que membre du Parlement en 1983, Ron Davies est conseiller à la formation professionnelle (Further Education Adviser) auprès de l’ du Mid Glamorgan.

Il se marie d’abord avec Anne, dite Anne Davies. En secondes noces, il épouse le Christina Rees (1954), avec qui il a une fille. Ils se séparent en 1999 et divorcent en 2002. Il se remarie en à Lynne Hughes, de 19 ans sa cadette, et il est père pour la deuxième fois en 2003......

Carrière politique Débuts en tant qu’élu local (1969-1984) Encarté au Parti travailliste en 1965, à 19 ans, Ron Davies commence sa carrière politique en se faisant élire conseiller dans le conseil de district urbain de en 1969, scrutin au cours duquel il est l’un des plus jeunes élus locaux au pays de Galles. L’année suivante, en 1970, il prend la tête du conseil, devenant l’un des plus jeunes chefs d’autorités locales du Royaume-Uni, à l’âge de 24 ans. Après la réorganisation en Angleterre et au pays de Galles des zones de gouvernement local de 1972, il se fait élire en 1973 dans le nouveau conseil de district de la , mais celui-ci entre officiellement en fonction au . Il y est reconduit aux élections de 1976, de 1979 et de 1983, conservant son siège jusqu’en 1984..

De l’arrière-ban à l’opposition officielle (1983-1992) La carrière nationale de Ron Davies commence lorsqu’il parvient à se faire élire membre du Parlement dans la circonscription de Caerphilly aux élections générales de 1983. À partir de 1985, il occupe à la Chambre des communes la position secondaire de whip de l’opposition auprès de Derek Foster, whip en chef de Neil Kinnock, le chef de l’opposition officielle. Toutefois, il se brouille avec Derek Foster à l’occasion de l’élection de membres du bureau du whip en chef si bien qu’il n’est pas reconduit en 1987..

À la suite des élections de 1987, il prend le porte-parolat à l’agriculture et aux affaires rurales sous la conduite de David Clark, nouvellement désigné ministre fantôme de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation dans le cabinet fantôme de Neil Kinnock. Le portefeuille de l’alimentation lui est ajouté en 1989. À l’époque, il suit notamment l’action des gouvernements conservateurs dans la gestion de la crise de la maladie de la vache folle et demande des comptes aux . En outre, alors que le cabinet fantôme de John Smith est renouvelé en 1992, il y devient le porte-parole en chef de l’opposition à l’agriculture.......

Ron Davies occupe au sein du groupe gallois des membres du Parlement travaillistes (le Welsh group of Labour MPs) la fonction de vice-président entre 1989 et 1990 puis celle de président entre 1990 et 1991. À la faveur d’une élection interne au cabinet fantôme, il devient porte-parole de l’opposition officielle aux affaires galloises en 1992.

vignette|gauche|redresse=1.1|Tony Blair, chef du Parti travailliste à partir de 1994 et premier ministre en 1997.

Secrétaire d’État fantôme pour le pays de Galles (1992-1997) Ron Davies obtient le le secrétariat d’État fantôme pour le Pays de Galles dans l’équipe de John Smith. À ce poste, dès son arrivée au cabinet fantôme, il soutient l’idée de la création d’une assemblée galloise, bien qu’il s’y soit opposé dans le référendum de 1979. Il est reconduit en dans le cabinet fantôme de Margaret Beckett, formé à la suite de la mort de John Smith, puis en dans celui de Tony Blair, nouveau chef de l’opposition officielle une fois élu chef du Parti travailliste....

Il est chargé du développement de la politique du Parti travailliste au sujet de la dévolution au pays de Galles et fait savoir qu’il souhaite que le Parti travailliste du pays de Galles puisse faire cavalier seul sans avoir besoin d’unir ses forces avec d’autres formations politiques, fort de ses 27 membres du Parlement aux Communes. Le projet final travailliste est prévu pour 1995 alors que la campagne du parlement pour le pays de Galles (Parliament for Wales Campaign en anglais, abrégée en PWC) espère dès 1993 obtenir plus d’un million de signatures favorables à la dévolution du pouvoir. Dans une cérémonie solennelle, il lance la pétition nationale dans le cadre de l’Eisteddfod Genedlaethol organisée à Builth Wells le avec des représentants de tous les partis politiques au pays de Galles à l’exception des conservateurs..

Un document interne de discussion intitulé Shaping the Future: a Consultation Paper on the Powers and Structure of the Welsh Assembly est publié en 1994 afin d’envisager les différentes pistes quant à la formation d’une assemblée galloise, notamment ses possibilités de financement, les formes légales d’autorité qu’elle pourrait prendre, les modalités d’élection de ses membres ou encore son fonctionnement propre. À l’été 1995, le secrétaire d’État fantôme se prononce en faveur d’une assemblée élue à la représentation proportionnelle, mais, certains membres du Parti travailliste du pays de Galles, attachés au mode de scrutin uninominal majoritaire (first pas the post en anglais) en usage pour les élections de la Chambre des communes, s’y opposent. Il est également décidé qu’une consultation référendaire doit préalablement adouber l’idée de la création de l’assemblée galloise avant tout acte législatif, en d’autres termes, il s’agit de ne pas reproduire l’échec du référendum post-législatif de 1979. Aussi, le chef du Parti travailliste Tony Blair annonce en qu’un gouvernement travailliste entrant en fonction légiférerait dans les mois suivant les élections générales à propos de la dévolution pour le pays de Galles..

Une partie des membres du Parlement travaillistes considère que le projet de dévolution du parti sous la direction de Tony Blair est minimaliste si bien que introduit aux Communes une proposition de loi le , le Government of Wales Bill, s’inspirant de pistes du comité légal de la . Il s’oppose ainsi à la doctrine adoptée par le Parti travailliste et promeut une dévolution plus approfondie avec un « Senedd », doté de 100 membres élus au scrutin à vote unique transférable (single transferable vote, abrégé STV), capable de légiférer dans le cadre de lois du Senedd (Senedd acts) et qui aurait la possibilité d’acquérir au bout de quatre ans des pouvoirs fiscaux. Toutefois, la proposition de loi ne reçoit pas l’aval de travaillistes gallois importants à l’exception de Paul Flynn et d’Ann Clwyd..

Participation au gouvernement de Tony Blair (1997-1998) Reconduit dans son mandat de membre du Parlement dans la circonscription de Caerphilly, Ron Davies fait son entrée au gouvernement en tant que secrétaire d’État pour le Pays de Galles en , sous la direction de Tony Blair, devenu premier ministre après sa victoire aux élections générales. Une de ses premières actions symboliques en tant que secrétaire d’État est de supprimer de « dette » au fonds de solidarité de la catastrophe d’Aberfan de 1966, somme qu’il a été contraint de s’astreindre pour faire transférer les terrils par le gouvernement travailliste de l’époque...

Aux Communes, conformément à l’engagement de campagne du Parti travailliste pour les élections générales, le , un projet de loi sur la tenue de référendums en Écosse et au pays de Galles sur la dévolution du pouvoir, est présenté dès le . Sous la conduite de Ron Davies, le Bureau gallois fait publier le un livre blanc intitulé A Voice for Wales présentant les principales caractéristiques de la nouvelle assemblée. La proposition du livre blanc présentée à consultation référendaire est envisagée comme un compromis entre la fondation d’un parlement gallois, portée par les plus farouches dévolutionnistes, et le status quo qui sert les unionistes...

Ron Davies s’engage personnellement dans la campagne référendaire en faveur du « oui » avant même son entrée au gouvernement. À l’instar du Parti travailliste du pays de Galles, de Plaid Cymru et des démocrates libéraux, il soutient d’ailleurs la campagne officielle, créée le sous le nom de Yes for Wales (« Oui pour le pays de Galles » en français) et présidée par Kevin Morgan, professeur à l’université du pays de Galles à Cardiff. Les résultats du scrutin du voient cependant un succès électoral limité pour les dévolutionnistes puisque le référendum n’est emporté que de et que la participation électorale est tout juste supérieure à la moitié de l’électorat du pays de Galles....

À la suite du résultat du vote, Ron Davies présente à la Chambre des communes en le Government of Wales Bill, qui lui vaudra le surnom d’« architecte de la dévolution ». Ce texte de dévolution exécutive (Stéphanie Bory) permet de créer l’assemblée nationale pour le pays de Galles (National Assembly for Wales en anglais et Cynulliad Genedlaethol Cymru en gallois), un organe législatif simplement doté d’un pouvoir législatif secondaire dans les « domaines dévolus », sans capacité de légiférer, qui doit succéder au Bureau gallois dans ses responsabilités. Ne distinguant pas l’exécutif de la législature, la loi crée un poste de premier secrétaire (First Secretary) à la tête du comité exécutif et un poste de président (Presiding Officer), analogue à celui de speaker à la Chambre des communes. La dévolution choisie pour le pays de Galles est aussi asymétrique vis-à-vis du Scotland Act 1998, qui offre au Parlement écossais des pouvoirs législatifs primaires lui permettant de faire , en d’autres termes, une dévolution législative...

redresse=1.2|vignette|droite|La pierre de la Gorsedd à Bridgend.