Jeannine Auboyer, née le dans le et morte le à Sèvres, est une historienne, archéologue et conservatrice française du musée Guimet (1965-1980) à Paris, qui a participé à plusieurs expéditions archéologiques en Inde et au Cambodge et a écrit de nombreux ouvrages historiques sur l'Asie.

Biographie Né à Paris le 6 septembre 1912, Jeanine Auboyer fait ses études secondaires au Cours Dieterlen et suit en parallèle une formation de peinture à l'Académie Julian et à la Grande Chaumière.

Entre 1929 et 1934, elle suit plusieurs cours à l'École du Louvre. Elle y assiste aux cours de la section du monde indien assurés par Joseph Hackin, alors conservateur en chef du musée Guimet, ainsi que René Grousset et Philippe Stern, tout deux conservateurs adjoint au musée Guimet. Elle y suit également les cours de la section extrême-orientale cordonnée par Gaston Wiet et Georges Salles, le conservateur du département d'art asiatique du musée du Louvre. À la même période, elle devient élève titulaire à l'École Pratique des Hautes Études, où elle a notamment comme professeur le sinologue Paul Pelliot et le japonologue Serge Elisseef. Elle fréquente également l'Institut de Civilisation Indienne où elle assiste aux cours de l'indianiste Alfred Foucher et l'Institut d'Anthropologie et d'Ethnologie où elle suit les enseignements de Paul Rivet et Marcel Mauss.

En 1931, elle devient chargée de mission au musée Indochinois du Trocadéro alors dirigé par Philippe Stern. Elle y organise avec lui le transfert de cent soixante sculptures originales khmères au musée Guimet afin d'y regrouper les collections d'archéologie khmères. Après la fermeture du musée Indochinois, elle devient en 1936 chargée de mission au musée Guimet sous la curation de Joseph Hackin.

En 1936, elle écrit au sein de la revue Arts Asiatiques son tout premier article intitulée L'influence chinoise sur le paysage dans la peinture de l'Orient et dans la sculpture de l'Insulinde. Elle devient par la suite rédactrice en chef de cette revue.

En 1941, elle soutient son mémoire de l'École du Louvre intitulé Les influences et les réminiscences étrangères au Kondô du Hôryûji.

Entre 1942 et 1946, elle occupe le poste d'attachée titulaire pour le compte du musée Cernuschi sous la direction de René Grousset. Elle retourne travailler au musée Guimet à partir de 1945.

En 1946, elle présente sa thèse à l'École Pratique des Hautes Études intitulée Le Trône et son symbolisme dans l'Inde ancienne pour laquelle elle obtient le prix Paul Pelliot en 1950.

Elle est nommée conservatrice adjointe du musée Guimet en 1952 puis conservatrice en chef en 1965. Elle prend la suite de Philippe Stern qui la précède à ces deux postes à chaque fois. Dans le cadre de ses fonctions aux musées Guimet, elle participe au réaménagement des salles et à la rénovation des espaces à partir de 1967 avec notamment l'objectif de construire un troisième étage pour acceuillir correctement les différents services du musée. Elle est également commissaire d'une vingtaine d'exposition dont notamment Trésor de l'Inde en 1960 et Inde, Cinq mille ans d'art en 1979, toutes les deux organisées au Petit Palais. Elle est aussi en parallèle chargée de recherche auprès du CNRS où elle dirige le Centre d'Iconographie du Monde Indien et oeuvre à faire du musée Guimet un centre de recherche sur les civilisations du continent asiatique. Elle profite de la réorganisation des espaces du musée pour attribuer des locaux à la Délégation Archéologique de l'Indus et à la Délégation Archéologique Française en Afghanistan. Elle quitte le musée Guimet pour prendre sa retraite en 1980.

À partir des années 1950, elle effectue plusieurs voyages en Asie dans le cadre de missions auprès de l'École Française d'Extrême-Orient ou auprès des Affaires étrangères. Elle se rend notamment plusieurs fois en Inde, en Thaïlande et au Cambodge. Dans ce cadre, elle est notamment élevée à la dignité de commandeur du Gorka Dakshina Bahu au Népal et reçoit des autoritées cambodgiennes les insignes de chevalier du Monisaraphon.

Elle publie plusieurs ouvrages et articles tout au long de sa carrière dont La vie quotidienne en Inde ancienne en 1961, son livre le plus connu. Traduit en près de huit langues, il s'agit d'une compilation des anciens rituels et coutumes indiens, dont on retrouve de nombreuses traces dans la société indienne d'aujourd'hui.

Publications

Récompenses et distinctions Décorations

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

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