Albert Dubosq, né le à Paris et mort le à Lyon, est un scénographe belge, décorateur au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles de 1855 à 1909.

C'est l'un des scénographes les plus prolifiques de la Belle Époque. Entre 1890 et 1925, Dubosq a réalisé les décors de de pratiquement tous les genres possibles : ballet, cirque, (mélo)drame, opéra, opérette, pantomime, revue et vaudeville.

Dubosq est par ailleurs l'un des rares peintres scéniques de sa génération à avoir laissé un échantillon substantiel de son art, à savoir vingt-et-un ensembles quasiment complets, comprenant la plus grande collection de décors historiques d’Europe : les centaines de décors de la « collection Dubosq » sont conservés au de Courtrai depuis 1920.

Biographie Albert Émile Clément Dubos est issu d'une famille de doreurs français qui s'était installée à Paris depuis la province vers le milieu du . Son père, Henri Dubosq, est originaire du Havre, sa mère, Adèle Briet, de Quivières dans la Somme. Albert Dubosq montre des dispositions artistiques dès son enfance et commence à maîtriser les techniques de la scénographie à l’âge de treize ans ; il entre en apprentissage auprès de quatre décorateurs parisiens réputés à leur époque : Pierre Zarra, Eugène Carpezat, Jean Daran et Enrico Robecchi.

Le Paris de la fin de siècle étant déjà saturé d’ateliers de décors, Dubosq s'installe en Belgique en et crée son propre atelier dans la capitale du pays, Bruxelles.

Il y fait ses débuts le en tant que décorateur indépendant au Théâtre de l’Alcazar, en réalisant les décors d’Ex-Clarmonde de Luc Malpertuis et George Garnir, parodie vaudevillesque de l’opéra Esclarmonde de Jules Massenet créé à Paris en 1889. Il réalise les décors de Bruxelles à cheval, une « revue équestre » de Malpertuis, mise en scène au Cirque Royal le : c'est la première des nombreuses contributions de Dubosq au genre satirique de la revue qui mêle dialogues parlés, couplets chantés, ballets et défilés, et qui fait l'objet d'un tel engouement dans le Bruxelles fin de siècle que de nombreuses productions totalisaient plus d’une centaine de représentations. Albert Dubosq réalise les décors d'une série de revues qui associent la capitale belge à des événements récents dans les domaines de la politique, de la culture et de la technologie : Bruxelles électrique (électrification de l’Alcazar, 1892), Bruxelles port de mer (allusion à l’activité portuaire croissante de la capitale, 1893), Bruxelles sans gêne (parodie du succès de Victorien Sardou, Madame Sans-Gêne, Alcazar, 1894).

thumb| Une scène de la revue Bruxelles sans gêne de Malpertuis et Hannon (Théâtre de l'Alcazar, Bruxelles, 1894), montrant le Ballet des pierres précieuses. La mise en scène d'Albert Dubosq représente « La place de Brouckère, vue du Café Métropole ». Photographie de Georges Dupont-Émera conservée à la Bibliothèque royale de Belgique, Bruxelles.

Dès leur entrée en fonction à la direction du Théâtre de la Monnaie le , Maurice Kufferath et Guillaume Guidé nomment Dubosq deuxième peintre-décorateur attitré de la Monnaie, aux côtés de Pierre Devis et Armand Lynen. La première contribution de Dubosq est la réalisation du décor dit du « Quartier Latin » pour l'acte II de l'opéra de Giacomo Puccini La Bohème, donné le à La Monnaie sous la supervision du compositeur et de l’éditeur ; ils sont tellement séduits par le travail de Dubosq qu’ils le font photographier et demandent à ce qu'il soit intégré dans la nouvelle conception de Riccardo Salvadori pour le décor de l’acte II de l'opéra écrit Octave Maus dans la revue L’Art moderne, 28 octobre 1900..

vignette|Décor d'Albert Dubosq pour l'acte II de La Bohème, gravure d'Henri Meunier dans le quotidien belge Petit Bleu du matin, .

Scénographies à La Monnaie : Louise, opéra de Gustave Charpentier (création en Belgique). : Le Crépuscule des dieux, opéra) de Richard Wagner, (création en Belgique), avec la première utilisation du cyclorama en Belgique. : Carmen, opéra de Georges Bizet. : L'Étranger, opéra de Vincent d'Indy (création). : Jean Michel, opéra d’Albert Dupuis (création). : Le Roi Arthus, drame lyrique d'Ernest Chausson (création). : Faust, opéra de Charles Gounod. : Le Jongleur de Notre-Dame, opéra de Jules Massenet (création en Belgique). : Martille, opéra d’Albert Dupuis (création). : Madame Chrysanthème, opéra d'André Messager (création en Belgique). : Les Troyens, opéra d'Hector Berlioz. : Ariane, opéra de Jules Massenet (création en Belgique).

Scénographies dans d'autres théâtres 1902 : Louise, Théâtre Royal de Liège. 1903 : Salammbô, Grand-Théâtre de Lyon. 1904 Le crépuscule des dieux, opéra de Wagner, Grand-Théâtre de Lyon. 1905 : Le jongleur de Notre-Dame, Théâtre Royal (Français) d’Anvers. Lakmé, Théâtre Royal d’Ostende. 1907 : De herbergprinses de Blockx (création), Opéra flamand d’Anvers. : le Crépuscule des dieux, opéra de Richard Wagner, Palais Garnier, Paris ; Dubosq créé trois décors, les décorateurs attitrés Eugène Carpezat et Marcel Jambon n’en fournissent chacun qu’un seul.. 1910 : Le Mariage de mademoiselle Beulemans, comédie de Fernand Wicheler et Frantz Fonson, mise en scène de Frantz Fonson (création), Théâtre de l'Olympia, Bruxelles ; reprise au Théâtre de la Renaissance à Paris. 1912 : Carmen, opéra de Georges Bizet, Grand Théâtre de Gand. 1913 au théâtre : La Demoiselle de magasin, comédie de Fernand Wicheler et Frantz Fonson, Théâtre royal des Galeries, Bruxelles. 1924 : Aida, Théâtre Royal (Français) d’Anvers.

vignette|Maquette de décor pour la scène 1, acte I de l'opéra de Wagner Le Crépuscule des dieux, Palais Garnier, Paris, 1908 ; conservée à la Bibliothèque-musée de l'Opéra, Paris.

vignette|Maquette de décor pour la scène 1, acte III de l'opéra de Wagner Le Crépuscule des dieux, Palais Garnier, Paris, 1908 ; conservée à la Bibliothèque-musée de l'Opéra, Paris.

Notes et références

Bibliographie « Albert Dubosq », Le carnet mondain, 14–. réimpression dans Le Carillon, . « Albert Dubosq », Théâtre et musique, 1/3, 1906, p. 70-71. Louis Dumont-Wilden, George Garnir et Léon Souguenet, « Albert Dubosq, décorateur », Pourquoi Pas ?, . . . Bruno Forment, « De historische repertoiredecors in de Kortrijkse Stadsschouwburg (1914-20) », Koninklijke Geschied- en Oudheidkundige Kring van Kortrijk. Handelingen, 74, 2009, p. 47-104. lire en ligne Bruno Forment, « In kleur en op ware grootte: de operadecors van Albert Dubosq » [En couleur et en taille réelle : les décors d'opéra d'Albert Dubosq], dans Francis Maes et Piet De Volder (dir.), Opera: achter de schermen van de emotie, Louvain, LannooCampus, 2011, p. 228-249. Bruno Forment, « De zwanenzang van een illusie: de historische decors van de Kortrijkse Schouwburg » [Le chant du cygne d'une illusion : les décors historiques du Théâtre de Courtrai], STEPP - Magazine voor de producerende, ontwerpende en technische krachten van de brede culturele sector, 1/3, 2012, p. 26-28 Lire en ligne. Bruno Forment, Zwanenzang van een illusie: de historische toneeldecors van de Schouwburg Kortrijk, Courtrai, Koninklijke Geschied- en Oudheidkundige Kring Kortrijk, 2015 . . . « Un Bruxellois par jour : Albert Dubosq », Le petit bleu du matin, .

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