Richard Edmond Maurice Edouard Brunot, né le à Saint-Ciers-du-Taillon, (département de la Charente-Inférieure) et mort le à Aix-les-Bains, département de la Savoie (région Auvergne-Rhône-Alpes), est un administrateur colonial français, haut-commissaire de la République, gouverneur général et inspecteur général des colonies et enfin sénateur.

Biographie Son père, Napoléon François Ernest Brunot (1839-1908), était percepteur des contributions directes, colonel de l’infanterie de marine et chevalier de la Légion d’honneur..

Sa mère, Marie d'Agon de la Contrie (1848-1908), était auteure de romans pour la jeunesseSource concernant sa naissance : Site Internet des archives départementales de la Charente-Maritime 2 E 329/11 Saint-Ciers-du-Taillon – Collection du greffe – État civil – Naissances Mariages Décès Publications de Mariages – 1883 - 1892. Permalien http://www.archinoe.net/v2/ark:/18812/ddb5f38eff4cd42d11aa93d85b7e3b46..

Il est le dernier d’une fratrie de cinq enfants, dont Georges Léon Jacques (1873-1907), Jacques Edmond Paul Henri (1876-1876), Marie Madeleine Juliette Fanélie (1878-1976) et Paul André Louis Frédéric (1881-Mort pour la France 1914).

Après des études secondaires au lycée de Versailles, Richard Brunot suit les cours de la Faculté de droit de Paris et de l'école coloniale.

En 1903 Site des archives départementales de la Dordogne, Registres matricules, 02R0932, Périgueux (Dordogne, France) BRUNOT, Richard Edmond Maurice Edouard, Matricule 1630 Fiche matricule 1903. À lire avec le permalien, il est affecté dans les services auxiliaires de l'arméeEn raison d'une myopie supérieure à 6 dioptries. Sa fiche matricule indique qu'il mesure et qu'il a les yeux bleus..

L'administrateur colonial thumb|Richard Brunot au début de sa carrière Tout juste breveté de l'école coloniale, il est nommé administrateur stagiaire des colonies le Article du journal Le Voltaire du 14 décembre 1904, page 2. et est mis à la disposition du gouverneur général de l'Afrique-Occidentale française à Dagana au Sénégal.

Le , il est promu administrateur adjointArticle du journal La France de Bordeaux et du Sud-Ouest du 28 mai 1935, page 3..

En septembreAnnonce du journal La Politique coloniale du 17 septembre 1907, page 2., il obtient un congé de trois mois et rentre en métropole. Le Annonce du journal La Petite Gironde du 3 janvier 1908, page 3, il regagne, à partir de Bordeaux, le Sénégal par le Cordillère, paquebot de la Compagnie des messageries maritimes.

Le , il intègre la réserve de l'armée active au grade de lieutenant.

Au Annonce du journal La Politique coloniale du 17 juillet 1908, page 3, Brunot accède au grade d'administrateur adjoint de classe.

Le , il embarque pour Dakar sur le paquebot Annam de la compagnie des Messageries maritimesArticle du journal La Petite Gironde du 20 novembre 1910, page 3..

En , il est administrateur adjoint de classe et est affecté à l'Afrique occidentale françaiseAnnonce du journal La Politique coloniale du 21 janvier 1911, page 4. et plus précisément à Sedhiou dans la région de la Casamance au Sénégal où il côtoie le futur écrivain André DemaisonRécit « Ordalies Balantes Souvenirs de sorcellerie africaine par Richard Brunot » du journal France du 23 janvier 1941, page 2..

Le , il assure l'intérim des fonctions d'administrateur supérieur de la Casamance.

Le , il est « classé dans le service armée » par la commission spéciale de Dakar .

Le , il est incorporé dans l'armée territoriale.

L'entre-deux-guerres Le , il épouse Alexandrine Baptistine Laugier à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Elle est née le à Saint-Raphaël. Ses parents, Hippolyte Victorin Laugier, né en 1864 à Saint-Raphaël et Joséphine Truchi, née en 1867 à Touët-de-l’Escarène, se sont mariés le à Saint-Raphaël. thumb|gauche|upright=0.8|Hôtel du Gouverneur de Bingerville en 1905 Administrateur en chef de classe, le , il est désigné comme inspecteur des affaires administratives de la Guinée et exerce l'intérim de secrétaire général de cette colonie.

Le Journal officiel de la République française du 26 février 1937, page 16., il est nommé chevalier de la Légion d'honneur. Il est promu administrateur en chef de classe en Annonce du journal L’Écho de Paris du 10 juillet 1923. Le , il est intégré dans la réserve de l'armée territoriale.

Il devient secrétaire général puis gouverneur par intérim de la Côte d'Ivoire en puis est chargé des fonctions intérimaires de lieutenant gouverneur à Bingerville. En , il y remet en cause l'organisation du travail forcé par une réforme qui se heurte à des réactions hostilesin revue Africa de mars 2006 (page 95 à 110) Echec d'une tentative de libéralisation du travail en Côte d'Ivoire. La réforme Brunot de 1925 par Yayat D'Alépé Hubert. Lire en ligne https://www.jstor.org/stable/40761840?seq=1.Interprétation qu'en fait un article du Journal des débats politiques et littéraires du 16 octobre 1925, page 2. Il est relevé de ses fonctions en Voir l'article à charge paru dans le journal La France militaire du 26 août 1931, page 3..

Lieutenant gouverneur thumb|upright=0.7|Richard Brunot (Le journal La Petite Gironde du 11 août 1931) Le Article du Supplément colonial de l'Economiste européen du 20 février 1931, page 11, il est nommé lieutenant-gouverneur (de classe) de l'archipel des Comores.

En mars de la même annéeAnnonce de Le Petit Journal du 18 mars 1931, page 3 (erreur dans les initiales du prénom qui est Richard et non Ch.), il est placé hors-cadre et envoyé en mission à la Société des Nations (S.D.N.) jusqu'à la fin de l'année 1931 pour le compte du ministère des affaires étrangèresSupplément colonial de l'Economiste européen du 17 avril 1931, page 13. À la suite d'articles publiés dans la presse afro-américaine des USA rapportant des situations d'esclavage et de travail forcé au LiberiaVoir Société_des_Nations#Liberia., il embarque pour Monrovia fin maiArticle du journal Le Temps du 24 avril 1931, page 1. en mission dans ce paysJournal La petite Gironde du 11 août 1931, page 4.. Après six semaines passées à parcourir celui-ci, le , il débarqueAnnonce du journal La Petite Gironde du 8 août 1931, page 4 du paquebot Brazza à Bordeaux en provenance de Matadi et se rend en automobile à Genève (siège de la S.D.N. jusqu'en 1946) le Article du Journal des débats politiques et littéraires du 12 août 1931, page 2, pour y remettre son volumineux rapportVoir le long et détaillé article rédigé dans le journal La Croix du 28 juillet 1931, page 4. sur les survivances de l'esclavage qu'il aura pu y constater. Peu après, la Société des Nations (SDN) condamne les conditions de travail forcé imposées aux autochtones par les Américano-Libériens pour le compte de multinationales de l'industrie du caoutchouc. Le scandale contraint le gouvernement à la démission. En 1936, le nouveau gouvernement interdira le travail forcé. Néanmoins, les autochtones, privés de droit de vote, resteront des citoyens de seconde zone. Il faudra attendre pour que le président William Tubman le leur accordeArticle du journal France du 30 août 1940, page 2Lire l'article du journal Paris-Soir du 14 août 1931, pages 1 et 3, intitulé Malgré les démentis, on pratique encore la traite des Noirs dans la République du Libéria..

À la même période, on apprendJournal Le Populaire du 27 mars 1931, page 6. qu'il est membre de la section de la SFIO.

Gouverneur En , il est réintégré dans les cadres et nommé gouverneurArticle du Supplément colonial de l’Économiste européen du 15 janvier 1932, page 2 de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Le Annonce du journal Le Populaire du 4 février 1932, page 5 à Paris, il donne une conférence sur La République du Liberia organisée par la section de la Seine de la SFIO.

Le , il est libéré du service militaire.

En , il est nommé gouverneur du TchadArticle du journal L'Avenir du Tonkin du 27 février 1933, page 8.

Le , il inaugure, dans les bassins d'Argenteuil, le tout nouveau paquebot à moteurs à pétrole lampant (Kérosène), l'Emile-Gentil, qui sera expédié peu après à Batangafo (actuelle République centrafricaine)Article du journal Le Petit Parisien du 5 mars 1933, page 5.

Le , il embarque à Bordeaux à bord du Foucauld pour l'AfriqueAnnonce du journal La France de Bordeaux et du Sud-Ouest du 30 avril 1933, page 9. Arrivé à Pointe-Noire en Article du journal Le Petit Parisien du 23 juin 1933, page 4., il inaugure à Brazzaville le nouveau terminus de la ligne des Chargeurs réunis. Il rejoint ensuite son poste à Fort-Lamy en quittant Brazzaville à bord du vapeur Fondère. Au cours de son mandat, par un décret pris en Selon le Colonel Falvy, dans ses Notes sur un voyage aérien aux confins nord du Tchad, In Revue des troupes coloniales, , ministère de la Guerre, Edition Charles-Lavauzelle et Cie, 124 blvd St-Germain, Paris, janvier/février 1935, page 263 Lire en ligne, le lieutenant gouverneur Brunot attribue le nom de Largeau à l'agglomération dénommée jusqu'ici Faya. Par un arrêté signé le , il nomme sultan d'Abéché, Mohamed Ourada, le neveu de Doudmourrah ancien souverain du OuaddaïColonel Falvy, Notes sur un voyage aérien aux confins nord du Tchad, in Revue des troupes coloniales, , ministère de la Guerre, Edition Charles-Lavauzelle et Cie, 124 blvd St-Germain, Paris, janvier/février 1935, page 253 Lire en ligne.Pour plus de précisions, voir Combat de Doroté..

Dix ans plus tard, Pierre-Olivier Lapie, futur gouverneur du Tchad, dans son livre Mes tournées au Tchad, rendra hommage à l'action de Richard BrunotVoir Article du journal France du 9 juin 1943, page 2 et référence de l'ouvrage plus bas..

Dans le cadre de la réorganisation du gouvernement de l'AEF, il est nommé gouverneur de la Mauritanie le Article du Supplément colonial de l’Économiste européen du 21 septembre 1934, page 8..

Le , il envoie une délégation, composée de ses proches collaborateurs, dans le Tiris Zemmour (extrême nord de la Mauritanie) participer à une conférence avec des pelotons méharistes et des groupes nomades mauritaniensArticle du journal Paris-soir du 14 décembre 1934, page 5..

Le , en tant qu'officier de réserve hors cadres, il passe au centre de mobilisation d'infanterie de la région de ParisJournal officiel de la République française du 7 janvier 1935, page 10.. vignette|Richard Brunot (Journal L'Écho d'Alger du 22 novembre 1935). À sa demande, il est nommé délégué du gouverneur général de l'Afrique-Équatoriale française (AEF) pour l'Oubangui-Chari le Article du Supplément colonial de l’Économiste européen du 21 juin 1935, page 8.. Il quitte Marseille pour Dakar le en embarquant à bord du paquebot Banfora de la Compagnie française de navigation à vapeur Cyprien Fabre & CieLire l'article du journal Le Petit Provençal du 20 novembre 1935, page 3, et l'article du journal Le Petit Marseillais du 20 novembre 1935, page 6..

Gouverneur général à Paris Nommé chargé de missionIl est notamment chargé « d'étudier diverses questions intéressant la politique indigène ». au cabinet du ministre des colonies le Décret du Journal officiel de la République française du 5 juillet 1936, page 7., il quitte Douala le et embarque pour la métropole sur le MS BrazzaArticle du Journal des débats politiques et littéraires du 7 juillet 1936, page 2..

Il accède au grade de gouverneur général des colonies et est nommé simultanément, le , directeur du personnel et de la comptabilité au Ministère des Colonies et placé hors-cadre, par décret du Journal officiel de la République française du 20 septembre 1936, page 14 et Journal des débats politiques et littéraires du 22 septembre 1936, page 3..

Le , il est reçu par Albert Lebrun, Président de la République, au Palais de l'ÉlyséeArticle du Journal des débats politiques et littéraires du 5 novembre 1936, page 2..