Jean Perzel, d'origine autrichienne ou bavaroise, selon les sources divergentes à cet égard, né le et mort le , est un maître verrier, pionnier du luminaire et de l'éclairage en France dès les années .

Il travaille avec des architectes et décorateurs de l'Art déco et de l'architecture moderniste sur des monuments comme le Palais de la Société des Nations à Genève, la Cathédrale Notre-Dame de Luxembourg ou encore le Paquebot Normandie.

Biographie

Enfance Joseph Perzl dit Jean Perzel est né le à Bruck aujourdhui Fürstenfeldbruck., une commune de Bavière, selon quelques sources, ou Most pri Bratislave, (alors Bruck, en Tchéquie, territoire autrichien) selon d'autres..

Fils et petit-fils de verrier, Jean Perzel suit l’apprentissage traditionnel de Maître verrier à Munich et sort, à , major de sa promotion ..

Formation Il entreprend alors un tour d'Europe à pied. Il arpente l'Autriche, la Bohème, la Suisse, l'Italie du Nord, puis la France, se faisant embaucher dans des ateliers et se familiarisant avec les différentes techniques séculaires des maîtres verriers.

En 1910, à l'âge de , il arrive à Paris et travaille chez un maître verrier où il perfectionne son art. Une année plus tard, en 1911, il part pour Alger où la gestion d’une commande lui a été confiée. À son retour en 1914, la guerre éclate, il s’engage alors dans la légion étrangère où il sera caporal.

Cinq ans plus tard, en 1919, il est démobilisé et obtiendra sa naturalisation française (officialisée le Journal officiel de la République française, Naturalisation française, Journal du 6/7 avril 1925, page 3515.). Il reprend son activité de verrier d'art et intègre de 1919 à 1922, l’atelier parisien de Jacques Grüber.

À cette époque, l'électricité commence à entrer dans la vie quotidienne, Jean Perzel adapte à la lumière électrique les techniques utilisées dans la création de vitraux. Il réalise ainsi ses premières lampes en traitant l'électricité comme les verriers d’autrefois traitaient le soleil, en masquant la source lumineuse tout en utilisant ses rayons..

L'Atelier Jean Perzel

Création Jean Perzel, dans une recherche tant esthétique que technique, fait table rase de tout ce que la bougie, la lampe à huile, à pétrole, ou le gaz imposaient encore à l'œil. Il se spécialise dans l’étude de l’éclairage et fonde sa société : L’Atelier Jean Perzel en 1923.

Sa recherche tend à amplifier l'intensité et la qualité de l'éclairage tout en diffusant la lumière uniformément, sans éblouir. Il s’intéresse à des matériaux permettant un filtrage de la lumière, comme le verre nacré et dépoli. Ses créations allient verre et monture en métal dans un style moderniste. fait de recherche d’élégance et de pureté des formes.

En 1924, il expose au Salon d'automne. où il rencontre ensembliers, architectes, décorateurs et artistes comme Pierre Chareau, Robert Mallet-Stevens, Djo-Bourgeois, René Prou, Jean Dunand... Il expose également dès 1925 au Salon des artistes décorateurs où Robert de Rothschild, collectionneur et mécène acquiert la totalité des luminaires présentés sur son stand.Ces expositions permettent de révéler au public (G. Derys, Mobilier et décoration, revue française des arts décoratifs appliqués, 1933). Reconnaissance Jean Perzel est le premier à créer des appareils d'éclairage modernes avec une approche méthodique, presque scientifique, de l'éclairage.. Embrassant l'ère Art déco et moderniste, son art suscite commandes publiques et privées. Il travaille avec des décorateurs et architectes comme Jacques-Émile Ruhlmann, Jules Leleu, Robert Mallet-Stevens, Eckart Muthesius ou Michel Roux-SpitzLampadaire C par Jean Perzel dans les bureaux de Michel Roux-Spitz, Paris, 1930. Bibliothèque de la Smithsonian Institution.Bureau personnel de Michel Roux-Spitz illuminé par la lampe , exposé au Musée des Arts décoratifs de Paris., lequel est en 1931, chargé de la construction de l'immeuble qui, aujourd’hui encore, abrite les ateliers et le showroom de l'Atelier Jean Perzel, Rue de la Cité-Universitaire à ParisPublicité sur les nouvelles salles d'exposition, rue de la Cité Universitaire dans le Catalogue de la Société des artistes décorateurs, 1931.. vignette|Bureau de Michel Roux-Spitz illuminé par une lampe de Jean Perzel, 1931. Présenté au Salon des Artistes décorateurs de 1930 et installé ensuite dans l'agence de l'architecte (33, rue Octave-Feuillet à Paris).

Après la publication de plusieurs articles sur ses innovations ., sa réputation se développant, il reçoit plusieurs récompenses et distinctions dans les expositions d'Arts appliqués : médaille d'or à l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925Liste des récompenses de l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris, 1925., premier prix au concours d'éclairage organisé au Salon des Décorateurs en 1928, quatre premiers prix au concours des luminaires de 1936, Grand Prix lors de l'Exposition universelle de 1937.

Ernest Tisserand le qualifie de maître de la lumière moderne : .

L'influence de Jean Perzel dans l'art de l'éclairage étant remarquable , il est chargé de réaliser les éclairages de lieux à travers le monde. Lampes, plafonniers et lampadaires illuminent la brasserie La Coupole, un plafond lumineux signé Jean Perzel est installé à La SamaritaineLa Samaritaine, Etude historique et patrimoniale, Attrapa, mai 2011.. En 1935, il remporte le concours international et participe à l'aménagement du Palais de la Société des Nations à Genève ; des appliquesCroquis des appliques pour la Société des Nations, Collection du Centre Pompidou. sont installées dans le Palais des Nations ; il conçoit des lampes en verre et en métal patiné foncé, de petites appliques montées sur des consoles décoratives avec des abat-jour aux formes oscillantes (Galerie des Commissions), des lampadaires coniques (Galerie des Pas Perdus) et de grands lustres ronds ; en outre, Jean Perzel conçoit des lampes ou des systèmes d'éclairage pour des églises (Cathédrale Notre-Dame de Luxembourg) ou des paquebots, notamment le Normandie et le Queen Mary, pour la Villa Noailles et l'atelier d'artiste de Tamara de LempickaLampadaire dans l'entrée de l'Atelier de Tamara de Lempicka, rue Méchain - Décoratrice Adrienne Gorska, architecte Robert Mallet-Stevens, luminaires par Jean Perzel, Paris, 1931. Bibliothèque de la Smithsonian Institution., tous deux conçus par Robert Mallet-Stevens. Il crée également une lampe d'étude pour la Cité internationale universitaire de ParisUne chambre d'étudiant avec la lampe bis de Jean Perzel, à la [Cité internationale universitaire de Paris] vers 1937., la lampe bis dotée d'un cache coulissant qui épouse un abat-jour de verre dépoli, permettant d'orienter la lumièreCroquis de la lampe de Jean Perzel, pour la [Cité internationale universitaire de Paris], 1935, Archives nationales.Lampe bis de Jean Perzel, pour la [Cité internationale universitaire de Paris], Archives nationales..

Il travaille également en Europe et en dehors de l'Europe, il a notamment été chargé de l'éclairage du Palais de Manik Bagh pour le maharadjah d'Indore., du Palais Chitralada, résidence du roi de Siam à Bangkok, de l'Ambassade du Canada à La Haye ou encore de l'Institut français de Londres. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le Chevalier de la Légion d'honneur, 708, 31 octobre 1938..

Une entreprise familiale En 1933, Jean Perzel appelle près de lui son neveu qui rejoint l’entreprise.

François Raidt, alors âgé de , apprend le métier de verrier d'art et suit en parallèle des cours du soir sur l'architecture. Jean Perzel lui inculque la rigueur de l'ingénierie dans la création de ses luminaires et la simplicité de leurs formes. François Raidt seconde alors Jean Perzel, dessine, peaufine et simplifie techniquement certains assemblages. vignette|Jean Perzel et son neveu François Raidt, 1954. À , il est à la tête d'une commande passée en 1937 par Henry FordObjets décoratifs réalisés à partir de pièces détachées Ford - Commande exécutée par François Raidt pour Henry Ford, 1937.. Ce dernier, à l'occasion de la sortie de son vingt-cinq millionième véhicule, souhaite sous 36 heures une série d'objets décoratifs réalisés à partir de pièces détachées Ford, qu'il offrirait ensuite à certains membres émérites de son groupe. En l'absence de son oncle, François Raidt lui soumet alors dans les délais impartis une vingtaine de propositions, toutes acceptées par l'industrielArticle "Lumière mécanique", Automobiles classiques, n°81 mars avril 1997..

C'est en 1951 que Jean Perzel confie la direction de l'entreprise à François, qui la transmet lui-même en 1994 à son fils Olivier Raidt, se trouvant encore en 2023 à ce poste.

Après la seconde guerre mondiale, Jean Perzel se focalise sur la création de nouveaux éclairages extérieurs pour les villes devant se reconstruire en période d’après-guerre. Son activité, en baisse pendant la guerre malgré sa présentation à la Foire de Lyon à l'automne 1942Stand de Jean Perzel, Foire de Lyon, Automne 1942., reprend et ses innovations continuent : il est temps de retrouver cette « lumière d'autant plus désirée qu'elle fut plus longtemps absente »Article "Après une nuit de cinq années", Lux, la revue de l'éclairage, 1946, . pendant la guerre. Il associe notamment la lentille de Fresnel au bronze.

Précurseur dans le domaine de l'éclairage moderne, Jean Perzel marque l'histoire des Arts décoratifs. Certains de ses luminaires sont exposés au Musée d'Art moderne de ParisLampadaires Jean Perzel, Collection du Musée d'Art moderne de Paris..

La compagnie d'éclairage de Jean Perzel existe encore en 2023, sous la direction d'Olivier Raidt ., petit-neveu du fondateur. Ses luminaires y sont toujours fabriqués artisanalement selon les méthodes d'origine et exposés dans l'immeuble Art Déco de l'entreprise familiale à ParisArticle "Perzel : dans les arcanes de la lumière", La Gazette Drouot, 2019.. En 2008, elle reçoit le Label Entreprise du patrimoine vivantListe des Entreprises du Patrimoine Vivant (EPV) sur hello-france.com. pour son savoir-faire dans le respect de la tradition artisanale, ainsi que pour la transmission de celui-ci.

Jean Perzel meurt le .

Distinctions

Notes et références

Articles et bibliographie . . . . . . . . . . . . . . .

Liens externes

Smithsonian Library, galerie d'images Jean Perzel, designer

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