Le combat de Chanay se déroule le lors de la cinquième chouannerie. Le nom de Chanay vient du château de Chasnay.
Circonstances thumb|Officier royaliste, huile sur toile anonyme, .
Le soulèvement royaliste est initialement décidé pour le ., avant d'être reporté à la nuit du 3 au .. Cependant le contre-ordre, signé par Bourmont parvenu à Pierre GaullierQui se trouvait au Château de la Barre, en Bierné, le 23 au soir. avait mis le désarroi dans les troupes déjà réunies.
Déroulement Gaullier se rendit, le 25 à midi, au Château de Chasnay où le général Clouet l'attendait. Le , une troupe d'environ 170. chouans se réunit au château de Chanay, à Grez-en-Bouère.. Ces derniers sont menés par le général Antoine Clouet et par Pierre Gaullier.
A la fin du dînerPendant que le général Clouet accompagnait sur le piano quelques couplets de sa composition en l'honneur du roi., un détachement de 40 hommes du régiment de ligne, venant de Château-Gontier, est signalé par les sentinelles. Le soir, les légitimistes sont attaqués par 40 hommes du régiment d'infanterie de ligne venus de Château-Gontier.
Louis Buquet, du Buret, et Morin, dit Tanquerel, d'Auvers-le-Hamon, tombent parmi les légitimistes ; ceux-ci avec leurs chefs, Antoine Clouet, Pierre Gaullier, Bernoulli, Leroy, chargent à la baïonnette et la troupe de ligne des orléanistes se retire sur le chemin de Gennes-sur-Glaize. Certain que tous les cantonnements et la garnison allaient le poursuivre, Pierre Gaullier presse ses hommes de se diriger rapidement vers le château du Puy, à Ruillé. Cependant, après avoir parcouru seulement un quart de lieue, il est rapidement attaqué de toutes parts par des renforts venus de Grez.
Les Orléanistes se réorganisentAppuyée de 25 grenadiers accourus de Grez-en-Bouère. et contre-attaquent. Les belligérants s'affrontent en tirailleurs de trois heures à sept heures de l'après-midi. Les quelques paysans qui étaient restés aux côtés de Pierre Gaullier et de Antoine Clouet battirent en retraite, tiraillant derrière les haies. Tandis que Jean-René Guitter dit Saint-Martin assure la couverture de la retraite de l’arrière-garde jusqu’au bout, Pierre Gaullier, accompagné de Antoine Clouet et d’un groupe de partisans, se replie en pleine campagne, se défendant derrière chaque haie pour retarder l’avance de l’ennemi. Après une lutte acharnée, il n’atteint Saint-Charles-la-Forêt qu’à sept heures du soir. À l’entrée du bourg, deux soldats furent tués, marquant la fin des pertes. Dans la pénombre du crépuscule, les trompettes du régiment d'infanterie de ligne sonnèrent le rassemblement. Cette prudence excessive permit aux rebelles de préserver leur sécurité. Le peloton de Pierre Gaullier put se reposer à Bouère durant toute la nuit, puis se cacher, le lendemain, dans le bois des Garennes, où environ deux cents factieux étaient rassemblés.
Le soir du , une compagnie du régiment d'infanterie de ligneSous les ordres du chef de bataillon Boyer. vint cerner le château de Chanay. La famille Jarret de la Mairie était réunie à la chapelle. On perquisitionna dans toute la maison à la lueur d'un cierge, sans rien trouver de compromettantL'officier donne avec autorité et le pistolet à la main l'ordre du départ et les soldats obéirent, malgré le désir qu'ils avaient de venger par le pillage la mort de leur camarade.. À partir du , la garde nationale de Château-Gontier mobilisa cent hommes pour renforcer la défense. Le , Laval envoya cent dix volontaires, sous les ordres personnels du général Jean-Louis Brue. Des fortifications temporaires furent érigées pour bloquer l’entrée du Pont de Château-Gontier, la porte de Tréhut, la Porte-Neuve, ainsi que le bas de la rue d’Olivet. Des réfugiés des métairies environnantes accouraient pour se joindre à eux. Toutefois, en réalité, l’insurrection avait été définitivement annihilée lors du combat de Chanay.
Pertes Les orléanistes déplorent trois morts : le sergent-major HeroIl est tué au moment où il franchit la barrière., le grenadier Joubain et le voltigeur LouageBulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, Volumes 52 à 53, 1929, p.452.. Les chouans comptent au moins huit morts, dont un chef : Jean-René Guitter dit Saint-Martin.
L'abbé Foucher écrit, avec une exagération manifeste selon l'Abbé Angot, au sujet de l'affaire de Chasnay () : Les fuyards arrivés à Saint-Charles « reçurent le secours des compagnies de M. de Pontfarcy, composées en grande partie des ouvriers des mines, qui soutinrent avec courage l'attaque des Castrogontériens. Mais à la fin, il fallut céder. Le combat dura trois heures et coûta beaucoup de sang. ». Il ajoute que Saint-Martin passa pour mort, mais qu'il se sauva, que sa femme prit le deuil et qu'ainsi le vieux chouan put mourir tranquille. Les mégères de Château-Gontier voulaient insulter les cadavres qu'on rapporta. Un meunier de Gennes qui ramenait ses chevaux fut tué par un individu qu'on avait armé pour recruter la garde nationale.
Références
Bibliographie
Voir aussi Basile Marcadet François Serrebourse Références de l'abbé Angot Registre paroissial de Grez-en-Bouère. Archives départementales de la Mayenne, E. 22. Bibliothèque nationale de France, Pièces originales au mot Baubigné, 8 608. Archives nationales, X/1a. 4 851, f. 133. Foucault, Documents historiques sur Château-Gontier, p. 166-169.
Catégorie:Bataille de la guerre de Vendée Catégorie:Bataille de 1832 Catégorie:Histoire de la Mayenne Catégorie:Mai 1832