Un régiment régional est, pendant la Seconde Guerre mondiale, un régiment de réserve de l'armée de terre française, formé de soldats âgés, chargé de garder les lignes arrière, à l'image de l'infanterie territoriale de la Grande Guerre.

Historique

En 1934, l'état-major envisage la création de troupes régionales adaptées à l'organisation territoriale.

Les régiments sont brièvement mobilisés en 1938 pendant la crise des Sudètes...

Mal équipés, les régionaux se retrouvent en première ligne à la suite des percées allemandes lors de la bataille de France en mai-.

Organisation

Un régiment correspond généralement à un département et un bataillon à un arrondissement..

Les régiments régionaux recrutent les soldats des classes les plus âgées (35-45 ans), encadrés par des vétérans de la Première Guerre mondiale.. Les régiments sont prévus en temps de paix mais réellement formés qu'à la mobilisation ..

Classification et missions On distingue :

Les unités chargées de la protection des points d'intérêt ou de la garde des étrangers internés en France : régiments régionaux de garde (RRG), régiments régionaux de protection (RRP) ou régiment régionaux d'infanterie (RRI ou RIR). En région alpine, ces régiments régionaux sont parfois alpins (RRA, régiment régional alpin). S'il s'agit de bataillons, on trouve pareillement les bataillons régionaux (BR), les bataillons régionaux de protection (BRP), les bataillons autonomes régionaux (BAR) et les bataillons autonomes régionaux de protection (BARP).

Les régiments régionaux de travailleurs (RRT ou RT), chargés de travaux au profit des armées. Désigné bataillon régional de travailleurs (BRT) s'il s'agit d'un bataillon.

Équipement vignette|Régionaux gardant le viaduc de Waville en 1939. L'uniforme est souvent le bleu horizon de la Grande Guerre. L'armement des régiments est dépassé. Les fusils sont des Gras modèle 1874 ou des Lebel modèle 1886 et 1886/93, les fusils-mitrailleurs sont des Chauchat modèle 1915 ou des MAC modèle 1924 et les revolvers sont du modèle 1892. L'armement manque et certains régionaux travailleurs ne disposent que d'un fusil pour dix.

Les régiments sont parfois renforcés de sections de quatre chars Renault FT, armés d'une mitrailleuse.. De même, certains régiments possèdent une ou plusieurs sections portées de canons de de montagne.

Liste des régiments régionaux +Région militaireType de régimentCentre mobilisateurStationnementOrganisationRemarque1 : Lille11CMI 11 (Dunkerque, Calais, Boulogne)Saint-Omer., Boulogne, Calais, 2 bataillons : 9 compagnies mixtes, 2 compagnies de défense passive, 1 compagnie de transport automobile, 1 section de garde d'étrangers, 2 pelotons de circulation routière.Le bataillon devient le bataillon régional de protection à Dunkerque. Le régiment engage deux compagnies dans la bataille de Calais.12CMI 12 (Lille, Béthune, Valenciennes) Dépôt de chars 509Lille, Roubaix, Tourcoing, Armentières2 bataillons mixtes : 7 compagnies mixtes, 1 compagnie de destruction, 1 section de garde d'étrangers, 1 peloton de circulation routière 1 bataillon de défense passive à 4 compagnies

4 sections de chars FT13RRPCMI 13 (Cambrai, Arras, Avesnes)Cambrai, Le Quesnoy, Maubeuge, Le Cateau2 bataillons mixtes : 3 compagnies mixtes, 2 compagnies de défense passive, 2 compagnies de pionniers, 4 compagnies de destruction, 1 section de garde d'étrangers, 3 pelotons de circulation routièrecommandé par le lieutenant-colonel Santilli, quatre à six compagnies sont affectées au Secteur fortifié de Maubeuge.14CMI 11Hazebrouck2 bataillon de pionniers : 8 compagnies de pionniers, 4 compagnies de transport hippomobile 1 compagnie de stockageRattaché au Secteur fortifié des Flandres.. Une compagnie par bataillon est armée. Participe à la défense de Dunkerque, en partie évacué..15RRTCMI ?Saint-Omer, Bailleul3 bataillons de pionniers : 12 compagnies de pionniers, 3 compagnies de transport hippomobileRattaché au Secteur fortifié des Flandres. Participe à la défense de Dunkerque jusqu'à la fin.16RRTCMI 12Lille, Douai, Seclin3 bataillons de pionniers : 12 compagnies de pionniers, 3 compagnies de transport hippomobileRattaché au Secteur fortifié de Lille. Commandé par le lieutenant-colonel Chevillard, participe à la défense de Dunkerque.17RRTCMI 12Thun-l'Évêque3 bataillons de pionniers. : 12 compagnies de pionniers, 3 compagnies de transport hippomobile 1 compagnie de stockageRattaché au Secteur fortifié de l'Escaut. Pendant la bataille de Dunkerque, le régiment parvient à embarquer pour revenir former des compagnies de travailleurs à Plancoët.18RRTCMI 13Le Quesnoy, Landrecies3 bataillons de pionniers : 12 compagnies de pionniers, 3 compagnies de transport hippomobile

1 compagnie de stockageCommandé par le lieutenant-colonel Wimet et rattaché au Secteur fortifié de Maubeuge, dissout le 19RRTCMI 13Avesnes, Hautmont3 bataillons de pionniers : 12 compagnies de pionniers, 3 compagnies de transport hippomobile

1 compagnie de stockageCommandé par le lieutenant-colonel Wiels et rattaché au Secteur fortifié de Maubeuge. Capturé pendant la Bataille de Dunkerque511ancien bataillon du Dunkerque3 compagnies d'infanterie, 3 compagnies de défense passive, 1 compagnie de destruction, 1 compagnie de transportCommandé par le chef de bataillon Roger. Défend Dunkerque jusqu'à la reddition du camp retranché.512CMI 12Béthune, Pont-à-Vendin, Lens2 bataillons : 7 compagnies d'infanterie, 2 compagnies de défense passive, 1 section de destruction, 1 section de transport hippomobile, 1 section de garde d'étrangers513BRP 3 (Arras)Arras3 compagnies, 2 de compagnies de défense passive, 1 section de destruction, 1 section de transport hippomobile, 1 section de garde d'étrangers, 1 peloton de Circulation Routière514RRPCMI 12 Dépôt de chars 509Valenciennes, Douai2 bataillons : 8 compagnies, 2 compagnies de défense passive, 2 compagnies de destruction, 2 pelotons de circulation, 2 sections de transport hippomobile, 1 section de garde d'étrangers 4 sections de chars FT2 : Amiens21RRTCMI 24 (Stenay, Montmédy, Sedan, Mouzon)Mouzon, Sedan2 bataillons de pionniers à 4 compagniesEmployé dans le Secteur fortifié de Montmédy. Dissout le 22RRT puis RRPCMI 23 (Mézières, Revin)Mézières, Revindevient RRP en . Replié au Bugues..23RRTCMI 23

CMI 21 (Soissons, Laon, Hirson)Rocroi, Hirson2 bataillons de pionniers à 4 compagniesDissout le . Une autre source le donne replié à Vic-Fezensac en .24CMI 22 (Amiens, Beauvais) 2 (Compiègne, Senlis)Beauvais, Senlis, Compiègne3 bataillons : 8 compagnies d'Infanterie , 3 compagnies de pionniers, 1 compagnie de défense passive, 5 sections de garde d'étrangers, 3 pelotons de circulations routièrescommandé par le colonel Marié, fin décembre 1939 puis par le commandant Vautrin et enfin par le lieutenant-colonel Paoli. Deux compagnies du régiment défendent, avec d'autres unités,Verberie sur l'Oise du 8 au . puis sur la Loire à Sully-sur-Loire le ..

Journal régimentaire : Le Canard kaki..25RRGSaint-Quentin, Laon, Marle, Chauny, La FèreUne compagnie défend Marle du 15 au puis le gros du bataillon se retire le 17 vers Vailly-sur-Aisne, Soissons et Château-Thierry.. Replié à Allassac et Objat.26RRTSenlis.. Replié à Saint-Hilaire.27RRTCMI 22 (Amiens, Beauvais)Beauvais4 bataillons : 21 compagnies, 3 compagnies de transport hippomobileDéfend le Mort-Homme du 4 au puis se replie sur Saint-Dié28RRGCMI ?

Dépôt de chars 504Amiens, Abbeville, Albert29RRVouziers, Sedan, Mouzoncommandé par le lieutenant-colonel Lasseray3 : Rouen31RRCMI 32 (Rouen, Eu) CMC 3 (Évreux, Saint-Lô)

513 (Rouen)Rouen, Le Havre8 bataillons2 sections de chars FTcommandé par le colonel Thomas. Replié à Marmande.32RRTCMI 32

303 (Vernon)Vernon (Eure)2 bataillons de pionniers : 12 compagnies et 2 sections de transport hippomobilesReplié à Marmande.33RRTSaint-Étienne-du-Rouvray, OisselCommandé par le lieutenant-colonel Boulet en 1939, puis Peyrou en 1940. Affecté au Secteur fortifié de Faulquemont. Mis à la disposition de la , il combat en sur la Seine et sur la Loire..34RRTCMI 32Eu (Seine-Inférieure) puis détaché en région parisienne.2 bataillons : 11 compagnies et 1 compagnie de parcCommandé par les lieutenants-colonels de Job puis Segrétain. Devient bataillon de travailleurs le . Replié à Marmande.35RRTCMI 31 (Le Havre, Caen, Lisieux)Le Havre puis détachéCommandé par les lieutenants-colonels de Colombel puis Costedoat. Détaché au Secteur fortifié du Jura. Replié à Douelle (Lot)36RRI/RRPCMI 31

CMI 33Saint-Lô2 bataillons mixtes : 9 compagnies d'infanterie et 3 de pionniers 3 bataillons de garde d'étrangers : 13 sectionsChargé de la garde des voies ferrées et des ponts dans le Cotentin, fait face à l'invasion allemande à la mi-. Replié sur Vic-Fezensac en ..4 : Le Mans40RRDreux, Chartres41RRCMI ? Dépôt de chars 501Le Mans, Mamers, Flers, Laval3 bataillons mixtes : 8 compagnies d'infanterie, 1 compagnie de pionniers, 1 compagnie de défense passive, 2 pelotons de circulation routière 2 bataillons de garde d'étrangers : 11 sections

1 section de canons de 65

2 sections de chars FT42RRRennes, Saint-Brieuc, Saint-Malo, Vitré, Paimpol, Dinan5 : Orléans51RRICMI 51 (Orléans, Blois) CMG 38 (Montargis)Orléans, Montargis52RRCMI 51Blois, Vendômedevient bataillon régional le 53RRPCMI 52 (Bourges, Avord)Bourges, Vierzon, Sancerre? 2 sections de chars FT.. Replié à Salignac (Gironde). sont faits prisonniers par les Allemands et initialement gardés à Bourges..54RRCMI 53 (Nevers, Cosne)Nevers, Cosne, Clamecydevient bataillon régional en . Replié à Valroufié.6 : Metz60BRCMI 61(Thionville, Labry)

CMI 65 (Verdun, Saint-Mihiel)

CMI 67 (Metz, Bockange)MetzParticipe à l'évacuation des civils habitant le long de la ligne de front en .. Commandé par le chef de bataillon Romarie. Dissout le .61RRPThionville3 bataillons (passe à 2 bataillons le )Affecté à la garde des dépôts et des ponts entre Thionville et Metz jusqu'au .. Sept prisonniers sont exécutés par les Allemands le 17 à Sainte-Suzanne.. Le régiment défend Montbéliard le 18. Replié à Cajarc et Figeac, une partie du régiment est internée en Suisse...62RRPCMI ? (Châlons-sur-Marne)Bar-le-Duc, Saint-Mihiel, CommercyReplié à Capdenac-Gare63RRPCMI 63 (Longuyon, Étain)Longuyon, Étain 2 bataillons : 9 compagnies 4 sections de garde d'étrangersdissout le 64RRPChâlons-sur-Marne, Épernay, Reims? 1 section de chars FT à partir d'Replié à Aurillac65RRPVerdun, Dun-sur-MeuseCapturé autour de Crépey66CompagnieCMI 65Teting-sur-NiedRattachée au Secteur fortifié de Faulquemont. Placée sous les ordres du bataillon du le 68RRCMI 64 (Reims, Mourmelon) CMI 66 (Metz, Zimming)Metz4 bataillons d'infanterie 1 bataillon de pionniers

2 bataillons de défense passive

2 puis 1 sections de chars FT

2 sections de canons de 65Participe à l'évacuation des civils habitant le long de la ligne de front en . Commandé par le lieutenant-colonel Ménard. Défendant la vallée du Rhône, la majorité de l'unité est capturée le . Le reste replié à Figeac.69RRMetz, Pont-à-Mousson, BrieyCommandé par le lieutenant-colonel Riand, rattaché au groupement Brusseaux mi-, combat sur la Meuse à gauche de la , capturé dans les Vosges7 : Besançon71RRPColmar, Ribeauvillé, Eguisheim, RouffachReplié à Albefeuille-Lagarde et Mozac72RRTerritoire de BelfortReplié à Castanet et Vaïssac73RRICMI 73 (Lons-le-Saunier, Dole, Pontarlier)Lons-le-Saunier, Fort des Rousses, Dole, Poligny (Jura)3 bataillons mixtes : 7 compagnies d'infanterie, 1 compagnie de pionniers, 1 compagnie de défense passive 1 bataillon de garde d'étrangersLieutenant-colonel Bocquillon.. Replié à Saverdun.74RRCMI 74 (Chaumont, Langres)Chaumont, Langres, Chalindrey 2 bataillons mixtes 1 bataillon de garde d'étrangers

1 section de canons de 65Lieutenant-colonel Raoul. Combat du 13 au à Perthes, Joinville, Vraincourt, Hûmes et à Foulain. Replié à Noueilles.75RRCMI 72 (Belfort, Thann)