L’Association de production Usine de construction de machines du sud nommée d'après , PA Pivdenmach ou PA Ioujmach (respectivement abréviations ukrainienne et russe ; ou encore PA Yuzhmash (transcription anglophone du russe), en , en ), est un constructeur aérospatial national ukrainien. Il produit des satellites, des lanceurs, des fusées à ergols liquides, des trains d'atterrissage, des pièces moulées, des pièces forgées, tracteurs, outils et produits industriels. La société a son siège à Dnipro et relève de l'Agence spatiale nationale d'Ukraine. Elle travaille avec des partenaires aérospatiaux internationaux dans 23 pays.
Historique La société a été créée le en tant qu'usine automobile, l' (DAZ). En 1951, l'usine a été reconvertie pour la production en série de missiles R-1, R-2 et R-5 développés par Sergei Korolev.
Le temps des missiles vignette|Un tracteur-érecteur-lanceur de Topol-M au cours des répétitions du défilé du Jour de la Victoire 2010. Ioujmach formait à l'origine en Union soviétique l'« usine 586 ». En 1954, Mikhaïl Yanguel créa le bureau d'études indépendant OKB-586 à partir du département Recherche et développement de l'usine 586. Il était précédemment directeur du centre de recherches OKB-1 (aujourd'hui RKK Energiya) de NII-88 (Institut de recherches scientifiques , actuellement TsNIIMash) et se posait en partisan des propergols liquides hypergoliques (contrairement à Sergueï Korolev de l’OKB-1, qui privilégiait les missiles à ergols cryogéniques). Mikhaïl Yanguel avait reçu l'autorisation du Politburo de créer son propre bureau d'études pour poursuivre la recherche sur les missiles balistiques à propergols liquides stockables : c'est ainsi qu’en 1966 l'OKB-586 devint le « Bureau d'Études Sud » ou Ioujnoïe, tandis que l'usine était rebaptisée « Ateliers Mécaniques Sud », vouée à la conception et à la fabrication de missiles balistiques. Par la suite, l'usine sera rebaptisée Union d'Assemblage Sud, ou Ioujmach.
Parmi les missiles produits à Ioujmach, il y eut le premier missile nucléaire soviétique R-5M (SS-3 « Chuster »), le R-12 Dvina (SS-4 « Sandal »), le R-14 Tchoussovaïa (SS-5 « Skean »), le R-16 (SS-7 « Saddler », premier missile balistique intercontinental largement déployé), le R-36 (SS-9 « Scarp »), le MR-UR-100 Sotka (SS-17 « Spanker »), et le R-36M (SS-18 « Satan »). À l'apogée du complexe militaro-industriel soviétique, l'usine pouvait produire jusqu'à 120 missiles intercontinentaux par an. À la fin des années 1980, Ioujmach fut sélectionnée comme le principal centre de fabrication des missiles intercontinentaux RT-2PM2 Topol-M (SS-27 « Sickle B »).
La Perestroïka et la reconversion vignette|Un trolley YuMZ (ЮМЗ) T2 à Chișinău, construit à la fin des années 1990 Au début de la perestroïka, il y eut un effondrement brutal de la demande militaire : aussi Ioujmach élargit-elle sa gamme de produits aux machines de l'industrie civile : en 1992, ce furent d'abord les trolleybus, avec le modèle YuMZ T1 articulé (1992–1998) et sa contrepartie rigide, le YuMZ T2. En 2010, l'usine continuait de produire le T2 aux côtés du , plus moderne, à plancher bas.
Au sein du groupe industriel Ioujmach vignette|Vladimir Poutine à Ioujmach, au cours d'une visite officielle en Ukraine (2001). Outre les Usines Sud de Dnipropetrovsk, Ioujmach possède les (PMZ, à Pavlohrad), spécialisés dans les missiles à propergols solides. L’importance du groupe Ioujmach n'est pas sans rapport avec l'ascension politique de son ancien directeur (de 1986 à 1992), Leonid Koutchma, embauché comme ingénieur en 1975 et qui fut le directeur-général des Ateliers du Sud jusqu'en 1992. Celui-ci devient par la suite Premier ministre de l'Ukraine puis président de l'Ukraine de 1994 à 2005.
Ère post-crise ukrainienne La crise ukrainienne de 2014 et la dégradation des relations entre la Russie et l'Ukraine ont des conséquences sur l'entreprise.
En , après une année de relations tendues, la Russie a annoncé qu'elle mettrait fin à son « programme conjoint avec l'Ukraine pour lancer des fusées Dnepr [version civile du R-36] et [n'était] plus intéressée par l'achat de lanceurs ukrainiens Zenit, aggravant les problèmes du programme spatial [ukrainien] et mettant en difficulté l'usine Ioujmach ». Comme la Russie est le principal client et fournit des composants clé, trois tirs seulement sont réalisés par ces deux lanceurs depuis 2015, situation qui assèche le carnet de commande de l'entreprise.
Avec la perte du marché russe, pensaient que le seul espoir pour la société était une augmentation des affaires internationales, ce qui semblait peu probable dans . La faillite semblait certaine en , mais a été évitée.
Accusation de vente de technologies à la Corée du Nord
Le , un article du New York Times. suggère que les moteurs des missiles nord-coréens Hwasong 12, à portée intermédiaire, et , un ICBM, étaient fabriqués par Ioujmach et exportés illégalement en Corée du Nord.. Cet article est basé sur une étude de Michael Elleman. qui dément et précise cette assertion le jour même.. L'étude a en fait conclu que les progrès rapides de la Corée du Nord dans le domaine des fusées sont dus aux importations de technologie, et étant donné que le moteur-fusée à carburant liquide de la Corée du Nord est basé sur des moteurs soviétiques RD-250 développés par l'entreprise russe NPO Energomach et lourdement modifiés pour les missiles nord-coréens Hwasong-12 et Hwasong-14, ces importations provenaient très probablement de l'espace post-soviétique. Mariana Budjeryn, chercheuse au Belfer Center, de la John F. Kennedy School of Government de l'université Harvard, et Andrew Zhalko-Tytarenko, ancien vice-président de SpacePort, dans un article pour le Atlantic Council nient l'implication de la société ukrainienne dans le programme de missiles nord-coréen.. Le président ukrainien Petro Porochenko a ouvert une enquête sur la fourniture éventuelle de moteurs-fusées à la Corée du Nord : convaincu qu'il s'agit d'une infox, il espère en retrouver les auteurs., accusés de vouloir saboter le rapprochement entre l'Ukraine et l'Occident..
Produits Ioujmach est connue pour ses produits de l'industrie militaire et spatiale, et a valu à la ville de Dnipro le surnom de « Rocket City ».
Missiles La société était le principal producteur de missiles pour les programmes soviétiques d'ICBM et d'exploration spatiale.
R-5M, le premier missile nucléaire armé de l'Union soviétique R-12 Dvina, missile balistique à moyenne portée R-14 Chusovaya, missile balistique à moyenne portée R-16, le premier ICBM largement déployé de l'Union soviétique R-36, le plus gros ICBM jamais développé RT-20P, le premier ICBM mobile (non déployé) R-36orb, le premier ICBM à ogive orbitale (non déployé) R-36M, famille d'ICBM (reconvertie en lanceurs civils Dnepr) MR-UR-100 Sotka, famille d'ICBM 15A11, missile du système Perimetr RT-23 Molodets, famille d'ICBM Hrim-2, système mobile de missile balistique à courte portée
Lanceurs Cosmos, famille de lanceurs dérivés des missiles R-12 puis R-14 Dnepr, dérivé du R-36M Tsiklon, famille de lanceurs dérivés R-36/8K67 Tsiklon-2 Tsiklon-3 Tsiklon-4 Cyclone-4M Zenit Boosters d'Energia (premier étage de Zenit) Premier étage des lanceurs américains Antares série 100, 200
Moteurs-fusées RD-843
Système de contrôle automatique nucléaire Perimeter
Véhicules thumb|YuMZ E186
Trolleybus YuMZ T1 (1992–2008) YuMZ T2 (1993–2008) (1998–2007) (2005–2006)
Tracteurs YuMZ 2 (1954–1958) YuMZ 5 (1957–1962) (1971–2001)
YuMZ 8085 YuMZ 8285 YuMZ 10254
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Bureau d'études Ioujnoïe, le bureau d'études associé à Ioujmach Agence spatiale nationale d'Ukraine
Liens externes Site officiel de l'entreprise
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