L'histoire du terrorisme palestinien débute lorsque les groupes palestiniens locaux attaquent la population juive du Yichouv, en opposition aux aspirations du sionisme. De 1949 à 1956, les fedayin commettent des attentats dans le cadre du conflit israélo-arabe. Depuis 1965, une nouvelle période de terrorisme voit le jour, avec des attentats organisés par des groupes palestiniens, au nom de la « libération de la Palestine » ainsi que pour créer un État palestinien. L'attaque de l'aqueduc national d'Israël le , marque le début du terrorisme palestinien contemporain Countering Palestinian Terrorism in Israel: Toward a Policy Analysis of Countermeasures, RAND CORP SANTA MONICA CA, Alon Hanan, publiée en août 1980.. Le terrorisme palestinien ne devient notoire dans les médias occidentaux qu'à la fin des années soixante, à l'occasion d'actes de piraterie et de prise d'otages. À partir de 1968, il se traduit par le détournement d'avions civils, des prises d'otages, des attaques contre différentes infrastructures et des attentats. Durant la seconde intifada, il prend la forme d'attentats, dont des attentats-suicides, contre des cibles civiles et militaires. Le Hamas et le Jihad islamique, sont les deux organisations islamistes palestiniennes les plus actives dans le terrorisme aujourd'hui.
Le 7 octobre 2023, les groupes armés palestiniens de la bande de Gaza organisent leur plus grande série d'attaques terroristes.
Contexte Développement de l'hostilité antijuive sous l'Empire ottoman Durant la période ottomane, des Juifs fuyant les persécutions et les expulsions chrétiennes continuent d'immigrer dans la région de la Palestine, malgré parfois des mauvais traitements par les dirigeants musulmans.. La tolérance aux Juifs, avec le statut de dhimmi, variait en fonctions des localités, et en fonction des périodes. Des taxes spéciales leur étaient appliquées, ceux-ci ne pouvaient pas porter d'armes pour l'autodéfense, les synagogues devaient être plus petites que les mosquées et des cas de massacres ainsi que de conversions forcées sont attestés.. Comme exemple notable, lors de la révolte paysanne en 1834, un massacre à Hébron et un massacre à Safed sont commis.
Durant la seconde moitié du , les Juifs forment une majorité de la population de la ville de Jérusalem. Face à la croissance de la population, ils construisent des agglomérations en dehors des murs de la vieille ville, non sans hostilité arabe. Dès la création de Méa Shéarim en 1874, les nouveaux habitants juifs sont immédiatement attaqués, un juif est tué et d'autres sont blessés, semant la panique parmi la population juive..
De 1880 à 1914, plus de fuyant les persécutions de l'Europe de l'Est, immigrent et s'installent sur des terres en friche, des dunes et des marais qu'ils assèchent et transforment en terrains agricoles. Le mouvement sioniste achète également des terrains à des propriétaires ottomans, arabes, ou européens à des prix de plus en plus exorbitants. Les Ottomans refusent cette immigration ne souhaitant pas un nouveau problème national (comme celui bulgare ou arménien) et l'arrivée de sujets européens (et les implications politiques que cela peut engendrer vis-à-vis de l'Europe). Notamment, les missions consulaires européennes jouaient un rôle dans l'assistance aux juifs de la région.. exclut des motivations antijuives dans cette décision.. Les Ottomans avancent officiellement que ces migrants étant pauvres ajoutent à la misère locale et posent un problème à l'ordre public alors que des fanatiques chrétiens s'en prennent déjà à eux à Jérusalem, dont certains sont tués durant Pâques, selon eux. Les ports seront ainsi interdits aux migrants juifs de l'Est et une mesure interdisant l'achat de terres par les Juifs est ensuite passée. Cependant en 1888, face à des pressions diplomatiques, ils permettent l'arrivée de migrants juifs qui ne viennent pas « en masse ». Les Arabes connaissant la politique ottomane de restriction, se joignent à cette attitude : certains dénoncent aux autorités des activités interdites de construction, et le nombre d'incidents de vols, d'intrusions sur les propriétés juives et d'agressions physiques augmentent. En , seuls les immigrants musulmans sont permis dans le moutassarifat de Jérusalem, mais ces mesures sont difficilement appliquées par les Ottomans. Le gouverneur de Tibériade permet par exemple aux Juifs de s'armer face à des attaques arabes. Les villages de Juifs ashkénazes étaient confrontés à des « incidents » avec les villageois arabes avoisinants et à des actes de pillages récurrents... Dès les années 1880, les frictions entre Juifs et Arabes se focalisent sur des problématiques principalement agricoles. Alors que la plupart parviennent à coopérer, des disputes entre villages se terminent parfois violemment. À la suite d'un incident à Petah Tikva, des fellahin ratissent le village, et tuent une femme juive.. Haïm Hissin du mouvement Bilou, témoigne de « petites querelles » avec les voisins arabes à Hadera..
En 1901, la situation de la minorité juive se normalise : elle bénéficie des mêmes droits que les autres sujets de l'Empire et peut aussi acheter des terres..
C'est vers la fin du que la condition des Juifs se détériore dans le monde musulman, avec l'antisémitisme importé d'Europe et avec l'opposition au nationalisme juif. L'un des faits marquants est l'apprentissage aux enfants arabes musulmans de jeter des pierres sur les Juifs.. De plus, la région connaît de nombreux conflits sectaires, et avec l'augmentation de la population juive, elle se retrouve également, une partie dans ces affrontements locaux et tensions sociales.. La période voit également, une augmentation des incursions bédouines violentes depuis le désert du Neguev jusqu'à la plaine côtière, en particulier alors que l'Empire est engagé dans la guerre avec la Russie en 1877.. vignette|Exemple de combattants bédouins, qui font des razzias sur les plaines côtières durant la période ottomane Au début du , l'agitation antijuive prend de l'importance et des jeunes de Jaffa s'en prennent fréquemment aux Juifs de la ville.. Certains représentants arabes incitent leurs populations à commettre des actes de violence contre les Juifs. En 1908, un premier affrontement éclate à Jaffa, que les Juifs décrivent alors comme un pogrom, 13 Juifs sont grièvement blessés. Arthur Ruppin considère quant à lui l'événement comme exceptionnel, alors que la relation avec les Arabes était « pacifique ». Cet événement coïncide avec une augmentation des conflits générés par les nombreux immigrants musulmans de la plaine côtière. Ces derniers vivaient dans la pauvreté et certains mènent des violences ou s'organisent en bandes de brigands. Dans le cas de Tibériade, six Juifs sont tués de 1909 à 1911, sans que les autorités ottomanes ne recherchent les meurtriers, témoignant d'une certaine impunité pour les tueurs arabes . En réaction, l'organisation de défense Hashomer est formée en 1909.. Degania est victime de raids bédouins et le , un jeune homme de 18 ans est tué lors d'une attaque haineuse, alors qu'il transportait des médicaments. Lors de l'attaque il parvient à tuer l'un de ses assaillants, et en rétribution ceux-ci assassinent aléatoirement un habitant de Kinneret..
À la fin de l'Empire, alors que le pouvoir ottoman s'affaiblit, l'hostilité antijuive connaît une augmentation.. Des journaux arabes critiquent l'immigration juive dès 1908 et des groupes antisionistes sont formés en 1914. Des thèses complotistes et des commentaires antisémites sont également publiés dans certains journaux, comme dans le journal chrétien Filastin, ainsi que diverses piques antijuives.. Les villages juifs sont quant à eux, fréquemment la cible d'attaques et de pillages. Les attaques font partie d'un manque général de l'application de la loi et de l'ordre sur l'ensemble du territoire, néanmoins les Juifs ayant immigré depuis l'Europe sont une cible particulière du fait qu'ils sont parfois perçus comme des étrangers, qui ne partagent pas la langue et la culture arabe..
Selon Neville Mandel, c'est en 1911, que la violence se généralise contre l'ensemble des Juifs du Yichouv. Deux Juifs sont tués en 1912 et trois l'année suivante. En 1914, les attaques deviennent fréquentes. Mandel discerne trois causes aux réactions antisionistes chez les Arabes entre 1909 et 1914 : du fait de leur adhésion à l'Empire ottoman, du fait du développement d'un patriotisme local et du fait de l'idéologie panarabe.
Période du nationalisme arabe sous le mandat britannique vignette|Territoire revendiqué par les nationalistes arabes en 1919 : refusant la séparation de la Palestine de la Syrie Avec la victoire britannique sur l'Empire ottoman, plus de dix millions d'Arabes se retrouvent sous les autorités françaises et britanniques. L'Arabie saoudite est formée et signe des accords économiques avec les britanniques et le reste des territoires mandataires gagnent l'indépendance progressivement comme l'Irak en 1932, la Syrie en 1943, le Liban en 1944 ou la Jordanie en 1946. Les accords Sykes-Picot poussent un certain nombre de familles arabes a adopter une perspective pan-islamiste et nationaliste arabe. Certains nationalistes arabes rejettent la nouvelle administration britannique, avec un sentiment « anti-européen et anti-chrétien ». Le territoire de la Palestine est quant à lui prévu par les occidentaux pour accueillir le « foyer national juif » (sans objections d'Hussein ben Ali lors des négociations avec les Britanniques ). La Déclaration Balfour de 1917 reconnaît de jure cette décision qui sera reconnue en 1920 par les grandes puissances de l'époque. Les Arabes de Palestine ne sont pas consultés pour différentes raisons : ayant combattu contre les Alliés et n'étant pas une entité reconnue ou souveraine du territoire. Après la guerre, de nouvelles organisations politiques sont créées par la nouvelle génération arabe, défendant le panarabisme (Grande Syrie) et rejetant les projets britanniques. Les traités et arrangements conduisent à la radicalisation du monde arabe, ainsi que de la population arabe de la PalestineHenry Laurens, La Question de Palestine: L'invention de la Terre sainte, vol.1, Fayard, Paris 1999 p.421-477, p.462-5.. Dès 1920, des manifestations contre la séparation du mandat de la Syrie éclatent et des attaques se produisent contre les Britanniques. Néanmoins les réactions de violences ne se matérialisent pas en révolte, comme ce fut le cas en Irak. La population arabe est bien informée de la situation politique, et des inquiétudes se font savoir quant à la population juive grandissante. L'une des réactions est la formation de sociétés secrètes. Les annales arabes reprennent cette année comme l'« année de la catastrophe » (Am al-Nakba).
Haj Amin al-Husseini, figure religieuse et dirigeant antisioniste encourage l'hostilité contre les Juifs. Il s'oppose également au progrès que les Juifs apportent, comme étant un danger pour la culture arabe et s'oppose à la modernité chez les Juifs, par exemple il déplore « les filles juives qui courent en short démoralisent notre jeunesse par leur simple présence ». Influencé par son maître, Muhammad Rashid Rida, il souhaite tout comme Hassan el-Banna une « renaissance islamique ». Il aurait déclaré déjà en 1918, que « les sionistes seront massacrés jusqu'au dernier homme ».