La 11e division (en espagnol, 11.ª División) aussi appelée division Lister du nom du commandant Enrique Líster, est une ancienne unité de l'armée populaire de la République espagnole qui a combattu l'armée franquiste pendant la guerre d'Espagne.
Historique
Création La 11e division est officiellement créée le et placée sous le commandement d'Enrique Líster. Elle a pour origine le cinquième Régiment, un corps d'élite républicain à majorité communiste, dissout le .
Elle est originellement composée de la XIe Brigade internationale, de la XIIe, de la IXe Brigade mixte et de la Xe.
Première armes
La 11e division combat pour la première fois dans la région du Jarama lors de la bataille éponyme, au mois de . Elle y perd de nombreux hommes, et doit être immédiatement réorganisée avant d'être envoyé près Guadalajara, où, en compagnie des et , elle combat dans la bataille de Guadalajara. Dès le , les troupes italiennes alliées aux franquistes brisent le front et atteignent Trijueque, avant d'être arrêté par les XIe et XIIe Brigades internationales. Le lendemain, la 11e division récupère la ville, grâce au soutien des chars soviétiques T-26. Quelques jours plus tard, le , toujours soutenu par les chars russes, la 11e division encercle les italiens à Brihuega, avant d'entrer dans la ville où elle s'empare de quantité de matériels et de prisonniers.
Entre le 19 et le , l'unité converge vers le , mais ne parvient à s'emparer de ce point stratégique où campe l'artillerie ennemie bombardant Madrid. Alors que Franco lance l'offensive du Nord, la 11e division reçoit la Première brigade mixte, et intègre le . Le , l'attaque est donnée sur les franquistes encerclant Madrid, et rapidement, les républicains atteignent Brunete. S'ensuit alors la bataille du même nom, face au colonel Fernando Barrón et à la , au cours de laquelle la 11e division se barricade dans la ville. Elle parvient à tenir cette dernière jusqu'au , mais est ensuite contrainte de se retirer, avec de lourdes pertes humaines et matérielles.
De l'offensive de Saragosse à celle d'Aragon
Au mois d', l'unité est envoyée en exercice en Aragon. Néanmoins, le réel but de cette manœuvre est de prendre le contrôle total de la région, alors aux mains du Conseil régional de défense d'Aragon, qui n'obéissait plus vraiment au gouvernement républicain. Ainsi, la 11e division occupe la région, et procède à l'arrestation des hauts-responsables du Conseil, comme Joaquín Ascaso.
Dès le , elle participe à l'offensive de Saragosse aux côtés de la et de la 46e division républicaine, combattant principalement lors de la bataille de Belchite. Les combats à Belchite sont fastidieux, car malgré leur infériorité numérique, les franquistes ne se rendent que le . En octobre, elle reçoit des chars russes BT-5, et tente d'atteindre Saragosse par Fuentes de Ebro. Ne parvenant pas à briser le bloc ennemi, elle se replie en Aragon et y passe quelques mois au repos.
En , la est intégrée au en même temps que la , et rejoint la bataille de Teruel. Le , l'unité est en première ligne et brise le front au nord de Teruel, avant de défendre la ville ainsi conquise. La situation devenant intenable, Enrique Lister ordonne le repli. À la suite de cette décision, le commandant Valentín González de la 46e division républicaine accuse Lister de l'avoir abandonné seul dans la ville, ce dont se défend l'intéressé, avec le soutien de Juan Modesto, chef du .
Après quelque temps de repos, la 11e division reprend les armes lorsque Franco lance l'offensive d'Aragon. Malgré sa forte résistance devant l'Èbre, l'unité est contrainte de se replier en Catalogne, où elle se retrouve coupée du reste des armées par l'avancée des franquistes du général Antonio Aranda Mata franquiste, qui atteint la mer Méditerranée le . À la suite de cette lourde défaite, l' est créée, et dans le même temps, Enrique Lister reçoit le commandement du , en étant remplacé à la tête de la 11e division par .
Les derniers combats
Le , après avoir reçu le , la 11e division lance la bataille de l'Èbre en traversant le fleuve entre Ginestar et Benifallet. Elle attaque la ville de Móra d'Ebre, où se trouve la plus grande concentration de troupes franquistes dans la région. Après s'être emparé de cet objectif, elle rallie la 46e division républicaine en prenant position dans la le matin du . Elle ne peut alors continuer son avancée ni sur Gandesa, ni sur Bot ou Batea, épuisée par cette première journée de combats intenses. Entre le et le , toujours stationnée dans la , elle subit un déluge d'obus et doit se défendre face aux assauts de la . Elle reçoit néanmoins le soutien de Juan Modesto, qui lui fait parvenir de nombreuses pièces d'artillerie. Elle tient le coup jusqu'au date à laquelle elle est remplacée par la , après avoir perdu une partie de la Sierra. La 11e division est mise au repos jusqu'à début septembre, avant de revenir sur sa position de la Sierra. Elle parviendra à s'y maintenir jusqu'au , avant de devoir se replier de l'autre côté de l'Èbre.
La 11e division est gardée quelque temps en réserve, avant d'être déployé sur le front de Segre lors de l'offensive franquiste de Catalogne. Elle prend position à Castelldans et parvient à défendre pendant deux semaines Les Borges Blanques, avant de se replier le , face à l'avancée des italiens du Corpo Truppe Volontarie. La retraite est alors la dernière issue possible, surtout après la chute de Barcelone. La 11e division tente de créer une dernière ligne de défense au Nord de la Catalogne, avec quelques autres unités. L'objectif est alors de tenir jusqu'à ce que la Seconde Guerre mondiale, qui était alors prévoyable, ne débute, et ainsi espérer avoir le soutien de la France qui pourrait vouloir vaincre les nationalistes espagnols. Les derniers soldats résistent jusqu'au , combattant vaillamment sur les bords de la Muga et du Ter, date à laquelle ils se replient sur la France en traversant la frontière. Ils y sont arrêtés et internés dans des camps.
Commandement
Chef d'état Major
( - ) ; ( - ); Fernando Pozo Oliver ( - ); ( - ).
Commandants Le commandant de la 11e division est Enrique Líster du au , puis jusqu'à la dissolution de l'unité.
Commissaires politiques
(PCE) ( - ) ; (PCE) ( - ) ; (PCE) ( - ).
Ordre de Bataille
Corps d'armée De février à , la 11e division fait partie du . Elle intègre ensuite le jusqu'au , date à laquelle elle rejoint le . Du au , elle est intégrée au , avant de retrouver le .
Bataillons La 11e division est créée en avec les Ière, , , et . Avant la bataille de Guadalajara, elle reçoit la Xe Brigade mixte et les XIe et XIIe Brigade internationale, mais perd toutes ses unités d'origine, ne conservant que la .
Peu de temps après, elle perd de nouveau toutes ses unités, mais reçoit en contrepartie la Ière, et , puis de nouveau la XIIe Brigade internationale et la . Elle termine la guerre avec les Ière, et . centré|vignette|Le drapeau de la 11e division républicaine
Notes et références
Catégorie:Armée populaire de la République