New York Cannibals est une bande dessinée scénarisée par Jerome Charyn et dessinée par François Boucq. Elle paraît aux éditions du Lombard en et établit une continuité avec Little Tulip, des mêmes auteurs, paru en 2014. Dans cette narration construite comme un thriller, l'action se déroule à New York en 1990.
Résumé À New York en 1990, Azami est une policière qui pratique la musculation mais la prise de dopants la rend stérile. Son équipe reprend l'enquête d'un collègue décédé sur un baron de la drogue. Au cours d'une poursuite, elle découvre un bébé abandonné dans une poubelle et décide de l'adopter. Paul, son père adoptif, accepte de s'en occuper. Il revoit alors Nadya, une femme qu'il aimait lorsqu'il était prisonnier et qu'il croyait morte. Agent pour des services secrets, elle propose à Paul de fabriquer de faux billets de banque et laisse entendre qu'un refus aurait des conséquences. L'intrigue entraîne les personnages vers la mafia russe., , un trafic de nouveau-nés et de sang humain : en effet, le bébé d'Azumi .. Le réseau de la prélève . La narration comporte également une séquence de course-poursuite.
Personnages L'album remet en scène certains personnages figurant dans Little Tulip, qui se déroulait en 1970. Les personnages sont en marge par rapport aux normes.. Paul, ou Pavel, est un rescapé du goulag qui a migré aux États-Unis. Installé à New York en tant que tatoueur, il a adopté Azami, la fille de feu son amante, Yoko. Lorsqu'il était au goulag, ses tatouages étaient réputés pour leur « influence ». Azami Tanaka, fille adoptive de Paul, est agent de police et s'adonne intensivement au culturisme ; la prise de stéroïdes la rend infertile. Un nourrisson abandonné lui permet de combler son désir de maternité. Boucq la décrit comme , ce qui la rend . L'Albatros est un homme amputé des deux jambes et il se déplace sur les mains, ce qui lui procure une expérience inhabituelle de New York. Il établit le lien entre la ville de surface et les souterrains. Madame Paradis ou la Mama, que L'Albatros présente à Azami, est à la fois ; Boucq la décrit comme une sorte de qui pratique la magie blanche. Elle confère à l'histoire une dimension fantastique. Nadya est au service d'une agence gouvernementale secrète. Sa rencontre avec Paul remonte à leur détention dans un goulag ; tous deux sont devenus amants mais le « protecteur » de Nadya, jaloux, a laissé croire à Pavel qu'elle était morte. Anna-la-Hyène était, au goulag, la chef d'un clan de détenues, renommée pour son caractère . Elle s'est ensuite installée à New York, où elle entretient des lutteuses musclées et se nourrit du sang de ses victimes. C'est un personnage . Le Vizir est une .
Genèse de l'œuvre Jerome Charyn, écrivain New-Yorkais, a collaboré avec François Boucq, auteur français de bande dessinée, sur trois autres romans graphiques : La Femme du magicien (1985), Bouche du diable (1990) et Little Tulip (2014)..
L'album s'inscrit dans la continuité de Little Tulip. Boucq et Charyn avaient eu l'intention d'y inclure une séquence sur le cannibalisme dans les goulags, mais les contraintes de pagination les en ont empêché. Boucq s'est intéressé au trafic de sang humain après une conversation ainsi qu'un reportage (Le Business du sang), qui montre des personnes démunies donner beaucoup de sang afin de recevoir l'argent qui leur permet de subsister. Les produits sanguins sont distribués à des laboratoires pour en faire des médicaments. Le sang récolté aboutit chez ceux qui vivent dans l'aisance, . Boucq et Charyn relancent un projet à partir de Little Tulip, mais il peut se lire indépendamment. Charyn a fourni la trame, que Boucq a adaptée selon ses choix.
Choix artistiques La couverture s'inspire de tableaux anciens représentant une mère à l'enfant, mais dans une version modernisée. La narration comporte des flashbacks sur l'époque où Pavel était détenu.
Comme dans le récit précédent, le tatouage tient une place importante dans la narration. Paul, qui était tatoueur au goulag, tient désormais un atelier. Azami, fascinée par les tatouages, en porte sur tout le corps., sauf le visage et les mains. Boucq établit une correspondance entre les tags qui couvrent la ville et les tatouages sur la peau des personnages. Boucq s'intéresse aux culturistes des années 1990, comme Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallone, car leur musculature ne les rend pas difformes, contrairement aux personnes modernes, aux . Le récit comporte une dimension fantastique, comme la vieille femme qui guide Azami après les souterrains, le bébé « quasiment miraculeux », la Mama, le phénix. François Boucq, pour la séquence de course-poursuite en voiture, s'inspire de plusieurs classiques du cinéma comme French Connection de William Friedkin et Bullitt.
La RTBF estime que l'intrigue est , servie par un . Le journal Les Échos estime que New York Cannibals est que Little Tulip. Dans Le Monde, le chroniqueur décrit l'ouvrage comme . Le Figaro considère que le récit est .
L'album comporte une dimension critique envers le capitalisme, relevée par le Huff Post : cette . La dimension de satire sociale sur le vampirisme des démunis par les riches est, d'après Le Monde, . France Info estime que l'album est ..
Boucq représente également plusieurs facettes de la féminité : Anna la Hyène est ; Mama Paradis, , endosse un rôle bienveillant ; Nadya est le fantôme d'une relation terminée.
Accueil critique Pour France Inter, cette bande dessinée policière est un album , qui apporte . Le Figaro décrit l'œuvre comme un , très rythmé et ., .. Pour la RTBF, l'album est très réussi : .. La Dernière Heure émet également une chronique positive., tout comme Les Échos, pour qui le livre est . La Tribune de Genève signale également la qualité du scénario, du dessin et des personnages.. La Provence considère l'œuvre comme un .. L'accueil critique est favorable aussi dans La Capitale et Le Matin.
Actua BD, pour qui l'ouvrage est , souligne la qualité des images, . L'accueil critique est également positif sur BDZoom, où Gilles Ratier déclare que le . Planète BD y voit un , où Boucq ; le scénario et le dessin sont magnifiés par les coloristes. Pour le chroniqueur Jean-Laurent Truc, ce rappelle et illustre ..
L'ouvrage fait partie de la sélection pour le grand prix de la critique 2021..
Postérité Dans le sillage de l'œuvre, une exposition-vente s'est tenue à la Galerie Huberty & Breyne..
Références
Annexes Documentation . . . .
Liens externes . . .
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