Le bataillon d'artillerie de la 1re brigade d'infanterie (en estonien: Suurtükiväepataljon), anciennement groupe d'artillerie (en estonien: Suurtükiväegrupp), est un bataillon d'artillerie des forces de défense estoniennes, basé sur la base militaire de Tapa. L'unité fait partie des forces terrestres estoniennes. Il est chargé de soutenir les unités de combat avec des tirs indirects en temps de guerre.
Historique
Création et guerre d'indépendance (1917–1920) gauche|vignette| Batterie n°1 du régiment d'artillerie estonien pendant la lutte contre la Landeswehr. La formation d'une unité d'artillerie commence au début de 1917, lorsque des artilleurs commencent à se rassembler en une unité d'artillerie de tranchée, qui, en , se compose de quelques centaines d'hommes. Le , un commando d'artillerie est formé sous la Compagnie d'infanterie estonienne, à la suite d'un décret du commandant de la . L'enseigne Joosep Sild devient le commandant de l'unité, cette dernière est alors équipée de 24 canons de campagne russes Modèle 1902 et de munitions des et brigades d'artillerie de l'Empire russe.
La brigade d'artillerie estonienne est formée le à Haapsalu, le podpolkovnik Andres Larka devient son commandant. En février, la brigade se compose de cinq batteries, avec 26 pièces d'artillerie, 21 officiers et 801 soldats. Cependant, elle est rapidement dissoute par les bolcheviks le 21 février 1918. Après la retraite de ces derniers devant les Allemands, la division estonienne est autorisée à se reformer le , le capitaine Karl Tiitso est nommé commandant de la nouvelle brigade. L'unité est finalement démobilisée et désarmée par les forces d'occupation allemandes le .
Le , le capitaine commence à rassembler d'anciens officiers d'artillerie à Tallinn. Le , le ministre estonien de la guerre Andres Larka le nomme commandant du régiment d'artillerie et lui confie la tâche de reformer ce dernier. Au départ, l'unité a du mal à trouver du matériel, elle participe donc aux premières batailles de la guerre d'indépendance estonienne le à Narva en tant qu'unité d'infanterie. En , les Estoniens réussissent à acheter deux canons de campagne FK 16 aux Allemands. Un autre lot de canons est reçu de Finlande, composé de vingt canons de campagne et de quatre canons de campagne . En 1919, le régiment se compose de trois divisions, chacune contenant deux batteries. Au total, 18 batteries participent à la guerre d'indépendance, notamment sur le front de Viru, à Viljandi, Valga, Võru, et à Cēsis en Lettonie, contre la Baltische Landeswehr.
République d'Estonie et occupation soviétique (1920-1940)
En , l'unité est démobilisée et transférée à Narva. Elle se compose de quatre batteries, d'un commando d'entraînement et du groupe d'artillerie de forteresse. L'unité est renommée plusieurs fois. Le , elle prend le nom de 1.välja suurtükiväe divisjon, le , 1.suurtükiväepolk, le , 1.suurtükiväerügement, et le , l'unité est réformée en Division d'artillerie, qui se compose du groupe d'artillerie, basé à Narva, et du groupe d'artillerie, basé à Rakvere. Le major Georg Leets devient le commandant de la division et le major Erich Toffer prend le commandement du groupe d'artillerie. L'unité reçoit son drapeau le . En 1939, le groupe d'artillerie se compose d'un quartier général, d'un commando spécialisé, de trois batteries avec quatre canons de campagne russes modèle 1902 chacune et d'une batterie avec deux obusiers de campagne lourds allemands de 150 mm. Le , les soviétiques occupent l'Estonie et un décret ordonnant la dissolution de l'unité est publié. La liquidation de l'unité est conclue le .
Restauration et période actuelle (Depuis 1996) droite|vignette| Soldats de réserve du bataillon d'artillerie lors d'un exercice en 2011 Les efforts visant à former un bataillon d'artillerie au sein de la république d'Estonie nouvellement rétablie commencent à prendre forme en 1996, lorsqu'un groupe de travail, appelé « Viro projekti », est créé sous le contrôle du Commandement de la défense finlandais pour aider au développement des Forces de défense estoniennes. Le colonel de réserve Jouko Kivimäki est choisi pour aider à la restauration et au développement de l'unité d'artillerie. La formation de l'unité n'est pas facile, car il y a très peu d'officiers disponibles, l'infrastructure fait cruellement défaut et il n'y a presque pas d'équipement disponible. En raison de ces limitations, les premiers soldats commencent à recevoir une formation en Finlande en , qu'il terminent au début de 1998. Les forces de défense finlandaises font également don de divers équipements, dont des obusiers de 105 mm, arrivés entre et .
L'unité est officiellement restaurée le , lorsque le bataillon d'infanterie séparé du nord est transformé en groupe d'artillerie. L'unité reçoit son drapeau le . Le , l'unité est subordonnée au centre de formation de Tapa. Entre 2003 et 2004, le groupe d'artillerie reçoit des obusiers FH-70 de 155 mm en provenance d'Allemagne, et en 2008, il reçoit des obusiers de 122 mm de Finlande, qui remplacent les anciens obusiers de 105 mm. Le , l'unité est transférée sous le commandement de la défense régionale du Nord-Est. Le , le groupe d'artillerie est rebaptisé bataillon d'artillerie. Le , le bataillon est intégré à la brigade d'infanterie. À partir de 2014, le bataillon d'artillerie se compose d'un quartier général, d'une batterie de soutien et de commandement, d'une école d'artillerie et de batteries de combat.
Le premier commandant de l'unité, en 1998, est le lieutenant Rein Luhaväli. Entre 2004 et 2005, l'unité est dirigée par le capitaine Enno Mõts. Le , le capitaine Vahur Kütt remplace le capitaine Viktor Kalnitski en tant que commandant de l'unité. En , le bataillon d'artillerie passe sous le commandement du lieutenant-colonel Kaarel Mäesalu. Le , le major Arbo Probal devient le commandant de l'unité.
Voir aussi brigade d'infanterie
Notes et références
Catégorie:Guerre d'indépendance de l'Estonie Catégorie:Unité ou formation militaire créée en 1918 Catégorie:Unité militaire estonienne Catégorie:Unité ou formation militaire dissoute en 1940