Danieli née le à Watermael-Boitsfort et décédée le à Ixelles est une artiste peintre belge qui a laissé une œuvre picturale abondante et variée.

Biographie Danieli de son nom d’artiste, voit le jour le , à Watermael-Boisfort, dans une famille modeste qui s’intéresse beaucoup à l’art. Elle laisse une œuvre picturale abondante et variée à laquelle elle se consacre jusqu’à son décès survenu le .

Attirée par le dessin et fascinée par la couleur dès son plus jeune âge, Danieli découvre aussi la musique et réalise de petits livres alliant textes et illustrations. À l’issue de ses études dans de grandes écoles, elle obtient, en 1956, le Grand Prix de Maîtrise de la Ville de Bruxelles et le Prix des Trois Arts. Elle s’exprime avec bonheur à travers de multiples techniques picturales comme la peinture décorative et monumentale, la fresque, la tapisserie, la peinture à l’huile - sa véritable passion -, l’illustration, la linogravure, le vitrail, le panneau décoratif didactique ainsi que le dessin pour enfants. Tout au long de sa carrière, elle remporte de nombreux prix.

En 1956, elle rencontre Maître Louis Poulet, professeur de musique de chambre au Conservatoire Royal de Bruxelles. Avec ses élèves diplômés, Maître Poulet élabore un projet ambitieux destiné à l’enseignement secondaire afin d’initier la jeunesse belge à la musiqueVoir notamment STEHMAN, J., «Une initiation à la musique», Le Soir, 26-28 mars 1967, p.5. Ces deux artistes vont alors marier la musique classique et l’image, Danieli peignant des panneaux décoratifs didactiques qui illustrent les œuvres musicales programmées.

Lors de l’Exposition Universelle de 1958, elle réalise de nombreuses œuvres décoratives et un projet de vitrail. Entre 1960 et 1965, sa fascination pour la transparence dans la couleur qui se joue dans l’art du vitrail la conduit à créer et réaliser de ses mains les vitraux du chœur de l’église Saint-Adrien à Boondael (Bruxelles).

De 1962 à 1980, Danieli consacre une partie de son œuvre à l’univers de la musique, créant avec sa sœur pianiste, Myriam Pascal, la « Musique Dessinée »Voir HECQ G., «Apprendre en s’amusant: la musique dessinée», Femmes d’aujourd’hui n°1608, 3 mars 1976, p.16 : une série de petits concerts commentés et illustrés, destinés à de jeunes enfants.

C’est très probablement en 1971 que jaillissent d’un seul jet, d’une seule inspiration, les quelque 50 toiles qui forment l’« Œuvre Bleue ». Dans ces peintures à l’huile, l’artiste met en valeur toute la gamme des tons bleus, qu’elle varie et nuance à l’infini.

En collaboration avec Louis Poulet, Danieli réalise, à destination des jeunes et des moins jeunes, trois spectacles audio-visuels dont elle illustre l’argument: Petrouchka de Stravinsky voit le jour en 1972, Thyl Ulenspiegel de Richard Strauss en 1976 et Pierre et le Loup de Prokofiev en 1979.

Enfin, tout au long de sa vie, cette artiste qui parle peu écrit, dans l’ombre, de très nombreux poèmes. Comme le souligne le professeur Jacques De Plaen, « Danieli fut, sa vie durant, une artiste discrète et réservée dans la communication de son art »Au plus secret de ma pensée…, Éditions Chloé des Lys, Barry, 2020, présentation par le Prof. Dr. Jacques de Plaen, 4ème de couverture..

Son oeuvre, extrêmement personnelle et poétique, ne s'inscrit pas vraiment dans un courant particulier.

Études Dès 1950, Danieli entre à l’Académie royale des Beaux-Arts de la Ville de Bruxelles ainsi qu’à l’Ecole des Arts Décoratifs de la Ville de Bruxelles. Elle y achève brillamment un cursus très complet. Elle suit des cours dans de nombreux domaines : dessin (tête, torse, nature), composition ornementale décorative, peinture décorative et monumentale, composition, illustration avec José Crunelle, peinture à l’huile avec Léon Devos et peinture décorative sous la direction d’Anto Carte et de Jacques Maes.

A 18 ans, elle crée un avant-projet de tapisserie, l’Eden, dont elle réalise 3 ans plus tard (1955-56) le carton sur toile (4,3 m x 2,5 m), grâce auquel elle remporte le Grand Prix de Maîtrise de la Ville de BruxellesVoir CASO, P., « L’exposition de fin d’année à l’Académie de Bruxelles », Le Soir, 7 juillet 1956, p.4 et le Prix des Trois ArtsVoir SADBr, 9, mai 1956, p.10. Instauré dans la perspective de l’Exposition universelle de 1958, ce prix visait à promouvoir l’alliance entre les différents arts et artistes. Son jury comptait non seulement des peintres mais aussi des sculpteurs et des architectes.

alt=L'Eden|centré|vignette|500x500px|L'Eden (1956). Peinture monumentale sur toile et projet de tapisserie. 2m30 x 4m50.

En 1953, lors d’une visite de la cathédrale de Chartres, Danieli découvre l’art du vitrail. La transparence de la couleur la fascine littéralement, avec ses explosions de nuances lorsque le soleil traverse les verrières. L’atelier de restauration situé à l’arrière de l’édifice attire la jeune artiste. Séduite par la technique, elle décide de suivre des cours de technique et d’exécution de vitrail en élève libre à l’Ecole des Arts Décoratifs de la Cambre tout en finissant ses études à l’Académie des Beaux-Arts.

Peinture décorative et monumentale

Dans les années 1950, les amateurs de peinture ornent volontiers leurs intérieurs de peintures décoratives qu’ils commandent à de jeunes artistes. Des collectivités y voient un moyen de réchauffer l’atmosphère de leurs bâtiments et d’offrir une vitrine aux réalisations contemporainesVoir .M.T., «Visites aux Salons»,  La Dernière Heure, 19 décembre 1958. Comme elle travaille dans un grand atelier à l’Académie Royale des Beaux-Arts, Danieli y trouve l'occasion de produire également des œuvres de grande dimension. Elle réalise aussi des fresques, comme celles dont elle décore la petite salle de réception au sous-sol de la Maison de la Musique de BruxellesPhoto dans VANDERMAESBRUGGE, M., «Louis Poulet éducateur et sa «Maison de la Musique»», La Dernière Heure, 8 février 1968, p.10. alt=Pastorale - Tableau de Danieli|centré|vignette|Pastorale (1953). Peinture monumentale sur toile. 3m x 2m45.

Illustration Tout au long de sa vie, Danieli se consacre à l’illustration. Elle laisse notamment de très nombreux exemples de gouaches sur papier blanc, quelques aquarelles, des dessins à la plume blanche sur papier noir ainsi que quelques essais dans le domaine de la linogravure. Elle illustre aussi plusieurs belles éditions d’auteurs connus«Danieli», La Lanterne, 17 décembre 1958, ainsi que des contes de Noël dont un de Pierre NothombNOTHOMB, P., «Noël,du Pont d’Oye», illustré par Danieli, Revue trimestrielle, BP Intermim, Noël 1959, Anvers, pp. 18-23, un de Jacqueline de BoulleDE BOULLE, J., «Les perles de Noël», illustré par Daneili,  Revue trimestrielle, BP Intermim, Noël 1957, Anvers, pp . 18-23 et un de Jules SupervielleSUPERVIELLE, J., «Le bœuf et l’âne de la crèche»,  illustré par Daneili,  Revue trimestrielle, BP Intermim, Noël 1960, Anvers, pp . 18-23.

alt=Douces Imagines. Illustration de Danieli.|centré|vignette|Douces Imagines. Illustration.

Prix et distinctions

Au cours de sa carrière, Danieli remporte de nombreux prix. Dès l’âge de 5 ans, elle participe à des concours artistiques organisés par des magazines, qu’elle gagne à plusieurs reprises.

A la fin des années 1940, elle prend part plusieurs fois à « Chansons à peindre »Lettre de Danieli publiée in Radio Télévision 49, 246, 10-16 juillet 1946, p.3, un concours hebdomadaire de la Radio Télévision française: elle décroche 10 prix dont 3 premiers.

En 1950, elle se classe troisième au concours Jacques Heim à Paris, dans la catégorie JuniorsPhoto de l’œuvre de Danieli in Le Soir, 29 janvier 1950, p.23.

Six ans plus tard, elle participe à une exposition de jeunes peintres au Cercle Gaulois à Bruxelles sur le thème de « La Nativité dans l’art contemporain ». La société pétrolière BP Belgium choisit son œuvre pour orner l’édition de Noël de sa revue trimestrielle et en tirer des cartes de vœux, avant de confier à Danieli l’illustration des plusieurs autres numérosInterview de Danieli par G. DELFORGHE, Driemaandelijkse Tijdschrift door BP Belgium, Noël 1957, Antwerpen, pp.38-39.

En , la Commission Nationale des Métiers d’Art du Ministère des Classes Moyennes prime une de ses tapisseries.

alt=Nativité. Illustration de Danieli.|centré|vignette|La Nativité.

Rencontre avec Maître Louis Poulet alt=Médaille Concours Quatuor|vignette|Médaille créée par Danieli pour le Concours International de Quatuor à Cordes de la Ville de Liège En 1956, Danieli rencontre, dans son atelier de peinture, Maître Louis Poulet. Altiste, fondateur du Concours international de quatuor à cordes de la ville de Liège, professeur de musique de chambre au Conservatoire royal de Bruxelles, il a pour élève une jeune pianiste, Myriam Pascal, sœur de Danieli. Très impressionné devant son talent de peintre, il décide de lui confier les illustrations de ses créations musicales.

Il la charge d’abord de dessiner le diplôme et la médaille du Concours International du Quatuor à cordes (1956). Des reproductions de grande dimension de cette médaille ornent aujourd’hui la pierre bleue des monuments de Louis Poulet, situé l’un dans les jardins en face du Conservatoire de Liège, l’autre dans la pelouse de la Maison de la Musique à Hoeilaart. Pour le Concours de Lutherie, Danieli compose deux grandes toiles: dans la première, elle représente la forêt, notamment l’érable et l’épicéa que des bûcherons spécialisés abattent « mûrs » et qui seront utilisés pour créer les instruments à cordes; le second tableau montre l’atelier de lutherie où violons, violoncelles et autres sont fabriqués. Six grandes toiles retracent enfin les origines et l’évolution du violon.

Maître Louis Poulet crée, avec ses élèves diplômés, le « Centre Culturel Art et Jeunesse »Voir VIAL C., «Leçon de musique en dessins», Femmes d’aujourd’hui n°1344, 3 février 1971, p. 39, reconnu par le Ministère de la Culture, Jeunesse et des Loisirs. Ils y produisent des concerts d’initiation musicale adaptés aux jeunes de l’enseignement secondaire. Danieli réalise des panneaux décoratifs didactiques représentant les sujets des œuvres musicales jouées lors de ces concerts commentés afin de les illustrer. Le jeune public découvre les toiles au fur et à mesure de l’interprétation de l’œuvre, l’ensemble formant ainsi un magnifique décorCritique élogieuse de Max Vandermaesbrugge, voir « Louis Poulet éducateur et sa « Maison de la Musique » », La Dernière Heure, 8 février 1968, p.10. Parmi les œuvres illustrées, on compte notamment les concerti des Quatre Saisons de Vivaldi, les Tableaux d’une Exposition de Moussorgski, La Nuit de Garde à Madrid de Boccherini, le Carnaval des Animaux de Saint-Saëns, et l’historique des trois grandes familles instrumentalesVoir D. G., « Piano – Pinceau – Dessin – Clavecin », Le Patriote Illustré, 2-8 mars 1972, p.105. Quelque 130 toiles sont ainsi conservées au musée Danieli à Hoeilaart.

Exposition universelle de 1958 Lors de l’Exposition universelle de 1958, le Ministère de l’Economie Sociale et de la Promotion du Travail commande à Danieli le carton d’un vitrail monumental (9 x 5 m), L’Economie sociale « L’économie sociale », Programme officiel Expo 58, 24, 26 septembre 1958, p. 33, qui trouve place dans ses bureaux à l’issue de l’événement. L’artiste peint également plusieurs grandes fresques sur le thème de la Belle Epoque qui ornent les murs de divers établissements de la « Belgique Joyeuse ».

alt=Danieli. Jardins 1900.|centré|vignette|600x600px|Jardins 1900 (1958). Peinture monumentale sur toile en 5 panneaux. Dimension totale : 2m16 x 6m50.

Vitraux