Les Championnats du monde de biathlon 2021, cinquante-septième édition des Championnats du monde de biathlon, ont lieu à Pokljuka, en Slovénie, du 10 au . Ils se déroulent pendant la saison 2020-2021 de la Coupe du monde de biathlon dont ils font partie intégrante. En raison de la pandémie de Covid-19, ils ont lieu sans public, à huis clos.

La Norvège domine largement ces championnats du monde, avec en vedette, Tiril Eckhoff et la révélation de la saison Sturla Holm Lægreid (qui disputait ses premiers Mondiaux), quatre médailles d'or chacun, dont deux titres individuels. Eckhoff réalise le doublé sprint-poursuite, elle est aussi la biathlète la plus médaillée tous sexes confondus avec six podiums, et Lægreid remporte l'individuel et la mass-start. Ils sont également membres des relais féminin, masculin et mixte norvégiens tous vainqueurs. La seule épreuve collective qui échappe à la nation nordique est le relais mixte simple qui voit la victoire du tandem français Antonin Guigonnat et Julia Simon.

Comme Lægreid, Markéta Davidová (individuel), Martin Ponsiluoma (sprint) et Lisa Theresa Hauser (mass-start) s'adjugent à Pokljuka leurs premiers titres mondiaux. Cette dernière est la première championne du monde autrichienne de l'histoire. Émilien Jacquelin conserve pour sa part, avec un tir impressionnant, son titre de la poursuite. Enfin, les deux grands protagonistes du circuit mondial Johannes Thingnes Bø et Marte Olsbu Røiseland, arrivés en Slovénie en leaders des classements généraux de la Coupe du monde, en repartent, l'une sans aucun podium individuel tandis que Bø doit se contenter d'une médaille de bronze à l'arrivée de la poursuite et voit se rapprocher Lægreid au classement général de la Coupe du monde. Pour sa part, Røiseland laisse les commandes de la course au gros globe à sa compatriote Eckhoff.

La Norvège, avec 14 médailles dont 7 titres, bat le record de podiums pour une nation lors d'une même édition des championnats du monde de biathlon. Comme lors du reste de la saison de Coupe du monde, on retrouve derrière, au tableau des médailles, la France (7 médailles dont 2 titres) et la Suède (6 médailles dont 1 titre).

Présentation

Choix du site organisateur

L'IBU avait initialement attribué en l'organisation des championnats du monde 2021 à la station de Tioumen, en Russie. Le site avait été préféré à ceux de Pokljuka (Slovénie), et de Nové Město (Tchéquie), qui accueillent régulièrement des étapes de Coupe du monde. Le même jour, l'IBU attribuait l'organisation des mondiaux 2020 à la station d'Anthloz-Anterselva, en Italie, préférée à Pokljuka et Oberhof (Allemagne). Cependant, en , l'Union internationale décide de retirer l'organisation des championnats du monde à Tioumen, à la suite de la publication du rapport Mc Laren concernant un dopage d'État au sein du sport russe. En , l'IBU procède à la réattribution des championnats du monde 2021 et choisit Pokljuka. Conséquence de cette décision : la troisième étape de coupe du monde qui devait se dérouler dans la station slovène en est confiée au Grand-Bornand, mais cette étape a finalement lieu à Hochfilzen à cause des restrictions sanitaires.

Contexte et enjeux

La pandémie de Covid-19 perturbe l'organisation de la compétition. Les épreuves se déroulent sans public et les différents acteurs (biathlètes, encadrement, organisateurs, journalistes) doivent respecter une bulle sanitaire, comme c'est le cas depuis le début de la saison.. Juste avant le début de saison, l'entraîneur français de l'équipe norvégienne Siegfried Mazet avait détaillé le fonctionnement de cette bulle : ..

Du fait de l'exclusion de la Russie par le Tribunal arbitral du sport de toutes compétitions internationales jusqu'en , les biathlètes russes ne peuvent représenter officiellement la Russie. Ils participent donc de manière "neutre" à la compétition en représentant leur fédération sportive, l'Union russe de biathlon (Russian Biathlon Union en anglais). Cependant, les termes « Russie » et « russe » étant bannis lors des Championnats du monde 2021, l'appellation longue « Russian Biathlon Union » ne peut non plus être utilisée en raison de la présence du terme "russian". C'est donc l'acronyme RBU, avec le logo monochrome de l'Union russe de biathlon en guise de drapeau, qui apparait auprès du nom des biathlètes et de l'équipe russe tous au long de ces championnats du monde. Enfin, en cas de victoire russe sur une épreuve, il est prévu que l'hymne de l'IBU soit joué à la place de l'hymne russe...

D'un point de vue sportif, les championnats du monde sont le point d'orgue de la Coupe du monde. Comme sur chaque épreuve de la Coupe du monde, le leader du classement général porte un dossard jaune, le leader du classement de la spécialité un dossard rouge et le leader du classement des jeunes un dossard bleu nuit. Par ailleurs, sur chaque épreuve, le tenant du titre porte un dossard doré où figure la mention « defending champion », une première aux championnats du monde de biathlon.

Trois nations ont dominé la saison avant le déroulement des championnats du monde, chez les hommes comme chez les femmes : la Norvège, la France et la Suède. Au coup d'envoi des mondiaux, 50 épreuves de Coupe du monde ont été disputées : 15 épreuves individuelles masculines, 15 épreuves individuelles féminines et 10 relais (quatre masculins, quatre féminins et deux mixtes). Ces trois nations se sont partagé les deux tiers des victoires, avec 32 succès (21 pour la Norvège, 6 pour la France et 5 pour la Suède). Elles cumulent également plus de la moitié des podiums, avec 88 sur 150 (48 pour la Norvège et 20 chacun pour la France et la Suède).

Cette domination franco-scandinave se retrouve aussi dans les classements généraux. Chez les hommes, les trois nations occupent les huit premières places du classement, avec quatre Norvégiens (Johannes Thingnes Bø, Sturla Holm Lægreid, Tarjei Bø et Johannes Dale) suivis par deux Français (Quentin Fillon Maillet et Émilien Jacquelin, et ) et deux Suédois (Sebastian Samuelsson et Martin Ponsiluoma, et ). Avec le Norvégien Vetle Sjåstad Christiansen à la place, ainsi que les français Fabien Claude et Simon Desthieux aux et rangs, le trio dominateur représente plus de la moitié du Top 20.. J.T. Bø et Lægreid comptent quatre victoires individuelles chacun, T. Bø deux succès, tandis que Dale, Fillon Maillet et Samuelsson ont également levé les bras une fois. Du côté des autres nations, seuls l'Allemand Arnd Peiffer et le Russe Aleksandr Loguinov, champion du monde du sprint 2020, ont remporté une épreuve individuelle. La France a par ailleurs remporté les deux derniers relais masculins, la Norvège puis la Suède ayant gagné les deux premiers.

Du côté des femmes, les Norvégiennes Marte Olsbu Røiseland et Tiril Eckhoff sont en tête du classement, juste devant la Suédoise Hanna Öberg. Dans le reste du Top 20, on retrouve deux autres Suédoises (Elvira Öberg, , et Linn Persson, ), deux autres Norvégiennes (Ingrid Landmark Tandrevold, , et Karoline Offigstad Knotten, ) et quatre Françaises (Anaïs Chevalier-Bouchet, , Julia Simon, , Justine Braisaz-Bouchet, , et Anaïs Bescond, ). Le trio franco-scandinave représente comme chez les hommes plus de la moitié du Top 20.. Eckhoff a remporté six victoires individuelles, tandis que Røiseland, Simon et H.Öberg ont obtenu chacune deux succès. Du côté des autres nations, seules l'Italienne Dorothea Wierer (championne du monde 2020 de l'individuel et de la poursuite), la Biélorusse Dzinara Alimbekava, révélation du début de saison, et l'Autrichienne Lisa Theresa Hauser ont réussi à gagner une course. La Suède, la Norvège, l'Allemagne et la Russie se sont partagé les quatre relais féminins.

L'équipe de France ambitionne sur ces championnats du monde de faire aussi bien que les huit médailles, dont trois en or, de l'édition 2020. Orpheline de Martin Fourcade, l'équipe masculine se trouve face à un défi de taille, surtout que les français avaient débuté les mondiaux 2020 en étant trois parmi les quatre premiers du classement général de la Coupe du Monde.. L'équipe féminine n'avait obtenu aucune médaille en 2020, même si Anaïs Bescond avait glané la médaille de bronze lors du relais mixte simple..

En 2020, avec 11 médailles (dont 6 en or), la Norvège avait égalé le record de podiums lors d'une édition des championnats du monde. L'Allemagne, la Russie, la Norvège et la France avaient déjà fait aussi bien, respectivement en 2007, 2008, 2013 et 2016.

Johannes Bø, impérial sur les skis mais parfois décevant au tir, compte à la veille de cette édition 2021 quatre médailles d'or individuelles, et jamais plus d'une par édition, soit loin des 11 titres de Martin Fourcade et Ole Einar Bjørndalen.

Avec 19 succès individuels, Tiril Eckhoff est la biathlète en activité la plus victorieuse en Coupe du monde. Cependant, avec "seulement" deux médailles mondiales (dont un titre) et deux médailles olympiques, son palmarès individuel sur les grands championnats est plus faible. Malgré des résultats mitigés aux mondiaux 2020 (aucune médaille et un seul Top 10 sur les épreuves individuelles) elle figure parmi les grandes favorites de ces championnats 2021.

Calendrier

Les mondiaux débutent par le relais mixte. Les sprints et les poursuites complètent ensuite le programme de la première semaine. Les individuels se déroulent en milieu de seconde semaine, suivis du relais mixte simple. Enfin les relais puis les mass-start concluent les championnats lors du second week-end.

 Heure  Horaire local de l'épreuve (UTC +1)

+ Calendrier des épreuves Épreuvesou évènements M M J V S D L M M J V S D 2021 Cérémonies d'ouverture et de clôture Hommes Individuel() 14 h 30 Sprint() 14 h 30 Poursuite() 13 h 15 Mass Start() 15 h 15 Relais(4 × ) 15 h 00 Femmes Individuel() 12 h 05 Sprint() 14 h 30 Poursuite() 15 h 30 Mass Start() 12 h 30 Relais(4 × ) 11 h 45 Mixte Relais (4 × ) 15 h 00 Relais simple( H + F) 15 h 15

Déroulement des championnats

L'épreuve d'ouverture a lieu le et est, comme c'est la tradition depuis 2011, le relais mixte. C'est la première fois aux championnats du monde que les hommes commencent le relais mixte et que les femmes en sont à la conclusion. La Norvège et la France s'échappent en tête lors de la première partie de la course, avec un avantage de près de 40 secondes pour les Norvégiens, grâce à la vitesse à ski de Johannes Thingnes Bø. membre du relais français, Anaïs Chevalier-Bouchet reprend du temps sur la Norvégienne Tiril Eckhoff, mais après quatre premières balles réussies sur son tir debout, elle craque au moment d'abattre la dernière cible et enchaîne quatre fautes consécutives (les trois pioches ratées), ce qui la contraint à faire un tour sur l'anneau de pénalité. La France rétrograde et se retrouve à la place au dernier passage de relais à plus d'une minute de la tête, ce qui sera également son résultat à l'arrivée. Malgré une frayeur sur le tir debout pour Marte Olsbu Røiseland (qui a besoin de ses trois balles de pioche pour abattre ses cinq cibles), la Norvège s'impose pour la troisième année consécutive, avec une marge d'une trentaine de secondes sur les trois nations en lutte pour le podium. L'Autriche va chercher la médaille d'argent, tandis que la Suède devance de cinq centièmes de seconde l'Ukraine pour la médaille de bronze.