Le Syndicat national des techniciens et travailleurs de la production cinématographique et de télévision (SNTPCT) est un syndicat français de salariés institué par l'assemblée constitutive du à Paris.
Depuis 1982, il est un syndicat professionnel national de salariés non affilié à une confédération syndicale interprofessionnelle. vignette|Siège social du SNTPCT - Syndicat National des Techniciens et Travailleurs de la Production cinématographique et de Télévision
Histoire
Origines avant 1939 Alors dénommé Syndicat général des artisans du film, ses statuts sont déposés en préfecture le . Il est déclaré sous le n°7564. Les techniciens fondateurs affilient leur nouvelle organisation à la CGT réunifiée.
L'Assemblée générale du modifie sa dénomination qui devient le Syndicat des techniciens de la production cinématographique (STPC).
En 1947, lors de la scission de la CGT et de la création de Force ouvrière, ses membres se prononcent pour le maintien de son affiliation à la CGT.
En 1968, il élargit son champ à la production de télévision et prend le la dénomination de Syndicat National des Techniciens de la Production Cinématographique et de Télévision (audiovisuel) (SNTPCT).
En 1974, les techniciens du film d'animation s'organisent dans un secteur spécifique, les secteurs recouvrant alors les branches d'activité suivantes :
le film, le téléfilm et les films publicitaires, les entreprises de prestation pour la télévision, le court métrage et le film institutionnel, le film d'animation
Décembre 1934 : La Fédération des artisans du film La transformation des conditions économiques et techniques de production des films de long-métrage et l'avènement du cinéma parlant, suscitent après la crise économique de 1929, en l'absence d'une réglementation économique et professionnel, une dégradation accentuée de l'emploi et des conditions de travail. Gaumont et Pathé subissent eux aussi les effets de la crise économique de 1929.
Le gouvernement confie à Maurice Petsche la rédaction d'un premier rapport parlementaire en 1934qui suggère la mise en place d'un système de crédit public assis sur les recettes (préfiguration de ce qui deviendra les fondements du CNC). Le Conseil national économique en produit un deuxième, établi par Guy de Carmoy en 1936.
Les techniciens se regroupent dans différentes associations de techniciens dès 1932, afin de faire valoir de meilleurs conditions de travail et le 19 décembre 1934 ils se réunissent et décident de constituer une Fédération nationale des syndicats d'artisans français du film.
En 1935, suivant le rapport Petsche, le gouvernement Laval et son ministre de l'éducation nationale, Mario Roustan, entendent imposer, avec le soutien de l'ensemble des Syndicats de salariés, d'auteurs et de techniciens, l'institution d'une carte de producteur et du contrôle des recettes par l'État. Les syndicats patronaux mènent alors campagne dans la presse et contraignent le ministre de l'instruction publique à retirer son projet.
Dans cette même période, l'accueil des techniciens réfugiés venus de l'est, notamment ceux fuyant l'Allemagne nazie, compte tenu du chômage endémique qui touche la production cinématographique à cette époque se pose dans les rangs des associations catégorielles de techniciens qui se sont constituées en Fédération en 1934. Toute controverse xénophobe dans leurs rangs sera tranchée après la constitution du syndicat en 1937, suite à l'obtention de garanties collectives s'appliquant à tous les salariés quelle que soit la nationalité des artistes ou des techniciens résidents sur le territoire français, la qualité de résident français proposée par Jean Renoir prévalant sur toute autre. La qualité artistique des films produits à cette époque, aussi grâce à l'apport des techniciens réfugiés en France, annulera la question avant que le régime de Vichy ne la remette sur la table comme l'un des axes de sa politique répressive.
Les grèves de mai 1936 et la constitution du syndicat Les techniciens de la production cinématographique ont participé aux grèves de mai 1936 à divers titres. Celles-ci ont abouti aux Accords de Matignon : les conditions de travail s'en trouvent améliorées - la loi des 40 heures limitant la durée du travail-. Ces accords, conduisent la Fédération des artisans du film à ouvrir les négociations avec les deux syndicats patronaux du texte d'une convention pour les techniciens.
Cependant, pour ouvrir ces négociations et obtenir des salaires minima ainsi que l'amélioration des conditions de travail dans la convention collective imposent aux techniciens de se créer un syndicat professionnel représentatif.
Pour ce qui concerne la convention collective de la presse filmée, celle-ci est conclue entre la Chambre syndicale française de la presse filmée et la Section fédérale des travailleurs du film (section presse filmée) le 25 juin 1937.
Exclusion de la CGT (1983) En 1982, par suite du refus du SNTPCT d'adopter le concept d'« audiovisuel » visant à confondre les branches d'activité du cinéma et celles de la télévision en un champ conventionnel et réglementaire unique, la CGT, qui entendait le lui imposer, procède à l'exclusion de son Conseil, dès lors au retrait de son affiliation.
L'arrêt de la cour d'appel de Paris rendu le donne acte aux membres du SNTPCT quant au fait de conserver la propriété de leur organisation telle qu’instituée en 1937, désormais hors affiliation à une confédération interprofessionnelle.
Représentativité En 1982, il est reconnu par le Ministère du travail représentatif sur les plans national et professionnel dans les branches d’activité de la production cinématographique et audiovisuelle au regard des 5 critères de représentativité dont l'attitude patriotique durant l’occupation, ses membres ayant contribué dans la clandestinité aux activités du C.L.C.F. (Comité de Libération du Cinéma Français) et ayant participé à la libération de Paris.
Après la réforme des critères de représentativité des Organisations syndicales de salariés intervenue en 2008, dites loi Sarkozy, il est reconnu comme représentatif dans les branches de la production cinématographique et de films publicitaires, de la production audiovisuelle, de la production de films d'animation.
Action syndicale depuis 1938 Les techniciens du SNTPCT ont obtenu : Novembre 1938 : La convention collective de la production cinématographique ; En 1946 : le Centre National de la Cinématographie et en 1948 la révision des dispositions de l’Accord Blum Byrnes ; Et la loi d’aide : institution du Fonds de soutien automatique (sans lequel la production cinématographique française aurait disparu) ; En 1950, la convention collective des techniciens de la production cinématographique renégociée (celle des ouvriers date de 1960) ; En 1965, l’Annexe VIII d’assurance chômage spécifique aux techniciens dits "intermittents" (en 1968, le SFA-CGT obtient l’institution d'une Annexe X pour les artistes) ; En 1968, un Accord faisant application de la convention de la production cinématographique et de ses grilles de salaires minima aux téléfilms ; En 1972, l'institution de l'Association pour la Formation des Adultes du Spectacle afin d'assurer aux techniciens et artistes intermittents le bénéfice d'un système adapté de formations continues ; En 1991, le doublement de leurs points retraites complémentaires et le doublement des pensions AGIRC-ARRCO ; En 1998, une convention pour les émissions de flux (prestataires) devenue aujourd'hui Convention des entreprises au service de la création et de l'événement, En 2000, le maintien de l’application des salaires minima de la production cinématographique dans le téléfilm (rétréci cependant par l’institution d’une double grille abaissant ces derniers sur certains d’entre-eux en fonction du devis des films, ce qui sera reconnu comme irrégulier en 2014), En 2004, une convention propre à la production de films d’animation et des grilles de salaires minima garantis pour cette branche ; En 2007 la convention de la production audiovisuelle et son extension (conservant cependant la double grille de salaires pour le téléfilm) ; En 2012, la révision et l’extension de la convention collective nationale de la production cinématographique et de films publicitaires ; En 2024, une revalorisation significative des salaires minima de la production de films de télévision et d’émissions de télévision et la reconnaissance à venir de l’identité des différentes branches : le film de fiction, le film documentaire, les émissions retransmises ou enregistrées, par des titres et des définitions de fonction spécifiques à chacune d’elle. Perspectives L'action du Syndicat des techniciens de la production cinématographique et de télévision s'inscrit dans une continuité. Il conserve l'empreinte de grandes individualités, et celle de chacun des techniciens ayant choisi de se rassembler syndicalement et s'engager pour le bien de la collectivité qu'ils forment et le bien du Cinéma et de la Télévision française. Ses membres ont considéré qu'ils devaient préserver le syndicat professionnel dont ils ont la propriété et accomplir au travers de ce moyen, une action sur le long terme pour le bien commun de la collectivité des salariés à laquelle ils appartiennent.
L'action syndicale s'inscrit dans le cadre de la crise économique que la France subit depuis la fin des années soixante, dont la manifestation la plus éloquente est la persistance d'un niveau de chômage élevé, et d'une tension croissante sur le niveau des salaires, la remise en cause du contrat collectif de branche au travers du rapport de force qui s'établit entre ceux qui détiennent le capital financier et ceux qui constituent le capital social, sans quoi il n'existerait pas de production cinématographique et de télévision.
Cela, le SNTPCT le souligne dans ses écrits et rappelle ce que le cinéma français doit à l'action des techniciens syndiqués, qu'il revient à chacun des techniciens de prendre conscience de son rôle social et de la nécessité d'être regroupés dans un syndicat professionnelStéphane Pozderec, Éditorial du 22 février 2016 : "Le SNTPCT a 79 ans en 2016 ; et depuis 1937, plusieurs générations de techniciens se sont succédées (la faute d'accord semble figurer dans le texte original) et, tout en traversant des périodes particulièrement sombres, conscients de la nécessité d’être organisés et regroupés syndicalement, ont mené une action constante pour :
* représenter et défendre leurs intérêts sociaux et leurs conditions de salaires et de travail,
* défendre l’existence économique du Cinéma français, de sa diversité d’expression et de son rayonnement.", afin de renforcer l'identité professionnelle liée à chacun des métiers qui composent l'équipe technique ; Stéphane Pozderec concluant l'un des rapports d'Assemblée générale ainsi : "l'avenir est à ce que nous allons faire"..
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