Les commandos marine sont les forces spéciales de la Marine nationale française. Ils agissent principalement au profit du commandement des opérations spéciales (COS), mais aussi à la demande de la Marine nationale. Ces unités sont considérées comme des références mondiales en matière de forces spéciales et d'unité de contre-terrorisme.

Comprenant sept unités opérationnelles d’environ chacune (les commandos Jaubert, de Montfort, de Penfentenyo, Trépel, Hubert, Kieffer, et le commando Ponchardier d'environ spécialisés dans le soutien), leurs missions regroupent les opérations spéciales (libération d’otages, évacuation de ressortissants, renseignement dans la profondeur des lignes ennemies, capture de cibles de haute valeur stratégique), les missions de la Marine (assaut à la mer, appui et destruction à distance, reconnaissance, action sous-marine) ainsi que certaines missions en appui des forces aéromaritimes (opérations amphibies, de guidage et d'appui feu, de renfort des équipes de visite, de contrôle d’embargo) et d'action de l'État en mer (opérations de police en mer : pêches, immigration clandestine et contre les trafics illicites).

La sélection des commandos marine est ouverte aux personnes de toutes les spécialités de la Marine nationale, la voie la plus usuelle étant celle des fusiliers marins. Elle passe impérativement par le stage commando. Celui-ci est réputé pour être sélectif, rude et difficile, avec un effort d'aguerrissement et de rusticité des candidats, illustrant leur capacité d'adaptation en milieu hostile. vignette|L'insigne des commandos marine sur un béret. Les commandos ont été particulièrement actifs depuis une vingtaine d'années en Afghanistan, dans l'océan Indien, en Afrique et au Moyen-Orient..

Histoire

Le de fusiliers marins et commandos marine () Cette dénomination apparaît le . Sa constitution a pris effet le . Elle provient de la compagnie d'instruction du de fusiliers marins.

À partir du , l'unité est dénommée « compagnie de fusiliers marins français » (189 EM1).

Formation d'un commando interallié ( COS (42) 98th meeting).

Après le stage commando à Achnacarry, en avril-, cette formation passe au commando à Ayr à partir du pour continuer son entraînement ; elle est ensuite affectée au commando interallié (IA) le et prend l'appellation de troupe 1.

Le (952 FNFL), la compagnie prend officiellement l'appellation de « de fusiliers marins commandos », puis prend l'appellation de « bataillon de fusiliers marins commandos » (voir ci-dessus) bien que dans le courant de l'année 1945, son timbre est encore celui de la .

La date retenue de sa dissolution a été celle du (13 EM3 du ).

Le major général Haydon déclare à l'assemblée que l'idée de former des commandos interalliés a reçu l'approbation de principe du Premier ministre et des chefs d'état-major. De telles troupes peuvent être utilisées, soit comme guides et interprètes pour les opérations combinées, soit en unités complètes et séparées effectuant ces opérations (extrait du procès-verbal de la réunion au siège des opérations combinées du ).

Son stationnement : stage commando à Achnacarry en Écosse du au . À Criccieth du au . Puis à Eastbourne à partir de cette date (journal de guerre ou de l'unité).

Indochine Jean Merlet commande les fusiliers marins de la compagnie parachutiste d'Extrême-Orient..

Le vœu émis par le capitaine de corvette Kieffer de maintenir le de fusiliers marins commandos dans la Marine, échoue. Le commando Ponchardier, parti d’Indochine fin , arrivé en France le , est également dissous.

La Marine, par l'arrêté du au BO page 477 art. 12, relatif à la réorganisation de la spécialité de fusilier a créé un nouveau certificat sous le nom de « commando ». Ces stagiaires commando sont formés sur la base Siroco, au cap Matifou, à proximité d'Alger. La Marine utilise les commandos différemment des précédents commandos, ceux-ci sont embarqués sur les grands bâtiments.

La situation est la suivante courant 1947 (482 E.M.G/3 du ) : un commando stationne en Indochine (Jaubert) ; un commando est embarqué sur le Richelieu (Trépel) ; un commando est embarqué sur le Duguay-Trouin (François) ; un commando est embarqué sur le Montcalm comme élément précurseur (de Penfentenyo), l'autre partie n'est pas encore sortie de la base Siroco ; deux commandos sont en cours de formation à l'école de Siroco et sont prévus pour en sortir fin 1947 et début 1948. Il s'agit des commandos de Montfort et Hubert.

Ces commandos sont des unités mobiles, qui ne sont pas destinées à rester constamment embarquées sur un même bâtiment ni à opérer dans la même région. Leur désignation ne saurait donc être basée ni sur le nom du bateau avec lequel ils naviguent, ni selon la zone géographique dans laquelle ils opèrent. Un baptême spécial doit leur être affecté.

Les noms proposés sont des ceux d'officiers ayant appartenu au commando affectés provisoirement au commando ou à la BMEO qui ont été tués en opération (471 E.M.G/3 du ).

Jaubert : capitaine de frégate de la BMEO, blessé mortellement le devant Tan Uyen (sur le Dong Haï), il meurt de ses blessures le ; Trépel : le capitaine d'artillerie du commando , est porté disparu le , lors d'une mission en Hollande (à Wassenaar) avec cinq autres commandos. Les corps sont retrouvés plus tard ; François : lieutenant de vaisseau de la BMEO, a été tué en opération à Nam-Dinh le ; de Penfentenyo : enseigne de vaisseau de la BMEO, blessé mortellement au cours d'une patrouille sur le Dong Haï le , débarqué à Than Uyen, il a été ensuite évacué sur Saigon-Cholon, il meurt en route ; de Montfort : enseigne de vaisseau de la BMEO, blessé le lors de la bataille d'Haiphong, après une opération chirurgicale réussie, il meurt des suites de ses blessures le ; Hubert : enseigne de vaisseau du commando , a été tué en opération à Ouistreham le ; Kieffer.

D'autres commandos marine hormis celui-ci ont été créés ensuite portant chacun le nom d'un officier de Marine tué au combat, sauf pour deux commandos contre toute tradition, le commando Ponchardier et Kieffer : Commando Ponchardier (création en 1945, dissolution en 1946, recréation en 2015, en l'honneur de Pierre Ponchardier), actuellement spécialisé dans l'appui aux opérations spéciales ; Commando Jaubert (création le , en l'honneur du capitaine de frégate François Jaubert, officier fusilier-marin blessé mortellement le devant Tan Huyen, en Indochine française), actuellement spécialisé dans l'action spéciale offensive en milieu terrestre ou maritime, le contre-terrorisme et la libération d'otages ; Commando Trépel (création en 1947, en l'honneur de Charles Trépel), actuellement spécialisé dans l'assaut à la mer, le contre-terrorisme maritime et l’extraction de ressortissants ; Commando Hubert (création en 1948, en l'honneur d'Augustin Hubert), spécialisé dans l'action sous-marine avec ses nageurs de combat et le contre-terrorisme maritime ; Commando de Montfort (création en 1947, en l'honneur de Louis de Montfort), actuellement spécialisé dans l'appui et la destruction à distance ; Commando de Penfentenyo (création en 1947, en l'honneur de Alain de Penfentenyo de Kervéréguin), actuellement spécialisé dans la reconnaissance de sites et d'installations maritimes et dans le renseignement tactique en vue de la préparation d'une opération ; Commando Kieffer spécialisé dans la guerre électronique et cynophile recherche d'explosif et appui.

En 2015, ces sept commandos ont un effectif total d'environ .

Un huitième commando, François, créé en , en l'honneur du lieutenant de vaisseau Jacques François, mort au Tonkin à la tête de sa flottille amphibie, est mis en disponibilité armé en 1952.

Le début de la guerre d’Indochine apporte quelques modifications : deux commandos classiques (Trépel et de Penfentenyo) et un commando parachutiste (Hubert) seront embarqués et serviront soit en Métropole, soit en Afrique française du Nord (AFN), ils dépendent du commandement de la région maritime d'où ils opèrent. Trois commandos (Jaubert qui est déjà sur ce théâtre d'opération sous le nom de compagnie Merlet depuis , prend le nom de compagnie Jaubert le avant de monter au Tonkin et deviendra administrativement le commando Jaubert au – François – de Montfort) affectés en Indochine doivent servir sur les dinassauts, deux commandos servent en Cochinchine, le au Tonkin (provisoirement).

Ils sont les héritiers de plusieurs formations combattantes françaises dont l'histoire est plus ancienne et remonte à la Seconde Guerre mondiale :

le de fusiliers marins commandos qui a été constitué durant la Seconde Guerre mondiale en Grande-Bretagne, sur le modèle des commandos britanniques de l'Armée à partir de volontaires de toutes armes et armés regroupés au Royaume-Uni. Le est la seule unité française à avoir participé au débarquement de Normandie dès le premier jour. Le 6 juin 1944, ils sont français à débarquer sur la plage Sword à Colleville-Montgomery, sous les ordres du capitaine de corvette Kieffer. Le symbole associé à l'action de ces hommes est dominant dans l'histoire connue des commandos marine, particulièrement mis à l'honneur lors des cérémonies commémoratives du anniversaire du débarquement, le à Ouistreham ;

la compagnie Merlet qui prendra ensuite le nom de compagnie Jaubert avant de devenir un commando marine sous le nom de commando Jaubert en Indochine ; le SAS B du commandant Ponchardier (unité dissoute en 1946).

Ces trois formations ont contribué, chacune de manière différente, à constituer ce que sont aujourd'hui les commandos marine. Le de fusiliers marins commandos, démobilisé à la fin de la en a forgé l'esprit. Certains de ses vétérans serviront ensuite comme cadres pour la formation des premiers commandos au centre Siroco.

La compagnie Merlet devenue compagnie Jaubert était une unité du type « commando » qui opérait déjà en Indochine lorsque la décision de création des commandos marine fut prise. Elle devint commando Jaubert et intégra en son sein les premiers brevetés du centre Siroco (588 EM1/Org du ).

Le SAS B ou commando Ponchardier (et plus particulièrement le SAS B1) a attiré des militaires qui ont profité de la vision avant-gardiste du capitaine de corvette Pierre Ponchardier en matière d'opérations spéciales et de contre-insurrection. Cette doctrine et ces procédures seront reprises et développées par les commandos marine durant les guerres en Indochine et d'Algérie.

Le centre Siroco À partir de 1943, un centre de formation de la Marine pour toutes les spécialités fonctionne provisoirement au cap Matifou (département d'Alger) dans les bâtiments et installations d'un ancien chantier de jeunesse du nom de centre de Siroco qui lui restera. Au cours de l'été 1945, les diverses spécialités ayant été renvoyées en métropole, les fusiliers marins prennent possession du centre et l'école s'y installe sous le commandement du capitaine de frégate Cornuault.

En 1946, l'état-major de la Marine décide la création d'une formation de fusiliers marins commandos (arrêté du ), l'essentiel de ces dispositions est d'ajouter à l'École des fusiliers : un cours de certificat commando ; un cours de certificat amphibie.

Cet arrêté réorganise la spécialité de fusilier qui comprendra désormais des gradés et marins fusiliers ayant suivi un stage de formation commando. Le rapport qui accompagne cet arrêté précise que ces commandos doivent constituer une force de débarquement embarquée.

Le cours commando reprend le des commandos britanniques du camp écossais d'Achnacarry. L’officier des équipages Lofi, héros du , qui dirige l’instruction est secondé par du personnel britannique.

Entre novembre 1946 et janvier 1948, six commandos sont constitués : le commando Jaubert, le commando de Montfort, le commando François, le commando Trépel, le commando de Penfentenyo et le commando Hubert. Tous portent le nom d'officiers morts au combat lors du récent conflit mondial ou en Indochine.