vignette|La façade du palais des Gouverneurs, Piazza di A Corte à Bastia vignette|Le palais des Gouverneurs vignette|La cour intérieure du palais Le musée de Bastia est situé dans le quartier de la citadelle de Bastia, dans les locaux de l'ancien palais des Gouverneurs génois. C'est un musée municipal, basé sur l'histoire de la ville de Bastia. Des expositions temporaires sont organisées chaque année.
Le palais
Le palais des Gouverneurs, en corse Palazzu di i Guvernatori est un monument historique de la ville de Bastia, au cœur du quartier historique de la citadelle. Il a été lieu de résidence des gouverneurs génois, caserne militaire et aujourd'hui musée. centré|vignette|400x400px|La façade sud du palais des Gouverneurs La première fortification date de l'année 1380, lorsque le gouverneur génois Leonello Lomellini fait bâtir sur un promontoire rocheux près de l'anse de Ficaghjola et de la marine de pêcheurs de Portu Cardu une modeste fortification, appelée la bastia ou castello della bastia. Mais ce n'est qu'un siècle après sa création que la tour initiale devient lieu de résidence des gouverneurs. Le palais abritait les appartements du gouverneur. Il lui servait de lieu principal de résidence. Il était aussi le siège de la cour de justice. On trouvait une caserne pour les soldats, plusieurs chapelles. Les sous-sols abritaient des prisons particulièrement insalubres. On trouvait également plusieurs citernes pour le ravitailler en eau.
Histoire du musée vignette|Buste du chanoine Lucien Auguste Letteron par le sculpteur Jean-Mathieu Pekle (1932) La création d'un musée municipal date du début du . L'idée revient à un certain nombre d'érudits bastiais, groupés autour du chanoine Letteron (fondateur en 1879 de la Société des sciences historiques et naturelles de la Corse).
Le premier musée est inauguré le . Il est alors installé à côté de la bibliothèque, dans les salles de l'actuel théâtre. Trop à l'étroit, il est transféré en 1922 dans l'ancienne chapelle du couvent des Missionnaires lazaristes, rue Neuve-Saint-Roch.
Presque l'intégralité de ses collections furent pillées pendant la seconde guerre mondiale. Après les bombardements de 1943, on ne put retrouver que .
Ce n'est qu'après-guerre que le musée intégra les locaux du palais des Gouverneurs. Laissé à l'abandon par l'armée, le palais fut mis à disposition de la municipalité bastiaise en 1952 pour y entreposer les collections de son musée. Puis il fut cédé par l'État à la ville en 1990. La façade et les toitures sont classées depuis 1977.
De 1952 à 1998 le musée fut consacré à l'ethnographie corse. Avec l'ouverture du Musée de la Corse à Corte en 1997, consacré à l'anthropologie régionale, le musée se recentre sur l'histoire de la ville. Il rouvre ses portes en 2010.
Aujourd'hui on peut également visiter certaines cellules de prison, ainsi que deux des citernes du palais des Gouverneurs.
Les collections La thématique du musée de Bastia est celle de l'histoire de la ville, replacée dans l'histoire de la Corse. Trois axes s'en détachent : l'histoire urbaine de Bastia, Bastia comme centre des pouvoirs (génois, anglo-corse puis français), et enfin les collections Fesch et Carlini. centré|vignette|400x400px|Salle du musée de Bastia|alt=
Introduction
Salle A : La Corse antique La première salle est consacrée à la Corse à l'Antiquité et aux vestiges laissés par les Etrusques, Grecs de Phocée, Carthaginois et Romains. centré|vignette|521x521px|Céramique à figures rouges, cratère trouvé à Aleria, centré|vignette|Vas étrusque, centré|vignette|400x400px|Stèle funéraire romaine trouvée à Luri,
Salle B : La Corse médiévale Cette petite salle présente succinctement la situation de la Corse de la chute de l'Empire Romain à l'installation pisane puis génoise en Corse. centré|vignette|400x400px|Fragment de corniche provenant de l'église San Cisariu de Rapale, .
L’histoire urbaine de Bastia Les premières salles sont consacrées à l'histoire urbaine de Bastia. On peut suivre son évolution à travers le temps à travers une série d'œuvres d'art représentant la ville à diverses époques. On y découvre notamment l'influence génoise dans l'urbanisme et l'architecture.
salle 1 : Bastia, archétype des villes littorales corses Bastia n'est qu'un petit port de pêcheurs avant l'arrivée des Génois. Il faut attendre les années 1378-1380 pour que Leonello Lomellini, commerçant ligure, fasse ériger une fortification, appelée la Bastita puis la Bastia à l'emplacement de l'actuelle Citadelle. Bastia est née. Elle se compose d'une ville haute, Terra Nova, opposée à la ville basse, plus ancienne, Terra Vechja. centré|vignette|400x400px|Maquette de la ville de Bastia : Terra Nova et Terra Vechja centré|vignette|400x400px|Vue de Bastia depuis Toga, de Louis-Auguste Lapito (1844) centré|vignette|400x400px|Vue de Bastia, Michel Storelli, 1863 centré|vignette|400x400px|Plaque provenant de la fontaine de Ficaghjola, 1488. Elle mentionne le nom du gouverneur génois de l'époque, Raffaello Grimaldi. centré|vignette|429x429px|Plaque de fontaine datée de 1514, située rue du Colle à Bastia. L'inscription fait référence au gouverneur Francesco Salvago. On peut y voir saint Georges, patron de Gênes, terrassant le démon. centré|vignette|400x400px|Vue de Bastia, Lucien Peri, moitié du , musée de Bastia
salle 2 : Les cœurs de Bastia, Terra Vechja et Terra Nova La ville de Bastia s'articule autour des deux quartiers de Terra Nova, ville haute ceinturée par les remparts de la Citadelle, et Terra Vechja, la ville basse, ville ouverte avec son port. Dès la fin du , ces deux entités deviennent emblématiques de l'identité de Bastia. Ils ont été immortalisés par quantité d'artistes corses, français et étrangers. centré|vignette|400x400px|Bastia, lithographie de Bourgeois de Mercey, 1860 centré|vignette|511x511px|Rue de Bastia, Albert Gillio, moitié du centré|vignette|Vue du Vieux-Port de Bastia, Albert Gillio, quart du
salle 3 : Images d’une ville corse On peut voir dans cette salle plusieurs œuvres représentant Bastia, comme les tableaux du peintre Albert Gillio (1892-1964).
salle 4 : Une ville marquée par l'influence ligure Fondée par les Génois à la fin du , Bastia reste profondément marquée par l'architecture ligure. Les maisons du Vieux-Port et de la Citadelle en portent encore la trace, comme l'utilisation de l'ardoise noire importée de la région de Lavagna, ou les décors des portails, typiques de la région de Gênes. centré|vignette|400x400px|Linteau en ardoise de Lavagna provenant de La Casetta, maison située à La Citadelle centré|vignette|570x570px|Portail de la maison de la famille Levanto, située dans le quartier du Vieux-Port à Bastia, daté de 1618. centré|vignette|400x400px|Fontaine en marbre aux armes de la famille de Zerbi, à Bastia,
salle 5 : Un mode de vie urbain italien De la fin du au début du , Bastia est l'exemple d'une ville marquée par l'influence italienne. Ville faisant partie du Dominio génois mais tournée vers la Toscane voisine, elle voit se développer une notabilité fortement marquée par l'Italie. C'est l'époque où les jeunes Corses vont se former dans les universités de Pise, Rome ou Bologne.
Cette salle présente mobilier et objets trouvés à Bastia et qui proviennent d'ateliers italiens. centré|vignette|400x400px|Faïence ligure (Gênes et Albisola) et toscane (Montelupo), du .
Bastia comme centre des pouvoirs Les salles situées à l'étage sont consacrées à la place de Bastia comme centre des pouvoirs. Bastia était la capitale de la Corse à l'époque génoise, et le palais était la résidence du gouverneur de la Corse. Les salles suivantes nous montrent la place de Bastia dans les révolutions de Corse, puis à la francisation sous la Révolution puis l'Empire.
salle 6 : Bastia, capitale de la Corse génoise Au , Gênes prend le contrôle de la Corse. La Sérénissime République est à cette époque une puissance incontournable en Méditerranée, qui possède de nombreux territoires : c'est le Dominio génois. À partir de 1562 et jusqu'en 1769, Bastia devient le siège du pouvoir génois. Recruté parmi la noblesse génoise, le Governatore a des pouvoirs considérables. Il veille à l'application d'une législation particulière à la Corse : les Statuti civili e criminali. La population corse est représentée par des notables, les "Nobles Douze" et les "Nobles Six". À partir de 1637, les Génois érigent la Corse en royaume, le Regno di Corsica, dont Bastia devient la capitale. La Corse occupait donc une place particulière au sein du dominio génois. Au début du , des tensions font face. Elles conduiront à la rupture avec Gênes : c'est la guerre de 40 ans (1729-1769).
centré|vignette|Dédicace au gouverneur Camillo Moneglia, 1619-1620|400x400pxLe portrait du doge Luca Giustiniani est un tableau réalisé par le peintre hollandais Cornelis de Wael (1592-1667). L'œuvre a été réalisée entre 1644 et 1646. Le doge est représenté en tenue d'apparat : le manteau d'hermine, le pourpre et l'or, mais surtout le sceptre et la couronne nous montrent que le Doge est représenté en tant que roi de Corse. À l'arrière-plan on peut voir les armes de la famille Giustiniani. Ce qui fait dire au directeur du musée de Bastia, Sylvain Gregori : "Dans ce tableau, Luca Giustiniani est en effet représenté en Doge de la République de Gênes mais aussi en roi de Corse comme en témoignent les attributs que sont la couronne, le sceptre et le manteau d’hermine. Ce qui nous permet d’évoquer une partie méconnue de l’histoire de l’île et de mettre en exergue, sous un jour nouveau, les relations de la Corse avec ses territoires périphériques italiens et principalement la Ligurie. Auparavant, Luca Giustiniani lui-même a vécu dans le Palais des gouverneurs puisqu’il a été également commissaire extraordinaire."centré|vignette|625x625px|Portrait du doge Luca Giustiniani attribué à Cornelis de Wael (), qui portrait le titre de roi de Corse
salle 7 : Les élites bastiaises à la période moderne Lors du passage de la Corse sous la souveraineté génoise, on assiste à une forte immigration ligure dans une île peu peuplée. Dès sa création, Bastia est alors une ville ouverte aux populations corses et génoises. Une véritable mixité se fait jour. Cette intégration se retrouve au sein des élites insulaires. Les grandes familles corses voient leur pouvoir confirmé par l'administration génoise. Les Corses qui démontrent leur attachement à la république de Gênes bénéficient de privilèges (droit au port d'arme, postes dans l'armée ou l'administration etc.). Toutefois, certaines charges sont refusées par le pouvoir génois, ce qui entraine une émigration de la noblesse insulaire. Certaines familles se mettent au service de princes ou d'état étrangers sans rompre avec leurs attaches insulaires.
salle 8 : Guerres et révolutions au Le est une période troublée en Corse. À partir de 1729 plusieurs révoltes se déclarent contre Gênes. La république fait alors appel à l'aide de l'Autriche puis de la France qui ne réussiront pas à faire revenir la paix. Ces révoltes conduiront à la création d'un état corse indépendant en 1755, sous l'égide de Pascal Paoli. Corte devient alors la capitale de la Corse. Mais en 1769 après une conquête militaire la France s'impose en Corse. Paoli est contraint à l'exil à Londres. En 1794, à sa demande, les anglais interviendront en Corse. C'est l'époque de l'éphémère Royaume anglo-corse (1794-1796).
salle 9 : Le Premier Empire ou le début de la francisation
salle 10 : Bastia, cità marittima centré|vignette|Coffre de marin du Cap-Corse|400x400px centré|vignette|490x490px|Vue du Vieux-Port de Bastia, Léon Charles Canniccioni, 1938
salle 11 : Bastia, une révolution industrielle méditerranéenne
salle 12 : L’influence génoise dans l’art religieux corse