Le lycée Saint-Louis-de-Gonzague (parfois abrégé en SLG) est un établissement d'enseignement privé catholique sous contrat d'association avec l'État, communément appelé « Franklin » en référence à la rue où il est situé, dans le de Paris. Fondé en 1894, il est placé sous la tutelle des Jésuites et assure un enseignement allant de la maternelle aux classes préparatoires. Réputé pour son excellence académique, il est régulièrement classé comme meilleur lycée de France pour ses résultats au baccalauréat.

Localisation L'établissement, implanté dans le de Paris, est réparti sur deux sites, distants d'environ : le site du « petit collège » (école primaire), dont l'entrée se trouve au 15, rue Louis-David. ; le site du « grand collège » (collège, lycée et classes préparatoires), d'une surface de , dont l'entrée principale est située au 12, rue Benjamin-Franklin...

Le lycée est desservi par la ligne 6 du métro de Paris aux stations Passy et Trocadéro, ainsi que par la ligne 9 à la même station Trocadéro.

Sa localisation géographique et son excellence académique font que le lycée est essentiellement fréquenté par des enfants de familles . .. La sociologie de Saint-Louis-de-Gonzague a été notamment étudiée par le sociologue Jean-Pierre Faguer. L'établissement est également mentionné par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dans leur travail sur la bourgeoisie et la reproduction des élites..

Histoire Dénomination

L'établissement doit son nom à Louis de Gonzague (1568-1591), étudiant jésuite italien mort au service des pestiférés à l'âge de vingt-trois ans. Reconnu saint par l'Église en 1726, il est le saint patron de la jeunesse catholique et des personnes atteintes du sida.

L'établissement reprend sur son blason les armes de la famille de Gonzague.

Au-delà de son appellation officielle, l'établissement est connu sous le nom de « Franklin » en raison de sa localisation rue Franklin (devenue la rue Benjamin-Franklin en 1988)..

Chronologie

vignette|left|Une classe des débuts du collège, vers 1900. Le lycée Saint-Louis-de-Gonzague est fondé par les jésuites en 1894 sous le nom de « Petit Externat du Trocadéro ». Il s'installe au de la rue Franklin, dans des locaux jusqu'alors occupés par l'école Saint-Charles-d'Iéna., établissement rattaché au collège des Chartreux de Lyon. Trois collèges jésuites déjà implantés à Paris s'associent pour cette acquisition. Le nouvel établissement doit en accueillant des enfants de la dixième à la sixième...

Le Petit Externat est inauguré le , alors que l'Ouest parisien s'urbanise peu à peu. Il est initialement dirigé par le père Barbier, recteur du collège de la rue de Madrid. À la rentrée 1895, le collège compte ; en trois ans, les effectifs passent à .

Dernier ouvert des établissements jésuites de la capitale, il reste le seul après la fermeture des collèges des rues de Madrid et de Vaugirard. Il s'agrandit progressivement grâce à des opérations immobilières menées dans le voisinage immédiat et à l'ouverture de classes de niveaux supérieurs.

L'établissement a alors pour voisin Georges Clemenceau., qui habite au de la rue Franklin à partir de 1896, et dont l'appartement deviendra le musée Clemenceau après sa mort..

vignette|Une entrée latérale du lycée surmontée de l'inscription « Externat Saint Louis de Gonzague ». Bien qu'affecté par les politiques d'expulsion des congrégations religieuses au début du , Franklin poursuit son développement et ouvre tout de même des classes sans autorisation. En 1920, l'établissement compte . La même année, une association amicale regroupant les anciens élèves est créée.

En 1923, Franklin subit la menace d'une mise en vente consécutive aux différents procès perdus depuis les lois anticléricales. Sous l'autorité du nouveau recteur, le père de La Chapelle, les bâtiments sont rachetés par la Société immobilière de Passy, détenue par les jésuites.

À l'initiative de son directeur, le père François Berlier de Vauplane, l'établissement est reconstruit entre 1933 et 1935 par l'architecte Henri Viollet. Au sein de ce nouvel ensemble de style Art déco., se trouve notamment une chapelle de . réalisée en béton armé, dont le chœur est décoré d'une fresque représentant les principaux épisodes de la vie de saint Louis de Gonzague. Œuvre d'Henri de Maistre, directeur des Ateliers d'art sacré, cette fresque est inscrite en 1993 à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.. En 1935, à l'inauguration de la chapelle, huit plaques de marbre sont apposées en mémoire des anciens élèves morts pour la France lors de la Première Guerre mondiale ; sont également gravés les noms d'anciens élèves du collège jésuite de la rue de Madrid, entre-temps fermé..

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le père Arlot puis le père Datin assurent la gestion de l'établissement. Durant cette période, les effectifs sont fluctuants, les cours sont assurés dans les caves de la rue Franklin ou de la rue Le Tasse, et un internat est ouvert au château de Baville. En 1942, le père Datin acquiert une propriété rue Louis-David pour y ouvrir le « petit collège » (école primaire, équivalent d’un « petit lycée »). À la fin de la guerre, en 1945, Franklin compte .

Après-guerre, Franklin se laïcise progressivement, avec une diminution du nombre de religieux dans l'équipe éducative : alors qu'en 1956 on compte pour laïcs, il n'y a plus que pour en 1978. En 1969, un laïc est pour la première fois nommé préfet du collège.

L'établissement se féminise aussi peu à peu. En 1968, une femme, , est nommée directrice du petit collège. En 1980, Franklin s'ouvre à la mixité pour les élèves. En 1990, Françoise Bouissou devient la première femme à diriger l'établissement. Les promotions du lycée deviennent mixtes à partir de 1992.

Les classes préparatoires ECE voient le jour sous la direction du père Célier en 1986, et dans les années 1990, de nombreux travaux sont effectués au petit et grand collèges pour répondre à un accroissement des effectifs.

Depuis 2012, sous la direction de Laurent Poupart, de nouveaux travaux sont menés pour rénover et agrandir l'établissement. En particulier, un nouveau bâtiment de est construit pour les classes préparatoires. et ouvre en . L'ancien bâtiment, rénové, accueille à partir de le centre Laennec, institution jésuite indépendante du lycée et ses étudiants en médecine, jusqu'alors situé rue d'Assas. Ce rapprochement vise à créer « un pôle éducatif et pédagogique jésuite » à Paris..

En 2021, sont engagés des travaux de rénovation de la chapelle confiés aux architectes Jean-Marie Duthilleul et Benoît Ferré ainsi qu'à l'artiste Patrick Rimoux, et partiellement financés par la Fondation du patrimoine... La chapelle rénovée est le cadre d'une messe de dédicace de son nouvel autel, rassemblant huit cents personnes le .

Curiosités vignette|L'une des cours de récréation des collégiens (ici en hiver), située sur le toit du bâtiment « Madrid ». Les bâtiments du grand collège sont construits sur d'anciennes carrières en piliers maçonnés, les carrières de Chaillot, autrefois utilisées comme champignonnières.. L'une des cours de récréation du grand collège est située sur les toits, offrant une vue directe sur la tour Eiffel. Elle sert aussi de terrain de sport. On aperçoit furtivement la structure métallique qui surplombe la cour dans Que la bête meure, film de Claude Chabrol, lors d'un plan en contre-plongée depuis le bas des escaliers qui ferment l'avenue de CamoënsVers la fin du premier tiers du film, lorsque Charles se rend à Paris pour retrouver l'actrice qui était dans la voiture qui a renversé son fils.. En 1960, le général de Gaulle demande personnellement à adhérer à l'association des anciens élèves de Franklin, sans pourtant jamais avoir été élève de l'établissement. En effet, la fermeture du collège jésuite de la rue de Vaugirard, où Charles de Gaulle a été élève de 1901 à 1906, a conduit à la fusion de l'association des anciens élèves avec celle de Franklin.

Organisation Statut Saint-Louis-de-Gonzague est un établissement d'enseignement privé sous contrat d'association avec l'État. Son fonctionnement est assuré par l'Association Saint Louis de Gonzague (ASLG), composée d'enseignants, de pères jésuites et de parents d'élèves. Une association distincte, l'Association immobilière de Passy (AIP), est propriétaire des locaux. Ces deux entités sont contrôlées par la Compagnie de Jésus au travers de l'association Ignace de Loyola Éducation, qui coordonne la gestion des établissements jésuites en France..

La direction générale de l'établissement est assurée par Jérôme Widemann depuis 2024. et anciennement par Laurent Poupart (2011-2024).

Effectifs vignette|L'entrée du « petit collège », située au de la rue Louis-David. En 2017, Franklin compte et environ , tous niveaux confondus.. Les classes, qui vont de la petite section de maternelle aux classes préparatoires, sont désignées par leurs appellations historiques à partir de la grande section : douzième, onzième, dixième jusqu'à première et terminale.

Le primaire, appelé « petit collège » ou « petit Franklin », compte quatre classes de maternelle (dont deux de douzième) et quinze classes d'élémentaire (trois par niveau). Par ailleurs, depuis 2013, une classe de maternelle adaptée aux troubles envahissants du développement, dite « classe Soleil », scolarise six enfants autistes âgés de , avec un accompagnateur par enfant.. Financée par la fondation Jes-Franklin, la fondation Perce-Neige et des familles, elle est issue d'un partenariat avec l'hôpital Robert-Debré« Collèges et lycées privés sous contrat », Paris 16 Le Mag, magazine d'information de la mairie du 16 arrondissement, n°5, avril 2021, p. 20-21.. Le petit collège a son propre directeur, actuellement Françoise Llanos.

Le collège compte (six par niveau) pour environ .. Chaque niveau est dirigé par un préfet des études, équivalent d'un conseiller principal d'éducation.

Le lycée compte quinze classes (cinq par niveau) pour environ .. Le préfet des études des classes de seconde est le même que celui des classes de troisième. En première et en terminale, la direction se fait par filière : un préfet pour la filière scientifique (S), un autre pour la filière économique et sociale (ES).

Les classes préparatoires économiques et commerciales (ECE) sont au nombre de deux par niveau, pour environ .

Pédagogie La pédagogie de l'établissement repose sur le , nom latin qui désigne la recherche de l'excellence dans la tradition ignacienne. Cela se traduit par de fortes exigences académiques, mais aussi par une forte incitation au développement personnel et au service envers les autres. Cette pédagogie est résumée dans la devise de l'école : « Des hommes et des femmes avec et pour les autres ».

Sur le plan académique, l'accent est notamment mis sur l'apprentissage des langues vivantes. Dans ce cadre, Franklin propose des échanges internationaux au travers de 22 jumelages avec des établissements étrangers..

Sur le plan périscolaire, l'établissement dispose d'un chœur (la maîtrise Saint-Louis-de-Gonzague, anciennement appelée Petits Chanteurs de Chaillot) qui vise à former des « amateurs de haut niveau ». ; l'ensemble a donné des concerts en France, en Europe et aux États-Unis. Franklin possède également plusieurs équipes sportives évoluant en compétitions régionales : rugby à XV, basket-ball, tennis de table, badmintonSur le site zomobo.net.Sur le site udb.unss.org.Sur le site udb.unss.org.Sur le site udb.unss.org..

En classe de première, les élèves doivent participer à un projet d'action sociale (« PAS ») auprès d'associations partenaires, où ils s'investissent dans le soutien scolaire, l'alphabétisation de réfugiés ou l'aide aux personnes handicapées.

Résultats académiques Dès le début du , le lycée Saint-Louis-de-Gonzague est remarqué pour son excellence académique. Au début du , il figure régulièrement parmi les meilleurs établissements de France pour ses résultats aux examens et concours.