vignette|427x427px|L'empereur Constantin brûlant les livres hérétiques ariens (MS CLXV, Biblioteca Capitolare, Vercelli, v. 825). L’histoire de la littérature latine commence traditionnellement vers 240 av. J.-C., avec la première représentation d'une fabula par Livius Andronicus, et continue jusqu'à nos jours bien que devenue très marginale à partir du .
Subdivisions La littérature latine est généralement divisée en ces périodes :
période des origines, de 753 av J.- C. (fondation de RomeSelon Marcus Terentius Varro.) à 241 a. C. (fin de la première guerre punique entre Rome et Carthage) ; période archaïque, de 241 av J.-C. à 78 av. J.-C. (mort de Sylla) ; période dorée ou classique ou transition de la République à l'Empire, du 78 av.J.- C. à 14 J. C. (mort d'Auguste); cette période est à son tour divisée en : Période cicéronienne ou âge de César, à partir de 78 av. J. -C. à 31 av J.-C. (bataille d'Actium) ; Période augustéenne, du 30 av. J.-C. à 14 J. C ; période impériale ou argentée ou post-classique, de 14 à 550 (législation de Justinien) ; cette période est à son tour divisée en : âge du Haut Empire, de 14 à 117 (mort de Trajan) à 192 (mort de Commode) ; âge du Bas Empire, de 192 à 395 (mort de Théodose et scission de l'Empire) ; âge de la division en deux Empires et fin de l'Ouest, de 395 à 550 ; Littérature chrétienne, du ; littérature latine médiévale ; littérature latine humaniste ; période de la Contre-Réforme, du ; littérature latine moderne et contemporaine, du à nos jours.
Origines vignette|Le lapis niger . La culture latine est classiquement divisée en deux phases principales: une phase antérieure à l'influence grecque, qui a commencé avec le siège de Tarente (272 av. J.-C.), et une autre phase postérieure à cet événementEttore Paratore, Plauto, 1962, 2.. Cependant, la civilisation romaine, même si elle est placée dans une zone marginale par rapport aux Balkans et aux Îles Égéennes, a été culturellement influencée par les Grecs depuis sa naissance : la civilisation grecque, en fait, a maintenu la domination culturelle sur une grande partie de la péninsule italienne et influencé les Étrusques sous divers aspects, une population italique qui dominait politiquement le centre de la péninsule.
Les cinq premiers siècles de l'histoire romaine ont été caractérisés par la conquête de l'Italie centrale et méridionale, par la création d'institutions politiques, religieuses et judiciaires mais aussi par une production littéraire anonyme transmise oralement, à des fins pratiques et occasionnelles : pour cette raison, elle est qualifiée comme étant une période "pré-littéraire" .
Cette production se compose de formes poétiques sommaires, sans aucune intention littéraire, écrites en latin "brut et primitif" ; leur importance est due à l'influence qu'ils ont exercée sur la littérature ultérieure, en particulier dans certains domaines comme le théâtre, l'oratoire et l' historiographie.
Période archaïque La naissance de la littérature, selon le témoignage de Cicéron, doit être fixée à 240 av. J.-C., l'année où «Livius primus fabulam docuit», un esclave tarentin du nom Livius Andronicus a commencé sa production théâtrale. Le poète Horace (65 a. C. - 8 a. C.) décrit le moment légendaire du passage d'un âge pré-littéraire à un âge d'or des lettres grâce à l'influence grecque dans une citation devenue célèbre :
La littérature latine ne pouvait, de fait, naître que lorsque Rome avait pris le dessus sur toute la péninsule d'Italie, et ainsi sur de nombreuses villes de Grande-Grèce, qui furent incorporées avec leur culture hellénistique (voir Guerre de Pyrrhus en Italie). En effet, les formes de la littérature latine sont, à la comparaison, pour la plupart dérivées de celle des Grecs par processus dimitatio (imitation), aemulatio (désir de surpasser) et retractatio (réécriture).
Les inscriptions romaines les plus anciennes qui nous sont parvenues proviennent essentiellement du Lapis niger, partie d'une base circulaire d'un temple consacré à Vulcain découvert en 1899 avec des inscriptions qui semblent être une formule de malédiction pour ceux qui ont violé le temple et en même temps une annonce qui invitait les passants à libérer les bœufs du joug dès que le héraut lui avait ordonné de servir les prêtres, car c'était considéré comme un mauvais augure de rencontrer une paire de bœufs sous joug (Cicéron, De divinatione II, 77). Puis le Lapis Satricanus, trouvé en 1977 dans la ville latine de Satricum - d'où son nom - support d'une dédicace d'un don votif à Mars portant le nom de Publicola ("les compagnons de Publius Valerius dédié à Mars"), probablement le Publicola qui fut « consul suffect » en 509 à la place de Collatin dans la mesure où l'inscription remonte au ; le vase de Duenos, de type bucchero, datant également du qui se compose de trois récipients ronds sur lesquels il y a des inscriptions qui semblent être les instructions pour l'utilisation du contenu du vase, un philtre d'amour, disant qu'il permettra à l'acheteur d'entrer dans les bonnes grâces d'une fille qui, auparavant, ne faisait pas preuve de gentillesse envers lui mais également avertissant de faire un mauvais usage du philtre (« Duenos » est la variante en Latin archaïque de « bonus », de sorte que l'expression «duenos me feced» doit être comprise comme «il a fait de moi un homme honnête»).
Enfin la Cista Ficoroni, boîte à bijoux cylindrique en bronze ciselée de scènes mythologiques, avec une inscription qui révélait le nom de l'artisan, Novios Plautios, et le fait que cet objet fut offert par une matrone du nom «Dindia Macolnia» à sa fille.
Parmi les premiers documents officiels de la culture latine, il y a principalement des textes liés au ius romanus (le droit romain) : dans le lapis niger, datable du milieu du , il fait référence à une ordonnance de nature sacrée émise par un roi, justement comme preuve d'un usage de l'écriture à cette fin déjà à l'époque archaïque et pré-littéraire. Le premier recueil de normes royales est le ius Papirianum, du nom de Gaius Papirius. Les premiers documents concernant les traités avec d'autres peuples datent de la même période, qui ne nous sont pas parvenus si l'on exclut la traduction du traité de Rome avec Carthage de 508 av. C. de Polybe. Une véritable publication plus systématique des normes juridiques a lieu en 451-450 av. C. avec les Douze Tables, dont le contenu était mémorisé dans les écoles et qui ont été le point de départ de toute la législation romaine. La plupart des documents officiels ont été rédigés par les pontifes : ils ont édité le libri magistratuum (d'où proviennent les fasti consulares, les listes des consuls), les livres pontificaux, les tabulae dealbatae (des tableaux blancs dans lesquels les noms des consuls et autres magistrats avec les faits les plus significatifs et les dates relatives), les annales (les chroniques des tabulae dealbatae (tablettes blanches en cire) archivées à la fin de l'année), les calendriers (appelés «fastes»), importants car ils ont marqué la vie sociale par leur division en jours fastes et néfastes et avec les jours consacrés aux festivités en l'honneur des dieux, et le commentarius, un brouillon de narration historique plus détaillé que les annales.
La consultation de ces documents, à l'exception des tabulae dealbatae qui étaient publiquement exposées, restait à la discrétion des pontifes. Parmi les exceptions, l'une fut la décision du pontife P. Mucius Scaevola qui, au deuxième siècle av. J.-C., disposait jusque-là du matériel d'archives transcrit en quatre-vingts livres, œuvre qui prit le nom d'''Annales maximi. L'écriture était également liée à l'art oratoire politique. Cicéron lui-même considère Brutus, cofondateur de la République, comme premier représentant de cet art oratoire, mais aussi de l'art oratoire dit funèbre (ou funéraire), qui faisait partie intégrante d'un rite complexe qui servait à valoriser l'image du défunt.
Dans le domaine de la poésie, nous distinguons deux formes de manifestations poétiques : carmen Saliare et carmen Arvale, et tous deux sont étroitement liées au culte des divinités. Le premier tire son nom du collège des Salii (les Saliens), créé et transmis par Numa Pompilius lorsque, après la chute d'un bouclier de bronze du ciel interprété comme un présage favorable pour la ville, il décida de la protéger en en faisant réaliser onze répliques en les confiant aux Saliens, anciens prêtres de Mars et d'Hercule. Le nom Salii dérive du latin « salio », « sauter », en référence à leur danse, appelée « tripudium », combinée à une prière qui nous est parvenue fragmentairement à travers des citations de grammairiens. L'origine du second semble être liée à Romulus, qui se serait appelé lui-même et ses frères fratres Arvales, le nom du collège qui était consacré au culte de la déesse Dia, la terre fertile : le texte des cérémonies célébrées en 218 av. J.C. gravé sur pierre et retrouvé montre le texte de la prière principale, écrit en vers saturniens, un mètre poétique indigène typique de la versification romaine et par ailleurs assez mal connu.
Période classique L'âge d'or, également appelée « classique » ou de «transition» (de la République à l'Empire), dure de 78 av. J.-C. à 14 ap. J.-C. et est parfois divisée en « période cicéronienne » (ou « âge césarien ») et « période augustéenne ».
Période cicéronienne ou Aetas Caesaris La mort du dictateur Sylla en 78 a.v J.-C est l'événement traumatique qui semble clore une époque historique pour en ouvrir une autre, d'abord caractérisée par le déchaînement de plus en plus systématique des guerres civiles entre optimates et populares, avec pour point d'orgue le conflit entre Octavien (futur Auguste) et Marc Antoine à Actium en 31 av. J.-C. Pendant ces troubles politiques émergèrent des figures notables de l'histoire romaine qui firent autorité dans la geste héroïque qui suivit : Sertorius, Spartacus, Mithridate, Lucullus, Catilina, Cicéron, Pompée le grand, Crassus et César, à la fois stratège, chef de guerre et écrivain loué par ses contemporains.
Marcus Terrentius Varro dit Varron, surnommé Rieti (116 a. C. - 27 a. C.), défini par Pétrarque comme la troisième grande lumière romaineTrionfo della Fama, III, 37-39. et par Quintilien comme vir Romanorum eruditissimus (l'homme le plus érudit parmi les Romains), représentait le plus grand équilibre de la civilisation romaine traditionnelle, basé sur l'observance stricte de mos maiorum ; il est également l'auteur d'une analyse de la société contemporaine, imprégnée d'événements politiques turbulents et de décadence morale, dans son œuvre la plus caractéristique, les 150 livres de Saturae Menippeae (satires ménippées). Varron fut, en tant qu'auteur, très éclectique : ses œuvres (environ 74 conservées sur 620 livres) peuvent être regroupées en œuvres historiques et antiquaires, œuvres d'histoire littéraire et linguistique, œuvres didactiques, œuvres de création artistique ; cependant, seulement quelques livres de De lingua latina et les trois livres de De re rustica nous sont parvenus.
L'avocat Marcus Tullius Cicero dit Cicéron (106 av. J.-C. - 43 av. J.-C), l'auteur dont cette période tire son nom, incarna par sa carrière sénatoriale, consulaire et artistique le parangon de l'homme de lettres engagé politiquement, ce qui lui valut un sort funeste lors de la dernière guerre civile. Il manifesta pour la défense de la tradition politique et culturelle de l'époque précédente une vivacité d'esprit en dessinant et en modernisant des idées et des théories de différents domaines de la civilisation hellénique, avec une nouvelle richesse de moyens expressifs. Considéré par ses contemporains comme le « roi du forum » et par Quintilien lexemplum (le modèle) qui a inspiré ceux qui ont étudié l'éloquenceQuintilien, Institutio Oratoria, X 1, 109-112., Cicéron est,
Œuvres notables
Chants et épigrammes (Catulle) Contre Verrès (Cicéron) Les Philippiques (Cicéron) Lettres à Atticus (Cicéron)