Réchid Saffet Atabinen ou Reşit Saffet Atabinen, né le à Constantinople et mort le dans la même ville (renommée officiellement Istanbul en 1930), est un haut fonctionnaire, diplomate et homme politique turc, journaliste, écrivain et conférencier.
Sa carrière traverse l'époque de la fin de l'Empire ottoman et de la mise en place de la République de Turquie.
Biographie
Jeunesse et études Il naît à Constantinople de mère française. Son grand père était médecin major dans la marine de guerre française tandis que son père, Saffet Bey Atabinen (1858-1939) était soliste et chef de la musique du Palais impérial de Constantinople, après avoir étudié la musique au conservatoire de Paris vers 1876 (avec le professeur Théodore Dubois.
Il suit ensuite sa formation au lycée Saint-Joseph de Constantinople (lycée franco-turc), puis à Paris, en 1902-1905, à l'École libre des sciences politiques, où il aurait été marqué intellectuellement par Hippolyte Taine et Albert SorelTémoignage de Saïd N. Duhani, dans le Bulletin du Touring Club de 1965, qui rend hommage à R. Saffet Atabinen.. Turc et parfaitement francophone à cette époque où la langue française est encore la langue diplomatique, il commence alors une carrière dans ce domaine.
Parcours professionnel
De 1906 à 1915, il est attaché au bureau de la Correspondance étrangère de la Turquie, à une époque où l'Empire est engagé défensivement dans de nombreuses négociations. De 1912 à 1920, il est directeur du cabinet des sept ministres des finances du gouvernement du sultan des Turcs (Sublime Porte).
À partir de 1916, il est le premier secrétaire de légation aux ambassades de Turquie à Bucarest, Washington, Téhéran et Madrid. En 1917, il devient membre chargé de l'indemnité du Conseil de l'État.
En 1922, il est secrétaire général de la délégation turque à la Conférence de la paix à Lausanne. L'année suivante, il devient conseiller à la Banque française des pays de l'Est.
De 1927 à 1934, il est député de Kocaeli.
Autres activités Parallèlement, il a été l'un des fondateurs en 1923 du et son premier président (1923-1965); enfin, il a été élu correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques (française) en 1959 (section histoire et géographie).
Il a été en outre : Président du comité national olympique (1933-1936) ; Membre du Conseil de la Ligue balkanique ; Membre fondateur de la Société d’histoire turque ; Président d’honneur-fondateur de l’Association culturelle franco-turque.
C'est un des concepteurs et premiers exécutants des politiques suivies par la Turquie kémaliste, après avoir travaillé avec les dirigeants de l'Ancien RégimeIl aurait collaboré directement avec le sous secrétaire aux Affaires Étrangères, Naoum Pacha, avec le ministre Tawfik Pacha et avec le Grand Vizir Damat Ferid Pacha, avant de devenir le collaborateur d'Ismet Inonu, en 1922/23. (Cf. témoignage de Said N. Duhani)..
Il a joué un rôle important probablement sur deux plans : Le plan de l'action politique et de la propagande, par l'affirmation du point de vue turc auprès de l'opinion européenne et pour contrer l'influence grecque, depuis les guerres balkaniques et jusqu'au réveil de la question chypriote, dans les années 50. Il a été l'avocat passionné et même véhément de la cause turque auprès de l'opinion occidentale insistant sur le passé commun qui lie l'ancienne Turquie, ottomane voire touranienne et une grande partie de l'Europe. L'âge venu, son activité s'est tournée vers l'histoireVoir son ouvrage : Esquisse d'une histoire rationnelle d'Atilla dans les Gaules. Il s'est fait aussi l'historien du mouvement kémaliste (en Turc) auquel il avait participé.. Le plan de l'action économique et financière, d'autre part. Il semble être l'un des promoteurs du développement de l'économie turque par le tourisme, dont il est l'un des organisateurs avec son touring club qui organise des rallyes, publie cartes routières et guides touristiques, participe à l'équipement des routes, promeut des écoles de langue et de guides interprètes. Il joue aussi un rôle d'influence par son journal financier.
En fin de compte il a été comme disent les Allemands un « Bruckenbauer », un passeur entre l'ouest (et la France en particulier) et la Turquie, entre le journalisme et la politique, le monde économique et la politique. Il renouvelle la vieille fonction de drogman de l'Empire Ottoman.
Publications 1906 : L'effort ottoman, Paris 1907 : L'agitation bulgare, Paris 1906-1911 : Mélanges littéraires et politiques, Constantinople, 3 vol. 1911 : Les Turcs de Perse, Budapest 1913 : Cours d’histoire des finances ottomanes (en turc) 1916 : Raisons de la Grande-guerre (en turc) 1918 : Lettres ouvertes à Clemenceau, Genève, 1918 1919 : Le prolétariat turc à la conférence socialiste internationale de Berne 1919 : Turcs et arméniens, 2 volumes, GenèveEn 1918 et 1919, il publie à Genève, sous le pseudonyme de Kara Schemsi deux textes : - Les Turcs et le panhellénisme (1918) et - L'Islam, les Turcs et la Société des Nations (1919), réimprimés par une université d'Isparta, en 1994, mais aussi : Turcs et Arméniens devant l'histoire, nouveaux témoignages russes et turcs sur les atrocités arméniennes de 1914 à 1918. Réfutation du mémoire de la délégation arménienne, Genève 1919, 62 p. (Ce dernier texte est lisible sur le site : https://louisville.edu/a-s/history/turks/turcs_et_armeniens.pdf . Le pseudonyme adopté n'est pas dénué de sens on pourrait le traduire par le parapluie ou protecteur de la terre (Karasemsiye qui se prononce Kara Schemsi en Français) Un Arménien, le Chéridjian a répondu au premier des textes concernant l'Arménie par un Riposte à la brochure de M Kara Schemsi... consultable en ligne. 1921 : L'occupation grecque de Smyrne 1927 : Bilan économique et financier de la Turquie, Ankara 1931 : Les anciens turcs en Europe (en turc) 1934 : La politique économique de la Turquie Kémaliste, Paris 1936 : Les caractéristiques de l'architecture turque, Paris 1936 : Les turcs disparus (en turc) 1938 : Études turco-italiennes Décembre 1940 : Lamartine, conférence à Istanbul pour le anniversaire de la naissance de Lamartine 1950 : Contributions turques à la sécurité et à la civilisation méditerranéennes 1950 : Pierre Loti, héroïque ami des Turcs 1952 : Recherches sur les origines de la légende de Troie (en turc) 1952 : Les apports turcs dans le peuplement et la civilisation de l'Europe orientale 1954 : Les Turcs à Constantinople du au siècle 1956 : Les Turcs occidentaux et la Méditerranée 1957 : The Cyprus Question Août 1957 : Lettre ouverte à Lord Salisbury 1958 : Révisions historiques 1964 : L'attitude de l'Occident vis-à-vis des Turcs et des Grecs, Istanbul 1964 : Nouvelle politique économique de la Turquie kemaliste Articles publiés dans Le Figaro, Le Temps, L'Éclair, L'Ère Nouvelle, Le Journal des débats, Le Mercure de France. Il a été rédacteur en chef du Levant Hérald (dès 1906), et à certains moments rédacteur en chef de l'Économiste d'Orient (environ entre 1919 et 1950)..
Prix et décorations
Grand Cordon du Lion et du Soleil (Iran Pahlavi) Décoré par le pape Alphonse XIII Officier de la Légion d'honneur Prix de la langue-française 1957 de l'Académie française
Notes et références
Liens externes
Allocution prononcée par M. Georges Davy à l'occasion du décès de Rechid Saffet Atabinen, correspondant de l'Académie, in Revue des Travaux de lAcadémie des Sciences morales et politiques, 1965, et Bulletin Officiel du Touring-Automobile club de Turquie (janvier-) Biographies en Turc en ligne Témoignage de Willy Sperco
Catégorie:Personnalité politique turque Catégorie:Membre du Comité international olympique Catégorie:Député à la Grande Assemblée nationale de Turquie Catégorie:Naissance en septembre 1884 Catégorie:Naissance à Constantinople Catégorie:Décès en février 1965 Catégorie:Décès à 80 ans Catégorie:Décès à Istanbul Catégorie:Diplomate turc du XXe siècle Catégorie:Officier de la Légion d'honneur (date non précisée) Catégorie:Élève de l'École libre des sciences politiques Catégorie:Francophonie en Turquie Catégorie:Personnalité inhumée à Istanbul