La famille de Perier est une famille française subsistante, originaire du Havre en Normandie. On distingue à partir du deux branches, dont seule l'aînée subsiste.

Ses membres les plus connus sont Étienne de Perier (1686-1766), gouverneur colonial de la Louisiane française, grand-croix de Saint-Louis et lieutenant-général des armées navales, Antoine Alexis de Perier de Salvert (1691-1757) chef d’escadre, commandeur de Saint-Louis, directeur du dépôt des cartes et plans de la Marine, et Pierre-Étienne de Perier (1893-1968), général de division et grand-officier de la Légion d'honneur.

Patronyme Le patronyme Perier est courant au niveau national (1244 rang selon le site Filae), entre 1891 et 1990 il se rencontre principalement, dans l’ordre décroissant, en Seine-Maritime, dans la Manche, en Île-de-France, en Gironde et dans l’Isère.

Selon le linguiste Henri Moisy, le nom « Perier », avec un seul r, est la forme normande provenant du bas latin perarius, désignant un poirier.

Le patronyme Perier précédé d’une particule a été porté par , mais il n’en subsiste plus qu’une.

Histoire Une famille havraise Le Havre en Normandie a été fondé en 1517 par pour en faire aussi bien une base militaire qu’un port de pêche et un chantier naval. On y trouve plusieurs habitants appelés Perier dans les années qui suivent.

vignette|gauche|Le port du Havre en 1740.

Arnaud Clement écrit, dans La Noblesse française, que la souche de la famille est David Perier et son épouse Marie Beaufils qui sont morts au Havre respectivement en 1644 et 1640. David était maître de heux, c’est-à-dire capitaine d’un navire à un mât d’environ 300 tonneaux, à faible tirant d’eau, utilisé comme porteur au . La filiation prouvée commence ainsi en 1596, date de naissance de leur fils Jean Perier (1596-1647), capitaine de navires, qui a eu plusieurs fils dont : Jean (1620-1660), auteur de la branche aînée, et Étienne (1644-1726), auteur de la branche cadette..

Les deux branches ont donné huit membres de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis et autant de la Légion d'honneur.

La branche aînée

vignette|Le siège de Berg-op-Zoom en 1747.

Lieutenant en second au régiment de Touraine en 1734, Jean Perier du Petit Bois prend part au siège de Philippsbourg. Ayant obtenu les grades d'enseigne (1736) puis de capitaine (1738), il est nommé chevalier de Saint-Louis. En 1747, au siège de Berg-op-Zoom, il participe à l'assaut à la tête d'une compagnie. Son unité est anéantie et il est lui-même par deux fois grièvement blessé. Promu lieutenant-colonel, il reçoit une épée d'honneur et meurt de ses blessures au Havre en 1748. Son frère, Pierre Étienne Perier du Petit Bois (1720-1780), capitaine des milices garde-côte, achète la charge de trésorier général de la Marine et des Colonies au Port et département du Havre.

Antoine de Perier (1751-1844), fils du précédent, est aspirant au Corps royal de l'artillerie de 1768 à 1770, mais il ne peut y entrer faute de place. Il prépare alors les examens d'entrée dans le Génie et devient aspirant à ce corps de 1770 à 1772. Ne pouvant davantage y obtenir de place, il entre dans les Troupes provinciales, au régiment de Blois (1773) puis au régiment de Bresse (1776). En 1785, il sert en Hollande dans la Légion de Maillebois, mais celle-ci est dissoute en 1786. Servant à nouveau dans les Troupes provinciales, il se retire provisoirement du service à la Révolution. Lieutenant puis capitaine au régiment de Turenne, il est arrêté en 1793. Libéré à la chute de Robespierre, il est nommé colonel en 1797 et prend le commandement de la Garde nationale de Rouen, avec l'appui d'un émissaire du comte de Provence qui cherchait à rallier ses unités à sa cause. Il perd son commandement lors du coup d'État du 18 Brumaire. À la Restauration, il offre de servir au Gardes suisses mais son âge fait repousser sa demande. Il meurt en 1844 chez son fils René, à la Madeleine.

Son fils René (1800-1880) a été brièvement garde du corps de Louis XVIII de 1818 à 1819 dans la compagnie d’Havré. Il fut maire de Pressagny-l'Orgueilleux où il a possédé le château de la Madeleine de 1839 à 1864. Son fils, Léonor (1842-1908), s’étant engagé à l’âge de 18 ans comme simple fusilier, est devenu colonel de la Légion étrangère et officier de la Légion d'honneur.. Son fils, Pierre-Étienne (1893-1968), a atteint le grade de général de division et la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur.

vignette|Certificat de gratitude délivré à Madeleine de Perier par Dwight D. Eisenhower.

La résistante Madeleine de Perier (1914-2009), épouse Grador, intégra le réseau Lyon-Carter qui contribuait à l'évasion des aviateurs alliés. Incarcérée à la prison de Fresnes, elle fut condamnée à mort par les Nazis le . Le dernier convoi pour les camps de la mort, dont elle aurait dû faire partie, fut annulé le grâce à l'intervention du consul de Suède, Nordling. L'insurrection permit la libération de Paris le , conjointement avec l'arrivée de la division Leclerc et des Alliés. La République lui reconnut la qualité de soldat sans uniforme des Forces Françaises Combattantes ayant participé au combat pour la Libération de la Patrie. Sa conduite lui valut également les félicitations de Dwight D. Eisenhower, qui lui décerna la médaille de la Liberté ainsi qu'un certificat de gratitude.

La branche cadette

183x183px|thumb|Première page des lettres patentes délivrées à Étienne Perier en 1726

La branche cadette a donné continuellement des officiers de Marine du au . Au , Étienne Perier, auteur de cette branche, se distingue dans la lutte contre la piraterie. Prenant part à toutes les guerres de son temps, il combat à Solebay, au Texel, à Cayenne et à Tobago. Il se rend maître de nombreux vaisseaux à l’abordage. En 1689, Perier est blessé alors qu'il fait « sauter en l'air » un garde-côte anglais de 40 canons. Il achève sa carrière comme capitaine de vaisseau et de port au Havre. En 1726, à 82 ans, il est anobli avec sa descendance par lettres patentes de Louis XVBibliothèque nationale, Manuscrits, "Nouveau d'Hozier" , cote 5990, article "de PERIER" : «Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à tous présents et à venir, salut.

Le privilège de la noblesse a toujours ésté regardé par les Roys nos prédécesseurs comme la plus précieuse marque de leur estime, et la plus digne récompense qu'ils pussent accorder à ceux de leurs sujets qui s'estoient distinguez dans les différents Estats qu'ils avoient embrassez. Nous sommes persuadez qu'il n'est point en effet, de moyen plus capable d'exciter à la vertu et qui puisse marquer davantage la distinction que méritent ceux de nos sujets qui se dévouent au service de l'Estat, qu'en les honorant de prérogations qui se perpétuent dans leurs descendants et qui soient aussi durables que doivent l'estre le souvenir de leurs talents et de leurs bonnes qualitez. Le zèle et la sage conduite qui ont distingué notre cher et bien amé, le Sieur Estienne de Perier, pendant plus de cinquante années qu'il a servi sur nos vaisseaux en qualité de volontaire, de lieutenant de frégate, de lieutenant et de capitaine de vaisseau, et les preuves qu'il a données de sa valeur et de son courage dans toutes les occasions qu'il a eues de les signaler, nous l'ont fait juger digne des témoignages de notre satisfaction. Le dit sieur de Perier commença de servir en 1654, en qualité de volontaire sur les vaisseaux que commandait son père, pour le commerce du Levant et entra en l'année 1665 au service du feu Roy, de glorieuse mémoire, notre très honoré seigneur et bisayeul, sous les ordres du sieur de Pannetier, qu'il suivit dans toutes les campagnes que firent nos escadres et armées navalles jusqu’en l’année 1677 qu’il fût fait lieutenant de frégate. Après avoir servi en cette qualité pendant 12 années, il fut fait lieutenant de vaisseau en 1689 et capitaine de vaisseau en 1703 et fût en l’année 1712, honoré de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis, et pendant le long intervalle de temps qu’il a été employé en qualité de lieutenant de frégatte, de lieutenant et de capitaine de vaisseau, il a eu divers commandements de frégattes et de vaisseaux, tant à la prise de Cahienne et de l’isle de Tabacq, que pour d’autres expéditions militaires et pour les voyages qu’il a fait aux isles de l’Amérique dans le Nord, aux Indes occidentales et à Siam. Pendant les services qu’il rendit au sieur de Pannetier, il essuya vingt-deux combats et fût blessé deux fois. Il se rendit maître en l’année 1689 de plusieurs vaisseaux ennemis à l’abordage, et fit sauter en l’air un garde-côte anglais de quarante canons et fût blessé en cette occasion.

En considération des services rendus pendant plus de 50 années sur les vaisseaux du Roy, en qualité de lieutenant, capitaine, commandant et autres et de ceux actuellement rendus par les Sieurs Estienne et Antoine Alexis de Perier de Salvert, ses enfants, le premier en qualité de garde de la Marine depuis 1704 et aujourd'hui dans la place de Gouverneur général de la Louisiane et l'autre en qualité de garde de la Marine depuis ladite année 1704 et depuis l'année 1721 en celle d'enseigne de vaisseau. ». Celles-ci font état de « ses longs et importants services » et de sa carrière longue « de plus de cinquante années en qualité de volontaire, de lieutenant de frégate, de vaisseau et de capitaine de vaisseau ». Il a eu plusieurs fils, dont deux se sont illustrés dans le métier des armes.

thumb|Le combat du 19 mai 1744 par Garneray

Son fils aîné, Étienne de Perier (1686-1766) a commencé sa longue carrière à l’âge de huit ans. Brian E. Coutts écrit qu’il s’est embarqué comme volontaire en 1695, et qu’il a combattu durant toute la guerre de Succession d’Espagne. Ayant enlevé plusieurs vaisseaux à l’abordage, il est blessé par balle à deux reprises. Capturé en 1711, il est libéré sous réserve de ne plus servir sur mer. Canonnier de Marine à Valenciennes, il participe à la défense du Quesnoy qui est assiégée par les Impériaux en 1712. Blessé durant les bombardements, il est à nouveau capturé. Reprenant le service en mer en 1714, il passe au service de la Compagnie des Indes en 1720. Durant une campagne au Chili, son escadre subit une disette. Il est alors détaché avec 50 hommes à terre pour trouver le nécessaire. Luttant avec succès contre les 800 soldats espagnols, il soutient « plusieurs actions vigoureuses » qui lui permettent d'assurer « le salut des vaisseaux » marchands de la Compagnie. Ayant pris la forteresse d’Arguin en 1721, il est envoyé en 1724 en Inde pour protéger le comptoir de Mahé qui est assiégé par le prince de Malabar. Gouverneur colonial de la Louisiane française de 1727 à 1733, il mène de nombreux travaux pour améliorer la colonie. La révolte des Natchez ayant éclaté en 1729, il monte une expédition punitive avec les renforts de son frère. Ayant repris le service de mer, il s'embarque sur le Mars et se distingue au combat du 19 mai 1744 en capturant le , après un très violent combat de 9 heures. Perier se retire du service en 1757, après une ultime campagne dans les Antilles en 1756 où il perd un fils et un gendre. Élevé au grade de lieutenant-général des armées navales en 1757, il est nommé grand-croix de Saint-Louis en 1765. Il meurt au château de Tréoudal en 1766. Perier l’Aîné a eu plusieurs fils, dont Étienne Louis de Perier (1720-1756), lieutenant de vaisseau et chevalier de Saint-Louis, et Antoine Louis de Perier de Monplaisir (1728-1759), noyé le lendemain de la bataille des Cardinaux dans le naufrage du Juste.