Cet article présente les faits marquants de l'année 2009 en Nouvelle-Calédonie.

Évènements

Janvier 2009 Lundi : Diffusion dans l'émission Capital sur M6 (le en France métropolitaine, les programmes de la chaîne, proposée sur le bouquet Canalsat Calédonie, étant décalés d'un jour sur le Territoire) d'un reportage sur un éventuel « Eldorado calédonien », faisant état de la bonne santé économique locale (fort taux de croissance et faible taux de chômage). L'émission aurait entraîné une hausse des requêtes auprès de l'agence de l'emploi néo-calédonienne venant de MétropoleF. THERIAUX, « L’eldorado calédonien sur M6 (Capital) », Calédosphère, 08/01/2009. Lundi : Un séisme de magnitude 6,9 a frappé les îles Loyauté. Mardi : La Société Le Nickel — opérateur historique du nickel calédonien et filiale d'Eramet —, obtient l'autorisation d'explorer un immense gisement de nickel, dans le cadre d'un partenariat avec la Province Sud où se trouve la capitale Nouméa. Une convention d'exploitation a été signée et 84 millions d'euros vont être investis en vue de la valorisation des deux gisements de la pointe méridionale. D'ici 10 ou 12 ans d'études, la décision de construire une nouvelle usine de traitement du nickel pourra être prise avec une capacité de tonnes annuelles.

Février 2009 Vendredi : Manifestation pour la défense de l'« emploi local » organisé par un collectif « Citoyen de pays » récemment constitué. La marche réunit un millier de personnes à Nouméa, afin de protester notamment contre le remaniement de l'avant-projet de loi de pays sur le sujet (ramenant, entre autres, la pénalité pour l'employeur en cas d'irrégularité de 625 à 400 fois le taux horaire, ou encore le fait que le premier chapitre explique comment embaucher une personne venant de l'extérieur de l'archipel)C. COCHIN, « L'emploi local en marche », Les Nouvelles Calédoniennes, 14/02/2009.

Mars 2009 Vendredi : Selon la direction des Affaires sanitaires et sociales, l'épidémie de dengue, transmise par le moustique Aedes aegypti, prend de l'ampleur, passant de 481 cas en janvier à 1541 cas en février et se montant à quelque 100 cas par jour début mars, et ce chiffre peut être multiplié par trois si l'on veut tenir compte des malades ne consultant pas de médecins. Maladie tropicale la plus répandue après le paludisme, la dengue engendre une forte fièvre, des douleurs articulaires, des maux de tête et peut provoquer des hémorragies mortelles. En 2003, l'épidémie a fait 17 mortsLe Monde.fr, L'épidémie de dengue s'emballe. Mardi : Tenue d'une conférence sociale sur les salaires en Nouvelle-Calédonie réunissant l'ensemble des partenaires sociaux de l'archipel, où, malgré la bonne santé économique, les problèmes de vie chère et l'inégalité de la répartition des richesses, occupent le débat politique local. Selon le président du gouvernement territorial Harold Martin (55 ans, Avenir ensemble, droite non-indépendantiste) : « Le contexte n'est ici pas le même qu'aux Antilles et pour une fois on a peut-être de l'avance parce que depuis 2006 nous avons pris énormément de mesures », faisant entre autres allusion à toute une gamme d'éco-produits, initiés sous sa présidence. Parmi les principaux thèmes du débat : une étude des minima conventionnels, le relèvement du salaire minimum et la mise en place de négociations annuelles obligatoires dans les entreprises. Mardi : Le prochain recensement de juillet devrait comporter une question sur l'appartenance ethnique ce qui ne soulève pas de polémique sur le territoire, et est considéré par l'Union calédonienne (indépendantiste) comme « un outil essentiel pour mesurer le rattrapage des populations kanakes ». Neuf communautés différentes, y compris une intitulée « autre », pourront être cochées par les habitants, avec possibilité pour les personnes métisses d'en choisir plusieurs. Depuis plusieurs dizaines d'années, le recensement en Nouvelle-Calédonie incluait usuellement une question demandant aux habitants à quelle communauté ils considèrent appartenir : européenne, mélanésienne, tahitienne, vietnamienne, indonésienne… sauf celui de 2004, après que l'ancien président de la République Jacques Chirac, pris à partie sur la question en , avait vivement condamné cette disposition. Le retrait en hâte de cette question avait alors soulevé la polémique dans les rangs indépendantistesLe Monde.fr, Le recensement prévoit une question sur l'appartenance ethnique.

Avril 2009 Jeudi : Importante fuite d'acide sulfurique à l'usine de Goro à l'extrémité sud de la Grande Terre. Une quantité estimée à l'origine entre 1000 et 5000 litres par l'industriel, mais en réalité bien supérieure, jusqu'à 18 000 litres, s'est déversée sur le site et dans un ruisseau voisin, le creek de la baie NordC. COCHIN, S. RIBOT, « Pollution chimique à l’usine Vale Inco », Les Nouvelles Calédoniennes, 03/04/2009, provoquant la mort de plus de 3 000 poissons dans une zone connue pour son fort taux d'endémismeY. MAINGUET, « Plus de 3 000 poissons morts à Goro », Les Nouvelles Calédoniennes, 07/04/2009. Cet incident remet en question l'excellence environnementale de l'entreprise et pousse la Province Sud, qui parle de « grave dysfonctionnement », à interdire dès le surlendemain la production d'acide tant que Vale Inco Nouvelle-Calédonie (gérante de l'usine) n'aura pas remis ses installations en conformité dans un délai de quatre jours, évalué clairement les causes de l'incident et établi un bilan de ses conséquences à court et long terme sur l'environnementC. COCHIN, « La province contraint Vale Inco à l’arrêt », Les Nouvelles Calédoniennes, 04/04/2009. Mercredi : Selon un rapport d'experts réalisé à la demande de l'Union des syndicats des ouvriers et employés de Nouvelle-Calédonie (Usoenc, premier syndicat du pays en nombre d'adhérents), la vie est chère en Nouvelle-Calédonie en raison d'un système fiscal et économique jugé opaque, injuste et inflationniste, qui n'a pas été réformé en profondeur depuis 1982. Sur les dix dernières années, la croissance s'est située à environ 5 à 6 % par an, grâce à ses richesses en nickel et à des investissements structurants. Alors que « le partage de la valeur ajoutée s'est fait au profit du capital » et que « la part salariale est restée stable », le taux de marge d'exploitation du commerce est passé de 48,6 % en 1998 à 61,1 % en 2007, largement au-dessus des chiffres métropolitains.

Mai 2009 Dimanche : Élections provinciales. La droite non-indépendantiste, dite « loyaliste », reste majoritaire en Nouvelle-Calédonie avec 31 sièges sur 54 au congrès mais les indépendantistes progressent en nombre d'élus avec 23 sièges contre 18 lors de la mandature précédente, grâce notamment à la présentation d'une liste unique du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) en Province Sud. Le Rassemblement-UMP, écarté du pouvoir en 2004, est le premier groupe du Congrès avec 13 sièges, mais ne capitalise pas la performance réalisée par l'UMP aux législatives de 2007. Parmi les autres groupes non indépendantistes : Calédonie ensemble (10 sièges), Avenir ensemble (6 sièges) et Rassemblement pour la Calédonie (2 sièges). Chez les indépendantistes, outre le FLNKS uni qui obtient 4 élus à l'Assemblée de la Province Sud et 3 au Congrès, le Parti de libération kanak (Palika) conserve la majorité (relative) à l'Assemblée de la Province Nord et l'Union calédonienne (UC) celle dans les Îles Loyauté. Les groupes indépendantistes au Congrès sont ainsi constitués : FLNKS (les trois élus unitaires du Sud et ceux UC des deux autres Provinces : 11 sièges), UNI (Palika et alliés : 8 sièges), Parti travailliste (3 sièges) et Libération kanak socialiste (1 siège). Vendredi : élections des présidents des trois assemblées de Provinces : Pierre Frogier (Rassemblement-UMP) dans le Sud à la faveur d'une « entente républicaine » unissant la droite non-indépendantiste (34 voix sur 40, contre 4 à Rock Wamytan pour le FLNKS et 2 à Jacques Lafleur pour le RPC) ; Paul Néaoutyine (UNI-Palika) réélu dans le Nord au troisième tour de scrutin à la majorité relative (10 voix sur 22 contre 8 à Gilbert Tyuienon pour l'UC et 4 bulletins blancs) ; Néko Hnepeune (UC) réélu au premier tour dans les Îles Loyauté grâce au soutien des deux élus du LKS (8 voix sur 14). Vendredi : Harold Martin (Avenir ensemble) est élu, avec 31 voix sur 54, président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, confirmant « l'entente républicaine » à droite après des élections provinciales qui ont débouché sur un éclatement de l'échiquier politique. Les deux autres candidats en lice étaient Rock Wamytan pour le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste), qui a remporté 20 voix et Rose Vaialimoa (Parti travailliste), qui en a recueilli trois. Jeudi : Des heurts se sont produits ce matin entre les forces de l'ordre et des militants du syndicat USTKE (Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités, indépendantistes), qui ont envahi l'aérodrome domestique de Nouméa et ont tenté de pénétrer dans l'aérogare. Un conflit oppose l'USTKE et la direction d'Air Calédonie (Aircal) à propos de la non-reconduction du contrat d'une employée, accusée d'avoir commis une faute lourde. Un arrangement a été trouvé avec la direction du travail pour le reclassement de cette employée, mais l'USTKE s'oppose à la direction d'Aircal, au sujet de la prise en charge des jours de grève. Ils ont été repoussés par des tirs de grenades lacrymogènes des gendarmes mobiles et de la police. Un cocktail Molotov a été lancé lors des heurts contre les forces de l'ordre. Un petit groupe a ensuite découpé le grillage de la piste d'atterrissage située en bord de plage et l'a investie. Plusieurs d'entre eux sont alors montés à bord de deux ATR de la compagnie Aircal. Les équipements électroniques des avions ont été manipulés par les émeutiers, clouant pour 3 jours au sol les avions pour vérifications. Une trentaine de manifestants, dont Gérard Jodar, président de l'USTKE, ont été interpellés et placés en garde à vue. Selon Yves Dassonville, haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie : « Un engin explosif a été trouvé à bord d'un des avions. Tout ceci n'est pas tolérable. Est-ce qu'on est encore dans du syndicalisme ? Non, on est dans du banditisme, et je ne laisserai pas faire »Le Figaro.fr, Échauffourées à l'aéroport. Samedi : Le président de l'USTKE, Gérard Jodar, est placé en détention provisoire à Nouméa, après des dégradations à l'aéroport domestique jeudi lors d'une action du syndicat indépendantiste. Six autres adhérents du syndicat ont également été incarcérés et seront jugés mardi en comparution immédiate. Ils sont poursuivis pour entrave à la circulation d'un aéronef et dégradation de biens publicsLe Figaro.fr, Un syndicaliste en détention. Fin juin, il est condamné à un an de prison ferme pour entrave à la circulation d'un aéronef.

Juin 2009 Vendredi : Nouveau gouvernement de onze membres élus avec une majorité loyaliste (29 voix sur 54) par les représentants au Congrès. Philippe Gomès (Calédonie ensemble), tête de la liste commune des partis loyalistes, a été élu à l'unanimité président de la nouvelle formation gouvernementale par quatre formations : le Rassemblement-UMP, Calédonie ensemble, l'Avenir ensemble et le LMD (Le mouvement de la diversité). Le camp indépendantiste, divisé en deux listes, a obtenu trois membres côté FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste, tendance Union calédonienne), et un du côté de l'UNI (Union nationale pour l'indépendance). Philippe Gomès entend être « le capitaine d'une équipe plurielle », en réalisant la « double synthèse dans la liste » qu'il représente « et avec la sensibilité indépendantiste ». Sa priorité est donnée « aux transferts de compétences » et à « la sortie de l’Accord de Nouméa » qui prévoit un référendum d'autodétermination au plus tard en 2018.