Le château de Monbalen est un ensemble de bâti issu du Moyen-Âge anciennement de défense, puis d'habitation situé dans la commune de Monbalen, en Lot-et-Garonne et la région Nouvelle-Aquitaine. Le château se situe dans "Le bourg", aujourd'hui lieu-dit du village, dont le centre administratif a été déplacé à l'endroit où se situait la paroisse de Gelsac au moment de la Révolution. Dans l'article qui suit, les mentions à Monbalen font référence à cet ancien bourg et non au village neuf construit autour de l'église de l'ancien Gelsac. Les premières traces de construction défensive remontent au , alors qu'on sait que la majeure partie de l'existant actuel vient de modifications du . Plusieurs couches architecturales se superposent et dépeignent les fonctions successives du lieu. Le tout est composé d'une grande maison, d'une chapelle anciennement tour de guet, puis pigeonnier, d'une grange et d'un corps de ferme aujourd'hui transformé en habitations, et d'un hangar du qui servait à l'élaboration de pruneaux. Sur les terres du château situées en contrebas, une source est à l'origine de la Masse d'Agen, rivière affluente de la Garonne, qu'elle rejoint au Nord de la ville d'Agen.

Inscription dans l'histoire du territoire Le château de Monbalen s'inscrit dans l'histoire générale de l'Agenais, région charnière notamment dans la guerre de Cent Ans et dans les guerres de Religion, et aussi pour son indépendance politique à de nombreux moments de l'histoire. La source de la Masse d'Agen étant un élément important pour l'installation des populations il est probable que dès la Préhistoire des peuples se soient installés non loin du château. Les premières traces de passages de populations nomades préhistoriques ont été trouvées au dit Bulit, à quelques centaines de mètres du château. L'actuelle Nationale 21, reliant dans le département Agen à Villeneuve sur Lot, a été tracée plus ou moins sur l'ancienne voie romaine allant d'Aginnum à Excisum (Eysses) passant non loin du château. Une implantation gallo-romaine sur la commune de Monbalen est probable : des traces de construction et de la monnaie ont été découvertes au lieu-dit Caoulet.

Plus tard, au , il est avéré que la vallée de la Masse d'Agen était ponctuée de moulins, et de places fortes chargées de les protéger, ceux-ci représentant de grandes fortunes pour le territoire. En effet, la pierre locale étant calcaire et friable, les moulins étaient équipés de meules venant de pierres des Pyrénées, en morceaux, rassemblées grâce à un cerclage de métal. Selon l'essai de G. Tholin, archiviste de Lot-et-Garonne, dans son ouvrage Ville libre et barons. Essai sur les limites de la juridiction d'Agen, l'Agenais s'était dotée depuis la guerre contre les albigeois de nombreux petits châteaux et éléments défensifs. Les possesseurs de terres, de fermes, les villes possédant des moulins, abbayes, ou autres richesses s'entouraient d'enceintes pour se protéger. La vallée de la Masse d'Agen était un passage stratégique pour atteindre Agen à travers le Pays de Serres qui caractérise ce territoire coincé entre le Lot et la Garonne. Dès la seconde moitié du , l'Agenais se dote de châteaux et de places fortes. "Dans un grand nombre de provinces de France nul seigneur ne pouvait bâtir de château-fort sans obtenir l'autorisation du Roi ou le consentement des communes. Il en était autrement en Agenais où chacun pouvait élever sur ses terres des constructions à pierres et à chaux, munies de tours, de créneaux et de portes fortifiées." (Ville libre et barons. Essai sur les limites de la juridiction d'Agen, p10) Le château de Monbalen a donc une place stratégique surplombant la vallée de la Masse d'Agen, et fonctionnait au en co-seigneurie avec le château de Fauguerolles, celui de Vitrac, de Noahlac et de Bajamont. C'est en tout cas ce que révèlent les différents textes se basant sur les hommages fait au comte de Toulouse en 1259. Le territoire du pays de Serres a été jusqu'à la Révolution, régulé par des alliances mouvantes entre de petits seigneurs parfois sous l'égide des rois de France ou d'Angleterre, sous influence cathare, catholique, templière ou protestante et encore tiraillé entre les influences de la Gascogne et de la Guyenne.

Généalogie des propriétaires et évènements liés au château Dans l'histoire de la seigneurie de Monbalen, les premières traces remontent à 1259, lorsque Arnaud et Gaufred de Fauguerolles présentent leurs hommages au comte de Toulouse pour les seigneuries de Fauguerolles (situé aujourd'hui à la Croix Blanche), la moitié de Vitrac, Noalhac, Fontirou, Monbalen et Cuq. La famille de Monfabès est pourtant citée dans le manuscrit d'André de Bellecombe, retranscrit par G. Tholin dans L'abrégé de l'histoire des communes du département de Lot-et-Garonne, comme seigneurs de Monbalen en 1212. Il est confirmé par l'article de J.R Marboutin, dans son article « Le château de Fauguerolles », publié en 1903 dans La Revue de l'Agenais p185; que les Monfabès étaient eux aussi co-seigneurs de Fauguerolles ce qui peut expliquer une co-seigneurie entre ces deux familles à Monbalen. En termes de bâti la seigneurie à ce moment aurait été un "fort", mentionné dans plusieurs textes. Le château reste aux mains des Fauguerolles et des Monfabès jusqu'à ce que la Guerre de Cent Ans arrive à ses portes le . Plusieurs textes, dont les traductions des jurades d'Agen mentionnent l'attaque du fort de Monbalen par les troupes de Jean d'Armagnac sous l'égide de Pierre de Rabastens, sénéchal d'Agen. Il est mentionné dans l'article intitulé "Le prince Noir en Aquitaine", paru dans La revue de l'Agenais que le fort de Monbalen sera démoli peu après cette attaque. Les jurades d'Agen mentionnent d'ailleurs qu'il ne reste plus de traces du fort de Monbalen, le château actuel aurait donc été construit sur les ruines de ce fort. Un autre texte, La chronique du bon duc Loys de Bourbon par Jean d'Orronville mentionne une attaque du fort de Monbalen par les troupes du Duc de Bourbon. Ce texte parait quelque peu romancé et ne coïncide pas avec les autres, à moins que le château n'ait été reconstruit juste après 1353 puisque les croisades du Duc de Bourbon ont eu lieu entre 1375 et 1386.

Le domaine passe aux mains de la famille Durfort au lorsque la descendante de B. Amanieu de Fauguerolles, Judith de Lautrey se marie avec Bertrand de Durfort. Cette famille noble possède de nombreuses places fortes entre Agen et Penne d'Agenais et exerce un véritable pouvoir sur le territoire. Par la suite, Bertrand de Durfort et son fils Arnaud de Durfort seront co-seigneurs des différentes places forte, et cela mènera à des conflits internes familiaux à propos des acquisitions héritées des Durfort et celles héritées du mariage avec Judith de Lautrey. Le château de Monbalen, remplaçant le fort détruit en 1353 a été construit par le frère d'Arnaud de Durfort, Jean, noble prieur. Un texte relatant ces faits est disponible dans le fonds d'archives du château de Lafox. Il est mentionné que le château a été construit à la fin du . Le château restera dans la famille de Durfort encore quatre générations, au gré des conflits familiaux internes en pleine guerre de Religion. Les héritiers se divisent entre leurs possessions et leurs attaches à une religion ou une autres, surtout pour des enjeux politiques. En 1600, Hector-Renaud de Durfort hérite de la seigneurie, mais n'a qu'une fille Sérène, à qui l’héritage va, bien que son oncle François le conteste. François récupère l'héritage, sous l'argument d'une mauvaise gestion financière de l'héritage de la part de Sérène. À sa mort, il confie les seigneuries au seigneur de Montpezat-Laugnac, mari de Sérène. Les Montpezat-Laugnac sont par alliances liés à la famille de Lusignan, qui figurent comme seigneurs de Monbalen en 1635. Le château reste donc propriété au sein de ces familles de noblesse d'épée jusqu'en 1675. Il n'existe par contre aucune preuve que ces propriétaires et seigneurs résidaient au château. Un acte de naissance du mentionne la naissance de « Guillaumi Comté fille de Crespin Comté, née au château de Monbalen ». Crespin Comté, fut un grand propriétaire du village de Monbalen, avant de se voir vendre par les de Guyonnet le donjon de Péchon, situé non loin (extrait de vente disponible au Pôle Mémoire de Villeneuve-sur-Lot). Il y a donc une hypothèse à propos d'une éventuelle installation de cette famille dans le château.

Le , un contrat est passé à Bordeaux entre Anne de Montpezat, veuve de François III de Lusignan et Jean-Joseph de Guyonnet. Cet acte aurait brûlé dans un incendie à Bordeaux mais est cité dans un article de la Revue de l'Agenais, « Les Lusignan du Poitou et de l'Agenais ». Ainsi les de Guyonnet deviennent seigneurs de Monbalen qui passe alors aux mains d'une noblesse de robe. En 1680, Jean-Joseph de Guyonnet fait la demande pour l'installation d'un marché hebdomadaire à Monbalen ainsi que d'une foire tri-annuelle, qui aura lieu le , le et le lendemain de la St Martin. Une halle de marché, dont la date de construction et l'aspect restent inconnus, apparaitra sur les cartes agricoles de 1803. La seigneurie restera dans la famille de Guyonnet pendant quatre générations, jusqu'en 1750. Tous les descendants de Guyonnet de Jean-Joseph sont nés à Bordeaux, ils n'habitaient donc pas le château.