vignette|L'Autism Research Institute, exemple d'établissement dont les responsables ont promu des pseudo-thérapies.

Les traitements alternatifs de l'autisme sont des techniques controversées à fallacieuses, visant à obtenir une réduction des symptômes ou même une « guérison » de l'autisme, souvent présentée comme miraculeuse. Ces faits sont évoquées dans des témoignages individuels, des publications pseudoscientifiques du domaine des médecines alternatives, ainsi que par certains psychanalystes. La plupart de ces pseudo-traitements relèvent du domaine dit « biomédical ».

L'absence officielle de traitement médical permettant une « guérison » fait de l'autisme un terrain idéal pour la prolifération de pseudo-sciences et de traitements charlatanesques potentiellement onéreux et dangereux, tels que la chélation des métaux lourds et l'antibiothérapie.

Sources Le sujet des traitements controversés ou charlatanesques de l'autisme a été abordé dans diverses publications. En 2005, le pédiatre américain Bernard Metz et ses collègues examinent . Le médecin de famille londonien Michael Fitzpatrick, également père d'un enfant autiste., décrit dans son ouvrage Defeating autism : A damaging illusion (en français : « Vaincre l'autisme : une illusion néfaste » ; publié en 2008) les ravages provoqués par la croyance en ces remèdes (détoxifications, modifications de régimes alimentaires...) qu'il estime déshumanisants pour les personnes autistes, nuisibles à leur santé, voire, dans les cas extrêmes, pouvant causer leur mort, à l'exemple d'un enfant britannique de 5 ans mort des suites d'une chélation. Fitzpatrick estime important de reconnaître que le mouvement biomédical non orthodoxe considère les enfants autistes comme « pollués » (plutôt qu'ayant trouble du développement neurologique), dans la mesure où cette perception .

La Food and Drug Administration américaine (FDA) a publié en 2019 un guide intitulé « » (en français : « Attention aux allégations fausses ou trompeuses concernant le traitement de l'autisme »).

En français, les traitements charlatanesques de l'autisme font l'objet d'un article dans Pour la science en 2011, et de divers articles de presse nationale entre 2018 et 2021, notamment dans Le Parisienhttps://www.leparisien.fr/societe/enquete-sur-les-escrocs-de-l-autisme-01-04-2019-8044473.phphttps://www.leparisien.fr/societe/enquete-sur-les-escrocs-de-l-autisme-des-parents-se-confient-01-04-2019-8044494.php (Enquête sur les escrocs de l'autisme), L'Express. (Les apprentis sorciers de l'autisme) et Le Figaro. Ils sont le sujet central du Livre noir de l'autisme, publié en 2020 par Olivia Cattan..

Définition et contextualisation Les traitements dits « alternatifs » prospèrent sur un terrain impliquant des incertitudes quant aux causes de l'autisme, des pertes attestées du diagnostic entre l'enfance et l'âge adulte, et l'absence officielle de traitement curatif.

Raisons de la prolifération des traitements charlatanesques

Le recours à des « traitements » controversés, voire dangereux, s'explique par la grande détresse de certains parents confrontés à des handicaps lourds, et par une méconnaissance fréquente de ce qu'est l'autisme, dans un contexte de « bombardement d'informations » douteuses en provenance d'internet.

Fitzpatrick reconnaît . Les revendications des praticiens de la médecine alternative accompagnent un rejet de la modernité, et une perception répandue de risques liés aux pesticides, aux organophosphates, aux dioxines, aux métaux, aux polychlorobiphényles (PCB), aux phtalates, à l'ozone, aux agents microbiens et autres champs électromagnétiques. Enfin, Fitzpatrick souligne que la normalisation des diagnostics d'autisme, impliquant une meilleure acceptation, entraîne une expansion des diagnostics qui peut nourrir l'illusion de l'existence d'une « épidémie » cachée dont la cause pourrait être traitée.

Une autre source à la controverse réside dans des erreurs de diagnostic. Il n'existe pas de marqueur biologique clair permettant de poser un diagnostic d'autisme fiable à 100 %https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2018-02/trouble_du_spectre_de_lautisme_de_lenfant_et_ladolescent_-_argumentaire.pdf. D'après le Laurent Mottron, des enfants privés de soins parentaux peuvent recevoir, à tort, un diagnostic d'autisme, puis être déclarés « guéris » après avoir reçu des conditions d'existence plus favorables ; la problématique porte alors moins sur cette « guérison » ou sur le « traitement » administré que sur le mauvais diagnostic antérieur..

Selon Brigitte Axelrad, de l'AFIS (en 2009), en France, l'ignorance des causes exactes et la souffrance parentale ..

Histoire et mécanisme

Avec l'augmentation des diagnostics d'autisme en Californie à la fin du , les professionnels de santé remarquent un recours accru à des « techniques de soin » faisant appel à des théories controversées, voire au paranormal et à l'injection de cellules souches. Selon Fitzpatrick, le succès des traitements biomédicaux au Royaume-Uni accompagne la montée de la controverse anti-mercure aux États-Unis. Il identifie l'impact du comme dans la multiplication de ces « remèdes » à l'autisme, en particulier à la suite d'une publication frauduleuse d'Andrew Wakefield en 1998. En Écosse, le groupe Action Against Autism, qui milite contre la vaccination, devient en 2005 l′Autism Treatment Trust. Ce groupe se rapproche de DAN! (Defeat Autism Now!) aux États-Unis, et ouvre sa propre clinique d'expérimentation de traitements de l'autisme à Édimbourg en . Ce groupe biomédical en rejoint d'autres organisés autour de personnalités controversées, telles qu'Andrew Wakefield et Paul Shattok.

Un grand nombre de ces « traitements » proposés pour l'autisme ne repose sur aucune preuve, ou bien sur des études à échantillon trop faible et / ou protocole douteux, soutenues par un marketing visant à recruter des clients pour une nouvelle thérapie potentielle. Une méthode de prise en charge est définie comme controversée dès qu'elle est présentée comme efficace, voire miraculeuse, en l'absence de toute publication scientifique fiable pour le confirmer. Cette définition ne signifie pas que la « thérapie » en question restera à jamais controversée : la publication d'études fiables peut modifier cette définition.

Une pseudo-science prolifère autour de l'autisme, de ses causes hypothétiques et de son soi-disant traitement, impliquant un grand nombre de thérapies non conventionnelles, de simples charlatans, mais aussi certaines mouvances sectaires.. Des enfants autistes (ou plus fréquemment, avec TDAH) peuvent ainsi être décrits comme enfants indigo par des mouvements sectaires New Age, ce qui permet dans une catégorie plus valorisante pour lui-même et pour ses parents..

Grâce aux importants revenus générés par ces pseudo-thérapies, de puissants instituts se sont formés aux États-Unis pour promouvoir et centraliser ces « méthodes » (comme l’Autism Society of America, l’Autism Research Institute et le Strategic Autism Initiative), appuyés par une communication et un lobbyisme actifs, impliquant jusqu'à Donald Trump..

Promotion et promoteurs de thérapies fallacieuses

La communication des promoteurs de thérapies fallacieuses est généralement basée sur des témoignages isolés et invérifiables et sur une grande force de persuasion, parfois assortis de fausses études scientifiques. D'après Fitzpatrick, . Aux États-Unis, au moins deux associations soutiennent ou ont soutenu la recherche d'un traitement médical de l'autisme : Defeat Autism Now! (DAN), et Cure Autism Now (CAN, qui a depuis fusionné avec Autism Speaks). D'après Fitzpatrick, les médecins de DAN publient très rarement dans des publications scientifiques relues par les pairs, préférant publier dans la littérature grise.

L'existence d'ouvrages qui promeuvent des « remèdes » charlatanesques dangereux mettant en danger les enfants autistes a poussé la plate-forme de commerce Amazon à retirer deux d'entre eux de la vente en : Healing the symptoms known as autism (« Guérir les symptômes de l'autisme », qui promeut le MMS), et Fight autism and win (« Combattre l'autisme et gagner »)., un ouvrage qui soutient les « thérapies » biomédicales, et en particulier la chélationVoir le résumé éditeur de ..

Bruno Bettelheim

Plusieurs auteurs (dont Katherine Demaria Severson et James Arny Aune, Mary E. MacDonald et la Florence D. Digennaro Reed dans leur chapitre intitulé « Distinguer la science de la pseudoscience ») soulignent le rôle majeur qu'a joué Bruno Bettelheim dans la diffusion de pseudosciences.. En effet, ; par ailleurs, Bettelheim revendique une autorité scientifique à travers ses écrits, notamment dans son œuvre La Forteresse vide (1967), mais sans avoir produit d'étude qui permettrait de prouver ses dires.

Dans cet ouvrage, Bettelheim revendique un taux de succès de 85 % avec les enfants autistes de son école orthogénique, en s'appuyant sur une rhétorique faussement scientifique.

Ole Ivar Løvaas

Selon le neuropsychiatre et psychanalyste Paul Alerini, avant d'inventer sa méthode de traitement inspirée du béhaviorisme qui deviendra la méthode ABA, le psychologue Ole Ivar Løvaas utilisait au début quatre heures par jourPaul Alerini, « L'autisme : symptôme de l'antipsychanalyse ? », Essaim, 2011/2 (), . DOI : 10.3917/ess.027.0007. .. Il a eu recours ensuite . D'après Alerini, Eric Schopler a remis en question la validité des résultats de la méthode Løvaas, tandis que Bruno Bettelheim .

Bernard Rimland / ARI et programme DAN!

Selon Paul Alerini, Bernard Rimland, père d'un enfant autiste, . Stephen Barrett précise que le Bernard Rimland, également chercheur en psychologie, a (en opposition à Bruno Bettelheim), tout en concluant plus tard à tort dans sa carrière, ..

Bernard Rimland est, avec d'autres personnalités, à l'origine de la création de l'Autism Research Institute (ARI) et du programme DAN! (Defeat Autism Now!). D'après Barrett, . Ces « traitements » incluent la prise de sécrétine et de différentes vitamines, mais aussi la chélation et l'opposition à la vaccination, que Barrett décrit comme les activités les plus problématiques de Rimland et de l'ARI.

Françoise Dolto

Dans leur article « Psychoanalysis in the treatment of autism: why is France a cultural outlier? », D. V. M. Bishop et Joel Swendsen citent la psychanalyste française Françoise Dolto comme responsable de la propagation de la théorie d'une origine psychogène de l'autismeFrançoise Dolto écrit dans La Cause des enfants (1985), que . Elle estime que son déclenchement provient d'une perte de la relation symbolique et affective avec la mère : .. D'après le Richard Bates, c'est dans ce cadre et grâce à sa , que Dolto ..

Didier Pleux., Bishop et Swendsen, de même que le chercheur postdoctoral Richard Bates (sur le média Slate en 2018 ; voir aussi la thèse de Richard Bates : Psychoanalysis and child-rearing in twentieth-century France: the career of Françoise Dolto, décembre 2017 puis dans un article scientifique publié en 2020.) estiment que Françoise Dolto est responsable de la perpétuation de méconnaissances relatives à l'autisme, auquel elle dénie la moindre cause biologique. Richard Bates note que . Pleux note, de même, que de nombreux centres d'accueil pour enfants autistes en France continuent, en 2008, à accorder du crédit aux théories de Dolto à propos de l'autisme.

Luc Montagnier vignette|Le Luc Montagnier en 2008.