vignette|Diogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, manuscrit du conservé au monastère de Dionysiou.
Une question piège, en rhétorique, est une interrogation qui contient d'emblée une assertion discutable ou fausse, par exemple une présomption de culpabilité. La personne interrogée tombe dans le piège si elle ne pense pas à réfuter immédiatement le présupposé implicite. Son erreur est due le plus souvent à un manque d'attention.
Dans un sens plus large, une question piège est une interrogation tendancieuse, parfois polémique.
En termes de logique informelle, le fait qu'une question contienne une prémisse sous-entendue ne constitue pas un piège en soi. La manipulation repose sur le contexte, dans le cas où la signification de cette pétition de principe est inacceptable pour la personne interrogée, Informal logic: a handbook for critical argumentation, Cambridge University Press, 1989, , , Lire en ligne.Robert Todd Carroll, The Skeptic's Dictionary, John Wiley & Sons, 2003 , , Lire en ligne.. Le piège fonctionne d'autant mieux que l'interrogé est invité à répondre d'une façon binaire, par l'affirmative ou la négative, alors que la question est orientée et plus complexe qu'il n'y paraît : en effet, elle renferme plusieurs éléments, dont l'un au moins est fallacieux. Cette méthode rhétorique est une variante du procédé sophistique connu sous le nom de plurium interrogationum (« de plusieurs questions »).
Exemples Diogène Laërce donne un exemple de la question piège en évoquant dans ses Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres le philosophe Ménédème d'Érétrie confronté à une interrogation d'AlexinosPlutarque tenait Alexinos pour un sophiste. Plusieurs auteurs, dont Sextus Empiricus, font état de divers sophismes d'Alexinos destinés à réfuter les syllogismes de Zénon de Kition. Voir les recueillis par Hans von Arnim.Douglas N. Walton, « The fallacy of many questions: on the notions of complexity, loadedness and unfair entrapment in interrogative theory », Argumentation 13-4, université de Winnipeg, novembre 1999, .. Il écrit :
Madeleine Albright, alors ambassadrice américaine à l'ONU, est tombée dans le piège en répondant à une question tendancieuse lors de l'émission 60 Minutes du . Lesley Stahl lui a dit, au sujet des conséquences des sanctions de l'ONU contre l'Irak : Au lieu de contester ce nombre de morts non vérifié, Madeleine Albright a déclaré : « Je pense que c'est un choix très difficile, mais le résultat, nous le pensons, le résultat en vaut la peineDouglas E. Hill, « Albright's Blunder », Irvine Review, 2002, Lire en ligne.. » Dans son autobiographie publiée quelques années plus tard, elle a regretté ces propos :
Notes et références
Articles connexes Plurium interrogationum Logique informelle Pétition de principe Persuasion Manipulation mentale Présomption d'innocence
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