Le massacre de Kumba est une tuerie en milieu scolaire survenue le à la Mother Francisca International Bilingual Academy, à Kumba dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, lors de la crise anglophone.
Sept enfants de l'établissement sont tués, et treize autres sont blessés. Ce massacre suscite une vague d'indignation au Cameroun et à l'échelle internationale, et relance le débat sur la résolution du conflit en régions anglophones. L'attaque est attribuée aux séparatistes.
Contexte
Depuis 2017, des groupes séparatistes et l'armée s'affrontent dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où vit l'essentiel de la minorité anglophone, dont une partie s'estime marginalisée par la majorité francophone du pays. Dès le début du conflit, les séparatistes déclarent un boycott scolaire, attaquent et brûlent les écoles qui refusent de fermer leurs portes. Entre et , au moins sont visées.. Certains séparatistes considèrent les écoles comme des cibles légitimes car le français y est enseigné comme une matière obligatoire..
En 2020, les combats au Cameroun anglophone, mais aussi les exactions et meurtres de civils par les deux camps, ont fait plus de morts et forcé plus de personnes à fuir leur domicile, selon de nombreuses ONG.
Le complexe scolaire privé Mother Francisca International Bilingual Academy, n’a lancé ses activités qu’en début d’année scolaire 2020-2021.
Déroulement Le , vers midi, des assaillants habillés en civils, armés de machettes et d'armes de guerre arrivent sur trois motos devant l'école Mother Francisca International Bilingual Academy et font irruption dans une salle de classe où ils ouvrent le feu sur des élèves, tuant des élèves âgés de 12 à 14 ans et blessant grièvement d'autres. Un bilan de six élèves assassinés, dont cinq filles et un garçon, tous âgés entre neuf et douze ans ; (4 ou 8 morts selon d'autres sources). et treize blessés, soit dix filles et trois garçons, dont sept cas avérés préoccupants est annoncé.
Dans une tentative de fuite, certains élèves sont blessés en sautant du second étage du bâtiment. Des blessés sont conduits vers l'hôpital de district de la ville.
Victimes
Nzakame Ramane, 10 ans Nguemene Princess, 11 ans Anagym Jennifer, 11 ans Ngwane Rey Mongue, 12 ans Victory Ngamenyi Camibon, 12 ans Scheygnia Cindi, 14 ans Che Telma, 15 ans
Responsabilité Bien que les auteurs de l'attaque n'aient pas été formellement identifiés, le gouvernement attribue le massacre aux séparatistes.
Réactions nationales
Gouvernement et partis politiques Le , le Premier ministre Joseph Dion Ngute organise une réunion d'urgence sur la situation. L'homme politique Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), déclare sur Twitter : .
L'homme politique Akere Muna, ancien candidat à l'élection présidentielle de 2018, déclare sur Twitter : .
L'homme politique Serge Espoir Matomba écrit : . L'avocat Mbomo Ntimbane déclare sur Facebook : . L'homme politique Cabral Libii, président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) écrit : . Dans une série de posts sur son compte Facebook, la députée du PCRN, Nourane Fotsing, exprime sa tristesse tout en condamnant le massacre. Selon la députée . Elle appelle également à la solidarité. Le , le président Paul Biya déclare une journée de deuil national pour le .
Artistes et sportifs À la suite du massacre, une réunion d'artistes est organisée par le chanteur Salatiel et se tient dans le quartier Bonamoussadi à Douala. Le , des artistes camerounais manifestent au lycée bilingue d'Essos à Yaoundé, sous la bannière du Mouvement des Artistes Camerounais pour la Paix (MAC), en hommage aux victimes de la tuerie et par extension du conflit, à l'appel du rappeur Maahlox le vibeur. De nombreuses personnalités prennent part à l'événement, notamment les chanteuses Lady Ponce et Coco Argentée et l'humoriste Moustik Karismatik.
Le , avant le coup d'envoi d'un match contre le Mozambique, les Lions Indomptables, portant un bandeau noir en signe de deuil, s'agenouillent pendant l'hymne national au stade de la Réunification à Douala. Les joueurs s'agenouillent à nouveau pour célébrer l'ouverture du score par Vincent Aboubakar.
Séparatistes Le leader séparatiste Sisiku Julius Ayuk Tabe, incarcéré à la prison centrale de Kondengui publie un message, dans lequel il déclare : .
Église catholique Le prêtre Ludovic Lado déclare sur Twitter : .
Réactions internationales
Organisations internationales : Le , la directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay, et le Coordonnateur humanitaire au Cameroun, Matthias Z. Naab, condamnent fermement cette attaque. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, se dit profondément choqué par cette attaque. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) offre des fournitures médicales aux hôpitaux de la région. Le chef de l’ONU et le Coordonnateur humanitaire au Cameroun présentent leurs plus sincères condoléances aux familles des enfants tués, souhaitent un prompt et complet rétablissement aux blessés et apportent leurs soutiens à leur communauté.
Personnalités publiques Le , le rappeur français Mokobé déclare : .
Procès
Condamnation Le , le tribunal militaire de Buéa condamne quatre prévenus à . Les quatre hommes, présentés par l'accusation comme des séparatistes anglophones, sont reconnus coupables .
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Massacre d'Ekondo-Titi
Kumba Kumba Kumba Catégorie:2020 au Cameroun Catégorie:Octobre 2020 Catégorie:Massacre de la crise anglophone au Cameroun